lundi, avril 27, 2026
jeudi, avril 16, 2026
mercredi, avril 15, 2026
la corde au cou
vendredi, avril 10, 2026
mercredi, avril 08, 2026
le cri des gardes
Ou barrière si l’on traduit littéralement le titre original. Le nouveau film de Claire Denis qui recevra à Cannes dans quelques semaine le carrosse d’or de la société des réalisateurs de films. Une adaptation de la pièce de théatre Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès qu’elle a co écrit avec Suzanne Lindon.
Horn et Cal (Matt Dillon et Tom Blyth) travaillent dans un chantier en Afrique de l’ouest. Leone (Mia McKenna Bruce) la femme d’Horn doit les rejoindre. Mais Alboury (Isaach de Bankole) va venir perturber ces retrouvailles, il est venu réclamé le corps de son frère mort sur le chantier.
La photographie et la réalisation sont assez remarquable. On retrouve un peu la même ambiance que dans Star at noon un des précédent film de la réalisatrice. Le fait que l’on ait une unité de temps une nuit et de lieu de part et d’autre de cette barrière renforce cette impression d’atmosphère qui apparaît comme irréelle.
Et puis plus le film va avancer, plus on va comprendre que cet mort sur le chantier cache un certain nombre de zones d’ombre qui vont se révéler. C’est à ce moment là que le film bascule dans le sordide, mais aussi dans la folie, dans la détresse d’employés expatriés sans attaches qui iront jusqu’à commettre le pire.
lundi, avril 06, 2026
derrière les palmiers
Un film écrit et réalisé par Meryem Benm’Barek avec comme co scénariste Emma Benestan la réalisatrice d’Animale ou encore fragile.
Mehdi (Driss Ramdi) travaille avec son père à Tanger dans une entreprise de construction. Il projette de se marier avec Selma (Nadia Kounda) mais la rencontre de Marie (Sara Gireaudeau) va tout remettre en cause.
C’est un film qui montre d’une certaine manière un néo colonialisme. Les maisons qui se construisent à Tanger sont achetées par des étrangers, Medhi lui voudrait devenir architecte mais doit travailler dans l’entreprise familiale sans aucun espoir de poursuivre ses études en France. L’opulence dans laquelle vivent certains étrangers à Tanger tranche avec une population qui elle n’a pas beaucoup d’avenir.
Mais surtout ce film décrit d’une manière très froide toute la complexité de la lâcheté.
Medhi aime Selma, mais ne voudra pas la quitter une fois qu’il a rencontré Marie en espérant que cette dernière lui procure des opportunités professionnelles. Marie elle vit aux crochets de ses parents et utilise Medhi tout en sachant bien qu’ils ne le laisseront pas le couple se marier. Au final beaucoup de rêves qui vont être brisés.
jeudi, avril 02, 2026
plus fort que moi
Un film de Kirk Jones retraçant la vie de John Davidson (Robert Aramayo, bafta du meilleur acteur)
John Davidson est un jeune garçon rentrant au lycée et assez doué au football. Jusqu’au jour où il est pris de paralysie faciale et où il commencera à exprimer des propos grossier. Sa famille est désemparée face à cet alors inconnu syndrome de la Tourette. Le travail sera long pour faire changer le regard que la société porte sur lui.
C’est un biopic assez linéaire dont tout l’intérêt sera de voir comment la société va apprendre à vivre des personnes atteinte de ce syndrome. John devra encaisser les coups, les humiliations et le rejet d’une partie de sa famille.
Et puis il y a ces personnages remplis d’humanité et d’empathie. Dottie cette ancienne infirmière en psychiatrie et mère d’un ami de John. Elle va l’accueillir chez elle dans des conditions très particulières, lui fera arrêté ses traitements et fera prendre conscience à John que c’est le regard de la société qui a besoin de changer.
Et puis Tommy ce concierge de centre communautaire lui va recruter John, lui apprendre un métier en faisant abstraction de sa condition.
Et enfin John lui même va rendre aux autres ce qu’il a reçu de Dottie et Tommy. Il va organiser des réunions de personnes atteinte de son syndrome et rompre l’isolement dont elles son victimes.
Un film qui montre que l’on a peur uniquement des choses que l’on ne connaît pas.
mercredi, avril 01, 2026
ceux qui comptent
Un film de Jean-Baptiste Leonetti avec Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin
Rose vole dans un supermarché pour nourrir ses enfants. Jean l’arrache des mains des vigiles. Elle va alors tout faire pour garder Jean dans sa vie en lui faisant notamment jouer le rôle du père de ses enfants devant une assistante sociale. Mais Rose cache un secret bien plus terrible.
C’est d’abord un comédie un peu gauche avec deux personnages assez irresponsables et en marge de la société. Jean vit dans une camionnette et Rose dans le chantier d’un hôtel qu’elle ne peut pas terminer. Tout semble bancal dans ce film jusqu’au moment où on découvre le secret de Rose.
Le film prend alors une toute autre dimension et ce qui était un film pouvant flirter avec le grotesque pose une réelle question d’humanité. Le geste que Jean va avoir pour Rose est d’une beauté et d’une force assez émouvante. On va alors relire le comportement de Rose qui pouvait apparaître comme nonchalant mais qui sera beaucoup plus complexe.
Un film qui malheureusement ne prend toute sa dimension que sur la fin.
jeudi, mars 26, 2026
les filles du ciel
Le premier long métrage écrit et réalisé par Bérangère McNeese que l’on connaît tous pour son rôle dans la série HPI mais qui s’offre un bel avenir de réalisatrice.
Le ciel c’est cet appartement au 8eme étage d’un immeuble de Roubaix. Les filles ce sont Mallorie (Shirel Nataf révélée dans ma frère) Jenna (Yowa Angelis Tshikaya) et Monna (Mona Berard). Elles vont être rejointe dans cette colocation par Heloise » (Heloise Volle) jeune mineure de 15 ans ayant fugué de son foyer et enceinte de son éducateur.
Ce qui est marquant c’est que ces jeunes filles ont trouvé un appartement sur dans lequel vivre, elles gagnent de l’argent en travaillant dans un supermarché ou en faisant des massages dans une boite de nuit. Elles s’occupent ensemble du bébé de Mallorie. C’est une situation qui peut paraître pesante mais c’est un film dans lequel il y a de la joie celle de la vie d’adolescentes et de jeunes adultes.
C’est un film montrant une grande radicalité. Ces femmes ont décidé de vivre ensemble elles gagnent de l’argent pour être libre et ne pas dépendre soit du système soit des hommes. Il y a des règles dans cette colocation qui sont strictes mais aussi une entraide qui est inconditionnelle et systématique. Cette radicalité est nécessaire et indispensable. On pourrait penser qu’elle va trop loin quand elles décident d’accueillir une mineure en fugue. Mais force est de constater qu’Héloise n’est plus en sécurité dans son foyer et que le mécanisme d’aide social à l’enfance est insuffisant.
Un grand film explorant une radicalité qui montre toutes les limites de l’aide sociale à l’enfance. Un film qui montre aussi que l’on peut faire du grand cinéma en sortant des hôtels particuliers parisiens.
mercredi, mars 25, 2026
l'île de la demoiselle
Un film du belge Micha Wald adaptation de texte relatant le destin de Marguerite de la Rocque une proche de François 1er
Nous sommes donc au XVIeme siecle, Marguerite (Salome Dewaels) doit rejoindre le Canada pour épouser le vice roi qui n’est autre que son oncle. Mais il découvre que la jeune femme est enceinte de Thomas (Louis Peres). Il décide de lui laisser la vie sauve mais l’abandonne sur une ile déserte avec le père de son enfant et une gouvernante avec seulement deux mois de vivre.
C’est d’abord un film de survie comme l’est the revenant. Marguerite va trouver une grotte pour s’abriter, de la tourbe pour se chauffer et des algues pour manger. Elle devra faire face à la folie de Thomas qui n’aura comme obsessions l’épouser et conserver de prétendus diamants. Elle fera preuve d’une détermination et d’une intelligence assez incroyable.
Et puis ce film montre le poids des traditions qui pesaient sur les femmes à cette époque. Marguerite pour avoir eu un enfant hors mariage a été abandonnée sur une île promise à une mort atroce. Mais à son retour d’exil, elle sera encore une fois jugée par sorcellerie, car elle n’aurait jamais du s’en sortir vivante.
Ce film montre aussi une preuve d’amour assez incroyable de la part de Marguerite et que les peuples autochtones qui se rendaient ponctuellement sur cette ile étaient beaucoup plus humains que les colons européens.
jeudi, mars 19, 2026
la guerre des prix
Premier film d’Anthony Dechaux avec Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison et Aurélia Petit
Audrey travaille pour une grande chaîne de supermarchés au rayon yaourt, son frère Ronan a repris l’exploitation familiale en faisant du bio. Audrey va être promue à la centrale d’achat du groupe et essaiera de faire travailler la coopérative de son frère pour son groupe. Mais rien ne sera simple.
C’est un film d’une violence inouïe. Une violence froide celle des négociations annuelle entre industriels et distributeurs. Fournier le chef d’Audrey est un négociateur sans scrupules intransigeant sur le moindre centime de marge. La guerre des prix est donc un thriller d’une rare intensité. Intensité renforcée par le fait que ce film soit très crédible et très réaliste. On est presque dans un documentaire sur les négociations entre industriels et la grande distribution dans lesquelles les producteurs seraient les victimes.
Et puis il y a ce personnage d’Audrey qui devra prouver qu’elle peut être très agressive lors d’une négociation et qui essaiera dans le même temps de promouvoir une agriculture biologique et locale. Elle sera constamment tiraillée entre deux réalités contradictoires. Elle utilisera tous les stratagèmes même les plus immoraux pour arriver à ses fins, mais fera t’elle le poids dans un monde où la manipulation est la norme. Et en çà l’écriture et le scénario nous réservent des rebondissements jusqu’à la toute fin du film. Un très bon thriller au scénario de qualité.
mercredi, mars 18, 2026
la gifle
Deuxième film du réalisateur allemand Frédéric Hambalek, un film en sélection à Berlin il y a un an un film dont le titre original pourrait se traduire par ce que Marielle sait.
Marielle (Leanie Geiseler) est une adolescente à qui une de ses amies à assener une gifle. Depuis elle lit dans les pensées de ses parents Julia (Julia Jentch) et Tobias (Felix Kramer) ce qui ne sera pas sans poser de problèmes.
C’est un film sur l’adolescence avec une fille un peu mal dans sa peau qui va encore être plus perturbée en découvrant les secrets de ses parents. Elle sera tiraillée entre un père en manque d’autorité dans sa vie professionnelle et une mère qui rêve d’une aventure sentimentale avec un de ses collègues.
C’est un film qui montre que toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire. Les mensonges des parents visent ici à protéger Marielle de leurs soucis.
Et puis c’est un film qui montre comme retour chez ma mère que les parents ne sont pas que des parents mais des hommes et des femmes avec une vie qui leur est propre.
Au final on s’attarde trop sur le mal être des 3 personnages principaux sans exploiter la dimension surnaturelle du don de Marielle, dimension fantastique qui est plutôt bien développée dans la série extralucide sur OCS avec Camille Rutherford.
lundi, mars 16, 2026
ce qu'il reste de nous
Un film de la réalisatrice palestinienne Cherien Dabis
Salim (Saleh Bakri) et sa femme Hannan (Cherien Dabis) vivent près de Jaffa. A la fin de l’occupation britannique ils seront expulsés de leur terres et devront vivre en exil. Leur fils Sharif (Adam Bakri) ayant vécu les humiliations de l’armée israélienne ira manifester et c’est lors d’une de ces manifestation qu’il sera gravement blessé plongeant sa famille dans un grand désarroi.
La dimension historique de ce film est très importante. On voit la décolonisation britannique, puis l’exil, les conditions de vies très difficiles et cette jeunesse avec aucun avenir et un deuxième exil au Canada.
Salim et Hannan ne vont pas résister à l’occupation israélienne, ils seront plutôt légaliste ce qui ne les empêchera pas d’avoir une vie très détériorée. Seul leur fils sera plus enclin à se rebeller.
Et puis il y a ce geste plein d’humanité et de générosité qu’ils vont faire. Ce geste est d’autant plus fort que leur vie a été difficile. Ils ne voudront pas se comporter envers les israéliens comme ces derniers se sont comporter envers eux.
Ce film est traversé par une fatalité qui semble inexorable, une fatalité dans laquelle ce couple et leur famille tenteront de garder la tête haute.
jeudi, mars 12, 2026
Compostelle
Un film du réalisateur du fantôme de Canterville Yann Samuel adaptation du roman de Bernard Ollivier marche et inventa ta vie.
Fred (Alexandra Lamy) a été suspendue pour avoir giflé un élève. Sur les conseils de Nadège (Mélanie Doutey) elle va rejoindre une association qui accompagne de jeunes délinquants sur la route de Compostelle. Mais Adam (Julien le Berre) donnera beaucoup de fil à retordre à Fred.
C’est un film assez classique où deux personnages très différents mais blessés par la vie vont au final s’enrichir l’un l’autre. Tous les deux seront dans une forme de rédemption.
C’est un film un peu guimauve dans lequel tout pourra à différents moment basculer dans un sens ou dans l’autre, mais dans lequel la bienveillance sera mise en valeur que ce soit chez un agriculteur ou dans un monastère.
Les images de la route de Compostelle sont magnifiques et l’utilisation d’un drone est est assumée et à propos.
C’est un film qui force à l’optimisme et qui montre que le volontarisme est une condition sine qua non pour remettre certains jeunes dans le droit chemin et leur offrir un avenir.
mercredi, mars 11, 2026
le crime du 3eme etage
Un film écrit et réalisé par Rémi Bezancon librement inspiré de fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock avec Gilles Lelouche, Laetitia Casta et Guillaume Galienne.
François et Colette habitent un bel appartement en plein Paris. Colette en regardant par la fenêtre croit avoir vu son nouveau voisin Yann assassiné sa femme. Mais quelques heures plus tard elle voit de nouveau la femme de son voisin. Elle mènera quand même l’enquête pour savoir si le meurtre qu’elle a cru voir était bien réel.
L’adaptation de fenêtre sur cour donne un polar assez classique et assez prévisible qui n’est pas forcément l’intérêt de ce film.
Ce qui est plutôt touchant et intéressant sera de voir comment le couple formé par François et Colette va évoluer. Leur relation semblait usée par des années de vie commune. François ne croyait pas sa femme quand elle pensait que leur voisine avait disparue. Et puis l’enquête qu’ils vont mener, les risques qu’ils vont prendre va finir par raviver la flamme de la passion dans ce couple.
Et puis Laetitia Casta dans le rôle de cette professeur à la Sorbonne grande spécialiste d’Hitchcock est plus que convaincante, avec un jeu à la fois très sobre et très efficace, c’est pour moi une des grandes révélation de ce film malgré ses plus de 25 ans de carrière au cinéma.
victor comme tout le monde
Le nouveau film de Pascal Bonitzer quelques semaines après son Maigret et le mort amoureux.
Robert Zuchini (Fabrice Luchini) est un acteur spécialiste de l’oeuvre de Victor Hugo. Il apprend la mort de son ex femme, la mère de sa fille Lisbeth (Marie Narbonne) qu’il n’a pas revu depuis très longtemps. Il va alors chercher à la revoir et construire des liens qui n’ont jamais réellement existés.
C’est un film à la fois assez court 1h30 et très verbeux. Les grands monologues plairont sans nul doutes aux admirateurs de Fabrice Luchini. Mais une fois que l’on a enlevé ces lectures de textes de Victor Hugo il ne reste plus beaucoup de place pour le reste.
On passera assez vite sur cette histoire de retrouvailles entre un père et sa fille. Robert Zuchini apparaît comme un homme assez lâche ayant privilégié sa carrière en abandonnant littéralement femme et enfant. Au final cela en fait un personnage assez antipathique.
Mais là où le film est peut être le plus intéressant, c’est quand le film s’intéresse aux femmes qui ont traversé la vie d’Hugo, sa femme Adèle , ses filles Léopoldine et Adèle et ses maîtresses. Et ce sont trois actrices (Suzanne De Beacque Iris Bry et Louise Ory Diquero) à travers une pièce de théâtre qui vont susciter l’intérêt de Robert Zuchini.
mercredi, mars 04, 2026
the bride
Deuxième film de Maggie Gyllenhaal après the lost daughter
Frankenstein (Christian Bale) se sent seul, il va demander à la Dr Euphronius (Annette Bennig) de ressusciter une femme (Jessie Buckley vue récemment dans Hamnet) pour pouvoir se marier avec elle. Mais les deux amants vont vite être poursuivis par la police ce qui donnera lieu à une traque épique.
La première qualité de ce film est de nous plonger dans l’Amérique du début du Xxeme siècle. Les décors et la photographie sont absolument remarquables et contribuent à créer une ambiance assez singulière. On plonge notamment dans ces salles de cinémas ou ces drive in où aiment à aller les deux fuyards.
Après il est difficile de qualifier le film. On est à la fois dans un polar, un film de mafia, une comédie romantique voir dans un film de genre avec beaucoup de violence et de rythme. Ce film a d’une certaine manière une dimension pop avec beaucoup de légèreté et de sourires.
Le plus petit dénominateur commun sera sûrement la tragédie avec ces deux personnages que tout le monde repousse et qui sont obligés de fuir avec une issue qui apparaît implacablement fatale.
la maison des femmes
Premier long métrage écrit et réalisé par Melisa Godet une fiction inspirée de la maison des femmes de Saint Denis crée et dirigée par Ghada Hatem avec au casting Karin Viard Laetita Dosh Eye Haidara Pierre Deladonchamps Oulaya Amara et Juliette Armanet.
La maison des femmes est menacée de fermeture. L’équipe devra trouver des financements pour que son activité continue. Cette tâche ne sera pas facilitée par une inspection des affaires sociales. Pendant ce temps là toute l’équipe devra continuer d’aider des femmes victimes d’excisions ou de violences à se reconstruire.
Ce qui particulièrement marquant dans ce film c’est sa capacité à montrer que les violences faites aux femmes touchent toutes les générations et toutes les classes sociales. Si les excisions et les mariages forcés sont peut être plus visibles, les violences dans les classes les plus aisées sont plus cachées mais détruisent tout autant la santé des femmes.
Pour le reste on est dans une fiction comme l’a souhaité Ghada Hatem mais avec une dimension documentaire assez forte ce qui peut nous placer dans un entre deux assez instable. Mais le moins que l’on puisse dire est que c’est un sujet assez peu traité (l’amour et les forets de Valérie Donzelli) et donc utile.
On voit le résultat de l’immersion de L Dosh et Eye Haidara notamment qui ont passé plusieurs journées dans la maison des femmes de Saint Denis.
lundi, mars 02, 2026
chers Parents
Adaptation de la pièce de théâtre d’Emmanuel et Armelle Patron par Emmanuel Patron.
Une pièce au joli succès avec plus de 500 000 spectateurs.
On est dans le Vaucluse Jeanne et Vincent (Miou Miou et André Dussolier) convoquent soudainement leurs trois enfants (Pauline Clément Arnaud Ducret et Thomas Soliveres). Ils vont leur annoncer leur départ prochain pour le Camboge où ils ont décider de construire un orphelinat. Mais avec quel argent ? Celui gagné à la loterie argent qu’ils ne voudront pas partager avec leurs enfants.
Ce film reste un pièce de boulevard avec quelques grandes tirades bien senties et une tendance à tout exagérer. On est donc dans une comédie très classique mais qui fonctionne grâce à quelques rebondissements qui vont rythmer le film.
Derrière la comédie, se pose la question de savoir comment une grande somme d’argent peut transformer des vies. On va voir une famille voler en éclat et une solidarité familliale se transformer en jalousies.
Mais là où le film est vraiment intéressant c’est quand il montre que l’on a rarement réalisé les rêves de notre jeunesse. Cette somme d’argent va réveiller de vieux rêves chez tous les personnages qu’ils vont pouvoir réaliser avec cet argent. Et c’est quand la vanité laisse place à une certaine forme d’épanouissement personnel que chers parents n’est plus qu’une comédie de boulevard quelconque
mercredi, février 25, 2026
rue malaga
Un film écrit et réalisé par Maryam Touzani (le bleu du Caftan, Adam) produit et coécrit par Nabil Ayouch.
Maria Angeles (Carmen Maura) est espagnole elle est née et a toujours vécu à Tanger où sa famille a trouvé refuge suite à l’arrivée au pouvoir de Franco. Sa fille Clara (Marta Etura) a besoin de l’argent de la maison où vit sa mère mais qui lui appartient. Elle va alors reloger sa mère dans un hospice. Mais Maria Angeles va rapidement en partir pour revenir chez elle.
Ce film est d’abord un drame assez terrible, une femme mise à la porte de chez elle par sa fille. Une femme très appréciée dans son immeuble dans son quartier et dans sa ville. C’est une femme qui dégage beaucoup de sympathie.
C’est aussi un film de débrouille et d’arnaque. Maria Angeles va manipuler son monde pour revenir chez elle et récupérer petit à petit les meubles de son appartement. Elle trouvera aussi un moyen insolite pour gagner de l’argent et racheter ses meubles.
Mais surtout ce film est une histoire de renaissance, celle d’une nonagénaire à la vie très monotone qui va retrouver la passion et la joie de vivre. Et c’est cet aspect là qui est le plus poignant le plus fort et le plus tendre.
lundi, février 23, 2026
marty supreme
Un film de Josh Safdie produit notamment avec Timothe Chalamet qui tient le rôle titre.
Marty Mauser est un champion de tennis de table dans l’Amérique post seconde guerre mondiale. Mais il ne vit pas de son sport et travaille chez son oncle. Sa famille ne croyant pas en lui il devra inventer les pires stratagèmes pour participer aux plus grandes compétitions. Et c’est lors de l’open de Grande bretagne qu’il trouvera son plus grand adversaire Edo mais aussi Kay Stone une actrice dont il tombera amoureux.
C’est un film catastrophe. Les mésaventures s’enchaînant à un rythme effréné pour Marty. Pour y faire face il va se transformé en un roi de l’arnaque sans aucun scrupule. Mais c’est un personnage qui reste sympathique restant fidèle aux gens qui l’ont aidé malgré son obsession de la compétition. On est dans la lignée des Ocean 12 ou Las Vegas 21.
Ce film pose aussi la question de vivre d’un sport qui reste assez méconnu aux Etats Unis à cette époque. Il ne peut pas être professionnel et va enchaîner les galères financières au point de faire le pitre avec les Harlems globe trotters. Et puis il y a la construction de ce mythe Edo contre Mauser. Ce riche fabriquant de stylos l’a compris et va tenter d’organiser un match d’exhibition pour développer son entreprise au Japon alors que Marty lui n’est pas près à sacrifier l’intégrité de la compétition sportive. Et ce sont ces mythes (PSG OM, France Angleterre ) qui feront que le sport pourra être professionnel.
jeudi, février 19, 2026
maigret et le mort amoureux
Adaptation d’une œuvre de Simenon par Pascal Bonitzer avec Denis Podalydes dans le rôle du commissaire.
Maigret est appelé après qu’un ancien diplomate ait été retrouvé mort chez lui par sa gouvernante. Il va d’abord la soupçonner mais aussi s’intéresser à l’amour épistolaire qu’entretenait le défunt avec une princesse.
Le choix singulier est de se faire dérouler l’action dans les années 2000. Cet anachronisme fonctionne et donne bizarrement une ambiance assez désuète.
Le polar lui est bancal, le véritable responsable du décès du diplomate aurait pu être découvert très tôt, mais peu importe puisque là n’est pas l’intérêt du film.
Ce qui est marquant c’est cette histoire d’un amour éternel mais qui paradoxalement n’a jamais pu existé. On est dans un milieu où les apparences sont tout et où pour les préserver il était toléré que cette princesse puisse aimé un autre homme que celui qu’elle a du épouser.
La grande question sera de savoir si cet amour épistolaire mais non moins intense et durable aurait pu survivre dans la réalité ? Telle est la question de ce film qui montre que le plus bel amour n’a pas forcément besoin d’être consommé.
mercredi, février 18, 2026
coutures
Le dernier film d’Alice Winocur la réalisatrice d’Augustine et Proxima notamment.
Maxine Walker (Angelina Jolie) est une réalisatrice américaine venu en France pour tourner un clip pour un défilé de mode. Ce sera l’occasion de se plonger dans l’écosystème de la mode en suivant notamment une maquilleuse (Ella Rumpf césar de la meilleure révélation pour le théorème de Marguerite), une couturière (Garance Mariller) ou encore une mannequin Ada (Anyier Anei) Mais tout va basculer quand Maxine découvrira qu’elle a un cancer du sein.
C’est un film autobiographique à plus d’un titre car on a diagnostiqué un cancer à Alice Winocur et Angelina Jolie a subi une double mastectomie en éviter un.
Ce parcours va plonger Maxine dans une grande précarité et une grande solitude. Elle devra digérer la nouvelle, continuer à travailler et réfléchir à comment l’annoncer à ses proches. On est dans une dimension quasi documentaire assez saisissante.
Mais ce films montre différentes précarités, différentes fragilités. La santé on l’a vu mais aussi cette maquilleuse enchaînant les contrats et ne sachant pas de quoi demain sera fait. Mais aussi ces mannequins tout le temps sur les routes et aux histoires souvent terribles. Et puis cette couturière qui confectionne sa première robe et qui passe sa vie dans son atelier effectuant un travail de minutie.
Même si on l’a l’impression que ce sont des histoires sans réel rapport les unes avec les autres, tout finit par se rejoindre en montrant que derrière le rêve que provoque la mode se cachent des destins précaires que se soit économiquement, humainement ou sanitairement parlant.
mardi, février 17, 2026
les dimanches
Troisième long métrage de la réalisatrice basque Alauda Ruíz de Azúa, coquille d’or du festival de San Sebastien et Antigone d’or du ciné med de Montpellier.
Ainara (Blanca Soroa) a 17 ans. Elle veut commencer un discernement pour entrer dans un couvent. Son père mais surtout sa tante tenteront de l’en dissuader sans comprendre réellement la vocation d’Ainara.
L’évènement le plus marquant qui n’est pas montré ici est le décès de la mère d’Ainara. Le seul lien avec sa mère est ce médaillon de Marie qu’elle porte sur elle et qui a peut être été le point de départ de sa vocation. Mais celle ci est à mon sens la solitude dans laquelle se retrouve la jeune adolescente. Elle n’a plus de mère, un père occupé par son restaurant et qui a refait sa vie et une tante elle en plein divorce.
Le désespoir, la souffrance de la jeune fille est sourd on ne le perçoit pas mais il est bien réel et en est plus qu’émouvant.
Elle va trouver dans la foi dans les ordres une manière d’exister une attention dont elle a été privée.
Mais le plus criant est que cette famille n’a jamais fait le deuil de la mère d’Ainara et ne la jamais aidé à surmonter cette épreuve.
lundi, février 16, 2026
lol 2.0
3eme opus de la série signée Lisa Azuelos avec sa fille Thais Allessandrin dans le rôle principal de Louise et toujours Sophie Marceau ou encore Francoise Fabian. Avec déjà plus de 300 000 entrées en moins d’une semaine.
Louise retourne chez sa mère après s’être séparée de son compagnon avec qui elle travaillait. Elle devra alors changer de vie. Sa mère elle doit faire face à une jeune stagiaire influenceuse architecture qui lui prend un dossier et à son futur rôle de grand-mère.
Le film partait bien, il commençait par une critique d’un mode de vie de plus en plus numérique ne laissant que peu de place aux interactions humaines. Mais très rapidement on va se laisser submerger par des psychodrames familiaux, un père se mariant avec la meilleure amie de sa fille ou encore cette dernière complètement perdue après les échecs de son couple et de son entreprise incapable d’arriver présentable à son nouveau travail.
C’est de plus une famille à laquelle on a du mal à s’identifier. Une famille vivant dans une maison avec un grand jardin en plein Paris. Une famille qui aurait tout pour être heureuse mais qui n’y arrive pas.
Enfin, tout est au mieux cousu de fil blanc quand le film n’enchaîne pas les clichés qui sont souvent gênants.
jeudi, février 12, 2026
aucun autre choix
Un film de Park Chan-Wook le réalisateur de Old boy, Mademoisselle ou encore decision to leave. Un film qui totalise déjà 1,2 m d’entrée en corée du sud depuis sa sortie en septembre. Une adaptation du couperet de Costa Gavras
Man Su s’est fait licencié d’une papeterie. Il doit vite retrouver du travail pour maintenir le train de vie de sa famille. Mais la concurrence est rude. Il va alors avoir l’idée de supprimer ses concurrents. Mais s’improviser tueur ne sera pas si simple.
C’est un film qui repose beaucoup sur l’absurde et le comique de situation. Bien que cela soit un polar voir un film social, on rit des situations incongrues dans lesquelles se retrouvent les personnages et des répliques parfois cinglantes. On a notamment ce moment où Man su et sa femme annoncent à leur deux enfants qu’ils ne peuvent plus se permettre de nourrir autant de bouches.
Mais ce film est surtout une allégorie assez cinglante du monde du travail. L’automatisation des productions et la mécanisation ont détruits de nombreux emplois plaçant les travailleurs dans des situations de concurrences exacerbées, faisant sombrer certains d’entre eux dans la dépression et l’alcool.
Ce film montre aussi une société de plus en plus vénale. Des entrepreneurs recherchant les profits à tout prix mais aussi Man Su lui même qui était habitué à un certain train de vie et qui fera tout même le plus abjecte pour le conserver. Sa femme finira même par l’approuver car elle aussi voudra retrouver sa vie d’avant.
Un film âpre mais au message limpide
mercredi, février 11, 2026
les enfants de la résistance
Un film de Christophe Barratier le réalisateur des choristes et de faubourg 36 notamment. Adaptation de la bande désinnée de Benoît Ers et Vincent Dugomier tourné à Mailly-le-Château dans l’Yonne. Avec au casting Artus, Gérard Jugnot et Vanessa Guide mais surtout 3 enfants, Lucas Hector, Nina Filbrandt et Octave Gerbi
Tout commence au début de la seconde guerre mondiale, François voit son cousin envoyé au front où il perdra la vie. Il va alors décider avec deux de ses amis d’utiliser la maison de son cousin pour préparer des tracts hostiles aux allemands et ainsi tenter de fédérer la résistance qui aura un seul nom le lynx.
Ce qui est assez étonnant mais qui fonctionne très bien c’est que le casting adulte vient plutôt de la comédie, des acteurs des actrices que l’on a pas forcément l’habitude de voir dans des drames. Mais ils sont tous au service des enfants qui sont remarquables.
Mais ce qui est le plus intéressant c’est l’insouciance, la spontanéité voir l’inconscience des enfants qui va réveiller un village et fédérer une résistance. C’est un village encore marqué par la première guerre mondiale, hostile aux allemands, mais qui aurait mis du temps à s’organiser. Les enfants n’auront pas les moyens de mettre en place de grandes actions de résistances, mais ils vont stimuler les adultes pour qu’ils se mobilisent.
Un film qui évoque également cette jeunesse allemande celle de ces soldats qui pour une bonne partie étaient contre la guerre. Un film qui à travers l’insouciance des enfants entretient habilement le devoir de mémoire.
jeudi, février 05, 2026
a pied d'oeuvre
Un film de Valrie Donzelli, d’après le roman autobiographique de Franck Courtès
Avec dans le rôle titre Bastien Bouillon.
Paul Marquès était photographe. Il a abandonné son métier pour devenir écrivain. Mais il devra vite abandonner son train de vie confortable et accepter des missions d’homme à tout faire pour pouvoir vivre et continuer à écrire.
C’est un film sur un choix de vie singulier. Celui d’abandonner un certain confort, un certain mode de vie pour se consacrer à une passion. Mais un choix que l’on a du mal à comprendre car il engendre chez Paul une souffrance qui est palpable. Une souffrance qui va s’inscrire jusque dans sa chaire.
Et puis on va comprendre que ce changement de vie va servir au processus créatif de l’écrivain. Tout comme la romancière Emma Becker avait travaillé dans une maison close pour écrire son roman la maison, Paul lui va plonger dans l’uberisation du monde du travail.
Ce qui pose problème c’est qu’on ne sent pas la dimension documentaire ou la dénonciation de l’uberisation de la société. On peut avoir l’impression que ces travailleurs précaires vont être utilisés pour faire vendre des livres et faire de l’argent. A pied d’oeuvre est dans cette ambiguïté qui peut déranger.
mercredi, février 04, 2026
la reconquista
Un film écrit et réalisé par Jonas Trubea le réalisateur d’Eva en aout mais surtout du remarquable septembre sans attendre. Un film de 2016 inédit en France jusqu’à maintenant.
Avec au casting sa compagne Itsaso Arana et Francesco Carril
Olmo et Manuela ont été amants. Manuela revient d’Argentine et passe une soirée avec Olmo. Ils vont la passion qu’ils ont vécues.
Ce film est d’abord une nuit assez merveilleuse où les anciens amants vont passer d’un restaurant à un bar puis à un club de danse avant qu’Olmo n’aille retrouver sa compagne.
On sent une complicité et une forme de désir qui est intacte malgré les années qui ont passées et la distance qui les sépare. Tout est fluide, simple, joyeux sans une once de mélancolie, malgré le fait que ces retrouvailles ne dureront qu’une nuit et qu’au matin tout sera fini. Une évocation d’une forme d’amour qui subsiste, un amour d’une rare intensité, bien que leur relation elle soit terminée.
La seconde heure du film est moins intense, on retrouve Olmo avec sa compagne et l’évocation de sa relation avec Manuela alors qu’ils étaient adolescents. Néanmoins on ressent tout l’amour que Carla porte à Olmo en acceptant qu’il puisse garder une forme de tendresse pour Manuela.
Un magnifique film d’amour, un amour d’une grande maturité où la simplicité et la joie de vivre sont de mise.
lundi, février 02, 2026
promis le ciel
Deuxième long métrage de fiction de Erige Sehiri pour ce film de la sélection un certain regard du dernier festival de Cannes.
On est en Tunisie dans les locaux d’une église évangélique dirigée par Marie (Aissa Maiga) Elle accueille des migrants d’Afrique sub saharienne avec des profils et des vies très différentes.
Ce qui est marquant c’est le racisme dont sont victimes ces migrants en Tunisie. L’église évangélique est pour eux une sorte de refuge et un lieu dans lequel ils pourront trouver une aide. Ces rafles de la police sont assez glaçante la vérification des titres de séjours devenant presque accessoire
Et puis il y a le profil de ces migrants, une étudiante légale, une femme qui veut traverser la méditerranée ou encore une petite fille se retrouvant toute seule sans ses parents.
Pour ces migrants c’est un peu tous les jours la débrouille, les aides de l’église évangélique, le trafic d’alcool ou encore les astuces pour suivre les cours à l’Université dans de bonnes conditions.
Comment exister dans une société qui ne veut pas de vous, tel sera le quotidien de ces migrants et des choix des décisions qui seront compliquées à prendre mais qui obéiront à la raison.
dimanche, février 01, 2026
Love on trial
Un film de Kôji Fukada présenté dans la section Cannes Première et dans le festival des saisons Hanabi.
Mai (Kyoko Saito) fait partie d’un groupe de pop japonaise ayant de plus en plus de succès. Entre les concerts, les nouvelles chorégraphies et les voyages la fatigue chez ces jeunes filles commence à se faire sentir. Un jour Mai va rencontrer un jeune mime duquel elle tombera amoureuse au point d’abandonner son statut de pop star qu’elle a mis du temps à acquérir.
C’est d’abord une histoire d’amour montrée avec beaucoup de pudeur, une histoire d’amour dans laquelle deux opposés s’attirent. On a d’un côté une star de la pop et de l’autre un artiste vivant dans son van, travaillant dans la rue au chapeau.
Mais cette histoire d’amour en dit long sur cette société japonaise très prude où la célébrité, la gloire, la popularité doit être obligatoirement synonyme de célibat. Le portrait de ces fans de J pop est assez symptomatique, ils dépensent sans compter pour suivre leurs idoles et espérer échanger quelques mots à bonne distance et tout çà pour tenter de briser une grande solitude.
Et puis il y a ce choix que Mai devra faire, continuer dans les sacrifices et être une star de J pop, ou alors avoir une vie beaucoup plus simple et vivre un amour qu’elle ne faisait que chanter.

































