mercredi, octobre 02, 2019

Atlantique


Le grand prix du jury du dernier festival de Cannes pour Mati Diop qui adapte son court métrage documentaire Atlantique (2009, et disponible sur la plate forme de courts métrages Bref)

On est à Dakar, Ada (Mama Sané) doit épouser Issa (Amadou Mbow). Mais elle flirte avec Souleiman (Ibrahima Traore). Mais ce dernier sans prévenir va prendre une pirogue pour partir vers l'Europe. Ada est dévastée et le jour de son mariage un mystérieux incendie vient bouleverser la cérémonie.

Ce film est d'abord une radioscopie de la société sénégalaise et de ses inégalités. Ada vient d'une famille pauvre, Issa lui est riche et travaille une partie de l'année en Europe. On a aussi cette opposition entre les grandes tours modernes et les bidonvilles. Et puis il y a cette société hyper traditionaliste où on peut demander un certificat de virginité aux jeunes filles et ces bars plus ou moins clandestins où se rencontrent la jeunesse. On a enfin cette corruption qui est dénoncée en creux. Le commissaire de police va tout faire pour d'abord protéger les riches promoteurs et entrepreneurs. Lui et son adjoint seront au contraire sans ménagement pour traquer Souleiman ou encore des ouvriers.

Et puis c'est aussi un film de zombie. A Cannes il y avait eu the dead don't died de Jim Jarmush et Zombie Child de Bonello. Ici le fantôme sera celui de Souleiman qui a été aprecu à la noce. Il est recherché par la police mais personne n'y croit. Et ce n'est que dans les dernières minutes du film que l'on comprendra réellement qui est qui. Un film très intelligent qui mélange film sociétal et film fantastique.




Ceux qui travaillent


Un film d'Antoine Russbach

Franck (Olivier Gourmet) est un gestionnaire de porte conteneur. Il doit optimiser les trajets et régler les problèmes pour que son entreprise soit la plus rentable possible. Un jour il devra régler un problème et cela lui a coûté sa place.
C'est un film sur le cynisme. Cynisme d'un homme capable du pire pour gagner de l'argent. Cynisme d'une entreprise qui fera tout pour optimiser son profit. Cynisme d'un famille qui ne veut pas perdre son train de vie. Et surtout et c'est peut être là le pire le cynisme d'une société capitaliste qui veut avoir n'importe quel produit au coût le plus bas.

Vous l'aurez compris ce film est presque exclusivement à charge. Mais deux personnages vont venir un peu égaillé un tableau très noir. On a d'abord le personnage de Franck. Il n'a certes aucun scrupule mais il a eu une enfance assez pauvre et il va être dévasté par la perte de son emploi qui était presque le centre de sa vie. Et puis sa fille Mathilde (Adèle Bouchatay) à qui son père va lui faire découvrir son métier et ses travers. Il va lui montrer que derrière un grand nombre de biens de consommations se cache un trajet par container et puis des hommes et des femmes qui vont convoyer ces marchandises, sur mer, sur la route et à travers les entrepôts pour qu'ils puissent finir sur les étales des supermarchés.

Un film très fort qui nous montre que l'acte de consommer a en réalité de très nombreuses conséquences que nous sommes loin de mesurer.

mercredi, septembre 25, 2019

Bacurau


prix du scénario ex equo lors du dernier festival de Cannes.

Un film brésilien de Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles les réalisateurs d'Aquarius.
On est au Brésil dans un avenir proche, dans un village Bacurau dont on se sait pas s'il existe vraiment car il n'est pas sur les cartes.

On est d'abord sur une chronique villageoise. Ses habitants s'organisent pour survivre après la construction d'un barrage. Ils se ravitaillent en eau à l'aide d'une citerne, vont chercher des vaccins en ville et éduquent du mieux qu'ils peuvent leurs enfants. Ils ont aussi très peu confiance en leur élu qui vient distribuer de la nourriture juste avant les élections.
Mais le plus grave danger que courent les villageois c'est ce groupe de touristes européens venus au Brésil pour une chasse à l'homme funeste.

Ce film est clairement un conte, mais tellement crédible que le fantastique se transforme vite en film d'horreur.

Ce qui est absolument remarquable c'est l'esprit de résistance des villageois. Résistance d'abord contre le barrage, puis ce boycott de la visite de l'élu qui trouve un village mort, et puis ces réunions citoyennes animées au micro pour gérer le village et avertir des dangers.

Enfin il y aura cette lutte quasi tarantinesque contre ces touristes de l’extrême qui pensaient trouver un village docile pour mener à bien leurs exactions morbides et révoltantes.

Un film éminemment politique contre la corruption des élus et les dérives auxquelles pourraient mener un capitalisme totalement dérégulé.

lundi, septembre 23, 2019

Portrait de la jeune fille en feu


Un film de Céline Sciamma, prix du scénario du dernier festival de Cannes

On est au XVIII eme siècle, Héloise (Adele Haenel) quitte le couvent pour se marier. Sa mère (Valeria Golino) veut un portrait de sa fille pour l'envoyer à son futur époux en Italie. Sauf qu'Héloise ne souhaite pas poser. Marianne (Noemie Merlant) se faisant passer pour une dame de compagnie devra alors mémoriser le visage d'Héloise pour le peindre.

Ce qui est frappant dans ce film c'est ce huis clos. On ne sort quasiment pas de la résidence d’Héloïse et quand on en sort c'est pour rester sur une île coupée du monde. On est tout de suite dans un climat assez austère qui donne le ton au film.

Et puis il y a ce destin de cette jeune femme qui devra épouser quelqu'un qu'elle ne connaît pas et s'exiler en Italie. C'est pour éviter cela qu'elle refusera de poser.

On aussi ce jeu de séduction interdit entre l'artiste et son modèle. Toujours avec beaucoup de pudeur. On sent d'abord que Marianne sera attirée par Héloïse. Mais cette dernière cache son jeu. Marianne va alors petit à petit apprivoiser Héloise. Et c'est là le côté le plus intéressant du film. On a bien ensuite la relation entre les deux femmes et cet amour impossible car Marianne devra partir une fois le portrait terminé et Héloise devra elle aller vivre en Italie. On reste néanmoins sur un schéma assez classique d'un amour impossible.

C'est enfin un film féministe, on a bien sur cette problématique des mariages arrangés et puis aussi celui de l'avortement avec le personnage de Sophie (Luana Barjami) qui enceinte devra aller se faire avorter avec tous les risques que comporte la clandestinité. Elle sera aidée en cela par Marianne qui est déjà passée par là.
Un film historique donc mais avec une résonance actuelle.

mercredi, septembre 18, 2019

Inséparables


Un film de Varante Soudjian
Mika (Ahmed Sylla) est un arnaqueur. Au tribunal, il va tout faire pour aller au prison, car dehors il pourrait subir les représailles de ses victimes. En prison il rencontre Poutine (Alban Ivanov) qui va lui permettre de changer d'identité.
Une fois dehors Poutine va retrouver Mika et se monter un peu trop collant, au risque de relever le passé de Mika à sa future famille.

Le scénario sur le principe est intéressant, celui d'un faussaire rattrapé par son passé alors qu'il a refait sa vie.

Mais c'est dans la réalisation que le film pêche. On a d'abord une transition très brutale entre la prison et la nouvelle vie de Mika, divisant presque le film en 2 parties presque indépendant.

Et puis le film a trop tendance à exagérer et à tomber dans le grotesque et c'est dommage car on a des personnages assez intéressant.

D'abord celui de Poutine, personnage sans filtre prenant tout au 1ere degré, obsédé par la Russie et très à cheval sur la politesse.

Et puis la belle sœur de Mika (Judith El zein) qui va tout faire pour essayer de découvrir le passé de son futur beaux frère, croyant que sa petite sœur est en danger.

Mais dans ce film beaucoup de scènes sont de trop comme celles où le patron et futur beaux père de Mika va faire des plaisanteries tellement niaises qu'elles ne feront rires que lui.

Si on ajoute à tout çà du placement de produit tout sauf discret on saura vite que ce film n'a pas su titrer tout le potentiel d'une histoire qui aurait pu être intéressante avec des personnages et des acteurs pas si inintéressants que çà

Un jour de pluie à New York


Le dernier Woody Allen toujours avec de jeunes acteurs, Elle Fanning, Thimothee Chalamet et Selena Gomez notamment.

Ashleigh est à l'université et elle décroche une interview avec Roland Pollard un célèbre réalisateur. Elle va en profiter pour passer quelques jours à New York avec son petit ami Gatsby. Mais rien ne va se passer comme prévu. Rolland Pollard est en proie au doute et va disparaître. Ashleigh va alors se mettre à sa recherche ce qui va la conduire à faire face à des situations toutes aussi incroyables les unes que les autres.

Et c'est bien là le côté intéressant de ce Woody Allen, c'est l’enchaînement effréné des événements, pour finir par une révélation plus qu'incroyable. Et c'est ce qui fait qu'on a envie de rester jusqu'au bout du film.

En effet les personnages eux sont aussi creux les uns que les autres. On a une jeune journaliste assez crédule, son petit ami blasé plein aux as et enfin un réalisateur dépressif et alcoolique.

On a du mal à s'identifier à ces personnages et à avoir de l'empathie pour eux, tellement ils semblent prisonnier d'un mode de vie qui accorde beaucoup d'importance aux apparences que ce soit dans la haute bourgeoisie ou dans le milieu du cinéma.

Et puis enfin ce film est une comédie romantique assez alambiquée et triste. Avec des couples qui eux aussi sont plus des apparences qu'autre chose.

Enfin un dernier mot sur la scène finale de ce Woody Allen qui est un remake ou un plagiat (au choix) de la dernière scène de quatre mariage un enterrement avec Hugh Grant et Andie Mc Dowell scène qui se déroulait un jour de pluie mais en Angleterre.

lundi, septembre 16, 2019

Fêtes de famille


Un an à peine après la prière, Cedric Kahn réaliste un nouveau film, Fete de famille, avec là aussi un personnage principal plus que singulier.

Nous sommes dans le sud ouest de la France, Andrea (Catherine Deneuve) réunit ses enfants autour d'elle pour son anniversaire. Romain(Vincent Macaigne) et Vincent (Cedric Kahn) et leurs compagnes respectives sont bien présents. Claire (Emmanuelle Bercot) partie vivre en Californie n'était pas prévue à la fête mais après quelques année d'absence elle a voulu faire une surprise à sa mère.

On va vite comprendre que Claire n'a pas toute sa tête, sa famille va alors essayer de ne pas se désunir pour tenter de l'aider.

Ce film rappelle un peu folles de joie où Valerie Bruni Tedeschi jouait une femme qui perdait la raison.

Ce qui est particulièrement remarquable, c'est que le personnage de Claire est toujours sur le fil. On va passer le film à se demander si elle est ne sait pas ce qu'elle fait ou si elle a juste un mode de vie assez singulier.
Et pour ne rien arranger il y a cette histoire d'héritage, la maison dans laquelle vit Andréa appartient en grande partie à Claire.

Et puis face à Claire on va avoir une famille qui aura tendance à se déliter, à se disputer et enfin à se réconcilier.

Andréa sera cette mère et cette grand-mère courage qui ne jugera jamais sa fille, sûrement un peu dépassée par les événements. Catherine Deneuve est comme toujours parfaite dans ce rôle comme dans les adieux à la nuit.

Autre personnage courageux, Emma (Luana Bajrami) la fille de Claire qui vit chez sa grand-mère. Elle a fait sa vie sans sa mère et pour elle son retour sera une véritable épreuve qu'elle traversera avec la plus grande des dignités.

Film au final assez émouvant sur une famille qui devra ne pas se désunir pour aider une de ses membre.

mercredi, septembre 11, 2019

Deux moi


Un film signé Cédric Klapish un réalisateur qui a toujours su prendre le pouls de son époque que ce soit en 1996 avec un air de famille, en 2002 avec l'auberge espagnol ou encore il y a deux ans avec ce qui nous lie.

On est à Paris, Mélanie (Anna Giradot) et Remy (François Civil) sont voisins et sont terriblement seuls. Mélanie n’arrive pas à faire le deuil d'une histoire d'amour et Remy culpabilise de ne pas avoir été licencié comme la plupart de ses collègues d'une grande plate forme de vente en ligne.

Et plus le film va avancer plus on va entrer dans la complexité des personnages. On va alors comprendre la cause de leur difficulté. Le film nous laisse croire dans un premier temps que c'est l'anonymat des grandes villes et les nouveaux modes de vie qui sont responsables de la détresse de ces deux jeunes gens. Mais l'explication est plus triviale et plus traditionnelle.

Et puis il y a des personnages secondaires assez extraordinaires. D'abord cet épicier de quartier (magistralement interprété par Simon Abkarian). Ses conseils son humanité tranchent littéralement avec l'entreprise dans laquelle travaille Remy où les humains sont remplacés par des robots.

Il y a bien sur les 2 psychothérapeutes (Camille Cottin et Francois Berleand) qui vont suivre leur patients et les aider à identifier la cause réelle de leur mal être.

Le film n'a de cesse de nous emmener sur des fausses pistes et de préserver les secrets de Mélanie et Remy ce qui a tendance à le rendre assez confus. Mais c'est quand on va réellement comprendre ce qui est arrivé à ces deux personnages dans leur jeunesse que tout va alors devenir limpide. Les deux personnages principaux aux caractéristiques en apparence assez différentes vont comme par magie se rejoindre.
Cédric Klapish démontre encore une fois qu'il comprend parfaitement la société dans laquelle on vit et qu'il sait la retranscrire dans ses films, même si encore une fois on a affaire à un film sur la famille.

mercredi, septembre 04, 2019

Les hirondelles de Kaboul


Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec adaptent le roman de Yasmina Khadra dans un film d'animation assez bluffant.

On est à Kaboul en 1998 époque où les talibans contrôlent un pays soumis à la charia.

Atiq est gardien d'une prison pour femmes qui n'est qu'une étape avant leur lapidation. Sa femme elle souffre d'un cancer et est très affaiblie ce qui désespère Atiq.

Mohsen et Zunaira eux sont un jeune couple d'intellectuels, qui ne peuvent plus enseigner depuis que les écoles coraniques ont remplacé les écoles traditionnelles. Ils souffrent également de l'absence de toute forme de culture.

Le destin de ces deux couples va finir par se croiser dans un scénario plus qu'incroyable digne des plus grands thriller.

On a un film ici qui dénonce l'intégrisme religieux et ses incohérences. Les femmes ne peuvent pas sortir intégralement voilées, alors que les talibans eux peuvent fumer et fréquenter des maisons closes clandestines.

La grande force du film est de nous permettre de nous immerger dans le Kaboul des talibans et de ressentir cette oppression.

Et puis il y a ces différentes formes de résistances. Celle d'Atik, un soldat qui va finir par désobéir. Celle de ces intellectuels qui vont continuer à faire vivre leur science ou leur art. Et puis cette question assez cornélienne, pour résister faut il partir ou rester et tenter de faire évoluer les choses de l'intérieur.

Bref un surperbe film que ces hirondelles de Kaboul, qui mêle histoire, politique, animation et thriller avec les voix de Swann Arlaux, Simon Abkarian et Zitan Hanrot notamment.

Fourmi



Deuxième film de Julien Rappeneau qui a néanmoins signé les scénarios d'une quinzaine de films.

On est dans le nord de la France, Laurent (Francois Damiens) est au chômage après la fermeture de son usine. Il vit chez sa grand tante et n'a la garde de son fils Theo (Maleaume Paquin ) que de manière épisodique. Mais Laurent boit ce qui fait qu'il se bagarre souvent quant il n'oublie pas les rendez vous avec son fils.
Un jour un recruteur du club d'Arsenal en Angleterre vient voir jouer Théo.Il pense proposer au jeune garçon d'intégrer le centre de formation du club. Mais pour cela Laurent devra arrêter de boire pour épauler son fils.

L'histoire est belle. On part d'un drame social à la Ken Loach avec les conséquences de la désindustrialisation, pour arriver à l'histoire d'un jeune adolescent qui va tout faire pour aider son père à s'en sortir.
Le scénario est certes cousu de fils blancs, on sait presque comment l'histoire va finir mais on se laisse très facilement prendre au jeu.

Mais l'intérêt du film est ailleurs, il est dans sa galerie de personnages tous très bien interprétés.
On a donc le père alcoolique qui essaie de s'en sortir. La mère de Théo (Ludivine Sagner) qui a refait sa vie. Sarah (l'excellente Laetitia Dosh) l'assistante sociale qui veut trop bien faire et qui va accompagner Laurent dans son retour à la sobriété, sa recherche d'emploi et d'appartement. L’entraîneur de Théo (André Dussolier) qui essaie de sauver son club. Et enfin les amis de Théo, dont une dont le père est parti et l'autre rivé à ses ordinateurs qui ne sort pas de sa chambre.

Théo est un peu le centre de cette galeries de portrait, il va tout faire pour que chacun des membres de sa famille ou des amis ne sombre pas, une responsabilité peut être trop importante pour un si jeune adolescent.

mercredi, août 28, 2019

La vie scolaire


Un film de grand corps malade qui avait signé en 2016 Patient son premier film, 

Avec la vie scolaire grand corps malade continue à revenir sur des épisodes de sa vie. Là où patients revient sur sa convalescence suite à un plongeon dans une piscine pas assez remplie, la vie scolaire évoque la vie dans un collège de Seine Saint Denis.

Samia (Zita Hanrot révélée dans Fatima de Philippe Faucon) est la nouvelle conseillère principale d'éducation d'un collège de Seine St Denis. Avec son équipe de surveillants, elle gère les entrées et sorties du collège, les récréations et les élèves qui se font exclure de cours par les enseignants.

Ce film est une véritable chronique presque documentaire de la vie d'un collège de banlieue.

Dans sa construction la vie scolaire ressemble au film les grands esprits où un enseignant du lycée Henri IV interprété par Denis Poldalydes allait passer une année dans un collège de banlieue.
Dans les 2 films le constat est le même. Les élèves de banlieue ne sont pas moins méritant et intelligent que les autres élèves. Ils sont inadaptés à un système scolaire qui est le même sur tout le territoire. Sauf que la vie en banlieue est différente et plus difficile qu'ailleurs. Cette inégalité est renforcée par la politique du collège qui regroupe tous les élèves difficiles dans une classe appelée SOP pour sans option.

Dans cette chronique sociale, la vie des jeunes et de leurs famille est loin d'être simple, mais Samia ne va pas ménager ses efforts pour faire prendre conscience aux élèves qu'ils ont du talent et un avenir et qu'ils peuvent viser une seconde générale.

La vie des adultes est aussi loin d'être simple. Samia cache un secret qui l'a conduite à quitter l'Ardèche pour s'installer en Seine Saint Denis. On suit également un enseignant d'histoire géographie totalement dépassé par les événements et qui est en souffrance permanente.

Et puis comme dans Patients ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que l'humour doit être absent. Je l'avoue on sourit beaucoup dans ce film. Comme dans Patients l'humour sert à rendre vivable des situations souvent plus que difficiles à gérer.

lundi, août 26, 2019

Une fille facile


Le nouveau film de Rebecca Zlotowski qui avait signé en 2013 souvenez vous le très émouvant Grand Central.

On est à Cannes, les vacances commencent, et Sofia (Zahia Dehar) rend visite de manière un peu inattendue à sa cousine Naima (Mina Farid)

Elles passent leurs journées à la plage et leurs soirées en boite de nuit. Elles vont faire la connaissance d'Andres et Philippe (Nuno Lopes et Benoit Magimel) un collectionneur d'art et son assistant qui ont loué un yacht pour les vacances.

Andres va être très attiré par Sofia, il va tout faire pour séduire la jeune fille, en jouant notamment de sa fortune.

Ce film est avant tout un film initiatique. Naima va découvrir le monde dans lequel évolue sa cousine. Est ce celui des escorts, le film restera volontairement très flou. Le mot ne sera jamais explicitement évoqué, tout est suggéré mais le mode de vie de Sofia ne fait guère de doute.

Naima découvre ce monde le temps d'un été, laissant un peu de côté son projet de devenir cheffe dans un restaurant. L'enjeu du film sera de savoir quelle vie Naima souhaite avoir, celui de sa cousine ou alors devenir cheffe, métier pour lequel elle a des prédispositions.

Le duo de comédiennes est assez inédit. Zahia Dehar est devenue célèbre lors de l'affaire Ribeiri et Mina Farid tourne ici son 1er film. Mais ce n'est pas le jeu des actrices qui est intéressant, c'est la description de ce milieu du luxe un peu hors sol. Et puis cette ambiguïté dans le personnage de Sofia. Elle disparaît comme elle est apparue de manière assez brutale . Sa vie comporte beaucoup de part d'ombre qui laissent le spectateur spéculer. Et c'est finalement dans ces non dits que réside tout l'intérêt du film.


mercredi, août 14, 2019

Once upon the Times un Hollywood


Il était une fois à Hollywood, le 9ème film de Quentin Tarantino, qui est reparti bredouille du dernier Festival de Cannes.

Rick Dalton (Leonardo Di Caprio) est un acteur de série qui vit mal le fait d'être cantonné aux rôles de méchants. Suite à un retrait de permis pour conduite en état d'ivresse il a engagé Cliff Booth (Brad Pitt) sa doublure cascade pour le conduire de sa villa aux studios où il tourne un film.

Ce 9ème Tarantino n'a pas grand-chose à voir avec les 8 derniers. On est ici plus dans un film du type La la land ou Avec Cesar (frères Cohen) c'est à dire à une hagiographie du cinéma américain, hollywoodien. Un retour sur cet âge d'or des westerns.


C'est aussi un film sur une partie de l'histoire des Etats Unis avec ses communautés hippies.

Cliff Booth va flirter avec une hippie qui va lui faire visiter sa communauté qui était auparavant un lieu de tournage pour western.

Et puis on a aussi un aspect un peu plus classique du métier d'acteur. Rick Dalton, semble s'ennuyer dans sa grande villa. Il ne connaît que peu son voisin Roman Polanski. Il vit mal d'avoir une carrière qui stagne et être cantonné aux rôles de voyous. Il noie son chagrin dans l'alcool. Cliff Booth jouant lui le rôle de l'ami qui va l’empêcher de dépérir.

On a quand même quelques scènes d'actions à grand spectacles qui sont la marque de Tarantino. Elles ne sont pas le cœur de ce once upon the time in Hollywood, ce qui peut déstabiliser les grands fans de Tarantino.

On a ici un Tarantino qui fait du La la land, qui rend donc hommage à Hollywood, avec un usage parcimonieux de la violence stylisé et quasiment sans message que ce soit politique ou sociétal.

Un Tarantino donc très singulier qui casse avec les codes de Tarantino.


samedi, juillet 20, 2019

Les beaux menteurs

L'irruption d'un plombier dans un couple dans dynamite le concept même d'amitié

mercredi, juillet 03, 2019

Spiderman far from home


C'est l'été et donc la saison des blockbuster américain.


Jon Watts signe son deuxième opus de spiderman, après home coming.

La terre est l'objet d'attaques d'une force extra terrestre qui détruit des villages et des villes.

Peter Parker (Tom Holland) lors d'un voyage de classe à Venise va voir cette force tenter de détruire la ville. Mysterio (Jack Gyulenhall) va lors apparaître et venir à bout de ce montre. Spiderman va juste tenter de sauver les personnes et les monuments de la ville.

Mysterio et Spiderman vont alors s'associer pour combattre cette force mystérieuse à travers l'Europe jusqu'au jour où on va comprendre ce qu'est réellement cette force.

Passons tout de suite les 2 points agacants du film. Son côté adolescent un peu niais et sa dimension tourisme de masse où on va passer de Venise à Prague en finissant par Londres.

Le point fort du film est son scénario et les nombreux rebondissements du film. On se fait berner plus d'une fois et c'est ce qui est agréable. On ne voit pas ainsi les 2h10 passer.

Autre point intéressant c'est cette utilisation de l'illusion. Faire croire quelque chose est une sorte de moyen pour ici faire régner la terreur sur l'Europe. On a aussi l'utilisation de la technologie et de ces drones qui rendent le film plus que d'actualité.

Et puis bien sur on a de nombreuses scènes d'action avec des effets spéciaux de grandes qualité. On a ici pour décor des grandes villes d'Europe qu'il a fallu reconstituer pour y faire évoluer les personnages. Et la reconstitution dans chacune des ces villes d'une sorte d'apocalypse est plutôt réussie.

Un très bon divertissement qui intérroge néanmoins sur les pouvoirs de l'illusion et sur les méfaits du tourisme de masse.


samedi, juin 29, 2019

Made in china


Un film de Julien Abraham

Francois (Frédéric Chau) vit avec Sophie (Julie de Bona). Ils vont avoir leur premier enfant. Sophie a une mère qui est très voir trop proche du couple et elle souhaiterait que Francois reprenne contact avec son père qu'il n'a pas vu depuis 10 ans. Après quelques tentatives infructueuses il va arriver à reprendre contact et à ce moment là des mal entendus de l'époque du décès de la mère de Francois vont réapparaître.

Le paradoxe de ce film est qu'il est à la fois très communautaire et très universel. Francois va retourner dans le 13ème arrondissement de Paris (China town) là où il grandit. Il va retrouver les membres de sa famille son petit frère sa grand-mère et son cousin.
Il vit assez mal le fait d'être considéré que par son apparence asiatique, ayant tout fait pour s'intégrer.

C'est aussi un film assez universel sur la famille. Le père reprochant au fils de n'avoir pas fait des études d'ingénieur et le fils reprochant au père son comportement au moment du décès de sa femme. Mais comme toute histoire de famille ce sont des incompréhensions qui font faire que des personnes ne se parlent plus.

Ce qui est un peu dérangeant est que l'on s'attend à une comédie alors que c'est plus un film sur le deuil d'une mère et d'une épouse qui ont fait que le père et le fils se sont éloignés l'un de l'autre.

L'autre message porté par le film est assez positif. On a cette communauté chinoise qui peut paraître assez refermée sur elle même alors qu'elle ne demande qu'à s'intégrer et à ce fondre à la société française. Un message relativement positif qui fera un très bon film du dimanche soir sur une chaine de la TNT.

mercredi, juin 19, 2019

Beaux parents


Le deuxième film du scénariste Héctor Cabello Reyes qui avait signé notamment le concert ou retour chez ma mère.

Ici il signe un film où les malentendus vont accabler Harold (Bruno Bénabar) qui lors d'une soirée un peu arrosée à raccompagné dans sa chambre Chloé (Gwendolic Gourvenec) la femme de son patron et meilleur ami. Sauf que Chloé et Harold ont accidentellement échangé leurs chambres. Ceci à laissé croire à Garance (Charlie Bruneau) la femme d'Harold que son mari a eu une aventure.
Garance va alors quitter Harold qui lui va être recueilli par ses beaux parents toujours très attachés à leur gendre.

Le scénario est assez bien construit. Le personnage d'Harold est plus que sympathique. Il va être incroyablement malchanceux et les événements le concernant vont toujours prêter à confusion. Il va payer pour les infidélités de son meilleur ami et de l'ex de sa femme.

Et puis c'est aussi un film sur la famille et sa complexité. On a une fille toujours proche de ses parents qui eux ne rêvent que d'une chose être grand parents. Un homme qui est en froid avec son père et qui a toujours rêve d'avoir un fils. Et un homme qui a perdu très tôt ses parents.

C'est un film qui remplit à merveille sa mission de divertissement. Il réinvente un peu de vaudeville et pour une fois met en lumière une solidarité gendre beaux parents au détriment de la fille. Un film rafraîchissant donc pour ce début d'été.

Le daim


Après Eric Judor et Alain Chabat et Benoit Poelvoorde, Quentin Dupieux offre cette fois à Jean Dujardin un rôle toujours aussi barré.

Georges vient de quitter sa femme, a fait le voyage dans un village perdu afin d'acheter un blouson en daim pour la modique somme de 7500 euros. En prime le vendeur lui a donner une caméra numérique. Georges va alors s'installer dans un petit hôtel, afin de mettre en œuvre le but de sa vie, être la seule personne au monde à porter un manteau.
Pour cela il va prétendre réaliser un film et il sera aider dans son délire par Denise (Adèle Haenel) qui est la serveuse du bistrot du village qui rêve de devenir monteuse de films.

Le postulat de départ, être le seul homme à porter un manteau, est le comble de l'absurdité et Quentin Dupieux arrive remarquablement à construire un scénario autour de cette idée.

Quand Georges se fait arnaquer en achetant son manteau d'occasion ou quand il parle à celui ci le film reste gentillet. Mais plus Georges va s’empêtrer dans ses mensonges plus le film va devenir intense et violent et plus l'imagination de Quentin Dupieux va être débordante. Georges va finir par se transformer en tueur en série à l'imagination plus que débordante.
Denise elle ne va pas être en reste. Elle va profiter du mensonge de Georges pour s'inventer une vie de monteuse et encourager ainsi Geoges dans son délire.

La photo un peu délavée qui ressemble à celle de au poste, renforce à merveille ce côté inquiétant. Même si le film peine un peu à monter en intensité on est ravi de retrouver l'imaginaire si singulier de Quentin Dupieux.

dimanche, juin 16, 2019

Greta


Un thriller de Neil Jordan

On est à New York, Frances (Chloe Grace Moretz) vit en colocation avec Erica (Maika Monrie). Un jour elle trouve dans le métro un sac à main abandonné. Elle regarde à l'intérieur et trouve sa propriétaire. Contre l'avis d'Erica elle va aller rendre ce sac à Greta (Isabelle Hupper) Elle vit seule dans une petite maison au fond d'une cour. Frances va être touché par la solitude de Greta et va devenir son amie. Sauf que Greta va devenir plus qu'envahissante.

La réussite du film tient dans son scénario. Ray Whrigt et Neil Jordan ne vont avoir de cesse de nous mener sur des fausses pistes. On va se laisser également berner par Greta alors que l'on se doute bien dès le départ qu'elle a des problèmes psychologiques.

Le personnage de Greta est également très bien construit. On a une femme d'un âge certain, qui vit seule et qui a perdu son mari et dont la fille est à l'étranger. Elle a tout pour provoquer de l'empathie et de la bienveillance. Même quand Frances va découvrir son stratagème elle va réussir à rester proche de la jeune fille qui elle voudra la faire disparaître de sa vie.

Frances elle est un peu fragile. Elle a perdu sa mère et cette épreuve a mis un peu de distance entre elle et son père. Ceci la rendra encore un peu plus vulnérable au pouvoir de nuisance de Greta.

Et puis après avoir bien développer les personnages et cette intensité dramatique, le film va prendre un côté plus noir, plus fantastique qui aura été très bien amené dans la première partie du film.

C'est un thriller, un film fantastique qui ne va pas révolutionner le genre mais qui est assez efficace pour nous glacer le sang.

jeudi, juin 13, 2019

Roxane


Le premier film de Mélanie Auffret.

Raymond (Guillaume de Tonquénec) s'occupe d'un élevage en plein aire de poules pondeuses. Après avoir ramasser les œufs, il leur lit même du Cyrano de Bergerac. Jusqu'au jour où leur coopérative va décider que les petites exploitations ne sont plus rentables. Raymond va donc décider de se battre en faisant connaître son élevage par le biais de vidéos sur Internet.

Le début du film est assez brouillon. On est presque dans la caricature de la ruralité bretonne où les gens finissent une fois sur deux dans le fossé en rentrant du bistrot. Et puis le film va rapidement prendre une dimension assez mélancolique.
Raymond, a rêvé de pouvoir faire des études mais le décès précoce de ses parents l'a conduit à vitre reprendre l'exploitation familiale. Anne Marie sa femme (Léa Drucker) elle a toujours souhaité partir de son village mais est resté pour son mari. Poupou (Lionel Abelanski) le frère d'Anne Marie élève aussi des poules mais vit lui seule dans sa maison, bien aidé par les plats préparés par sa sœur.

Et puis à travers cet horizon plus que sombre vont apparaître quelques lueurs d'espoir. Les vidéos de Raymond qui s'améliorent avec l'aide de Wendy la prof de littérature qui habite en face de chez Raymond, il y aussi la fille de Raymond qui est partie faire des études à Science Po Rennes et qui va être une des seules à ne pas se moquer de son père.

Là où le film devient plus qu'intéressant c'est quand il s’intéresse aux nouvelles formes de commercialisation des œufs. Et malheureusement çà arrive très, trop tard dans le film. Un film qui est loin d'être une comédie mais plus une chronique assez amère du monde rural contemporain. Et les gags avec la poule Roxane ne nous permettent pas d'esquisser ne serait ce qu'un sourire.

mercredi, juin 05, 2019

L'autre continent


Un film de Romain Cogitore avec Déborah Francois et Paul hamy

Maria émigre à Taiwan pour écrire un roman. Elle vit en faisant visiter la ville à des touristes néerlandais. Elle rencontre Olivier lui aussi guide touristique, mais lui parle couramment 14 langues. Après quelques hésitations ils vont tomber amoureux l'un de l'autre jusqu'à ce qu'un terrible événement ne vienne tout remettre en cause.

Ce film est un véritable ascenseur émotionnel. On passe par tous les états de manière plus ou moins rapide. Il faut donc avoir le cœur bien accroché pour suivre les aventures de ces jeunes gens qui font tout pour profiter de la vie, notamment en voyageant, mais qui vont devoir également faire face à une terrible épreuve.

C'est aussi un film sur l'amour. Un amour inconditionnel qui survit aux pires tempêtes de la vie et c'est aussi pour cela que le film est d'une intensité assez remarquable.

Et puis ce film a une dimension assez irrationnelle. Avec cette relation amoureuse qui va rendre plus fort chacun des deux personnages, et cette médecine chinoise à laquelle peu de gens croit en occident mais qui peut s'avérer une alternative.

L'autre contient est bien sur l'Asie contient sur lequel se passe une partie de l'intrigue mais c'est aussi cette évolution irrémédiable dans lequelle est passée la relation entre les deux personnages. Est ce que sur cet autre contient leur amour sera toujours possible, vous aurez la réponse en allant ce film très riche en intensité de Romain Cogitore.

lundi, juin 03, 2019

Douleur et gloire


Douleurs et gloire de Pedro Almodovar, le jury a attribué à Antonio Banderas le prix d'interprétation masculine pour un film sur un réalisateur qui pourrait bien être Pedro Almodovar lui même

Salvador Mallo est un réalisateur en apparence sur le déclin. Il vit cloîtré chez lui, ne voulant voir que le minimum de gens. Il combat également des douleurs chroniques qui lui rendent la vie impossible.

Il va néanmoins aller voir un de ses acteurs Alberto Crespo (Asier Etxeandia) pour lui demander d'aller présenter avec lui un de leurs film à la cinémathèque. Salvador Mallo va alors découvrir l’héroïne qui lui fera revivre des moments de son enfance.

C'est un film hyper intimiste sur un homme qui en revivant son passé va reprendre goût à l'avenir. C'est également le thème de l'excellent film de Nicolas Bedos la belle époque que vous découvrirez à l'automne prochain.

C'est également un film qui reprend les thèmes d'un autre grand réalisateur Xavier Dolan, la mort, la mère et l'homosexualité.

On est constamment dans ces allers retour entre l'époque actuelle et l'enfance du réalisateur. On s'explique mal les douleurs et la dépression dans laquelle il se morfond. Et ce n'est qu'à la fin du film qu'on comprendra plus précisément les choses et où le film va prendre toute son ampleur.

Peut être un des meilleurs films de Pedro Almodovar qui n'a toujours pas obtenu de palme d'or mais ce prix d’interprétation a été sûrement un moyen pour le jury de récompenser le réalisateur pour ce film plus que poignant.

jeudi, mai 30, 2019

Venise n'est pas en Italie


Ivan Calbérac continue d'interroger les relations familiales avec Venise n'est pas en Italie.

Emile (Helie Thonnat) vit dans une caravane sur un terrain où ses parents Annie et Bernard Chamodeau (Valérie Bonneton et Benoit Poelvoorde) veulent construire une maison. Ils sont très portés sur le développement personnel, mangent bio, interdissent à leur fils d'avoir un téléphone portable. Ils couvent encore beaucoup Emile en lui faisant croire notamment qu'il n'est pas assez beau naturellement.
Au lycée Emile va croiser Pauline et çà sera immédiatement le coup de foudre. Pauline va inviter Emile chez elle, il va alors se rendre compte qu'ils n'appartiennent pas du tout au même monde. Néanmoins Emile va accepter l'invitation de Pauline, il veut la voir jouer de la harpe à Venise. Ceci sera l'occasion d'un voyage assez épique pour Emile et sa famille.

C'est d'abord un film sur l'éducation et la famille. La famille d'Emile est très présente très pesante. Elle a un mode de vie très précis basé sur un pseudo bien être. Pour cela elle n'hésite pas à s'arranger avec les règles.
La famille de Pauline est elle très peu présente. Elle joue de la harpe uniquement pour essayer d'attirer l'attention de son père. Au final ces deux familles ne portent pas beaucoup d'attention à leurs enfant respectifs.

Et puis c'est également un film sur un amour rendu impossible par les origines sociales de ces deux adolescents.

Enfin on a également un road movie assez chaotique sur les routes de Venise, entre des pannes, un covoiturage qui fonctionne mal et des petites arnaques en tout genre.
On aurait pu craindre que ce film soit une comédie un peu caricaturale, mais au final on a une belle ode au droit à la différence. Et puis plus le film va avancer plus cette famille Chamodeau va nous paraître sympathique, ceci étant peut être du alors côté arnaqueur plus ou moins raté.

mercredi, mai 29, 2019

Le jeune Ahmed


Les frères Dardenne sont repartis de Cannes avec le prix de la mise en scène.

Ahmed (Idir Ben Addi) est un adolescent en apparence un peu timide. Depuis quelques mois il fréquente assidûment la mosquée. Il refuse même de serrer la main d'Ines (Myriem Akheddiou) qui l'a aidée à vaincre sa dyslexie et qui l'aide à faire ses devoirs. C'est quand Ines va vouloir proposer des cours d'arabe en dehors de la mosquée qu'Ahmed va tenter de la poignarder. Il va alors être placé dans un centre éducatif fermé.
Ce film sur la radicalisation d'adolescent est tout aussi fort que l'adieu à la nuit d'André Techiné que nous avions chroniqué ici même il y peu. Le plus marquant est la différence entre l'apparence encore juvénile d'Ahmed et la radicalité de sa pratique religieuse et de ses actes. Il s'oppose à sa mère qui vit seule depuis le décès de son mari. Elle tente tant bien que mal d'éduquer son fils mais l'imam de la mosquée a désormais plus d'influence qu'elle.

Et puis il y a cette chronique dans un centre éducatif fermé. Ahmed aura un comportement exemplaire, mais là encore on ne saura pas vraiment si c'est un comportement de façade ou si Ahmed se dé radicalise réellement.

On est un peu comme dans l'adieu à la nuit à la frontière entre le documentaire et la fiction. Un film utile qui montre la radicalisation d'un adolescent et comment les adultes semblent impuissant face à ce phénomène.

vendredi, mai 24, 2019

Sybil ( cannes 2019)


Un film de Justine Triet.

Nouvelle collaboration entre la réalisatrice et l'actrice belge Virginie Effira après Victoria qui avait marqué la sélection de la semaine de la critique en 2016 .

Sybil est une psy qui souhaite abandonner sa clientèle pour se consacrer de nouveau à l'écriture. Sauf qu'une actrice Margot (Adele Exarchopulos) va prendre contact avec elle. Elle ne saura pas lui dire non intriguée par sa situation. Elle est enceinte d'Igor (Gaspar Ulliel) un autre acteur qui vit avec la réalisatrice de leur film Mika (Sandra Huller). Sibyl ira même jusqu'à intervenir sur le tournage du film pour sauver la production.

C'est un film assez complexe où deux destins se croisent. Celui de Sibyl qui était à peu de choses près dans la situation de Margot et celui de Margot. L'intrigue sera de savoir si Sybil aura assez de clairvoyance pour aider et accompagner Margot dans le choix qu'elle devra faire.

Virginie Effira confirme tout le talent révélé notamment dans Victoria. On a du mal néanmoins à être happé par la dimension dramatique que Justine Triet veut donner à son film. On reste néanmoins dans le milieu du cinéma avec cette réalisatrice qui va devoir malgré la jalousie continuer de travailler avec son actrice. Ceci donne une ambiance délétère qui plombe le film. Et c'est peut être l'histoire du petit garçon que suit en parallèle Sibyl qui est la plus touchante mais qui reste anecdotique.

Zombi child (cannes 2019)


eut être une des plus belles découverte de la dernière quinzaine des réalisateurs que ce film de Benoit Forgeard Yves.

Yves est un personnage hors du commun, c'est un frigo connecté doté d'une intelligence artificielle.
Jerem (William Lebgil) est un rappeur un peu fauché. Il a accepté de testé un frigo connecté pour avoir la nourriture gratuite qui allait avec. C'est So (Doria Tillier) qui est chargé de suivre le test du frigo chez son client Jerem.
Plus le film va avancer plus Yves va gérer tous les aspects de la vie de Jerem. Au début il se contentait de commander de la nourriture en fonction de la consommation de Jerem, mais il va également finir par gérer la vie artistique et amoureuse de son propriétaire.

C'est un film qui est pleinement dans son époque. On utilise tous plus ou moins un réseau social ou un appareil connecté. C'est donc un film qui à travers des situations assez cocasses amène à réfléchir sur l'évolution des technologie.

Et puis on a le personnage principal Jerem, c'est une sorte de loser, un jeune un peu perdu et maladroit qui attire tout de suite la sympathie.

So elle voulant commercialiser absolument son produit apparaît manipulatrice. Mais elle aussi va tomber sous le charme du personnage très maladroit de Jerem.

Et puis on a Philippe Katherine qui campe très bien cet agent artistique un peu raté et totalement décalé.

On a beaucoup d’éléments intéressants dans ce film du fantastique, de l'anticipation, une chronique de la jeunesse contemporaine et une histoire d'amour et puis surtout une écriture totalement barrée qui fait que même si on ne rit pas tout le temps à gorge déployée on sourit souvent pour cette très belle réussite qu'est Yves.

Yves (cannes 2019)


eut être une des plus belles découverte de la dernière quinzaine des réalisateurs que ce film de Benoit Forgeard Yves.

Yves est un personnage hors du commun, c'est un frigo connecté doté d'une intelligence artificielle.
Jerem (William Lebgil) est un rappeur un peu fauché. Il a accepté de testé un frigo connecté pour avoir la nourriture gratuite qui allait avec. C'est So (Doria Tillier) qui est chargé de suivre le test du frigo chez son client Jerem.
Plus le film va avancer plus Yves va gérer tous les aspects de la vie de Jerem. Au début il se contentait de commander de la nourriture en fonction de la consommation de Jerem, mais il va également finir par gérer la vie artistique et amoureuse de son propriétaire.

C'est un film qui est pleinement dans son époque. On utilise tous plus ou moins un réseau social ou un appareil connecté. C'est donc un film qui à travers des situations assez cocasses amène à réfléchir sur l'évolution des technologie.

Et puis on a le personnage principal Jerem, c'est une sorte de loser, un jeune un peu perdu et maladroit qui attire tout de suite la sympathie.

So elle voulant commercialiser absolument son produit apparaît manipulatrice. Mais elle aussi va tomber sous le charme du personnage très maladroit de Jerem.

Et puis on a Philippe Katherine qui campe très bien cet agent artistique un peu raté et totalement décalé.

On a beaucoup d’éléments intéressants dans ce film du fantastique, de l'anticipation, une chronique de la jeunesse contemporaine et une histoire d'amour et puis surtout une écriture totalement barrée qui fait que même si on ne rit pas tout le temps à gorge déployée on sourit souvent pour cette très belle réussite qu'est Yves.

jeudi, mai 23, 2019

Mektoub my love Intermezzo (cannes 2019)

Avec un scénario qui tient sur un timbre poste est proche de l'accident industriel

Le traître (cannes 2019)

Film historique très linéaire manque cruellement d'emphase

The gangster the devil the cop (cannes 2019)

Thriller à grand spectacle et efficace souffre de quelques incohérences qui sont loin de gâcher l'histoire

A white white day ( cannes 2019)

Un film d'Hlynur Palmason qui montre la bonne santé du cinéma islandais
après Belier et Woman at War. Ingimundur (Ingvar Eggert Sigurosson) est
policier dans un petit village islandais. Il vient de perdre sa femme. Il s'occupe
de sa petite fille car sa fille a du mal à surmonter le décès de sa mère.
Ingimundur rénove une maison pour sa fille et sa petite fille, ce qui lui permet
de se changer les idées après le décès de sa femme.
C'est un film assez dur sur le deuil. La gravité est renforcée par des paysages
sauvages très austères.
Et puis comme dans Belier et dans Woman at war il y a des scènes
complètement loufoques durant lesquels Ingimundur va littéralement craquer.
C'est plus précisément quand il apprendra quel était le secret de sa femme
qu'il va complètement lacher prise au risque de mettre en danger sa petite
fille.
Le personnage autour duquel le film tourne est absent. Il s'agit de la femme
d'Ingimundur. La question sera pour cette famille de faire sans elle. Et cela
semble difficile pour tout le monde.
Un film très réussi qui mêle à merveille le tragique et le comique et qui nousfait voyager dans les extraordinaires paysages islandais et qui nous plonge
dans une petite communauté qui fait face au deuil.

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