dimanche, mai 19, 2024
samedi, mai 18, 2024
kinds of kindness (cannes 2024)
Le dernier film de Yogos Lanthinos le réalisateur de tendres créatures ou encore the lobster, un film qui était en compétition lors du dernier festival de Cannes. Avec au casting Jesse Plemons (prix d’interprétation masculine) Emma Stone, Willem Defoe, et Margaret Qualley (fille d’Andy MacDowell)
Ce film est composé de 3 moyens métrages. Le premier montre un homme dont la vie est totalement contrôlée par son patron. Le deuxième met en scène une femme disparue qui finit par revenir mais qui n’est peut être pas celle que l’on croit. Enfin la troisième histoire est celle d’une femme cherchant la personne capable de ressusciter des personnes décédées.
On est dans un film barré, fantastique à la limite du surnaturel. Le plus compliqué est de trouver ce qui relie des moyens métrages.
Kinds of kindness interroge les relations à la mort. Dans la première histoire les accidents seront de plus en plus terribles au point de mettre en danger la vie d’un homme. Dans la deuxième une femme portée disparue est elle réellement morte a t’elle radicalement changée ou a t’elle été remplacée par une autre. Dans la troisième histoire on a carrément des personnages qui ressuscitent .
Ce film parle également de dualités. Dans la première histoire il s’agit des compagnes qu’un homme rencontrent se manière identique. Dans la deuxième histoire il s’agit également d’une épouse qui n’est peut être pas la femme qui a disparue. Et dans la troisième histoire cette dualité prend la forme d’une Jumellité
Un film tout aussi barré que the lobster un film réservé à un public averti
vendredi, mai 17, 2024
oh canada (cannes 2024)
Un film de Paul Shrader un film qui était en compétition lors du dernier festival de Cannes.
Leonard (Richard Gere) est un écrivain qui passe les dernières heures de sa vie chez lui. Il a accepté une interview pour revenir sur l’ensemble de sa vie, une vie des plus chaotique.
C’est un film sur les remords d’un homme sur le point de mourir. Cette interview sera pour lui l’occasion de se remettre en question, d’essayer de faire la paix avec lui même voir d’avouer des choses qu’il n’a jamais dites.
C’est aussi un film sur la lâcheté. Autant on peut comprendre la fuite vers les Canada pour ne pas aller faire la guerre au Viet Nam, autant ses relations avec les femmes et ses enfants sont des plus compliquées et des plus problématiques. Privilégier sa carrière à sa femme qui a fait une fausse couche et revoir très tard l’enfant qu’il n’a jamais reconnu sont des aspects très sombres de la vie de Léonard.
Un film assez actuel qui montre les faces d’ombres de ces personnalités publiques à la réputation en apparence incontestables.
Rendez vous avec pol pot (cannes 2024)
Le nouveau film de Rithy Panh présenté dans la sélection Cannes Première du dernier festival de Cannes en présence d’Irène Jacob Grégoire Collin, Cyril Guei mais surtout Elisabeth Becker, journaliste américaine dont c’est l’histoire.
On est à la fin des années 1970, 3 journalistes s’envolent pour le Cambodge état contrôlé par les Kmer rouges. Alain un des trois journalistes est un ancien camarade d’université de Pol Pot. Au cours de ce séjour il attendra une occasion de pouvoir le rencontrer. Mais la disparition de Paul qui a voulu se soustraire à la visite guidée par le régime en place va peut être tout remettre en cause.
Rithy Panh vient du documentaire et cette fiction montre bien comment un état verrouille sa communication, en cantonnant des journalistes dans une base militaire et en organisant des visites qui ne reflètent pas l’état du pays.
Deux des trois journalistes vont essayer de poser des questions qui dérangent ou de fausser compagnie à leurs accompagnateurs. Mais prendre des clichés et les faire sortir du pays est mission impossible.
Un thriller, un documentaire mais aussi un film d’animation pour combler les images manquantes celles que les journalistes n’ont pas pu tourner.
jeudi, mai 16, 2024
la jeune fille a l'aiguille (2024)
Deuxième long métrage de Magnus von horn, un film qui fut en compétition lors du dernier festival de Cannes.
On est à la fin de la seconde guerre mondiale, une tisserande dont le mari est porté disparu est menacée d’expulsion. Elle demande de l’aide à son patron avec qui elle finira par avoir une histoire et un enfant. Le mariage impossible et le retour de son mari défiguré par la guerre vont plonger Karoline dans le plus grand des désarrois. Mais c’est quand elle tentera d’avorter qu’elle va rencontrer Dagmar qui s’avérera être une personne des plus détestable.
Sur la forme le noir et blanc est sublime tout comme la photo.
Le scénario lui aussi est tout autant bien construit que sordide. Le plus abjecte est qu’il soit tiré d’une histoire vraie.
Aux horreurs de la guerre vient s’ajouter la traite d’être humains, de nouveaux nés. Il y a bien quelques micros détails qui pourraient laisser présager la fin mais on se laisse berner par cette histoire complètement hors norme.
C’est l’exploitation de cette précarité de cette misère humaine qui est révoltante au point que cette pseudo agence d’adoption arrive à faire payer des mères pour qu’elles puissent se séparer de leurs enfants.
Une histoire tout aussi abjecte que passionnante
mercredi, mai 15, 2024
ma vie ma gueule (cannes 2024)
Le dernier film de Sophie Fillières, un film monté par ses enfants Agathe et Adam Bonitzer suite au décès de leur mère juste après la fin du tournage en juillet 2023.
Barberie Bichette (Agnès Jaoui) travaille dans une agence de publicité. Un jour elle croise un de ses amis d’enfance qu’elle ne reconnaît pas. Cette rencontre va provoquer en elle de vives réactions car elle pense que c’est la mort qui est venu la chercher.
C’est un film qui fait écho à la vie de ma mère sorti en mars de cette année où Agnès Jaoui jouait déjà une femme atteinte d’une maladie mentale.
C’est un film avec des remarques troublantes sur la mort, combien de douches me reste t’il avant de mourir ? Cet ami d’enfance qu’elle prend pour la mort. C’est d’autant plus troublant venant d’une réalisatrice qui se savait condamnée.
Ce film interroge aussi la place de la famille et des aidants dans l’accompagnement des personnes souffrants de maladie mentale. Où est la frontière entre ce qui relève de la maladie et ce qui relève d’un mode de vie peut être atypique.
En çà les personnages des enfants et le sœur de Bichette (Angelina Woreth, Edouard Sulpice et Valérie Donzelli) sont vraiment denses et peut être les plus intéressants.
Dommage que ma vie ma gueule sorte si peu de temps après la vie de ma mère qui traitait du même sujet avec aussi Agnès Jaoui dans le rôle principal.
les fantômes (cannes 2024)
Premier long métrage de Jonathan Millet film d’ouverture de la semaine de la dernière semaine de la critique
Hamid (Adam Bessa) est un réfugié syrien en France. Il a été victime de tortures des autorités. Il a intégré une organisation secrète et citoyenne qui a pour but de traquer les criminels de guerre. Il doit prouver qu’Harzaf (Tawfeek Barhom) un étudiant en chimie n’est autre qu’un criminel de guerre en fuite. Ceci donnera un thriller avec une forte tension psychologique.
L’originalité du thriller est qu’il met en scène une organisation en apparence amateur. La traque du criminel de guerre se fait à partir d’une photo floue, de visite dans des camps de réfugiés et grâce à des communications via des jeux vidéos en ligne.
Hamid est en apparence un jeune homme tout à fait normal qui va se faire passer pour un étudiant pour suivre un suspect, mais fait il le poids face à Harzaf potentiellement criminel de guerre.
L’autre aspect intéressant c’est cette rencontre entre Hamid et Harzaf. Harzaf a t’il grillé Hamid. Elle donne une dose d’adrénaline supplémentaire à ce film. Hamid devra préserver sa couverture d’étudiant le temps de pouvoir trouver des preuves.
Un film qui montre enfin que les hommes de Bachar El Assad sont potentiellement partout au Liban voir en Europe. Même exilés les syriens ne sont pas en sécurité. Un film qui témoigne certes de l’histoire mais aussi de l’actualité des réfugiés syriens et de la nécessaire traque des criminels de guerre que seuls les membres de la société civile sont en mesure d’effectuer.
jeudi, mai 09, 2024
mercredi, mai 08, 2024
lundi, mai 06, 2024
jeudi, mai 02, 2024
le tableau volé
Le nouveau film de Pascal Bonitzer avec un casting de rêve Alex Lutz, Lea Drucker, Louise Chevillotte et Nora Hamzawi
Une notaire de Mulhouse Maitre Egermann appelle un commissaire priseur parisien André car dans une vente en viager un jeune homme Paco a découvert un tableau qui pourrait être un Egon Schiele . André n’y croit pas mais il ne résiste pas à l’envie de revoir son ex femme Betina avec qui il va aller expertiser le tableau. Une fois devant celui ci quelle n’est pas leur surprise car le tableau est un vrai.
Ce film est d’abord une comédie sociale. André Masson vient d’un milieu modeste et se donne une image de flambeur pour masquer une enfance difficile perdu en province. Sa stagiaire Aurore a des relations difficiles avec sa famille depuis que son père se soit fait arnaqué. Paco lui mène une vie simple et ne voudrait pour rien au monde devenir riche et perdre ses amis. Bref chacun des personnages joue un rôle différent de la personne qu’elle est vraiment.
C’est un film hyper humain. Maitre Egerman protège et accompagne son client dans un monde qu’il ne connaît pas. André bien qu’en apparence infecte sera très protecteur pour sa stagiaire et très complice avec son ex femme qui le lui rend bien. On est peut être dans un univers de requins de salles des ventes mais avec beaucoup d’humanité.
Enfin c’est un film qui traite avec un angle assez original et intéressant la spoliation des biens juifs pendant la seconde guerre mondiale. Et en çà l’attitude de Paco est remarquable, il ne veut pas d’une œuvre volée qui ne lui appartient pas.
Un film hyper riche et complexe que ce tableau volé.
jusqu'au bout du monde
Le troisième film de Vigo Mortensen
Vivienne (Vicky Krieps) est une jeune fleuriste qui refuse les avances d’un notable. Sur un marché elle rencontre Olsen. Ils vont tomber amoureux et s’installer à côté d’une petite ville. Mais Olsen va s’engager dans les troupes de l’Union, laissant Vivienne seule. Elle sera alors de nouveau la cible de prédateurs.
C’est avant tout un portrait de femme. Une femme libre indépendante préférant une réelle histoire d’amour à un mariage qui aurait pu lui assurer une aisance matérielle. Mais cette liberté elle va la payer chère en gardant des stigmates dans son corps.
C’est également un film sur une Amérique de la guerre de sécession. Une société rurale très corrompues dans laquelle les petits barons font la loi écrasant tous les autres.
Dans ce portrait très sombre de cette Amérique corrompue l’histoire d’amour entre Olsen et Vivienne est un rare rayon de soleil.
Un film assez contemplatif, un anti western au rythme assez lent mais qui résonne encore aujourd’hui dans une actualité des violences faites aux femmes.
lundi, avril 29, 2024
Sky dôme 2123
Un film d’animation de Tibor Banoczki et Sarolta Szabo présenté lors du dernier festival d’Annecy
La planète Terre n’est plus habitable, l’humanité s’est réfugiée dans un dôme. Mais à 50 ans les humains doivent être transformées en plantes pour permettre aux plus jeunes de survivre. Mais Nora a seulement 30 ans décide de devancer cette obligation. Stefan son mari, infiltrera le système pour tenter de la sauver.
L’ambiance du film est apocalyptique et pesante. Elle est renforcée par le deuil impossible de Nora qui a perdu son enfant. Au final cela génère une sensation d’anxiété assez prononcée.
Au drame écologique s’ajoute donc un drame familial.
Sur la forme sky dome est une sorte de road movie, dans lequel on va découvrir petit à petit le processus de transformation des être humains en arbres.
Ce film fait écho à plan 75 ce film japonnais dans lequel des personnes agées décidaient d’en finir. Ce film pose ici la question du sens donnée à la vie pour cette femme qui vient de perdre un enfant et qui n’aura pas le temps d’en faire un autre et de la voir grandir.
L’attitude de Stefan interroge également. Tente t’il de sauver sa femme par amour ou par crainte assez égoïste de devoir vivre sans elle. C’est une également une forme d’égoïsme qui fera que le créateur de ce système a continué à faire vivre d’une certaine manière ses enfants.
Au delà de la fable écologiste le film interroge également de manière très crue la fin de vie.
jeudi, avril 25, 2024
back to black
Un film de la réalisatrice britannique Sam Taylor-Johnson sur une des membres du club des 27 Amy Winehouse (Marina Abela)
Amy Winehouse est issue d’une famille juive dans lequel les chansons prennent une grande place. Après avoir chanté dans des pubs et envoyer des démos elle finit par signer dans une maison de disque ce qui sera le début du succès. Mais c’est quand elle va rencontrer Blake (Jack O Connel) que sa carrière va prendre une toute autre dimension et qu’elle va également commencer à sombrer dans l’alcool.
Ce film montre à quel point l’amour peut être une drogue. Dès qu’Amy a rencontré Blake elle va immédiatement tomber amoureuse de lui bien qu’il soit déjà en couple. Cette relation va connaitre des hauts et des bas.
Une grande part du répertoire d’Amy Winehouse sera rythmé par cette relation assez distendue.
La disparition de la grand-mère d’Amy va encore plus entrainée la chanteuse dans l’alcool, malgré le soutien indéfectible et bienveillant de son père qui se relèvera impuissant à empêcher sa fille de sombrer.
C’est un biopic assez classique dans lequel on redécouvre avec plaisir le répertoire de la chanteuse, un répertoire très marqué par les vicissitudes de la vie de l’artiste.
mercredi, avril 24, 2024
première affaire
Premier long métrage de Victoria Musiedlak
Nora (Noe Abita) est une jeune avocate spécialisée en droit des affaires. Son patron (François Morel) lui demande d’aller à Amiens pour assister Jordan (Alexis Neises). Il est en garde à vue pour le meurtre d’une jeune fille. Nora va alors délaisser ses dossiers quotidiens pour défendre le jeune homme.
C’est un film sur les désillusions d’une jeune femme et sur la manière dont elles vont la construire en tant qu’avocate et en tant que femme.
Nora est à peine sortie de la faculté, elle n’est pas encore partie de chez sa mère et vit encore dans son cocon. Le physique frêle de Noe Abita renforce encore cette sensation de fragilité dans le personnage de Nora. Cette fragilité est encore renforcé par l’extrême aisance de Lætitia (Louise Chevillotte) sa meilleure amie.
Et puis il y a ce contact avec Jordan jeune homme cabossé par la vie et Alexis ce policier assez rude. Nora va être fasciné par ce monde qu’elle découvre. Mais cette fascination va la fragiliser et c’est ce qui va l’amener à subir des désillusions.
Le message du film est relativement intéressant à savoir qu’il faut se confronter à des échecs à des désillusions pour se forger son caractère sa personnalité. Dommage que le scénario soit relativement fragile et parfois incohérent. Mais c’est peut être par le relatif échec de son premier film que le talent de Victoria Musiedlak va se révéler ?
laroy
Un film de Shane Akintson
Harry (Dylan Baker) est un tueur à gage. Il doit remplir un contrat à Laroy dans l’État du Texas.
Sur le parking d’un bar son client l’a confondu avec Ray (John Magano) un homme venu mettre fin à ses jours. Mais Ray par curiosité va tenter de savoir qui est la cible du contrat ce qui va donner lieux à des rebondissements en séries.
Ce film est d’abord un film d’ambiance. On est dans l’Amérique profonde avec des personnages tous aussi désabusés les uns que les autres. Une ancienne miss à la recherche de sa gloire passé, un vendeur qui se fait berner par son associé ou encore un détective très peu futé. On développe beaucoup d’empathie pour tous ces personnages qui ont une vie bien terne et sans réelles espérances.
Le scénario lui aussi est plutôt efficace avec ses rebondissements. On part d’un quiproquo et ensuite les évènements vont s’enchainer de manière assez frénétique. C’est une sorte de réactions en chaine devenues incontrôlable. Et çà a l’avantage de garder le spectateur en haleine tout le long du film.
Un portrait assez amère d’une Amérique profonde complètement désabusée à la limite du burlesque
lundi, avril 22, 2024
il reste encore demain
jeudi, avril 11, 2024
nous les leroy
Premier film de Laurent Bernard grand prix du dernier festival de l’Alpe d’Huez en partie tourné chez nos voisins bourguignons.
Christophe (José Garcia) passe sa vie au travail. Sa femme Sandrine (Charlotte Gainsbourg) est sur le point de le quitter. Christophe fera tout pour qu’elle revienne sur sa décision, pour cela il va l’emmener revoir les lieux qui ont marqué l’histoire de leur couple.
Ce film illustre très bien les affres du temps sur le couple. Un couple rock and roll amoureux et déjanté s’est au fil du temps assagi. En çà nous nous les Leroy est émouvant. Il pose aussi les limites d’une vie rangée entre un pavillon et des zones commerciales des plus déprimantes.
Ce film est donc très amer et cette amertume écrase totalement les aspects comiques qui sont plus que ratés.
Pour le grand prix d’un festival de comédie on ne rit pas, pire, on ressent beaucoup de tristesse pour ce couple sur le point de séparer.
Dans cette lente agonie d’un couple, les relations entre les enfants du couple vont paradoxalement se renforcer pour créer une vraie complicité.
Un film qui serait plus à classer dans les drames que dans le registre comique.
mercredi, avril 10, 2024
madame hofmann
Le nouveau documentaire de Sébastien Lifshitz qui nous avait ému en 2019 avec Adolescentes.
On suit Sylvie Hofmann cadre infirmier dans un service de pneumologie et de soins palliatifs à l’hôpital nord de Marseille. Après 40 ans de service à l’hôpital nord vient pour elle le temps de la retraite. On va alors suivre ses derniers jours d’un travail qui a marqué cette infirmière jusque dans son corps.
Ce qui est impressionnant c’est le recul et la lucidité de Sylvie Hofmann sur sa vie et sur son métier. Elle revient sur les drames qui ont marqués sa vie et ceux qui rythment le quotidien de son service. Ce film fait penser à « patients » de Grand corps malade où il tournait en dérision son handicap. Ici la maladie, la mort, la détresse des patients peuvent donner lieu à rire. Mais ce rire est comme une soupape pour permettre à l’équipe soignante de pourvoir faire son travail et pour Sylvie Hofmann de continuer à vivre après les drames qu’elle a traversé.
L’écoute la bienveillance de cette cadre avec son équipe sont merveilleuses et son équipe le lui rend bien.
C’est un film également sur ces héroïnes du service public qui consacrent leurs vies aux autres en prenant sur elles jusqu’à ce que leur corps dise « stop ».
Enfin la lucidité de cette femme est extraordinaire. Elle n’hésitera pas à prendre des décisions radicales avec un sang froid remarquable.
Une leçon de vie formidable peut être un peu trop cru et qui montre les limites du dévouements aux autres
lundi, avril 08, 2024
Sidonie au japon
Le 3eme film d’Elise Girard
Sidonie (Isabelle Huppert) part au Japon faire la promotion de la réédition de son premier roman. Sur place elle est accueillie par son éditeur Kenzo (Tsuyoshi Ihara). Au cours de son périple elle va croiser le fantôme d’Antoine (August Diehl) son mari décédé quelques années plus tôt
La thématique du film est plus qu’intéressante quelle place prennent nos morts dans nos vies. Dans le film çà se matérialise de manière assez spectaculaire par un spectre par un fantôme que Sidonie va devoir apprivoiser. Et c’est cette métaphore qui est intéressante c’est peut être au moment où on a appris à vivre avec nos morts que l’on peut avancer dans la vie.
Ce film est aussi une rencontre de deux personnages cabossés par le destin. Les histoires de Sidonie et Kenzo sont tout aussi semblables que dramatiques. Les circonstances semblent s’être acharnées sur ces 2 personnages. Et ce qui est assez terrible c’est que le film semble montrer que seuls les personnes au destin dramatiques peuvent vraiment se comprendre les unes les autres.
Alors oui le rythme est lent, mais Sidonie au Japon propose une réflexion philosophique des plus intéressante.
jeudi, avril 04, 2024
et plus si affinités
Une comédie de Wilfried Meance et Olivier Ducray avec Isabelle Carré, Bernard Campan, Julia Faure et Pablo Pauly. Un remake d’un film espagnol sentimental lui même l’adaptation d’une pièce de théâtre « le voisin du dessus »
Sophie invite ses voisins du dessus Julia et Alban à dîner. Son mari Xavier n’est pas très enthousiaste mais il compte évoquer le bruit que ses voisins font en faisant l’amour. Mais ce dîner sera l’occasion d’une série de révélations.
Ce film est très verbeux et riche en rebondissements, en coups de théâtres. On est dans une bonne adaptation d’une pièce de théâtre de boulevard au cinéma.
Le personnage de Xavier, relativement bougon et aigri est une cible facile pour sa femme et ses deux voisins.
C’est au moment où on commence à se lasser de ce ressort comique que le film va prendre une toute autre dimension et commencer à interroger le couple que forme Sophie et Xavier. Et c’est quand le film finit d’être une farce qu’il en devient émouvant.
Et plus si affinités est certes une comédie sans langue de bois mais avec beaucoup de bienveillance.
mercredi, avril 03, 2024
drive away dolls
Un film du frère Coen Ethan écrit avec son épouse Tricia Cooke
Jamie et Marian (Margaret Qualley : fille Andy Mc Dowel et Geraldine Wiswanathan) ont prévu de partir à Tallahassee. Pour cela elles vont rouler avec une voiture qui n’est pas la leurs et qu’elles vont devoir acheminer dans cette ville. Sauf que dans cette voiture se trouvent deux drôles de colis. Des criminels vont alors poursuivre les 2 jeunes femmes pour récupérer leurs biens.
C’est un film en apparence classique où une jeune fille très fantasque Jamie va covoiturer avec Marian elle plus introvertie.
Mais le film est bien plus complexe, on a une histoire de truands, une valise dont on ne connaît pas le contenu et une immersion dans différentes communautés lesbiennes. La fin du film révélant elle même une dernière dimension au film.
Deux aspects sont particulièrement soignés dans le film. Les personnages sont tous très charismatiques et sont construits avec beaucoup de soin.
L’autre aspect est plus esthétique. La mise en scène la photo font de ce film un très bel objet cinématographique.
Un polar en forme de farce que ce film du frère Cohen.
lundi, avril 01, 2024
La promesse verte
Le nouveau film d’Edouard Bergon le réalisateur du très remarqué au nom de la terre.
Martin Landreau (Felix Moati) un jeune doctorant part en Indonésie comme volontaire pour une ONG. Mais ce n’est qu’une couverture pour pouvoir documenter les exactions dont sont victimes les populations locales qui ne veulent pas vendre leurs terres aux géants de l’huile de palme. Son destin va tourner quand il va être arrêté en possession de drogues. Sa mère (Alexendra Lamy) va alors tout faire pour sauver son fils.
Ce qui dérange c’est le côté naïf et candide de Martin. Il veut sauver le monde, n’hésite pas à braver ouvertement la milice locale. Il a un activisme frontal sans aucune stratégie pour ne serais ce que se coordonner avec les activistes locaux.
Là où le film commence à être intéressant, c’est quand on va découvrir petit à petit tous les enjeux politiques et surtout économiques liés à l’huile de palme. Certes Martin en prison est un moyen de pression des autorités locales sur la France, mais pas que.
Le seul moyen de pression que Marin pourrait avoir ce sont les images d’un massacre effectué par une milice à la solde d’un grand groupe agro alimentaire. Mais ces images ont disparues sans que l’on sache qui les as détruites.
Un film qui dénonce les pratiques abjectes de grands groupes agro alimentaires en Indonésie sans égratigné un pouvoir local corrompu et des puissances occidentales qui veulent sauvegarder des emplois dans leurs pays.
mercredi, mars 27, 2024
lundi, mars 25, 2024
jeudi, mars 21, 2024
bis repetita
Premier long métrage d’Emilie Noblet.
Delphine (Louise Bourgoin) est enseignante de lettres classiques dans un lycée. Elle a peu d’élèves et achète la paix en classe en leur mettant de bonnes notes. Mais tout va changer quand sa classe va devoir représenter la France à un concours international de latin. Delphine sera alors accompagné à Naples de Rodolphe (Xavier Lacaille) le neveu de la proviseure se son lycée (Noemie Lvovsky) et doctorant en latin.
C’est un film qui élève au rang d’art la tricherie et la flemmardise. La manière dont Delphine va se construire un personnage d’enseignante dynamique et investie est plus que drôle.
Cette tricherie va continuer lors du concours de latin où tous les moyens seront bons pour obtenir les sujets en avance pour que Delphine puisse aider ses élèves.
Ce film repose également sur des ressorts comiques assez ingénieux dont celui ci (son). Cette reprise de Celine Dion en latin. Rodolphe ayant eu l’idée de faire des reprises des plus grands succès de la variété en latin.
Beaucoup d’inventivité, de dynamisme, d’amour aussi. Xavier Lacaille après avoir été révélé dans le série Parlement (Emilie Noblet) confirme son talent d’acteur.
Enfin un film qui n’oublie pas d’égratigner le système éducatif et universitaire. Bis répétita a beau être une agréable farce, il n’est pas totalement abstrait et déconnecté de la réalité.
mercredi, mars 20, 2024
hors saison
Stephane Brizé revient à la comédie romantique après avoir réalisé quelques drames sociaux.
Mathieu (Guillaume Canet) est un acteur qui vient d’abandonner la première pièce de théâtre dans laquelle il devait jouer. Il se retrouve en thalasso loin de tout. C’est alors que son ex compagne Alice (Alba Rohrwacher) va reprendre contact avec lui.
La première demi heure du film plante le décor. Un acteur fatigué, usé, réfugié dans un centre de thalasso thérapie. Mais il s’ennuie. On finit par découvrir qu’il est parti des répétitions d’une pièce de théatre sur un coup de tête.
Puis vient la rencontre avec Alice qui a entendu parler de sa présence dans la région. Et c’est à ce moment là que commence la psychothérapie d’Alice. Elle se souvient de sa rupture avec Mathieu, rupture dont elle ne s’est pas totalement remise.
Les deux personnages semblent hors du temps hors de leur époque hors du monde réel incarné par le mari et la fille d’Alice.
Le scénario est lui cousu de fil blanc. Mathieu enrage en lisant des scénarios de film dont au tout début on a compris l’issue, c’est exactement le cas pour ce film. On peut faire une analogie entre l’histoire d’Alice et celle de cette vieille dame qui s’est mariée et fait des enfants par devoir et qui vit une belle histoire d’amour au crépuscule de sa vie. Mais cette histoire semble anecdotique dans la mélancolie qui traverse ce film.
lundi, mars 18, 2024
heureux gagnants
Une comédie à sketchs écrite et réalisée par Maxime Govare et Romain Choay.
4 histoires de gagnants au loto dont la vie bascule. Un couple qui n’a que quelques minutes pour réclamer son gain, une jeune femme qui va se méfier d’un prétendant, 1 terroriste qui va hésiter à appuyer sur le détonateur et des personnels d’un Epadh victimes d’une malédiction. Avec au casting, Audrey Lamy, Fabrice Eboué, Anouck Grimbert ou encore Pauline Clement.
Le scénario est un peu rêche. On craint vraiment le pire quand les clichés sur les terroristes s’accumulent. Ajouter à cela un travail de script assez léger. On est donc sur une comédie assez poussive.
Seul la troisième histoire est plutôt bien construite. Une aide soignante ne voulant pas voler un ticket gagnant à un de ses pensionnaire tout juste décédé fonctionne à peu près. Cette malédiction va amener cette comédie presque dans un film de genre.
Pourtant le sujet est intéressant. Comment notre vie bascule après avoir gagner au loto. On a des personnages assez modestes mais qui se battent pour s’en sortir mais qui ne sont pas du tout préparer à la vie qui les attend.
Un film avec beaucoup de potentiel qui frise avec la faute de goût et qui est le plus souvent bancal.
mercredi, mars 13, 2024
la nouvelle femme
Le nouveau film de Léa Todorov.
Lili D’alengy (Leila Bekti) est une star du music hall dans le Paris du début du Xxeme siècle. A la mort de sa mère sa famille lui restitue sa fille Tina (Rafaelle Sonneville Caby) qui est neuro atypique. Elle va alors rejoindre Rome dans l’espoir de la confier à un foyer géré par Maria Montessori (Jasmine Trinca).
La grande performance du film est d’avoir pu faire tourner des enfants neuro atypiques. La grande évolution est que ces enfants n’étaient plus considérés comme des malades mentaux mais des enfants à besoins éducatifs particuliers. Le rôle de la musique, des sens et de l’attention dans les apprentissages a été révélés par Maria Montessori notamment pour ceux que l’on appelait communément les idiots.
Le destin de Maria Montessori est celui d’une femme qui n’était pas considéré comme médecin à part entière mais comme la collaboratrice du directeur de l’institut. Le film raconte également l’émancipation d’une femme brillante. Et pour ce faire elle va être aidée par Lili D’Alengy qui maitrise tous les codes du monde du début du Xxeme siècle. Celà montre que tout brillant chercheur que l’on soit si on a pas l’argent et le pouvoir les découvertes sont bien peu de choses.
dans la peau de blanche houellebecq
10 ans après l’enlèvement de Michel Houellebeq, Guillaume Nicloux signe dans la peau de Blanche Houellebeq.
Michel Houellebeq est sur le point de partir en Guadeloupe pour dédicacer des livres. Sur place une surprise l’attend il assistera à un concours de sosies de Michel Houllebeq dont la présidente du jury sera Blanche Gardin.
Ce film est foutraque. C’est une sorte de chaos sans nom. Mais force est de constater que les choses fonctionnent plutôt bien.
La virée de Michel Houellebeq et de ses amis en Guadeloupe est teintée d’une certaine forme d’arrogance, limousine, hôtel de luxe. Son ami et garde du corps est assez opaque voir antipathique.
Mais ce film interroge sur l’histoire de la Guadeloupe et son intégration à la France. Et c’est çà qui sauve ce film qui aurait pu apparaitre comme totalement nombriliste. On y parle du chlordécone, de l’usage du créole et de l’esclavage qui a privé les populations locales de leurs biens.
Si on passe sur la forme assez indigeste est foutraque dans la peau de Blanche Houellebeq est loin d’être inintéressant.











































