lundi, novembre 18, 2019

Noura rêve


Hinde Boujemaa nous livre l'histoire d'un divorce impossible pour la femme d'un truand dans une société tunisienne où le patriarcat est omniprésent.

Noura (Hend Sabri) est mariée à Sofiane (Lofti Abdelli) mais ce dernier est en prison pour des vols à répétition. Lassad (Hakim Boumsaoudi) et Noura se fréquentent discrètement. Compte tenu du fait que Sofiane est un truand, Noura peut divorcer. Mais tant que le divorce n'est pas prononcé Noura vit dans la peur d'être découverte. Mais la sortie prématurée de prison de son mari va encore plus l'affoler.

C'est un film malheureusement d'actualité et assez universel sur une femme qui ne peut pas se défaire de l'influence de son mari.

Ce film n'élude aucun aspect du mari violent, allant même jusqu'à une scène de viol conjugal que l'on n'a pas de mal à comprendre.

Mais le plus révoltant est que Noura n'a pas pu partir de chez elle plus tôt pour vivre avec Lassad car son divorce n'avait pas été prononcé. Elle n'osera d'ailleurs pas le dire à son mari de peur de représailles.

Noura ne trouvera aucun allié dans son combat pour quitter son mari. Ses collègues de travail comme la société tunisienne voyant non pas la femme terrorisée par son mari mais la femme adultérine. Et c'est finalement ce sentiment de terreur qui traverse le film et qui finit par nous envahir. La encore comme dans j'accuse ou les misérables on est dans un cinéma où l'émotion transmise l'emporte sur l'histoire.

dimanche, novembre 17, 2019

les Misérables


24 ans après la haine de Matthieu Kassovitz, un nouveau film sur la banlieue duquel on ne ressortira pas indemne.

Ladj Ly a obtenu ex æquo avec Bacurau le prix du jury du dernier festival de Cannes.

On est à Montfermeil, Stéphane (Damien Bonnard) intègre la brigade anti criminalité. Pour son premier jour ses coéquipiers Chris (Alexi Manenti) et Gwanda (Djebril Didier Djamba) lui font découvrir la ville. Mais une enquête va mal tourner et donner lieu à une bavure que les policiers vont tenter de dissimuler.

Cette brigade de la BAC est un vecteur pour nous immerger dans le quotidien de Montfermeil. Son habitat dégradé et la grande pauvreté qui y règne. Selon le JDD le président de la République en ayant vu ce film aurait été marqué par les conditions de vie dans les banlieues.

Ce film est aussi un traité de géopolitique. On a la police qui effectue des patrouilles. On a également un certain nombre de groupes constitués qui tiennent la ville. Le personnage de « le maire » devient un interlocuteur majeur de la BAC. Pour lui, éviter tout incident permet de faire prospérer ses affaires. Ceci permet également à la BAC de maintenir le calme. Et puis enfin on a un religieux Salah qui est un peu en marge de ce système, mais dont l'influence est certaine.

Dans cet environnement on a une jeunesse qui essaie de trouver sa place et de s'occuper pendant l'été. Et c'est un vol commis par un jeune du quartier qui va mettre le feu au poudre.

La réaction des policiers après leur bavure est choquante. Ils vont d'abord tenter d'éviter la mise en ligne de la vidéo de la bavure avant de soigner la victime. On est dans un environnement où règne le chacun pour soi et où la moindre étincelle peut embraser une cité. Même si le comportement des policiers dans le film est inexcusable elle se comprend et c'est là tout le paradoxe de ces territoires dont le mode de fonctionnement permet de comprendre et non d'excuser la réaction des policiers.
Enfin, à noter que Buzz qui a filmé cette bavure est un peu le réalisateur Ladj ly qui filmait les interventions policières chez lui à Montfermeil, sauf qu'aujourd'hui que le drone à remplacer la caméra.

mercredi, novembre 13, 2019

j'accuse

Un film passionnant sur un des personnages méconnus de l'affaire Dreyfus, le colonel Picart (Jean Dujardin), antisémite notoire mais ayant joué un rôle essentiel dans la réhabilitation du capitaine Dreyfus.

Tout commence avec la dégradation du capitaine Dreyfus (Louis Garrel) qui est envoyé en détention sur l'ile du diable. Le colonel Picart qui a repris le commandement du contre espionnage de l'armée va découvrir des indices laissant penser que Dreyfus est innocent et que le véritable traître court toujours. Il va alors devoir faire face au silence assourdissant d'une armée qui ne voudra jamais reconnaître son erreur.

La force du film est d'abord de s’intéresser à un personnage méconnu de l'affaire Dreyfus mais surtout de préserver un suspens dans un thriller dont on connaît déjà la fin.

Un autre personnage central dans ce film, c'est le commandant Henry (magistralement interprété par Gregory Gadebois) qui exécute les ordres aveuglément sans une once d'éthique. Il représente bien à lui seule cette institution militaire qui ne doit pas perdre la face en admettant son erreur.

Le colonel Picart lui aussi est froid et ambitieux mais il se distingue par sa fidélité non pas à une institution mais à des valeurs républicaines. Même dans son histoire d'amour avec la femme d'un de ses amis Picart n'exprimera aucune émotion ce qui au final est très inquiétant.

C'est cette ambiance pesante, ce culte du silence, cette rigueur militaire qui est parfaitement transcrite dans ce film. Néanmoins cette ambiance ne vient pas desservir le polar qui est l'autre caractéristique du film. C'est un véritable film d'espionnage avec les techniques les plus pointues pour l'époque. Et puis l'intrigue du film toujours présente qui sera de savoir si le colonel Picart réussira à résister aux pressions de l'armée pour faire éclater la vérité au grand jour. Un film très réussi signé Roman Polanski, et il est nécessaire pour ce film de distinguer l'homme du réalisateur.

mardi, novembre 12, 2019

la maquisarde

 
A travers le huis clos d'une cellule #lamaquisarde montre l'horreur d'une prison secrète en Algérie

mercredi, novembre 06, 2019

adults in the room

Il y a-t-il des adultes dans la salle, le film de Costa Gavras (le capital, Amen) qui adapte le livre de l'ancien ministre grec des finances Yanis Varoufakis.

Un docu fiction politique plus qu'étrange sur la forme mais en tout point passionnant.

On est en 2015 en Grèce Syriza arrive au pouvoir avec Alexis Tsipras (Alexandros Bourdoumis) après des années d'austérité qui ont ruiné la Grèce. Yanis Varoufakis (Christos Lulis) économiste et amis de Tsipras devient ministre des finances. Il doit redresser l'économie et pour cela renégocier la dette avec l'Eurogroupe, organe informel réunissant les ministres des finances de la zone Euro. On va alors être immergé dans ces négociations pour ce qui est un véritable thriller politique.

Ce qui dérange c'est la forme entre le documentaire et la fiction. Tous les personnages sont réels et ressemblent plus ou moins à ceux qui ont existé à l'époque. On est donc dans un entre deux assez inconfortable. Et c'est bien là le seul défaut du film.

Là où il est remarquable c'est qu'il nous fait rentrer dans le coulisses de l'Europe et plus particulièrement de l'Eurogroupe. On suit des réunions assez tendues et des rencontres bilatérales qui le sont tout autant. On est constamment dans le jeu de pouvoir, avec notamment un ministre des finances allemand plus qu'inflexible. Mais Yanis Varofakis va résister aux pressions de l'Eurogroupe et des fonctionnaires de la Troika qui avaient presque pris le pouvoir en Grèce. On va donc voir comment un pays va essayer de retrouver un peu d'indépendance et d'auto détermination.

Enfin on découvre le point de vu grec selon lequel une grande partie de sa dette serait en fait la dette des banques de la zone euro qui serait passer sur le gouvernement grec. C'est assez technique je vous le concède mais en tous les cas très utile.

lundi, novembre 04, 2019

mon chien stupide


Yvan Attal avait déjà fait tourner son épouse Charlotte Gainsbourg en 2001 dans ma femme est une actrice et ils se marient et eurent beaucoup d'enfants en 2004. Il récidive ici dans l'adaptation du livre de John Fante.
Henri Mohen est un écrivain qui ne support plus Paris. Depuis la naissance de ses enfants il est en panne d'inspiration. Il va alors trouver des stratagèmes pour faire partir un à un ses enfants de la maison. Mais la question restera de savoir s'il retrouvera ce qui a fait de lui un écrivain brillant.
Le côté assez drôle est la méchanceté gratuite dont va faire preuve Henri Mohen. Il va trouver un allié inattendu, avec « stupide » un chien errant venu dans son jardin.
C'est peut être là le seul côté assez original du film, la manière dont Henri Mohen, parfois aidé de sa femme va dénigrer ses propres enfants.
On a ensuite un film assez classique sur la famille avec un père qui a tendance à ne pas laisser de place à ses enfants. On aussi un film sur un écrivain névrosé en panne d'inspiration qui fait peut être porter à tort la responsabilité de ses échecs littéraires à sa famille. Bref que du classique et pas forcément bien fait.
Il y a bien sur des gags avec le chien stupide qui saute sur tous les hommes qu'il croise, mais là encore les gags lassent vite.
Un film à voir pour sa dimension anti Tanguy, plus que pour le côté névrosé de l'écrivain en panne d'inspiration.

jeudi, octobre 31, 2019

debout sur la montagne


Un film signé Sébastien Betbeder un jeune réalisateur que l'on apprécie dans cette émission et qui notamment signé Marie et le naufragé ou encore voyage au Groenland.

La encore on part dans un univers un peu isolé qu'est la montagne.

Hugo (Bastien Bouillon) revient dans son village natal pour y enterrer son frère. Il est rejoint par 2 amis d'enfance Bérénice (Izia Higelin) et Stan (William Legbil). Les 3 amis, pour différentes raisons ne vont pas vouloir repartir de leur village. Ils vont donc se retrouver dans la maison d'Hugo.

Tout comme dans Marie ou les naufragés ou encore le voyage au Groenland, on est dans un environnement isolé et assez rude. On a affaire à une communauté avec ses personnalités parfaitement décrite dans une galerie de portraits. On a un ancien candidat de télé réalité revenu vivre chez son père qui souffre d’Alzheimer, un berger qui vit dans une maison au milieu de nulle part ainsi qu'une tenancière de bar et des gendarmes assez particuliers.

Mais les 3 personnages les plus intéressants sont ces 3 amis d'enfances qui sont tous plus ou moins cabossés par la vie modernes et qui trouvent dans ce village une sorte de havre de paix. Hugo fuit son métier d'enseignant, Stan souffre d'une maladie mentale et Bérénice vit une histoire d'amour plus que compliquée.
On retrouve tout ce qui fait le cachet du cinéma de Betbeder, c'est à dire cette empathie envers ses personnages et aussi son côté poétique. La cavale de 3 animaux de cirques dans le village peut paraître grotesque mais elle caractérise ce cinéma plus que bienveillant envers une jeunesse pas forcément adaptée à une société standardisée. Et c'est sûrement pour cela que l'on apprécie toujours autant les films de Sébastien Betbeder.

mercredi, octobre 30, 2019

hors normes


Le dernier film d'Eric Todelano et Olivier Nakache qui en est déjà à plus d'1 million d'entrées.

On retrouve comme dans le sens de la fête ou intouchable, beaucoup de bonne humeur qui tranche avec des situations difficiles, c'est ce qui fait la signature du cinéma de Todelano et Nakache.

Bruno et Malik (Vincent Cassel et Reda Kateb) dirigent deux associations qui offrent une alternative à l'hospitalisation pour de jeunes autistes. Malik recrute pour cela des jeunes des quartiers sensibles. Bruno et son association proposent eux des hébergements. Mais l'inspection des affaires sociales s'en mêle car les encadrants n'ont pas les diplômes nécessaires et les associations ne sont pas agrées.

On suit donc le quotidien de ces associations à travers Joseph (Benjamin Lesieur) et Valentin (Marco Locatelli) deux jeunes autistes, un à l'essai dans une entreprise de réparation de machines à laver et l'autre qui doit sortir ponctuellement de l’hôpital.

On suit donc les galères de ces équipes qui s'occupent de ces jeunes autistes. A travers la fiction les réalisateurs ont voulu faire une sorte de documentaire sur ces jeunes autistes qui ont du mal à trouver une alternative à l'hospitalisation et sur le rôle devenu indispensable de ces associations.

Ce film aurait pu être un documentaire sur des associations qui en marge de l’hôpital s'occupent d'enfants autistes et sur des familles qui ne savent plus comment s'occuper de leurs enfants. Mais il n'aurait pas fait autant d'entrée et on aurait pas autant parler de l'alternative aux médicaments qui assomment ces jeunes et qui ne leur offrent que peux de perspectives. Le fait de dédramatiser ces situations en introduisant une forme d'humour peut choquer ( comme dans Patients de grand corps malade) mais ce film est au final utile et montre qu'il est parfois indispensable d'être hors normes pour faire évoluer des situations.
Sorry we missed you

Le dernier Ken Loach, un des maîtres du cinéma social toujours en prise avec les problématiques contemporaines. Ici il parle d'un couple d'auto entrepreneur dans la nouvelle économie. Ricky (Kris Hitchen) livre des colis et sa femme Abby (Debbie Honneywood) s'occupe de personnes âgées avec un contrat 0 heure.

Leurs métiers respectifs vont prendre de plus en plus de place dans leur vie mettant en péril leur couple et leur famille.

On avait déjà vu dans nos batailles de Guillaume Senez avec Romain Duris, le quotidien d'un syndicaliste dans une plate forme de colis. Ici Ricky se voit confier des tournées et s'il ne remplit pas ses objectifs, son client ne lui confie plus rien. Abby elle s'occupe de personnes dépendantes et est payée à la visite avec des amplitudes horaires très grandes.

Ricky et Abby vont faire preuve d'un grand courage en essayant de remplir au mieux leurs objectifs
Mais leurs enfants vont en souffrir, Seb ne va plus aller en classe et va avoir des problèmes avec la police, sa sœur Liza Jane est angoissée de ne plus voir ses parents et de voir son frère mal tourner.

Le film dénonce donc ce statut d'auto entrepreneur qui n'est autre que du salariat déguisé sans les avantages. Il montre également les conséquences de l'exploitation de ce couple sur leurs enfants.
On est toujours sur une mise en scène très froide très précise qui met en lumière cette nouvelle forme d'organisation du travail. Le plus choquant est de voir que les clients qui se font livrer des colis sont tout aussi cyniques que le chef du dépôt qui emploi Ricky qui est décrit comme un esclavagiste des temps modernes.

mardi, octobre 29, 2019

Sorry we missed you

Combat héroïque d'une famille pour ne pas exploser #sorrywemissedyou observe de manière pertinente la société anglaise

lundi, octobre 28, 2019

Au nom de la terre

Pris en tenaille entre son père et le besoin de produire plus #AuNomDeLaTerre montre la lente et inexorable déchéance d'un homme

jeudi, octobre 24, 2019

Martin eden

Sur fond de lutte des classes et avec une forte volonté d'apprendre #martineden est surtout une histoire d'amour impossible

mercredi, octobre 16, 2019

Mathias et Maxime


Le nouveau Xavier Dolan, qui a maintenant son rond de serviette en compétition à Cannes.

On va suivre les aventures d'une bande de copain, et lors d'une soirée Matthias (Gabriel d'Almeida Freitas) perd un pari et doit jouer dans un court métrage avec Maxime (X Dolan). Et dans ce court métrage il doivent s''embrasser. Ce baiser va alors bouleverser Matthias alors que Maxime doit partir en Australie quelques semaines plus tard.

On retrouve dans ce film ce qui fait X Dolan, son homosexualité, le rapport à sa mère et le départ (qui remplace ici la mort).

Rien de neuf donc mais on apprécie toujours la photo plus que remarquable de X Dolan et cette recherche quasi permanente de plans à la fois originaux et efficaces.

Matthias bien que marié à Manon va être troublé par ce baiser avec Maxime au point de mal vivre les quelques semaines avant le départ de Maxime. On ne sait pas vraiment si sa femme a compris cela en l'encourageant à passer plus de temps avec Maxime avant son départ.

On a ensuite le rapport difficile à la mère dont il est le tuteur et puis cette autre mère de substitution qui est la propre mère de Matthias.

Et puis enfin ce départ annoncé en Australie et ces adieux interminables de Maxime à sa famille et ses amis.

Un film très voir trop complexe celui aussi d'un amour à plusieurs titre impossible. Ce film souffre néanmoins de quelques longueurs, X Dolan aurait très bien pu gagner une demi heure et gagner en efficacité. Enfin on s'étonnerait presque de sa capacité à décliner de manière originale à chaque fois les trois thématiques qui font ses films.

Shaun le mouton la ferme contre attaque


Le nouveau film des studios aardman signé Will Becher et Richard Phelan.

On est toujours dans une ferme anglaise, Shaun et ses amis moutons en font voir de toutes les couleurs au chien qui les surveillent. Jusqu'au jour où Lula un extraterrestre arrive à la ferme. Shaun va tout faire pour aider Lula à rentrer chez elle. Mais çà ne sera pas facile car le ministère de détection des aliens est sur les traces de Lula.

On retrouve avec bonheur les personnages et les gags qui ont fait le succès du 1er film. Le chien autoritaire, le fermier un peu benêt et les moutons toujours aussi espiègles.

Le nouveau personnage est celui de Lula qui a des pouvoirs magiques et qui va découvrir avec beaucoup de fracas la vie sur Terre.

Ce film est aussi une hagiographie des films de sciences fiction. On y fait référence à ET, à Men in black, à Wall E, et à la série X Files. Vous l'aurez compris ce film s'adresse aux enfants mais aussi aux adultes qui n'ont pas tout à fait perdu leur âme d'enfant.

Mais ce qui est remarquable c'est bien sur la qualité de l'animation qui s'inscrit dans la lignée des studios aardmann qui ont produit faut il le rappeler Wallace et Gromit et Chicken Run, mais aussi la quantité assez incroyable de petits détails qui font que ce film est une vraie réussite.

Les studios aardamn prouvent avec ce 2eme Shaun le mouton qu'ils savent rester dans l'air du temps, qu'ils savent encore parler à un jeune et moins jeune public. Il y a notamment cette scène assez surréaliste et drôle où des employés du ministère de détection des aliens utilisent une perche à selfie pour faire un égo portrait d'eux avec le chien qu'ils ont pris pour un alien.

Bref encore une très grande réussite des studios aardman

lundi, octobre 14, 2019

Joker


Un film de Todd Philipps primé à Venise le mois dernier qui offre à Joachim Phoenix un rôle assez magistral.

On va donc suivre la vie d'Arthur Fleck jusqu'à ce qu'il devienne le joker que Batman va combattre.

Arthur Fleck vit avec sa mère et travaille dans une petite société de spectacle où il interprète le rôle d'un clown. Mais il va perdre son emploi et commettre un terrible meurtre qui mettra Gotham City à feu et à sang.

Plusieurs éléments expliquent l'apparition du Joker. On a d'abord une ville où les inégalités et la pauvreté sont criantes. On a ensuite la folie d'un homme soigné dans un premier temps par les services sociaux jusqu'au moment où ils n'auront plus de budget et enfin des médias, une société du spectacle incarnée par Murray Franklin (Robert de Niro).

Et le mélange de ces trois éléments sera détonnant allant jusqu'à un meurtre affreux.

Ce film à travers la naissance du joker est fortement engagé. Ils dénonce les inégalités. Thomas Wayne incarnant ici le riche bourgeois qui n'a rien à faire du reste de la population.
Autre personnage intéressant c'est ce présentateur de talk show un peu populiste, qui est une sorte d'idole pour le peuple et pour Arthur Fleck.

Et puis enfin on a ces services publiques soumis à des restrictions budgétaires qui vont livrer Arthur Fleck à lui même.

Bien que ce film se passe au siècle dernier, on peut y voir une résonance actuelle en remplacant par exemple les masques de clown par un accessoire automobile ou encore Murray Franklin par un animateur de C8.

Il y a finalement peu de scènes de violences bien qu'elle soient terriblement dures. La violence décrite dans le film est celle de la société. Ce qui dérange c'est qu'on peut comprendre que cette violence sociale peut excuser les actes abjectes du joker et c'est peut être pour cela que le film peut être polémique.

mercredi, octobre 09, 2019

Donne moi des ailes


Un film de Nicolas Vanier avec notamment Jean Paul Rouve et Mélanie Doutey. Film tiré d'une histoire vraie celle de Christian Moullec.

Christian travaille au muséum d'histoire naturelle. Il va prendre un congé sans solde pour d'abord élever des oies naines, les emmener sur le cercle polaire et ensuite les guider jusque chez lui en Camargues. Pour cela il sera accompagné de son fils Thomas dont il doit s'occuper pendant les vacances. Sauf qu'une fois arrivé sur le cercle polaire rien ne se passera comme prévu.

Le film est clairement découpé en 2. On a d'abord l'élevage des oies en Camargues. Pendant ce temps père et fils vont se retrouver. Et puis il y a un véritable thriller en ULM du cercle polaire jusqu'en Camargue.

C'est un film sur une double transmission. Christian va transmettre sa fibre écologique à son fils. Et il va transmettre également aux oies une route sure entre le cercle polaire et la Camargue. C'est véritablement cette double transmission qui est le coeur du film. Et au moment où celui ci semble s’essouffler, on va avoir une véritable aventure en ULM à travers les tracasseries administratives et climatiques. Et plus l'ULM va avancer plus l'aventure de cette famille va gagner en popularité auprès de l'opinion publique.

On a enfin cette prouesse technique où l'ULM et les oies sont filmées grâce à un drone. Ceci donne des images à couper le souffle qui sont pour beaucoup dans le suspens qui jalonne la seconde partie du film. Même si on est clairement dans un film typique des vacances scolaires, on se laisse néanmoins entraîne par l'incroyable aventure de cette seconde partie du film, absolument nécessaire pour relever un film qui avait tendance à s’essouffler.

lundi, octobre 07, 2019

J'irai où tu iras


Un film de Géraldine Nakache.

Mina et Vali (Leila Bekhti et Géraldine Nakache) sont deux sœurs qui ne se voient qu’épisodiquement et qui n'ont pas grand-chose en commun. Leur père Léon (Patrick Timsit) va demander à Mina d'accompagner Vali à un casting et de garder un lourd secret. Le trajet entre Orléans et Paris ainsi que les auditions vont paraître une éternité pour Mina.

Alors que l'on s'attend plutôt à une comédie ce film est un véritable drame. Léon est malade et il va vouloir cacher son état le plus longtemps possible à ses filles, surtout à Vali qui passe une audition. Mais ce n'est pas çà le plus grave, on va ainsi découvrir pourquoi les 2 sœurs ne se parlent plus.

Pour faire passer cette histoire assez pesante, Géraldine Nakache va parsemer son film de comiques de situations plus ou miens bien sentis.
On a d'abord le père, véritable papa poule qui couve ses deux filles. Il leur fait des blagues, leur prépare des tupperwares et les accompagnent peut être trop dans leurs vies professionnelles.

On a ensuite une plongée assez lunaire dans l'univers des fans et des choristes de Céline Dion. La scène où l'on annonce aux choristes la mort de René le mari de Céline est assez lunaire. Le décalage entre la rationalité de Mina et cet univers atypique donne lieux à des scènes plutôt cocasses.
Bref un film au final assez cru sur une famille qui a été cabossée par la vie et qui malgré les efforts du père a fini par se désunir. C'est aussi un film sur la maladie et la manière de l'appréhender. Léon fera preuve d'un courage incroyable en ne perdant pas pour autant son sens de l'humour. Et rien que pour cela le film vaut largement le détour.

mercredi, octobre 02, 2019

Atlantique


Le grand prix du jury du dernier festival de Cannes pour Mati Diop qui adapte son court métrage documentaire Atlantique (2009, et disponible sur la plate forme de courts métrages Bref)

On est à Dakar, Ada (Mama Sané) doit épouser Issa (Amadou Mbow). Mais elle flirte avec Souleiman (Ibrahima Traore). Mais ce dernier sans prévenir va prendre une pirogue pour partir vers l'Europe. Ada est dévastée et le jour de son mariage un mystérieux incendie vient bouleverser la cérémonie.

Ce film est d'abord une radioscopie de la société sénégalaise et de ses inégalités. Ada vient d'une famille pauvre, Issa lui est riche et travaille une partie de l'année en Europe. On a aussi cette opposition entre les grandes tours modernes et les bidonvilles. Et puis il y a cette société hyper traditionaliste où on peut demander un certificat de virginité aux jeunes filles et ces bars plus ou moins clandestins où se rencontrent la jeunesse. On a enfin cette corruption qui est dénoncée en creux. Le commissaire de police va tout faire pour d'abord protéger les riches promoteurs et entrepreneurs. Lui et son adjoint seront au contraire sans ménagement pour traquer Souleiman ou encore des ouvriers.

Et puis c'est aussi un film de zombie. A Cannes il y avait eu the dead don't died de Jim Jarmush et Zombie Child de Bonello. Ici le fantôme sera celui de Souleiman qui a été aprecu à la noce. Il est recherché par la police mais personne n'y croit. Et ce n'est que dans les dernières minutes du film que l'on comprendra réellement qui est qui. Un film très intelligent qui mélange film sociétal et film fantastique.




Ceux qui travaillent


Un film d'Antoine Russbach

Franck (Olivier Gourmet) est un gestionnaire de porte conteneur. Il doit optimiser les trajets et régler les problèmes pour que son entreprise soit la plus rentable possible. Un jour il devra régler un problème et cela lui a coûté sa place.
C'est un film sur le cynisme. Cynisme d'un homme capable du pire pour gagner de l'argent. Cynisme d'une entreprise qui fera tout pour optimiser son profit. Cynisme d'un famille qui ne veut pas perdre son train de vie. Et surtout et c'est peut être là le pire le cynisme d'une société capitaliste qui veut avoir n'importe quel produit au coût le plus bas.

Vous l'aurez compris ce film est presque exclusivement à charge. Mais deux personnages vont venir un peu égaillé un tableau très noir. On a d'abord le personnage de Franck. Il n'a certes aucun scrupule mais il a eu une enfance assez pauvre et il va être dévasté par la perte de son emploi qui était presque le centre de sa vie. Et puis sa fille Mathilde (Adèle Bouchatay) à qui son père va lui faire découvrir son métier et ses travers. Il va lui montrer que derrière un grand nombre de biens de consommations se cache un trajet par container et puis des hommes et des femmes qui vont convoyer ces marchandises, sur mer, sur la route et à travers les entrepôts pour qu'ils puissent finir sur les étales des supermarchés.

Un film très fort qui nous montre que l'acte de consommer a en réalité de très nombreuses conséquences que nous sommes loin de mesurer.

mercredi, septembre 25, 2019

Bacurau


prix du scénario ex equo lors du dernier festival de Cannes.

Un film brésilien de Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles les réalisateurs d'Aquarius.
On est au Brésil dans un avenir proche, dans un village Bacurau dont on se sait pas s'il existe vraiment car il n'est pas sur les cartes.

On est d'abord sur une chronique villageoise. Ses habitants s'organisent pour survivre après la construction d'un barrage. Ils se ravitaillent en eau à l'aide d'une citerne, vont chercher des vaccins en ville et éduquent du mieux qu'ils peuvent leurs enfants. Ils ont aussi très peu confiance en leur élu qui vient distribuer de la nourriture juste avant les élections.
Mais le plus grave danger que courent les villageois c'est ce groupe de touristes européens venus au Brésil pour une chasse à l'homme funeste.

Ce film est clairement un conte, mais tellement crédible que le fantastique se transforme vite en film d'horreur.

Ce qui est absolument remarquable c'est l'esprit de résistance des villageois. Résistance d'abord contre le barrage, puis ce boycott de la visite de l'élu qui trouve un village mort, et puis ces réunions citoyennes animées au micro pour gérer le village et avertir des dangers.

Enfin il y aura cette lutte quasi tarantinesque contre ces touristes de l’extrême qui pensaient trouver un village docile pour mener à bien leurs exactions morbides et révoltantes.

Un film éminemment politique contre la corruption des élus et les dérives auxquelles pourraient mener un capitalisme totalement dérégulé.

lundi, septembre 23, 2019

Portrait de la jeune fille en feu


Un film de Céline Sciamma, prix du scénario du dernier festival de Cannes

On est au XVIII eme siècle, Héloise (Adele Haenel) quitte le couvent pour se marier. Sa mère (Valeria Golino) veut un portrait de sa fille pour l'envoyer à son futur époux en Italie. Sauf qu'Héloise ne souhaite pas poser. Marianne (Noemie Merlant) se faisant passer pour une dame de compagnie devra alors mémoriser le visage d'Héloise pour le peindre.

Ce qui est frappant dans ce film c'est ce huis clos. On ne sort quasiment pas de la résidence d’Héloïse et quand on en sort c'est pour rester sur une île coupée du monde. On est tout de suite dans un climat assez austère qui donne le ton au film.

Et puis il y a ce destin de cette jeune femme qui devra épouser quelqu'un qu'elle ne connaît pas et s'exiler en Italie. C'est pour éviter cela qu'elle refusera de poser.

On aussi ce jeu de séduction interdit entre l'artiste et son modèle. Toujours avec beaucoup de pudeur. On sent d'abord que Marianne sera attirée par Héloïse. Mais cette dernière cache son jeu. Marianne va alors petit à petit apprivoiser Héloise. Et c'est là le côté le plus intéressant du film. On a bien ensuite la relation entre les deux femmes et cet amour impossible car Marianne devra partir une fois le portrait terminé et Héloise devra elle aller vivre en Italie. On reste néanmoins sur un schéma assez classique d'un amour impossible.

C'est enfin un film féministe, on a bien sur cette problématique des mariages arrangés et puis aussi celui de l'avortement avec le personnage de Sophie (Luana Barjami) qui enceinte devra aller se faire avorter avec tous les risques que comporte la clandestinité. Elle sera aidée en cela par Marianne qui est déjà passée par là.
Un film historique donc mais avec une résonance actuelle.

mercredi, septembre 18, 2019

Inséparables


Un film de Varante Soudjian
Mika (Ahmed Sylla) est un arnaqueur. Au tribunal, il va tout faire pour aller au prison, car dehors il pourrait subir les représailles de ses victimes. En prison il rencontre Poutine (Alban Ivanov) qui va lui permettre de changer d'identité.
Une fois dehors Poutine va retrouver Mika et se monter un peu trop collant, au risque de relever le passé de Mika à sa future famille.

Le scénario sur le principe est intéressant, celui d'un faussaire rattrapé par son passé alors qu'il a refait sa vie.

Mais c'est dans la réalisation que le film pêche. On a d'abord une transition très brutale entre la prison et la nouvelle vie de Mika, divisant presque le film en 2 parties presque indépendant.

Et puis le film a trop tendance à exagérer et à tomber dans le grotesque et c'est dommage car on a des personnages assez intéressant.

D'abord celui de Poutine, personnage sans filtre prenant tout au 1ere degré, obsédé par la Russie et très à cheval sur la politesse.

Et puis la belle sœur de Mika (Judith El zein) qui va tout faire pour essayer de découvrir le passé de son futur beaux frère, croyant que sa petite sœur est en danger.

Mais dans ce film beaucoup de scènes sont de trop comme celles où le patron et futur beaux père de Mika va faire des plaisanteries tellement niaises qu'elles ne feront rires que lui.

Si on ajoute à tout çà du placement de produit tout sauf discret on saura vite que ce film n'a pas su titrer tout le potentiel d'une histoire qui aurait pu être intéressante avec des personnages et des acteurs pas si inintéressants que çà

Un jour de pluie à New York


Le dernier Woody Allen toujours avec de jeunes acteurs, Elle Fanning, Thimothee Chalamet et Selena Gomez notamment.

Ashleigh est à l'université et elle décroche une interview avec Roland Pollard un célèbre réalisateur. Elle va en profiter pour passer quelques jours à New York avec son petit ami Gatsby. Mais rien ne va se passer comme prévu. Rolland Pollard est en proie au doute et va disparaître. Ashleigh va alors se mettre à sa recherche ce qui va la conduire à faire face à des situations toutes aussi incroyables les unes que les autres.

Et c'est bien là le côté intéressant de ce Woody Allen, c'est l’enchaînement effréné des événements, pour finir par une révélation plus qu'incroyable. Et c'est ce qui fait qu'on a envie de rester jusqu'au bout du film.

En effet les personnages eux sont aussi creux les uns que les autres. On a une jeune journaliste assez crédule, son petit ami blasé plein aux as et enfin un réalisateur dépressif et alcoolique.

On a du mal à s'identifier à ces personnages et à avoir de l'empathie pour eux, tellement ils semblent prisonnier d'un mode de vie qui accorde beaucoup d'importance aux apparences que ce soit dans la haute bourgeoisie ou dans le milieu du cinéma.

Et puis enfin ce film est une comédie romantique assez alambiquée et triste. Avec des couples qui eux aussi sont plus des apparences qu'autre chose.

Enfin un dernier mot sur la scène finale de ce Woody Allen qui est un remake ou un plagiat (au choix) de la dernière scène de quatre mariage un enterrement avec Hugh Grant et Andie Mc Dowell scène qui se déroulait un jour de pluie mais en Angleterre.

lundi, septembre 16, 2019

Fêtes de famille


Un an à peine après la prière, Cedric Kahn réaliste un nouveau film, Fete de famille, avec là aussi un personnage principal plus que singulier.

Nous sommes dans le sud ouest de la France, Andrea (Catherine Deneuve) réunit ses enfants autour d'elle pour son anniversaire. Romain(Vincent Macaigne) et Vincent (Cedric Kahn) et leurs compagnes respectives sont bien présents. Claire (Emmanuelle Bercot) partie vivre en Californie n'était pas prévue à la fête mais après quelques année d'absence elle a voulu faire une surprise à sa mère.

On va vite comprendre que Claire n'a pas toute sa tête, sa famille va alors essayer de ne pas se désunir pour tenter de l'aider.

Ce film rappelle un peu folles de joie où Valerie Bruni Tedeschi jouait une femme qui perdait la raison.

Ce qui est particulièrement remarquable, c'est que le personnage de Claire est toujours sur le fil. On va passer le film à se demander si elle est ne sait pas ce qu'elle fait ou si elle a juste un mode de vie assez singulier.
Et pour ne rien arranger il y a cette histoire d'héritage, la maison dans laquelle vit Andréa appartient en grande partie à Claire.

Et puis face à Claire on va avoir une famille qui aura tendance à se déliter, à se disputer et enfin à se réconcilier.

Andréa sera cette mère et cette grand-mère courage qui ne jugera jamais sa fille, sûrement un peu dépassée par les événements. Catherine Deneuve est comme toujours parfaite dans ce rôle comme dans les adieux à la nuit.

Autre personnage courageux, Emma (Luana Bajrami) la fille de Claire qui vit chez sa grand-mère. Elle a fait sa vie sans sa mère et pour elle son retour sera une véritable épreuve qu'elle traversera avec la plus grande des dignités.

Film au final assez émouvant sur une famille qui devra ne pas se désunir pour aider une de ses membre.

mercredi, septembre 11, 2019

Deux moi


Un film signé Cédric Klapish un réalisateur qui a toujours su prendre le pouls de son époque que ce soit en 1996 avec un air de famille, en 2002 avec l'auberge espagnol ou encore il y a deux ans avec ce qui nous lie.

On est à Paris, Mélanie (Anna Giradot) et Remy (François Civil) sont voisins et sont terriblement seuls. Mélanie n’arrive pas à faire le deuil d'une histoire d'amour et Remy culpabilise de ne pas avoir été licencié comme la plupart de ses collègues d'une grande plate forme de vente en ligne.

Et plus le film va avancer plus on va entrer dans la complexité des personnages. On va alors comprendre la cause de leur difficulté. Le film nous laisse croire dans un premier temps que c'est l'anonymat des grandes villes et les nouveaux modes de vie qui sont responsables de la détresse de ces deux jeunes gens. Mais l'explication est plus triviale et plus traditionnelle.

Et puis il y a des personnages secondaires assez extraordinaires. D'abord cet épicier de quartier (magistralement interprété par Simon Abkarian). Ses conseils son humanité tranchent littéralement avec l'entreprise dans laquelle travaille Remy où les humains sont remplacés par des robots.

Il y a bien sur les 2 psychothérapeutes (Camille Cottin et Francois Berleand) qui vont suivre leur patients et les aider à identifier la cause réelle de leur mal être.

Le film n'a de cesse de nous emmener sur des fausses pistes et de préserver les secrets de Mélanie et Remy ce qui a tendance à le rendre assez confus. Mais c'est quand on va réellement comprendre ce qui est arrivé à ces deux personnages dans leur jeunesse que tout va alors devenir limpide. Les deux personnages principaux aux caractéristiques en apparence assez différentes vont comme par magie se rejoindre.
Cédric Klapish démontre encore une fois qu'il comprend parfaitement la société dans laquelle on vit et qu'il sait la retranscrire dans ses films, même si encore une fois on a affaire à un film sur la famille.

mercredi, septembre 04, 2019

Les hirondelles de Kaboul


Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec adaptent le roman de Yasmina Khadra dans un film d'animation assez bluffant.

On est à Kaboul en 1998 époque où les talibans contrôlent un pays soumis à la charia.

Atiq est gardien d'une prison pour femmes qui n'est qu'une étape avant leur lapidation. Sa femme elle souffre d'un cancer et est très affaiblie ce qui désespère Atiq.

Mohsen et Zunaira eux sont un jeune couple d'intellectuels, qui ne peuvent plus enseigner depuis que les écoles coraniques ont remplacé les écoles traditionnelles. Ils souffrent également de l'absence de toute forme de culture.

Le destin de ces deux couples va finir par se croiser dans un scénario plus qu'incroyable digne des plus grands thriller.

On a un film ici qui dénonce l'intégrisme religieux et ses incohérences. Les femmes ne peuvent pas sortir intégralement voilées, alors que les talibans eux peuvent fumer et fréquenter des maisons closes clandestines.

La grande force du film est de nous permettre de nous immerger dans le Kaboul des talibans et de ressentir cette oppression.

Et puis il y a ces différentes formes de résistances. Celle d'Atik, un soldat qui va finir par désobéir. Celle de ces intellectuels qui vont continuer à faire vivre leur science ou leur art. Et puis cette question assez cornélienne, pour résister faut il partir ou rester et tenter de faire évoluer les choses de l'intérieur.

Bref un surperbe film que ces hirondelles de Kaboul, qui mêle histoire, politique, animation et thriller avec les voix de Swann Arlaux, Simon Abkarian et Zitan Hanrot notamment.

Fourmi



Deuxième film de Julien Rappeneau qui a néanmoins signé les scénarios d'une quinzaine de films.

On est dans le nord de la France, Laurent (Francois Damiens) est au chômage après la fermeture de son usine. Il vit chez sa grand tante et n'a la garde de son fils Theo (Maleaume Paquin ) que de manière épisodique. Mais Laurent boit ce qui fait qu'il se bagarre souvent quant il n'oublie pas les rendez vous avec son fils.
Un jour un recruteur du club d'Arsenal en Angleterre vient voir jouer Théo.Il pense proposer au jeune garçon d'intégrer le centre de formation du club. Mais pour cela Laurent devra arrêter de boire pour épauler son fils.

L'histoire est belle. On part d'un drame social à la Ken Loach avec les conséquences de la désindustrialisation, pour arriver à l'histoire d'un jeune adolescent qui va tout faire pour aider son père à s'en sortir.
Le scénario est certes cousu de fils blancs, on sait presque comment l'histoire va finir mais on se laisse très facilement prendre au jeu.

Mais l'intérêt du film est ailleurs, il est dans sa galerie de personnages tous très bien interprétés.
On a donc le père alcoolique qui essaie de s'en sortir. La mère de Théo (Ludivine Sagner) qui a refait sa vie. Sarah (l'excellente Laetitia Dosh) l'assistante sociale qui veut trop bien faire et qui va accompagner Laurent dans son retour à la sobriété, sa recherche d'emploi et d'appartement. L’entraîneur de Théo (André Dussolier) qui essaie de sauver son club. Et enfin les amis de Théo, dont une dont le père est parti et l'autre rivé à ses ordinateurs qui ne sort pas de sa chambre.

Théo est un peu le centre de cette galeries de portrait, il va tout faire pour que chacun des membres de sa famille ou des amis ne sombre pas, une responsabilité peut être trop importante pour un si jeune adolescent.

mercredi, août 28, 2019

La vie scolaire


Un film de grand corps malade qui avait signé en 2016 Patient son premier film, 

Avec la vie scolaire grand corps malade continue à revenir sur des épisodes de sa vie. Là où patients revient sur sa convalescence suite à un plongeon dans une piscine pas assez remplie, la vie scolaire évoque la vie dans un collège de Seine Saint Denis.

Samia (Zita Hanrot révélée dans Fatima de Philippe Faucon) est la nouvelle conseillère principale d'éducation d'un collège de Seine St Denis. Avec son équipe de surveillants, elle gère les entrées et sorties du collège, les récréations et les élèves qui se font exclure de cours par les enseignants.

Ce film est une véritable chronique presque documentaire de la vie d'un collège de banlieue.

Dans sa construction la vie scolaire ressemble au film les grands esprits où un enseignant du lycée Henri IV interprété par Denis Poldalydes allait passer une année dans un collège de banlieue.
Dans les 2 films le constat est le même. Les élèves de banlieue ne sont pas moins méritant et intelligent que les autres élèves. Ils sont inadaptés à un système scolaire qui est le même sur tout le territoire. Sauf que la vie en banlieue est différente et plus difficile qu'ailleurs. Cette inégalité est renforcée par la politique du collège qui regroupe tous les élèves difficiles dans une classe appelée SOP pour sans option.

Dans cette chronique sociale, la vie des jeunes et de leurs famille est loin d'être simple, mais Samia ne va pas ménager ses efforts pour faire prendre conscience aux élèves qu'ils ont du talent et un avenir et qu'ils peuvent viser une seconde générale.

La vie des adultes est aussi loin d'être simple. Samia cache un secret qui l'a conduite à quitter l'Ardèche pour s'installer en Seine Saint Denis. On suit également un enseignant d'histoire géographie totalement dépassé par les événements et qui est en souffrance permanente.

Et puis comme dans Patients ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que l'humour doit être absent. Je l'avoue on sourit beaucoup dans ce film. Comme dans Patients l'humour sert à rendre vivable des situations souvent plus que difficiles à gérer.

lundi, août 26, 2019

Une fille facile


Le nouveau film de Rebecca Zlotowski qui avait signé en 2013 souvenez vous le très émouvant Grand Central.

On est à Cannes, les vacances commencent, et Sofia (Zahia Dehar) rend visite de manière un peu inattendue à sa cousine Naima (Mina Farid)

Elles passent leurs journées à la plage et leurs soirées en boite de nuit. Elles vont faire la connaissance d'Andres et Philippe (Nuno Lopes et Benoit Magimel) un collectionneur d'art et son assistant qui ont loué un yacht pour les vacances.

Andres va être très attiré par Sofia, il va tout faire pour séduire la jeune fille, en jouant notamment de sa fortune.

Ce film est avant tout un film initiatique. Naima va découvrir le monde dans lequel évolue sa cousine. Est ce celui des escorts, le film restera volontairement très flou. Le mot ne sera jamais explicitement évoqué, tout est suggéré mais le mode de vie de Sofia ne fait guère de doute.

Naima découvre ce monde le temps d'un été, laissant un peu de côté son projet de devenir cheffe dans un restaurant. L'enjeu du film sera de savoir quelle vie Naima souhaite avoir, celui de sa cousine ou alors devenir cheffe, métier pour lequel elle a des prédispositions.

Le duo de comédiennes est assez inédit. Zahia Dehar est devenue célèbre lors de l'affaire Ribeiri et Mina Farid tourne ici son 1er film. Mais ce n'est pas le jeu des actrices qui est intéressant, c'est la description de ce milieu du luxe un peu hors sol. Et puis cette ambiguïté dans le personnage de Sofia. Elle disparaît comme elle est apparue de manière assez brutale . Sa vie comporte beaucoup de part d'ombre qui laissent le spectateur spéculer. Et c'est finalement dans ces non dits que réside tout l'intérêt du film.


mercredi, août 14, 2019

Once upon the Times un Hollywood


Il était une fois à Hollywood, le 9ème film de Quentin Tarantino, qui est reparti bredouille du dernier Festival de Cannes.

Rick Dalton (Leonardo Di Caprio) est un acteur de série qui vit mal le fait d'être cantonné aux rôles de méchants. Suite à un retrait de permis pour conduite en état d'ivresse il a engagé Cliff Booth (Brad Pitt) sa doublure cascade pour le conduire de sa villa aux studios où il tourne un film.

Ce 9ème Tarantino n'a pas grand-chose à voir avec les 8 derniers. On est ici plus dans un film du type La la land ou Avec Cesar (frères Cohen) c'est à dire à une hagiographie du cinéma américain, hollywoodien. Un retour sur cet âge d'or des westerns.


C'est aussi un film sur une partie de l'histoire des Etats Unis avec ses communautés hippies.

Cliff Booth va flirter avec une hippie qui va lui faire visiter sa communauté qui était auparavant un lieu de tournage pour western.

Et puis on a aussi un aspect un peu plus classique du métier d'acteur. Rick Dalton, semble s'ennuyer dans sa grande villa. Il ne connaît que peu son voisin Roman Polanski. Il vit mal d'avoir une carrière qui stagne et être cantonné aux rôles de voyous. Il noie son chagrin dans l'alcool. Cliff Booth jouant lui le rôle de l'ami qui va l’empêcher de dépérir.

On a quand même quelques scènes d'actions à grand spectacles qui sont la marque de Tarantino. Elles ne sont pas le cœur de ce once upon the time in Hollywood, ce qui peut déstabiliser les grands fans de Tarantino.

On a ici un Tarantino qui fait du La la land, qui rend donc hommage à Hollywood, avec un usage parcimonieux de la violence stylisé et quasiment sans message que ce soit politique ou sociétal.

Un Tarantino donc très singulier qui casse avec les codes de Tarantino.


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