mardi, février 18, 2025

strip tease integral

 

Le déclinaison au cinéma de l’émission culte de la radio télévision belge francophone. Un film composé de 5 sketchs signé de 6 réalisateurs et réalisatrices.

Dans la première histoire on part à Dubai suivre des influenceuses, dans la deuxième histoire on part à Avignon où une actrice quinquagénaire lance son spectacle, la troisième histoire nous plonge dans le quotidien d’une famille nombreuse zéro déchets, on part ensuite dans la vie d’un médecin hypocondriaque avant de terminer par la double vie d’un médecin légiste.

Sur la forme on est en immersion, sans commentaire, sans jugement. Le lien entre les histoires se fait de manière assez abrupte en annonçant uniquement brièvement le dernier sketch entre les sketchs précédents.

Le film dresse l’état d’une société qui est très diverse une société dont l’éclectisme est assez déstabilisant.

Le fil rouge de ces histoires pourrait se trouver dans les névroses dont souffrent les personnages. Obsession de la beauté, de la célébrité, de la sobriété, de la maladie et de la mort.

Mais ce qui est encore plus passionnant ce sont les entourages de ces personnages.

Les influenceuses sont entourées d’entrepreneurs cherchant à vendre des produits, le mari de cette comédienne la suit dans ses rêves, les enfants de cette mère zéro déchet sont parfois exaspérés alors que la femme de ce médecin hypocondriaque traverse une terrible épreuve.


Strip tease intégral est un miroir assez abrupte de notre société et de sa diversité mais est on réellement près à se confronter à cette réalité ?


lundi, février 17, 2025

le dernier souffle

 

Le nouveau film du nonagénaire Costa Gavras


Fabrice Toussaint (Denis Podalydes) un célèbre philosophe passe une IRM. Il va alors faire la rencontre fortuite d’Augustin Masset (Kad Merad) le chef de service des soins palliatifs. Le philosophe va alors partir en immersion dans le service du docteur Masset.

Sur la forme c’est un film à sketchs dans lequel on va suivre le passage de différents patients dans un service de soins palliatifs. De jeunes patients des moins jeunes également.

Ce qui est également assez singulier c’est cette hyper théâtralisation des rôles du médecin et du philosophe. Celà apporte une certaine distance dans un film qui tire vers le documentaire.

Le sketch le plus touchant reste celui de la communauté du voyage pour laquelle la fin de vie est une fête alors qu’elle est vécue par beaucoup de proches comme un drame qui paradoxalement serait plus important pour les proches que pour la personne en fin de vie.

L’empathie du médecin est sûrement plus forte plus sincère que celle du philosophe pour lequel cette expérience en soins palliatifs est aussi un projet de livre et une manière de briller en société.

Le fait enfin que l’on ne sorte pas d’une sphère privilégiée voir élitiste nous empêche d’avoir une pleine empathie ce qui reste une des seules limite à ce film plus qu’exigeant.



mercredi, février 12, 2025

prima la vita

 

Un film de Francesca Comencini présenté à la dernière Mostra de Venise


Francesca (Romana Maggiora Vergano) grandit auprès de son père Luigi (Fabrizio Gifuni). Après une enfance heureuse elle connaîtra des heures plus sombres tombant notamment dans les affres de la drogue.


C’est un récit d’apprentissage construit autour d’une relation père fille plus que touchante. Luigi est en apparence un réalisateur exigeant voir tyrannique mais il voue un amour infini à sa fille.


Et puis il y aura ces années difficiles cette dépendance dans laquelle tombe Francesca. Et là encore l’amour d’un père sera le plus fort.


L’autre aspect du film c’est cette ode au cinéma. On y voit des tournages et une passion que Luigi a presque malgré lui transmise à sa fille. Ce qui frappe c’est cet apparent chaos sur les plateaux duquel va émerger des films.


On peut néanmoins regretter que ce film tombe facilement dans la mélancolie et la nostalgie. Il aurait peut être gagné à être un peu moins contemplatif un peu plus resserré, mais çà reste sûrement un des plus beaux films sur un amour paternel.


le mohican

 

Deuxième long métrage de Frédéric Farrucci


Joseph (Alexis Manenti) est un jeune berger corse. Un jour il va recevoir la visite de Michel (Michel Ferraci) qui lui conseille plus que fortement de lui vendre ses terres. Mais un jour alors que Michel va devenir plus insistant tout va déraper poussant Joseph à rejoindre le maquis. Vannina (Mara Taquin) va alors reprendre la bergerie et aider son cousin.


C’est un polar assez extraordinaire avec des rebondissements et une tension dramatique continue. Le thriller devient aussi peu à peu une sorte de film survivaliste à la « the revenant » rajoutant encore de l’intensité dramatique.


C’est un film mêlant tradition et modernité. On a d’un côté un berger corse assez mal à l’aise dans la foule des touristes et une jeune femme qui va se battre avec ses armes les réseaux sociaux. C’est sur ce décalage que fonctionne aussi ce thriller.


Et puis peut être le plus intéressant c’est l’émergence de cette majorité silencieuse. Vannina va faire de son cousin une star des réseaux sociaux et un défenseur de la Corse qui n’est pas attaquée par les français mais par les organisations criminelles insulaires. Et c’est ce renversement de valeurs qui est passionnant, comment un jeune berger va devenir une icône de l’identité corse dont se revendiquent ces organisations.



mercredi, février 05, 2025

mon gâteau préféré

Le nouveau film des réalisateurs du pardon, Maryam Mogadham et Betash Sanaeeha


Mahim (Lili Farhadpour) vit seule dans sa maison depuis que ses enfants ont quitté l’Iran. Ce n’est pas les quelques rencontres avec ses amies qui vont briser cette solitude. Mais un jour elle rencontre Faramarz (Esmaeel Mehrabi) dans une cafétéria, un homme dont elle sera bien décidée à faire son compagnon.


Ce film est d’abord la rencontre de deux solitudes. Une grande mélancolie se dégage de ce film. On a beaucoup d’empathie pour ces deux retraités qui finalement sont condamnés à vivre seul. Il se dégage de cette rencontre comme une urgence à provoquer, à vivre un bonheur qui est plus que fragile.



Et puis c’est un film qui dénonce tous les interdits de la société iranienne. L’alcool la musique le fait pour les couples non mariés de ne pas pouvoir se fréquenter. Et puis cette voisine de Mahim qui va agir comme une auxiliaire de la police des mœurs en allant mettre son nez dans les affaires de sa voisine.



 

lundi, février 03, 2025

la pie voleuse

Le nouveau film de Robert Guédiguian toujours tourné dans le quartier de l’Estaque à Marseille


Maria (Ariane Ascadie) après la fermeture de son usine est devenue auxiliaire de vie. Elle s’occupe notamment de M Moreau (Jean Pierre Darroussin) a qui elle vole des chèque pour payer la location d’un piano qui sert à son petit fils qui prépare un concours. Mais cette arnaque va être découverte par Laurent le fils de M Moreau (Grégoire Leprince Ringuet) ce qui va chambouler la vie de Maria.


C’est un film qui est à la croisée de 2 précarités. Celle de ces personnes âgées qui vivent dans une terrible solitude. Maria est souvent pour eux la seule présence la seule oreille attentive le seul petit moment de réconfort.


Et puis la précarité de ces travailleurs pauvres qui n’ont pas la possibilité de se payer de petits plaisirs ou un avenir pour leur famille.


Le scénario est plutôt bien construit on aura ce premier moment charnière où l’arnaque sera découverte. Et puis les évènements vont s’enchaîner souvent de manière assez désarmante.


C’est un film qui pose question sur une arnaque amorale car ce sont des personnes vulnérables qui en sont victimes. Mais le film montre très bien la complexité de la situation. Maria est aussi une victime et l’épilogue sera plus que surprenant.


 

dimanche, février 02, 2025

god save the tuche

Premier film de la série réalisé par Jean Paul Rouve.

Le personnage de Jeff Tuche étant le prolongement de celui de Dédé qu’incarnait également Jean Pau Rouve lors de ses années de la troupe des Robins des bois sur la chaîne comédie.


Jiji Tuche le petit fils de Jeff est invité par le club d’Arsenal a venir passer une semaine de tests en vue d’un potentiel recrutement. Ce sera l’occasion pour toute la famille Tuche de se confronter à la culture britannique.


Le film empile les clichés sur l’Angleterre. Au lieu de s’intégrer à un scénario on a vraiment l’impression d’un catalogue d’une épreuve imposée. Pire tous les gags les moins navrants sont dans la bande annonce.


L’autre faiblesse du film réside dans son scénario. On a aucun suspense aucun rebondissement qui pourrait éventuellement tenir le spectateur en haleine. On a bien une référence au Brexit et à la protection du climat portés par deux personnages qui ne résisteront pas bien longtemps avant de lâcher leurs idéaux.

On a bien compris que ce film était co produit par TF1 tellement le placement de produit est grossier.

Autant dans les Tuches 4 on avait une dimension sociale et familiale assez intéressante, autant pour god save the Tuche on est proche du néant.

Les seuls moments touchants sont ces petites références à la troupes des robins des bois


mercredi, janvier 29, 2025

Julie se tait

 

Ponctué par une réplique cinglante #juliesetait décrit de manière cinglante la sidération dont sont victimes les femmes victimes de violences sexuelles #megaramabeauxarts #besancon

mardi, janvier 28, 2025

a real pain

 

Le deuxième long métrage de Jessie Eisenberg co produit par Emma Stone


2 cousins Benji (Kierian Culnin) et David (Jessie Eisenberg) viennent de perdre leur grand-mère. Ils décident alors de partir en Pologne suivre un circuit touristique judaïque duquel ils s’échapperont pour voir la maison où leur grand-mère est née.


Le film est surtout construit autour du personnage de Benji. C’est un personnage assez excentrique mais surtout terrassé par la douleur de la perte de sa grand-mère qui semblait être tout pour lui. La peine de David sera elle plus intérieure mais tout aussi réelle.

Mais le comportement de Benji apporte une touche de comédie et d’excentricité à un film plus tourné vers le deuil et la mémoire. (anecdote du train)


Et puis on découvre ce circuit touristique communautaire, confessionnel dont Benji va mettre en doute l’intérêt et le côté parfois hors sol. La visite d’un camp de concentration est elle plus qu’émouvante. Jessie Eisenberg traduit bien la sidération le silence qui s’impose après ce type de visite.


C’est au final le personnage que l’on ne voit cette grand-mère récemment décédée qui est terriblement présente dans le film. Et c’est au final la réunion de ces cousins que la vie a peu à peu éloignée qui lui rend hommage.



lundi, janvier 27, 2025

la voyageuse

 


Enchainement de trois moments sans réel fil conducteur #lavoyageuse est purement contemplatif voir parfois gênant

dimanche, janvier 26, 2025

maria

Après avoir signé un biopic sur Jackie Kennedy, Pablo Larrain s’attaque à une icône de l’opéra Maria Callas.


Le film s’intéresse aux dernières années de la Callas (Angelina Jolie) en nous proposant des flash-back sur des points marquants de sa carrière.


Le regret que l’on peu avoir est que le film nous montre une diva sur le déclin, accro aux médicaments. Elle est seule entourée uniquement de Bruna et Ferrucio (Alba Rochrwacher et Pierfrancesco Favino) qui sont peut être les personnages les plus intéressant les plus humains du film. Le film nous donne l’impression que la carrière de la Callas se résume à une lent et inexorable déclin.


L’autre aspect assez gênant ce sont les hallucinations de Maria Callas qui traduisent ce profond malaise.


Et puis on a enfin ces relations avec les hommes qui sont effleurées dans la film. Que ce soit avec le président Kennedy ou avec Aristote Onassis son plus fervent admirateur mais avec qui cette relation ne pourra pas se vivre au grand jour.


Un film qui malheureusement met surtout en lumière ses fêlures passant presque sous silence la diva qu’elle a été.


jeudi, janvier 23, 2025

jouer avec le feu

 

Muriel et Delphine Coulin après s’être intéressées à des cas de grosses collectives dans 17 filles et au stress post traumatique de soldats dans voir du pays explorent un autre sujet sociétal la radicalisation dans jouer avec le feu.

Pierre (Vincent Lindon) un cheminot vit seul avec ses deux enfants Fus (Benjamin Voisin) et Louis (Stefan Crepon , révélé dans le bureau des légendes). Il va découvrir que Fus fréquente des groupuscules fascistes ce qui fera naître des tensions dans une famille déjà fragile.

C’est un film sur la radicalisation dans la lignée du ciel attendra de Marie Castille Mention Schaar en 2016. La particularité c’est qu’on voit très peu ces groupuscules. On est un peu comme dans cuisine et dépendance, tout se passe dans cette famille et on a de la peine à imaginer que Fus s’est radicalisé.

Un autre aspect de ce film c’est le côté inexorable de la radicalisation de Fus. Son frère essaiera d’être a ses côté et de la soutenir pour la faire quitter ce milieu alors que son père sera plus dans le conflit. Mais aucune des deux approches ne semble efficace.

Enfin ce qui est profondément touchant c’est le désespoir du père. Il se dit coupable. Il a essayé d’aider son père mais n’a pas pu. Qui est responsable la société qui n’a pas su donner un avenir à se jeunesse ou des parents qui n’en ont pas fait assez ? Terrible question que pose ce film.


mercredi, janvier 22, 2025

Jane Austin a gâché ma vie

Premier long métrage de fiction de la scénariste Laura Piani qui avait notamment participé à l’écriture de la saison 6 du bureau des légendes.



Agathe (Camille Rutherford révélée dans platonique en 2017) est une libraire qui écrit à ses heures perdues des livres. Grâce à Felix (Pablo Pauly) elle va participer à une atelier d’écriture de la fondation Jane Austen. Elle y rencontre Oliver (Charlie Anson) avec qui les relations seront d’abord un peu compliquée.

C’est une comédie romantique cousue de fil blanc. Deux personnes que tout oppose qui se détestent et qui vont tomber amoureuses l’une de l’autre. Mais ce n’est pas parce que c’est cousu de fil blanc que cette comédie romantique ne fonctionne pas.

Au delà de la comédie romantique c’est une belle histoire d’amitié homme femme entre Agathe et Felix. Avoir des atomes crochus suffit il à tomber amoureux ? Quel est la part de ce petit truc en plus cette part d’irrationnel ?

Et puis cela reste une comédie portée par son héroïne tout à la fois gauche cabossée par la vie. Celà donne lieu à du comique de situation assez bien amené. Un personnage auquel on s’attache vite et incarné par une actrice habituée aux seconds rôle (Holly motors, la nuit du 12, les trois mousquetaires, anatomie d’une chute Fario)


 

lundi, janvier 20, 2025

les feux sauvages

 

Un film du chinois Jia Zhangke le réalisateur notamment d’a touch of sin

On est en Chine au début des années 2000 Quiaoqiao (Zhao Tao) vit avec son compagnon Bin (Zhubin Li) qui va partir chercher du travail dans une autre province. Quiaoaio va alors partir à sa recherche en vain.

Le scénario de cet film est assez anecdotique c’est surtout un prétexte pour nous plonger dans une Chine loin des grandes villes, une Chine que j’oserai qualifiée de populaire dans lequel les conditions de vie sont assez précaire.

C’est un film qui va se terminer au moment des années Covid on va donc voir une évolution, des progrès techniques, mais au final une pauvreté une difficulté à trouver un emploi qui vont subsister.

Mais c’est surtout un film qui dégage une ambiance assez particulière assez singulière. La photo est particulièrement soignée très chaleureuse presque surexposée. Le film dure près de 2h il ne s’y passe pas grand-chose mais on ne voit pas forcément le temps passé grâce à cette ambiance assez calme et sereine.

Un film assez atypique signé Jia Zhangke


dimanche, janvier 19, 2025

un parfait inconnu

 


La naissance de la carrière de Bob Dylan dans les pas de ses idoles #unparfaitinconnu explore aussi ses relations complexes aux deux femmes de sa vie #megaramabeauxarts #besancon

mercredi, janvier 15, 2025

le 4 ème mur

 

Une adaptation du roman de Sorj Chalandon signée David Oelhoffen

Dans les années 1980, Georges (Laurent Lafitte)pour tenir une promesse faite à un de ses amis part au Liban monter Antigone dans un théâtre située sur la ligne de démarcation avec des acteurs issus des différentes communautés de Beyrouth. Marwan (Simon Abkarian) va lui servir de guide et de chauffeur dans une ville de tous les dangers.

C’est d’abord un film qui revient sur le Liban des années 1980. Un pays divisé où certains déplacements étaient risqués. Ce qui est le plus frappant c’est que ce sont des communautés qui ne se comprennent pas. Georges va être pris à partie par les chefs de différentes communautés qui vont se présenter comme des victimes en état de légitime défense.



Et puis il y a la culture comme trait d’union de ces différentes communautés. Cette pièce de théâtre, cette représentation d’Antigone. On y voit une jeunesse qui a envie de paix et qui semble très heureuse de répéter ensemble.

Le sel du film sera tous ces obstacles que Georges va essayer de contourner. Il va s’avérer plus le film va avancer un habile négociateur, ayant bien compris ce que Marwan a tenté de lui expliqué sur la complexité du fonctionnement de la société libanaise.


personne n'y comprend rien

 

Un documentaire de Yannick Kergoat avec la voix de Florence Loiret Caille. Un film qui reprend une enquête de Fabrice Arfi et Karl Laske sur le financement présumé libyen de la campagne présidentielle de 2007 de N Sarkozy.

La mise en scène est assez sobre, un appartement vide. Des images sont projetées soit sur un mur soit sur une télévision. Fabrice Arfi, Karl Laske et leurs invités sont assis sur des chaises sans autre mobilier. Cette mise en scène assez épurée permet de valoriser encore plus l’enquête journalistique.

La problématique de ce documentaire était de trouver un moyen d’apporter une parole contradictoire et un droit de réponse. Celles ci se font à la manière d’extraits d’interview qui viennent répondre aux faits mis en lumière par les journalistes.

Ce documentaire permet de prendre du recul de faire une relecture d’un des évènements de notre histoire contemporaine. On est plus sur de l’actualité brûlante mais presque sur un fait historique. Revenir à froid sur le financement de cette campagne électorale est assez salutaire dans un monde où l’actualité en continue semble être devenu une norme.

Il reste encore beaucoup de parts d’ombre dans cette affaire mais ce documentaire a au moins le mérite de poser des questions.


samedi, janvier 11, 2025

la chambre d'à côté

 

Le nouveau film d’Almodovar, son premier film en anglais aux Etats Unis.


Ingrid (Julianne Moore) est une écrivaine à succès. Lors d’une dédicace elle apprend qu’une de ses vieilles amies Martha (Tilda Swinton) souffre d’un cancer. Elle va alors être là pour elle dans les dernières semaines de sa vie.


C’est d’abord un film sur l’amitié et sur cette preuve ultime d’amitié qui est d’accompagner quelqu’un dans les dernières semaines de sa vie. Ingrid a eu du mal à accepter la décision de son amie mais elle a pris sur elle malgré son désaccord à partager ses derniers instants. Assumer une décision de son ami que l’on ne cautionne pas est une preuve d’amitié magnifique.


Ce film pose aussi un regard critique sur une époque à travers des personnages secondaires comme le professeur de fitness ou l’ami d’Ingrid. Almodovar pose le constat amer d’une société déshumanisée qui va à sa perte dans laquelle l’individualisme prend le dessus. Et cette solidarité inconditionnelle de cette femme envers son amie vient tempérer un mouvement qui semble inexorable.


Un Almodovar qui ne ressemble pas à un Almodovar à part dans ces couleurs acidulées et cette photo assez particulière faite de plans orthogonaux et de de gros plans. Un film volontairement froid et aseptisée comme pour dénoncer une société déshumanisée qui va à sa perte.


mercredi, janvier 08, 2025

un hiver a sokcho

Premier long métrage d’un réalisateur franco japonnais Koya Kamura, le film de cloture du dernier festival du film coréen de Paris


Yan (Roschdy Zem) est un écrivain il a choisi Sokcho une station balnéaire sud coréenne et une petite pension familiale pour écrire et dessiner son prochain livre. Il va y rencontrer Soo Ha une jeune femme qui va lui faire découvrir la ville dans laquelle elle a grandit.


Le premier aspect du film met en avant la dimension narcissique de l’écrivain de l’artiste et encore plus s’il est français. Yan va à la fois s’enfermer dans sa bulle créatrice mais aura besoin de se nourrir de son environnement. Celà va donner une relation un peu compliquée avec Soo Ha où on sera toujours entre l’attraction et la répulsion.


Et puis il y a cette quête du père que Soo Ha n’a pas connu et qui était français. Elle va vouloir se rapprocher de Yan, est ce parce qu’il représente cette image du père est ce que c’est parce qu’elle est amoureuse de lui. On est dans une sorte de flou et de parallèle avec ce qu’à vécu la mère de Soo Ha.


Un film tendre sensible dans lequel on va s’immerger dans une société sud coréenne encore assez traditionnelle mais dans laquelle comme en sursis face au vent de modernité.


 

jeudi, janvier 02, 2025

l'amour au present

 

Un film de John Crowley

Tobias (Andrew Garfield) vit avec Almut (Florence Pugh) dans une joli petite maison dans la campagne anglaise. Le drame qui va frapper le couple sera l’occasion de nous replonger dans l’histoire de ce couple et comment un choix à conduit à cette terrible épreuve.

C’est une histoire d’amour d’abord assez aseptisée et très mielleuse. C’est un couple parfait dans lequel Tobias va soutenir la carrière de chef d’Almut. Il y a bien quelques tensions dans l’histoire de ce couple mais rien de bien passionnant. Cet ambiance très aseptisée est renforcée par des décors tout droit tirés de magazines de décorations.

Et puis il y a ce drame la maladie qui est finalement la preuve ultime d’amour car beaucoup de femmes victimes de cancers sont quittées par leur conjoint. Cette épreuve est à fois un contraste saisissant avec l’image de ce couple si parfait mais aussi vient renforcer cette romance si intense.

Et puis il y a cette question, faut il se battre à tout prix contre la maladie ou profiter de ses derniers jours. Terrible question que pose ce film dans lequel pour moi le drame et le côté angoissant l’emporte sur la romance.


mercredi, janvier 01, 2025

bird

 

Le nouveau film d’Andréa Arnold la réalisatrice de Fish tank et American Honey notamment un film qui fut en compétition lors du dernier festival de Cannes

Bailey (Nikiya Adams) est une adolescente anglaise de 12 ans vivant chez son père Bugg (Barry Keoghan) d’à peine 30 ans. Elle va rencontrer Bird (Franz Rogowski ) qui a vécu à côté de chez elle et qui est à la recherche de son père biologique. Elle va alors l’aider dans ses recherches.

Ce film est avant tout une chronique sociale assez édifiante. Bailey va être livrée à elle même et au caprice de son père trop préoccupé par son mariage et son crapaud à la bave hallucinogène. On est très proche de Transpotting et le film prend littéralement aux tripes. Au delà du désœuvrement de cette jeune fille le film montre de manière très crue les violences faites aux femmes et aux enfants et un type de réponse très brutal à l’opposé de toute forme de justice.

En contraste à cette pauvreté vient du merveilleux du fantastique proche du conte. Qui est bird ? D’où vient t’il ? Ces plans récurrents où il est debout sur un toit comme perché sur une branche viennent régulièrement poser la question.

C’est également une très belle histoire d’amitié dans laquelle Bird et Bailey vont s’apprivoiser, se toiser.


mardi, décembre 31, 2024

joli joli

Une comédie musicale signée Diasdeme

Elias Combe (William Lebghil) est écrivain. Un soir il rencontre Léonore (Clara Luciani) dont il va tomber amoureux. Mais Klaus (José Garcia) un producteur est lui aussi amoureux d’elle alors que Myrette (Laura Felpin) elle est amoureuse d’Elias. Ceci donnera lieu à un vaudeville assez complexe.

Le point fort du film est son casting très talentueux (José Garcia Laura Felpin, William Lebghil, Vincent Dedienne et Grégoire Ludig) qui tranche avec une Clara Luciani peu à l’aise.

Joli Joli assume également sa dimension kitch sa dimension de vaudeville. Il montre aussi toute l’hypocrisie d’une époque où les homosexuels ne pouvaient pas s’affirmer sans risquer d’être mis au banc du métier.

Pour le reste on est dans du théâtre de boulevard, dans une comédie romantique très voir trop complexe.

Les parties chantées sont assez nombreuses et presque omni présente. On a quelques passages chorégraphiés qui sont trop rares.

Les clins d’œils les effets de manches sont loin d’être discret comme ce passage où des personnages auront des discussions mais uniquement devant une statue d’homme nu.

Dommage que ce joli joli soit assez lourdingue car il a quelques messages à faire passer.


 

lundi, décembre 30, 2024

Ernest cole


 Explorant l’œuvre du photographe contraint à un exil mortifère #ernestcole capte de manière terrifiante dans le visage des colons la haine des noirs

vendredi, décembre 27, 2024

Un ours dans le Jura

 



Le 3eme film de Franck Dubosc

Michel (Franck Bubosc) le gérant d’une sapinière roule tranquillement sur les routes du Jura. Il va alors éviter de justesse un ours qui traversait la route. Dans sont embardée il va tuer accidentellement 2 trafiquants de drogue et d’êtres humains. N’ayant pas payé l’assurance de sa voiture il va prendre la fuite mais cette cavale va s’avérer rocambolesque.

Cette comédie est essentiellement basé sur du comique de situation et çà fonctionne plutôt bien. Cet aspect est renforcé par le côté assez gauche et naif de Michel et de sa femme Caty (Laure Calamy)

Le deuxième aspect c’est ce contraste entre de modestes agriculteurs, de modestes villageois et l’argent généré par les trafics. La question sera de savoir ce que pourront faire de tout cet argent cette petite communauté. L’attitude de ce prête garant d’une certaine morale est plus qu’intéressante. Qu’est ce qui est moral, vouloir s’en sortir ou exploiter la misère humaine ? Enfin le dernier point fort est le scénario de cette comédie. Les rebondissements sont assez bien amenés avec la fin du film qui est plus ou moins annoncées dans les toutes premières minutes. D’un accident tragique mais banal on va petit à petit arriver à une situation des plus en plus complexes et intéressantes.

Une belle réussite que cet ours de le Jura.


jeudi, décembre 26, 2024

mon inséparable

 

Un film de la pontissalienne Anne Sophie Bailly

Mona (Laure Calamy) s’occupe seule de son fils Joel (Charles Peccia Galetto). Bien qu’il soit un jeune adulte, elle doit veiller sur lui car suite à un accident à sa naissance il n’a pas toutes ses capacités mentales. Tout va basculer quand Joel apprend qu’il sera papa.

C’est d’abord un film extraordinaire sur les aidants et sur une mère courage qui va faire passer sa vie au second plan pour s’occuper de son fils. Ce portrait si fort est renforcé par l’interprétation extraordinaire de Laure Calamy que l’on avait vu dans ce type de rôle dans une femme du monde ou à plein temps.

Au delà du handicap dont souffre Joel le film pose la question de la relation mère enfant et du moment où un parent doit laisser son enfant vivre par lui même. Ce passage est d’autant plus difficile à opérer du fait de la situation de Joel mais pour moi finalement la question posée dans ce film transcende le handicap.

La question du père et de la quête de ce dernier est aussi floue. Il a une image assez déplorable mais tout ne semble pas aussi évident que cela.

Un film complexe et fort que mon inséparable.


lundi, décembre 23, 2024

saint ex

 

Malgré une image des plus artificielle #saintex montre le sacrifice d'hommes pour faire progresser l'aviation

vendredi, décembre 20, 2024

Sarah berhardt la divine

 

Un film de Guillaume Nicloux (les confins du monde)


Sarah Bernhardt souffrent de terribles douleurs à la jambe. Elle s’est résolue à se faire amputer d’une jambe. Pendant sa convalescence elle va recevoir la visite de Sacha Guitry (Arthur Mazet) à qui elle va faire une terrible révélation sur son père Lucien (Laurent Lafitte)


C’est un biopic inversé basé sur un flashback. Mais toute l’intelligence de Guillaume Nicloux sera de s’intéresser à la femme libre Sarah Bernhardt et non à l’actrice. On la verra très peu sur scène à l’exception de quelques répétions. Mais on verra toute son excentricité, sa passion pour les animaux exotique, son amour inconditionnel pour son fils Maurice (Gregoire Leprince Ringuet) et ses fêtes improbables.


Mais c’est sa liberté affective et sexuelle qui est particulièrement marquante pour l’époque et qui tranche avec une époque où les femmes étaient essentiellement vues comme des mères de famille.


Et puis il y a une époque, la fin du XIXeme et le début du XXeme siècle dans lequel ce petit cercle d’artistes semble comme une oasis hors du temps. Mais le film arrive bien à traduire cette pesanteur ces codifications sociales et cette guerre qui se prépare. Et c’est peut être la seule limite du film de s’embourber dans ce film d’époque et de ne peut être pas assez mettre en avant l’excentricité de cette artiste hors du commun.

jeudi, décembre 12, 2024

les femmes au balcon

Le premier film de Noémie Merlant coécrit avec Céline Sciamma, un film présenté hors compétition à Cannes.


Ruby Nicole et Elise (Souheila Yacoub, Sanda Codreanu et Noémie Merlant) se retrouvent dans un appartement à Marseille en pleine canicule. Nicole est très attiré par son voisin(Luca Bravo) qu’elle observe de son balcon. Puis un accident les fera se rencontrer. De cette rencontre Ruby va ressortir traumatisée.


Sur la forme le film est à la fois gore et burlesque. Un film qui d’une certaine façon fait penser à Grave de Julia Ducournau. Le mode de vie en apparence assez joyeux et décomplexé de ces trois femmes apporte une touche de burlesque. Cette ambiance que le film installe est renforcé par ce quasi huis clos et cette ambiance pesante de canicule.


Mais sur le fond le film est incroyablement pédagogique. Il montre de manière tout à fait saisissante toute la palette des violences faites aux femmes. Cette épouse humiliée par son mari, le mari très insistant avec elle la harcelant pour avoir des relations sexuelles et puis ce voisin dont on ne saura pas pendant très longtemps ce qu’il a fait à Elise.


Un film féministe, documentaire d’une certaine façon, mais qui parle également aux hommes en leur renvoyant l’image détestable d’une encore trop importante partie d’entre eux.


 

lundi, décembre 09, 2024

limonov la balade

Limonov la balade



Un film de Kirill Serebrennikov réalisateur russe opposant notoire au régime sur le poete Edouard Limonov (Ben Whishaw) issu lui aussi du mouvement contestataire.


Sur la forme le biopic est assez classique en suivant une trajectoire chronologique. Ses débuts dans la poésie à Kharkov son exil à New York puis son retour en Russie en passant par Paris. Le film insiste surtout sur ces années de galères à ne pas être publié ce qui n’a pas empêché Limonov de croire en son talent. On verra aussi comment ce personnage très imbu de lui même va devenir un des leader de l’opposition russe et de la lutte pour la liberté, ce qui est assez paradoxal.


Mais ce qui est assez intéressant c’est la vie assez exubérante et singulière de l’artiste. Il a toujours évolué dans des milieux alternatifs. C’est là qu’il a rencontré sa compagne Elena (Viktoria Miroshnichenko). Sa relation avec elle sera assez volcanique. Et puis c’est un homme qui a occupé divers emplois dont celui de majordome ce qui rajoute à sa singularité.


Au final cela donne un film au ton très pop qui casse la construction archi classique de ce biopic.



 

jeudi, décembre 05, 2024

daddio

Un film de Christy Hall avec Sean Penn et Dakota Johnson


Une jeune femme prend un taxi à l’aéroport pour se rendre chez elle à New York. Sur le trajet elle entame une conversation de plus en plus intimiste avec le chauffeur de taxi.


C’est d’abord un film avec une photo remarquable. Elle exploite au mieux les lumières de la nuit. Ce qui est particulièrement travaillé également ce sont les reflets. On est certes dans un endroit clos mais çà n’empêche pas la réalisatrice d’avoir une attention particulière à l’image ce qui fait de Daddio un film très agréable à regarder.


Autre aspect intéressant c’est la manière dont le chauffeur de taxi va faire un lien entre la relation de sa passagère à son père et la relation qu’elle entretien avec un homme marié. L’amant de cette jeune femme sera présent dans le film mais uniquement à travers des textos dont le côté cru peu heurté.


Ce chauffeur de taxi saura gagner la confiance de sa passagère. On est presque dans de la thérapie taxi et dans ce que montrait la série en thérapie. Cette relation de confiance entre le chauffeur et sa passagère est touchante.


Un film intimiste et doux que ce Daddio.



 

dimanche, décembre 01, 2024

leurs enfants après eux

Après l’année du requin, Ludovic et Zohran Boukherma adaptent à l’écran le prix Goncourt 2018 signé Nicolas Mathieu


Anthony (Paul Kircher) est un adolescent qui vit dans une vallée minière de l’est de la France. Un été il rencontre Stéphanie (Angelina Woreth) dont il va tomber amoureux. Mais cet amour ne semble pas partagé et est rendu impossible par la différence de classe sociale des deux adolescents. Une chose va les réunir néanmoins une sorte de fatalité d’être issu de ce bassin minier.


C’est une chronique adolescente assez classique. Une chronique estivale tintée de séduction. Les fêtes, l’ennui les expériences. Mais on tourne vite néanmoins en rond.


Ce qui marque également c’est le fatalisme qui traverse ce film. On est dans une région où l’activité industrielle a disparue une région sinistrée. Seule une classe favorisée de la population pourra s’en sortir sans avoir de réel espoir néanmoins que quitter cette région industrielle.


C’est également un film a charge sur les années 1990 un film qui dénonce les violences intra-familliales où les femmes et les enfants sont des victimes.


Un film sans réelle ligne directrice sans réel message, une sorte d’interminable chronique de plus de 2h15 qui aurait pu se résumer à une playlist des années 1990 sur un site de streaming.



 

conclave

 

Un film de l’allemand Edward Berger


Suite au décès du souverain pontif, le doyen des cardinaux le cardinal Lawrence (Ralph Fiennes) doit organiser un nouveau conclave. On va alors assister à des manœuvres et des rebondissements qui vont aboutir à l’élection du nouveau pape.


C’est d’abord un film éminemment politique. On y voit certes une lutte d’influence entre des cardinaux libéraux et ceux plus traditionalistes. Mais ce sont plus des manœuvres de politique politiciennes qui vont émerger. Celà donne un scénario assez dynamique ponctué de rebondissements, bien que cette dynamique ait tendance à se déliter sur la fin.


Mais c’est surtout un film autour d’un homme Lawrence. Il doute il a voulu démissionner de son rôle de doyen des cardinal ce que le souverain poncif a refusé. Il doit à la fois s’assurer de la bonne organisation du conclave, veiller à ce que les éléments extérieurs n’interfèrent pas dans le vote et que ce dernier soit le plus sincère possible. Il va également être un candidat potentiel à la papauté ce qui rajoute à la complexité de sa mission. Mais c’est ce qui est peut être le plus intéressant dans ce film, le manque d’ambition le doute semblent émerger comme deux grandes qualités pour être pape mais plus généralement pour œuvrer à l’intérêt général. Et ce personnage du cardinal Lawrence dans toute la complexité de sa mission semble incarner ce candidat en apparence parfait, mais sera t’il élu telle est la question du film.

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