mercredi, février 25, 2026

rue malaga

 

Un film écrit et réalisé par Maryam Touzani (le bleu du Caftan, Adam) produit et coécrit par Nabil Ayouch.


Maria Angeles (Carmen Maura) est espagnole elle est née et a toujours vécu à Tanger où sa famille a trouvé refuge suite à l’arrivée au pouvoir de Franco. Sa fille Clara (Marta Etura) a besoin de l’argent de la maison où vit sa mère mais qui lui appartient. Elle va alors reloger sa mère dans un hospice. Mais Maria Angeles va rapidement en partir pour revenir chez elle.


Ce film est d’abord un drame assez terrible, une femme mise à la porte de chez elle par sa fille. Une femme très appréciée dans son immeuble dans son quartier et dans sa ville. C’est une femme qui dégage beaucoup de sympathie.


C’est aussi un film de débrouille et d’arnaque. Maria Angeles va manipuler son monde pour revenir chez elle et récupérer petit à petit les meubles de son appartement. Elle trouvera aussi un moyen insolite pour gagner de l’argent et racheter ses meubles.


Mais surtout ce film est une histoire de renaissance, celle d’une nonagénaire à la vie très monotone qui va retrouver la passion et la joie de vivre. Et c’est cet aspect là qui est le plus poignant le plus fort et le plus tendre.


lundi, février 23, 2026

marty supreme

 

Un film de Josh Safdie produit notamment avec Timothe Chalamet qui tient le rôle titre.



Marty Mauser est un champion de tennis de table dans l’Amérique post seconde guerre mondiale. Mais il ne vit pas de son sport et travaille chez son oncle. Sa famille ne croyant pas en lui il devra inventer les pires stratagèmes pour participer aux plus grandes compétitions. Et c’est lors de l’open de Grande bretagne qu’il trouvera son plus grand adversaire Edo mais aussi Kay Stone une actrice dont il tombera amoureux.


C’est un film catastrophe. Les mésaventures s’enchaînant à un rythme effréné pour Marty. Pour y faire face il va se transformé en un roi de l’arnaque sans aucun scrupule. Mais c’est un personnage qui reste sympathique restant fidèle aux gens qui l’ont aidé malgré son obsession de la compétition. On est dans la lignée des Ocean 12 ou Las Vegas 21.


Ce film pose aussi la question de vivre d’un sport qui reste assez méconnu aux Etats Unis à cette époque. Il ne peut pas être professionnel et va enchaîner les galères financières au point de faire le pitre avec les Harlems globe trotters. Et puis il y a la construction de ce mythe Edo contre Mauser. Ce riche fabriquant de stylos l’a compris et va tenter d’organiser un match d’exhibition pour développer son entreprise au Japon alors que Marty lui n’est pas près à sacrifier l’intégrité de la compétition sportive. Et ce sont ces mythes (PSG OM, France Angleterre ) qui feront que le sport pourra être professionnel.


jeudi, février 19, 2026

maigret et le mort amoureux

Adaptation d’une œuvre de Simenon par Pascal Bonitzer avec Denis Podalydes dans le rôle du commissaire.


Maigret est appelé après qu’un ancien diplomate ait été retrouvé mort chez lui par sa gouvernante. Il va d’abord la soupçonner mais aussi s’intéresser à l’amour épistolaire qu’entretenait le défunt avec une princesse.


Le choix singulier est de se faire dérouler l’action dans les années 2000. Cet anachronisme fonctionne et donne bizarrement une ambiance assez désuète.


Le polar lui est bancal, le véritable responsable du décès du diplomate aurait pu être découvert très tôt, mais peu importe puisque là n’est pas l’intérêt du film.


Ce qui est marquant c’est cette histoire d’un amour éternel mais qui paradoxalement n’a jamais pu existé. On est dans un milieu où les apparences sont tout et où pour les préserver il était toléré que cette princesse puisse aimé un autre homme que celui qu’elle a du épouser.


La grande question sera de savoir si cet amour épistolaire mais non moins intense et durable aurait pu survivre dans la réalité ? Telle est la question de ce film qui montre que le plus bel amour n’a pas forcément besoin d’être consommé.


 

mercredi, février 18, 2026

coutures

Le dernier film d’Alice Winocur la réalisatrice d’Augustine et Proxima notamment.


Maxine Walker (Angelina Jolie) est une réalisatrice américaine venu en France pour tourner un clip pour un défilé de mode. Ce sera l’occasion de se plonger dans l’écosystème de la mode en suivant notamment une maquilleuse (Ella Rumpf césar de la meilleure révélation pour le théorème de Marguerite), une couturière (Garance Mariller) ou encore une mannequin Ada (Anyier Anei) Mais tout va basculer quand Maxine découvrira qu’elle a un cancer du sein.


C’est un film autobiographique à plus d’un titre car on a diagnostiqué un cancer à Alice Winocur et Angelina Jolie a subi une double mastectomie en éviter un.

Ce parcours va plonger Maxine dans une grande précarité et une grande solitude. Elle devra digérer la nouvelle, continuer à travailler et réfléchir à comment l’annoncer à ses proches. On est dans une dimension quasi documentaire assez saisissante.


Mais ce films montre différentes précarités, différentes fragilités. La santé on l’a vu mais aussi cette maquilleuse enchaînant les contrats et ne sachant pas de quoi demain sera fait. Mais aussi ces mannequins tout le temps sur les routes et aux histoires souvent terribles. Et puis cette couturière qui confectionne sa première robe et qui passe sa vie dans son atelier effectuant un travail de minutie.


Même si on l’a l’impression que ce sont des histoires sans réel rapport les unes avec les autres, tout finit par se rejoindre en montrant que derrière le rêve que provoque la mode se cachent des destins précaires que se soit économiquement, humainement ou sanitairement parlant.



 

mardi, février 17, 2026

les dimanches

Troisième long métrage de la réalisatrice basque Alauda Ruíz de Azúa, coquille d’or du festival de San Sebastien et Antigone d’or du ciné med de Montpellier.


Ainara (Blanca Soroa) a 17 ans. Elle veut commencer un discernement pour entrer dans un couvent. Son père mais surtout sa tante tenteront de l’en dissuader sans comprendre réellement la vocation d’Ainara.


L’évènement le plus marquant qui n’est pas montré ici est le décès de la mère d’Ainara. Le seul lien avec sa mère est ce médaillon de Marie qu’elle porte sur elle et qui a peut être été le point de départ de sa vocation. Mais celle ci est à mon sens la solitude dans laquelle se retrouve la jeune adolescente. Elle n’a plus de mère, un père occupé par son restaurant et qui a refait sa vie et une tante elle en plein divorce.


Le désespoir, la souffrance de la jeune fille est sourd on ne le perçoit pas mais il est bien réel et en est plus qu’émouvant.


Elle va trouver dans la foi dans les ordres une manière d’exister une attention dont elle a été privée.

Mais le plus criant est que cette famille n’a jamais fait le deuil de la mère d’Ainara et ne la jamais aidé à surmonter cette épreuve.


 

lundi, février 16, 2026

lol 2.0

 

3eme opus de la série signée Lisa Azuelos avec sa fille Thais Allessandrin dans le rôle principal de Louise et toujours Sophie Marceau ou encore Francoise Fabian. Avec déjà plus de 300 000 entrées en moins d’une semaine.


Louise retourne chez sa mère après s’être séparée de son compagnon avec qui elle travaillait. Elle devra alors changer de vie. Sa mère elle doit faire face à une jeune stagiaire influenceuse architecture qui lui prend un dossier et à son futur rôle de grand-mère.


Le film partait bien, il commençait par une critique d’un mode de vie de plus en plus numérique ne laissant que peu de place aux interactions humaines. Mais très rapidement on va se laisser submerger par des psychodrames familiaux, un père se mariant avec la meilleure amie de sa fille ou encore cette dernière complètement perdue après les échecs de son couple et de son entreprise incapable d’arriver présentable à son nouveau travail.


C’est de plus une famille à laquelle on a du mal à s’identifier. Une famille vivant dans une maison avec un grand jardin en plein Paris. Une famille qui aurait tout pour être heureuse mais qui n’y arrive pas.



Enfin, tout est au mieux cousu de fil blanc quand le film n’enchaîne pas les clichés qui sont souvent gênants.



jeudi, février 12, 2026

aucun autre choix

Un film de Park Chan-Wook le réalisateur de Old boy, Mademoisselle ou encore decision to leave. Un film qui totalise déjà 1,2 m d’entrée en corée du sud depuis sa sortie en septembre. Une adaptation du couperet de Costa Gavras


Man Su s’est fait licencié d’une papeterie. Il doit vite retrouver du travail pour maintenir le train de vie de sa famille. Mais la concurrence est rude. Il va alors avoir l’idée de supprimer ses concurrents. Mais s’improviser tueur ne sera pas si simple.


C’est un film qui repose beaucoup sur l’absurde et le comique de situation. Bien que cela soit un polar voir un film social, on rit des situations incongrues dans lesquelles se retrouvent les personnages et des répliques parfois cinglantes. On a notamment ce moment où Man su et sa femme annoncent à leur deux enfants qu’ils ne peuvent plus se permettre de nourrir autant de bouches.


Mais ce film est surtout une allégorie assez cinglante du monde du travail. L’automatisation des productions et la mécanisation ont détruits de nombreux emplois plaçant les travailleurs dans des situations de concurrences exacerbées, faisant sombrer certains d’entre eux dans la dépression et l’alcool.

Ce film montre aussi une société de plus en plus vénale. Des entrepreneurs recherchant les profits à tout prix mais aussi Man Su lui même qui était habitué à un certain train de vie et qui fera tout même le plus abjecte pour le conserver. Sa femme finira même par l’approuver car elle aussi voudra retrouver sa vie d’avant.


Un film âpre mais au message limpide


 

mercredi, février 11, 2026

les enfants de la résistance

Un film de Christophe Barratier le réalisateur des choristes et de faubourg 36 notamment. Adaptation de la bande désinnée de Benoît Ers et Vincent Dugomier tourné à Mailly-le-Château dans l’Yonne. Avec au casting Artus, Gérard Jugnot et Vanessa Guide mais surtout 3 enfants, Lucas Hector, Nina Filbrandt et Octave Gerbi


Tout commence au début de la seconde guerre mondiale, François voit son cousin envoyé au front où il perdra la vie. Il va alors décider avec deux de ses amis d’utiliser la maison de son cousin pour préparer des tracts hostiles aux allemands et ainsi tenter de fédérer la résistance qui aura un seul nom le lynx.


Ce qui est assez étonnant mais qui fonctionne très bien c’est que le casting adulte vient plutôt de la comédie, des acteurs des actrices que l’on a pas forcément l’habitude de voir dans des drames. Mais ils sont tous au service des enfants qui sont remarquables.


Mais ce qui est le plus intéressant c’est l’insouciance, la spontanéité voir l’inconscience des enfants qui va réveiller un village et fédérer une résistance. C’est un village encore marqué par la première guerre mondiale, hostile aux allemands, mais qui aurait mis du temps à s’organiser. Les enfants n’auront pas les moyens de mettre en place de grandes actions de résistances, mais ils vont stimuler les adultes pour qu’ils se mobilisent.


Un film qui évoque également cette jeunesse allemande celle de ces soldats qui pour une bonne partie étaient contre la guerre. Un film qui à travers l’insouciance des enfants entretient habilement le devoir de mémoire.


 

jeudi, février 05, 2026

a pied d'oeuvre

Un film de Valrie Donzelli, d’après le roman autobiographique de Franck Courtès

Avec dans le rôle titre Bastien Bouillon.


Paul Marquès était photographe. Il a abandonné son métier pour devenir écrivain. Mais il devra vite abandonner son train de vie confortable et accepter des missions d’homme à tout faire pour pouvoir vivre et continuer à écrire.


C’est un film sur un choix de vie singulier. Celui d’abandonner un certain confort, un certain mode de vie pour se consacrer à une passion. Mais un choix que l’on a du mal à comprendre car il engendre chez Paul une souffrance qui est palpable. Une souffrance qui va s’inscrire jusque dans sa chaire.


Et puis on va comprendre que ce changement de vie va servir au processus créatif de l’écrivain. Tout comme la romancière Emma Becker avait travaillé dans une maison close pour écrire son roman la maison, Paul lui va plonger dans l’uberisation du monde du travail.


Ce qui pose problème c’est qu’on ne sent pas la dimension documentaire ou la dénonciation de l’uberisation de la société. On peut avoir l’impression que ces travailleurs précaires vont être utilisés pour faire vendre des livres et faire de l’argent. A pied d’oeuvre est dans cette ambiguïté qui peut déranger.


 

mercredi, février 04, 2026

la reconquista

Un film écrit et réalisé par Jonas Trubea le réalisateur d’Eva en aout mais surtout du remarquable septembre sans attendre. Un film de 2016 inédit en France jusqu’à maintenant.


Avec au casting sa compagne Itsaso Arana et Francesco Carril


Olmo et Manuela ont été amants. Manuela revient d’Argentine et passe une soirée avec Olmo. Ils vont la passion qu’ils ont vécues.


Ce film est d’abord une nuit assez merveilleuse où les anciens amants vont passer d’un restaurant à un bar puis à un club de danse avant qu’Olmo n’aille retrouver sa compagne.


On sent une complicité et une forme de désir qui est intacte malgré les années qui ont passées et la distance qui les sépare. Tout est fluide, simple, joyeux sans une once de mélancolie, malgré le fait que ces retrouvailles ne dureront qu’une nuit et qu’au matin tout sera fini. Une évocation d’une forme d’amour qui subsiste, un amour d’une rare intensité, bien que leur relation elle soit terminée.


La seconde heure du film est moins intense, on retrouve Olmo avec sa compagne et l’évocation de sa relation avec Manuela alors qu’ils étaient adolescents. Néanmoins on ressent tout l’amour que Carla porte à Olmo en acceptant qu’il puisse garder une forme de tendresse pour Manuela.


Un magnifique film d’amour, un amour d’une grande maturité où la simplicité et la joie de vivre sont de mise.


 

lundi, février 02, 2026

promis le ciel

Deuxième long métrage de fiction de Erige Sehiri pour ce film de la sélection un certain regard du dernier festival de Cannes.


On est en Tunisie dans les locaux d’une église évangélique dirigée par Marie (Aissa Maiga) Elle accueille des migrants d’Afrique sub saharienne avec des profils et des vies très différentes.


Ce qui est marquant c’est le racisme dont sont victimes ces migrants en Tunisie. L’église évangélique est pour eux une sorte de refuge et un lieu dans lequel ils pourront trouver une aide. Ces rafles de la police sont assez glaçante la vérification des titres de séjours devenant presque accessoire


Et puis il y a le profil de ces migrants, une étudiante légale, une femme qui veut traverser la méditerranée ou encore une petite fille se retrouvant toute seule sans ses parents.


Pour ces migrants c’est un peu tous les jours la débrouille, les aides de l’église évangélique, le trafic d’alcool ou encore les astuces pour suivre les cours à l’Université dans de bonnes conditions.


Comment exister dans une société qui ne veut pas de vous, tel sera le quotidien de ces migrants et des choix des décisions qui seront compliquées à prendre mais qui obéiront à la raison.


 

dimanche, février 01, 2026

Love on trial

Un film de Kôji Fukada présenté dans la section Cannes Première et dans le festival des saisons Hanabi.


Mai (Kyoko Saito) fait partie d’un groupe de pop japonaise ayant de plus en plus de succès. Entre les concerts, les nouvelles chorégraphies et les voyages la fatigue chez ces jeunes filles commence à se faire sentir. Un jour Mai va rencontrer un jeune mime duquel elle tombera amoureuse au point d’abandonner son statut de pop star qu’elle a mis du temps à acquérir.


C’est d’abord une histoire d’amour montrée avec beaucoup de pudeur, une histoire d’amour dans laquelle deux opposés s’attirent. On a d’un côté une star de la pop et de l’autre un artiste vivant dans son van, travaillant dans la rue au chapeau.


Mais cette histoire d’amour en dit long sur cette société japonaise très prude où la célébrité, la gloire, la popularité doit être obligatoirement synonyme de célibat. Le portrait de ces fans de J pop est assez symptomatique, ils dépensent sans compter pour suivre leurs idoles et espérer échanger quelques mots à bonne distance et tout çà pour tenter de briser une grande solitude.


Et puis il y a ce choix que Mai devra faire, continuer dans les sacrifices et être une star de J pop, ou alors avoir une vie beaucoup plus simple et vivre un amour qu’elle ne faisait que chanter.



 

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