jeudi, mars 19, 2026
lundi, mars 16, 2026
jeudi, mars 12, 2026
mercredi, mars 11, 2026
mercredi, mars 04, 2026
lundi, mars 02, 2026
mercredi, février 25, 2026
lundi, février 23, 2026
jeudi, février 19, 2026
maigret et le mort amoureux
Adaptation d’une œuvre de Simenon par Pascal Bonitzer avec Denis Podalydes dans le rôle du commissaire.
Maigret est appelé après qu’un ancien diplomate ait été retrouvé mort chez lui par sa gouvernante. Il va d’abord la soupçonner mais aussi s’intéresser à l’amour épistolaire qu’entretenait le défunt avec une princesse.
Le choix singulier est de se faire dérouler l’action dans les années 2000. Cet anachronisme fonctionne et donne bizarrement une ambiance assez désuète.
Le polar lui est bancal, le véritable responsable du décès du diplomate aurait pu être découvert très tôt, mais peu importe puisque là n’est pas l’intérêt du film.
Ce qui est marquant c’est cette histoire d’un amour éternel mais qui paradoxalement n’a jamais pu existé. On est dans un milieu où les apparences sont tout et où pour les préserver il était toléré que cette princesse puisse aimé un autre homme que celui qu’elle a du épouser.
La grande question sera de savoir si cet amour épistolaire mais non moins intense et durable aurait pu survivre dans la réalité ? Telle est la question de ce film qui montre que le plus bel amour n’a pas forcément besoin d’être consommé.
mercredi, février 18, 2026
coutures
Le dernier film d’Alice Winocur la réalisatrice d’Augustine et Proxima notamment.
Maxine Walker (Angelina Jolie) est une réalisatrice américaine venu en France pour tourner un clip pour un défilé de mode. Ce sera l’occasion de se plonger dans l’écosystème de la mode en suivant notamment une maquilleuse (Ella Rumpf césar de la meilleure révélation pour le théorème de Marguerite), une couturière (Garance Mariller) ou encore une mannequin Ada (Anyier Anei) Mais tout va basculer quand Maxine découvrira qu’elle a un cancer du sein.
C’est un film autobiographique à plus d’un titre car on a diagnostiqué un cancer à Alice Winocur et Angelina Jolie a subi une double mastectomie en éviter un.
Ce parcours va plonger Maxine dans une grande précarité et une grande solitude. Elle devra digérer la nouvelle, continuer à travailler et réfléchir à comment l’annoncer à ses proches. On est dans une dimension quasi documentaire assez saisissante.
Mais ce films montre différentes précarités, différentes fragilités. La santé on l’a vu mais aussi cette maquilleuse enchaînant les contrats et ne sachant pas de quoi demain sera fait. Mais aussi ces mannequins tout le temps sur les routes et aux histoires souvent terribles. Et puis cette couturière qui confectionne sa première robe et qui passe sa vie dans son atelier effectuant un travail de minutie.
Même si on l’a l’impression que ce sont des histoires sans réel rapport les unes avec les autres, tout finit par se rejoindre en montrant que derrière le rêve que provoque la mode se cachent des destins précaires que se soit économiquement, humainement ou sanitairement parlant.
mardi, février 17, 2026
les dimanches
Troisième long métrage de la réalisatrice basque Alauda Ruíz de Azúa, coquille d’or du festival de San Sebastien et Antigone d’or du ciné med de Montpellier.
Ainara (Blanca Soroa) a 17 ans. Elle veut commencer un discernement pour entrer dans un couvent. Son père mais surtout sa tante tenteront de l’en dissuader sans comprendre réellement la vocation d’Ainara.
L’évènement le plus marquant qui n’est pas montré ici est le décès de la mère d’Ainara. Le seul lien avec sa mère est ce médaillon de Marie qu’elle porte sur elle et qui a peut être été le point de départ de sa vocation. Mais celle ci est à mon sens la solitude dans laquelle se retrouve la jeune adolescente. Elle n’a plus de mère, un père occupé par son restaurant et qui a refait sa vie et une tante elle en plein divorce.
Le désespoir, la souffrance de la jeune fille est sourd on ne le perçoit pas mais il est bien réel et en est plus qu’émouvant.
Elle va trouver dans la foi dans les ordres une manière d’exister une attention dont elle a été privée.
Mais le plus criant est que cette famille n’a jamais fait le deuil de la mère d’Ainara et ne la jamais aidé à surmonter cette épreuve.
lundi, février 16, 2026
lol 2.0
3eme opus de la série signée Lisa Azuelos avec sa fille Thais Allessandrin dans le rôle principal de Louise et toujours Sophie Marceau ou encore Francoise Fabian. Avec déjà plus de 300 000 entrées en moins d’une semaine.
Louise retourne chez sa mère après s’être séparée de son compagnon avec qui elle travaillait. Elle devra alors changer de vie. Sa mère elle doit faire face à une jeune stagiaire influenceuse architecture qui lui prend un dossier et à son futur rôle de grand-mère.
Le film partait bien, il commençait par une critique d’un mode de vie de plus en plus numérique ne laissant que peu de place aux interactions humaines. Mais très rapidement on va se laisser submerger par des psychodrames familiaux, un père se mariant avec la meilleure amie de sa fille ou encore cette dernière complètement perdue après les échecs de son couple et de son entreprise incapable d’arriver présentable à son nouveau travail.
C’est de plus une famille à laquelle on a du mal à s’identifier. Une famille vivant dans une maison avec un grand jardin en plein Paris. Une famille qui aurait tout pour être heureuse mais qui n’y arrive pas.
Enfin, tout est au mieux cousu de fil blanc quand le film n’enchaîne pas les clichés qui sont souvent gênants.
jeudi, février 12, 2026
mercredi, février 11, 2026
jeudi, février 05, 2026
a pied d'oeuvre
Un film de Valrie Donzelli, d’après le roman autobiographique de Franck Courtès
Avec dans le rôle titre Bastien Bouillon.
Paul Marquès était photographe. Il a abandonné son métier pour devenir écrivain. Mais il devra vite abandonner son train de vie confortable et accepter des missions d’homme à tout faire pour pouvoir vivre et continuer à écrire.
C’est un film sur un choix de vie singulier. Celui d’abandonner un certain confort, un certain mode de vie pour se consacrer à une passion. Mais un choix que l’on a du mal à comprendre car il engendre chez Paul une souffrance qui est palpable. Une souffrance qui va s’inscrire jusque dans sa chaire.
Et puis on va comprendre que ce changement de vie va servir au processus créatif de l’écrivain. Tout comme la romancière Emma Becker avait travaillé dans une maison close pour écrire son roman la maison, Paul lui va plonger dans l’uberisation du monde du travail.
Ce qui pose problème c’est qu’on ne sent pas la dimension documentaire ou la dénonciation de l’uberisation de la société. On peut avoir l’impression que ces travailleurs précaires vont être utilisés pour faire vendre des livres et faire de l’argent. A pied d’oeuvre est dans cette ambiguïté qui peut déranger.
mercredi, février 04, 2026
la reconquista
Un film écrit et réalisé par Jonas Trubea le réalisateur d’Eva en aout mais surtout du remarquable septembre sans attendre. Un film de 2016 inédit en France jusqu’à maintenant.
Avec au casting sa compagne Itsaso Arana et Francesco Carril
Olmo et Manuela ont été amants. Manuela revient d’Argentine et passe une soirée avec Olmo. Ils vont la passion qu’ils ont vécues.
Ce film est d’abord une nuit assez merveilleuse où les anciens amants vont passer d’un restaurant à un bar puis à un club de danse avant qu’Olmo n’aille retrouver sa compagne.
On sent une complicité et une forme de désir qui est intacte malgré les années qui ont passées et la distance qui les sépare. Tout est fluide, simple, joyeux sans une once de mélancolie, malgré le fait que ces retrouvailles ne dureront qu’une nuit et qu’au matin tout sera fini. Une évocation d’une forme d’amour qui subsiste, un amour d’une rare intensité, bien que leur relation elle soit terminée.
La seconde heure du film est moins intense, on retrouve Olmo avec sa compagne et l’évocation de sa relation avec Manuela alors qu’ils étaient adolescents. Néanmoins on ressent tout l’amour que Carla porte à Olmo en acceptant qu’il puisse garder une forme de tendresse pour Manuela.
Un magnifique film d’amour, un amour d’une grande maturité où la simplicité et la joie de vivre sont de mise.
lundi, février 02, 2026
promis le ciel
Deuxième long métrage de fiction de Erige Sehiri pour ce film de la sélection un certain regard du dernier festival de Cannes.
On est en Tunisie dans les locaux d’une église évangélique dirigée par Marie (Aissa Maiga) Elle accueille des migrants d’Afrique sub saharienne avec des profils et des vies très différentes.
Ce qui est marquant c’est le racisme dont sont victimes ces migrants en Tunisie. L’église évangélique est pour eux une sorte de refuge et un lieu dans lequel ils pourront trouver une aide. Ces rafles de la police sont assez glaçante la vérification des titres de séjours devenant presque accessoire
Et puis il y a le profil de ces migrants, une étudiante légale, une femme qui veut traverser la méditerranée ou encore une petite fille se retrouvant toute seule sans ses parents.
Pour ces migrants c’est un peu tous les jours la débrouille, les aides de l’église évangélique, le trafic d’alcool ou encore les astuces pour suivre les cours à l’Université dans de bonnes conditions.
Comment exister dans une société qui ne veut pas de vous, tel sera le quotidien de ces migrants et des choix des décisions qui seront compliquées à prendre mais qui obéiront à la raison.
dimanche, février 01, 2026
jeudi, janvier 29, 2026
dreams
Le nouveau film de Michael Franco le réalisateur de Despes de Lucia ou encore des filles d’Avril, un film présenté lors de la dernière berlinale
Fernando (Isaac Hernandez) est un danseur mexicain plein d’avenir. Il va risquer sa vie pour traverser la frontière et rejoindre Jennifer (Jessica Chastain) qui travaille pour la fondation de son riche père. Mais l’idylle passionnelle entre les deux amants ne sera pas sans encombres.
C’est l’histoire d’un amour interdit, interdit à triple titre d’abord par la nationalité de Fernando qui ne lui permet pas de vivre aux Etats-Unis, par la différence de statut social et par la différence d’âge. Ces interdits renforce une tension, un érotisme d’une rare intensité.
Mais ce sont les parcours de vie de ces 2 personnages qui seront radicalement différents. Fernando a une carrière à construire, un talent de danseur à construire et cela passe forcément par une vie aux Etats Unis.
Jennifer elle a un statut social et une réputation à préserver, aux Etats Unis du moins car elle vit son amour au grand jour au Mexique.
Et ce sont ces trajectoires inverses qui seront le vrai moteur du film. Au final c’est toujours l’argent les caprices des plus riches et le cynisme qui vont l’emporter.
mardi, janvier 27, 2026
gourou
Le nouveau film de Yann Gozlan qui avait signé boites noire et plus récement de Dalloway et co produit par Pierre Niney avec Pierre Niney lui même Marion Barbeau et Anthony Bajon
Matthieu Vasseur est un coach de vie qui anime notamment de grands séminaires réunissant un public de plus en plus nombreux. Mais une proposition de loi vise à réguler cette profession ce qui mettrait en danger son entreprise. S’en suivra une fuite en avant incontrôlable.
Ce qui est marquant c’est le public de ces séminaires. Un salarié maltraité par son patron, un enfant n’ayant jamais eu la reconnaissance de son père ou encore des victimes d’agressions sexuelles. Matthieu Vasseur lui aussi vient d’un milieu modeste et a construit son entreprise dans la douleur. Le seul repère à peu près stable c’est Adèle la femme de Matthieu Vasseur attirée elle par la réussite clinquante de son compagnon.
Le film montre aussi comment ces populations fragiles sont manipulées. Est ce du populisme ? De la manipulation ? De la paraoia ? Ou tout simplement une activité commerciale comme une autre ?
Et le plus marquant est que Matthieu Vasseur est lui même sous une emprise d’un autre coach
Sauf que jouer avec la fragilité des gens n’est pas sans conséquences ce qui va donner lieu à un certain nombre de nombreux drames.
Un thriller où la manipulation n’a pas de limites ancré dans dimension sociale plutôt habilement décrite.
lundi, janvier 26, 2026
hamnet
Le dernier film de Chloe Zaho la réalisatrice de l’oscarisé Nomadland adaptation du roman de Maggie O’Farrell avec Paul Mescal et Jessie Buckley
On est dans l’Angleterre de la fin du XVIeme siècle. Agnès est une femme en communion avec la nature, sa mère lui ayant transmis une connaissance des plantes et de leurs vertus thérapeutique. Sa vie va prendre une tout autre dimension quand elle rencontre Wil, un précepteur de latin dont elle va tomber amoureuse.
Le film développe d’abord une dimension mystique. Agnès semble avoir des visions notamment sur sa mort avec deux de ses enfants qui la veilleront. Elle fera tout pour que Wil poursuive ses ambitions d’auteurs à Londres. Elle ne le suivra pas persuadée que Stradford est le meilleur endroit pour élever ses enfants.
Cette dimension mystique prendra une tout autre forme quand le couple va perdre un de ses enfants, malgré tous les efforts d’Agnès pour le sauver. Va commencer un deuil qui prendra des formes différentes pour Agnès et Wil. Agnès aura tendance à se replier alors que Wil trouvera un exutoire et ressuscitera d’une certaine manière son fils dans une pièce de théâtre Hamlet.
Un mot enfin sur les décors absolument magnifiques et qui nous plongent dans l’Angleterre du XVIeme siècle. Cette maison intergénérationnelle avec ce jardin Agnès cultive ses herbes. Mais surtout ce théâtre en plein air avec ses différents niveaux où se mêlent toutes les classes sociales.
dimanche, janvier 25, 2026
Marsupilami
Un film de Philippe Lacheau d’après la bande dessinée de Franqulin, un film écrit par Philippe Lacheau, Pierre Dudan, Julien Arruti et Pierre Lacheau, avec Elodie Fontan, Jamel Debbouze ou encore Alban Ivanov
Pour éviter d’être licencié, David accepte de ramener un colis d’Amérique du sud pour son patron. Par souci de discrétion il rentera en France à bord d’un bateau de croisière. Dans ce colis va se trouver Bibi un petit marsupilami qui sera l’objet de beaucoup de convoitises.
Ce film est à la fois une adaptation de la bande dessinée et un film de la bande à Fifi. Il arrive à allier les valeurs humanistes de Franquin et les blagues potaches de la bande à Fifi. Le scénario est à la virgule près et les gags fonctionnent plutôt bien. Les querelles de couples de David et Tess (Philippe Lacheau et Elodie Fontant) sont assez savoureuses et sont dans le prolongement d’Alibi.com2
C’est un film qui intègre aussi des invités prestigieux, Jean Réno, Didier Bourdon, Jamel Debouzze et Gérard Jugnot. Une sorte d’hommage aussi au film d’Alain Chabat sur la piste du Marsupilami (2012)
Tout en conservant leurs identité la bande à Fifi rend hommage à des monuments de la bande dessiné et du cinéma ce qui fait de ce Marsupilami un délicieux divertissement.
mercredi, janvier 21, 2026
grand ciel
Premier long métrage de Akihiro Hata
On est à Thionville sur le chantier d’une grande tour. Vincent (Damien Bonnard) est un ouvrier dont le contrat n’est pas sur d’être renouvelé. Mais la disparition soudaine d’un de ses collègues va changer la donne, mais surtout alimenter une psychose dont Said (Samir Guesmi) sera un des principaux relais.
Le film tire partie du milieu du bâtiment. On est de nuit souvent en sous sol avec une lumière artificielle. On a aussi ce travail dissimulé et ces conditions de travail très dures à la limite de la légalité avec des chefs d’équipes très exigeants. Tous ces éléments sont exploités pour alimenter ce thriller qui arrive facilement à nous faire croire que des cadavres d’ouvriers peuvent être ensevelies sous des dalles.
Et puis on a un film social plus classique, un territoire un plein renouveau, un couple qui galère et qui a besoin de travailler quel-qu’en soit le prix et ce milieu de la construction hyper concurrentiel avec beaucoup d’intérimaires.
Et puis une fin assez improbable à la Bugonia qui tranche de manière assez radicale avec le reste du film.
mardi, janvier 20, 2026
jusqu a l'aube
Un film de Sho Miyake d’après le roman de Seo Maiko
Misa souffre de syndrome prémenstruel qui entraîne chez elle tous les mois des douleurs et une dépression, Takatoshi lui a développé de nombreuses phobies qui occasionnent de nombreuses crises d’angoisses. Ces deux personnages vont travailler dans la même entreprise et ainsi sortir de la grande solitude dans laquelle les a plongé leurs maladies.
C’est d’abord un film presque documentaire sur des maladies qui sont des formes de handicaps pas forcément très visibles. Misa aura du mal à garder un emploi car elle peut devenir très agressive avec ses collègues. Pour Takatoshi c’est la même chose il a du quitter son emploi.
Mais là où le film est intéressant c’est qu’il retourne cette problématique, et si c’était la société et le monde du travail qui n’était pas adapté aux personnes malades et handicapés plutôt que l’inverse. On découvre cette entreprise spécialisé en astronomie, dans lesquels nos deux personnages vont trouver bienveillance et un certain calme propice à leur mode de vie. Le fait que le patron de cette entreprise ait lui aussi été cabossé par la vie n’est pas étranger à ce mode de fonctionnement.
Un film qui plus largement interroge nos modes de vie et l’organisation du travail souvent assez excluante
dimanche, janvier 18, 2026
le mage du Kremlin
Un film d’Olivier Assayas une adaptation du roman de Giuliano Da Empoli grand prix de l’académie française en 2022
Avec au casting Paul Dano, Jude Law ou encore Alicia Vikander.
Vadim Baranov personnage inspiré de Vladislav Sourkov est un jeune comédien dans une Russie de la fin des années 1990 en pleine libéralisation. Il travaille vite pour la télévision et un oligarque inquiet du déclin de Boris Eltsine. Ils iront chercher le chef du KGB Vladimir Poutine et le feront nommer premier ministre puis élire président avant de devenir un des hommes les plus influents de l’appareil d’État russe.
Comme dans Vice où on mesurait l’influence de Dick Chenay sur Georges Bush, on a ici aussi le portrait d’un homme de l’ombre, d’un communiquant, d’un homme de théâtre qui a construit et fait élire un homme politique. On mesure aussi le poids des oligarques, du monde économique qui pour protéger ses intérêts a fait élire un homme qui saurait enrayer le mouvement de libéralisation de la société et protéger les intérêts des plus riches.
Mais ce qui est marquant dans ce film c’est comment le personnage fabriqué par l’oligarchie va finir par leur échapper. Vadim Baranov va trahir l’homme qui a fait de lui ce qu’il était, tout comme the apprentice montre comment Trump a trahit l’avocat qui a fait de lui un homme politique. Et au final Baranov lui même sera en retrait et n’aura plus de contrôle sur l’animal politique qu’il a crée.
C’est un traité politique absolument passionnant qui éclaire de manière assez marquant notre histoire contemporaine et les guerres de la Russie en Tchétéchénie et en Ukraine.
jeudi, janvier 15, 2026
l'affaire bojarski
Le nouveau film de Jean Paul Salomé.
Avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon et Pierre Lottin notamment.
Yan Bojarski est un immigré polonais qui fabriquait de faux papier durant la seconde guerre mondiale. Inventeur génial, il ne trouve pas de travail du fait de ses origines et pour faire vivre sa famille il se met à fabriquer de faux billets. Il finira par travailler à son compte tout en échappant habilement à la police.
Le biopic est peut être la dimension la moins prégnante du film. On découvre un inventeur de génie, stylo et déodorant à bille, café à dosette… Yann Bojarski est avant tout un artisan avec une minutie et un talent assez incroyable.
Mais ce qui est marquant c’est le racisme dont Yann Bojarski a été victime. Il vit dans une société de laquelle il se sent exclu malgré son talent. Et c’est profondément injuste car c’est un ingénieur de talent qui aurait pu apporté beaucoup à la France d’après la seconde guerre mondiale.
Et c’est ce qui va conduire à la grande grande question du film, pourquoi fabrique t’il encore des faux billets alors qu’il n’a plus forcément besoin de le faire. C’est pour prouver son talent à la France et à son représentant le commissaire Mattei grande star de la police judiciaire qu’il va mettre en échec pendant 15ans.
Ce film n’est pas tant un biopic sur un homme extraordinaire mais montre le racisme systémique de la société française de l’après seconde guerre mondiale et comment il a pu détruire tant de personnes.
Furcy né libre
Le nouveau film d’Ab Al Malik Adaptation du livre "L'Affaire de l'esclave Furcy" de Mohammed Aïssaoui.
Avec Makita Samba (vu dans Kika), Ana Girardot, Romain Duris ou encore Vincent Macaigne.
On est à Bourbon proche de l’ile de la Réunion au début du XIX eme siecle, Furcy est au tribunal, voulant faire reconnaître son statut d’homme libre car sa mère a été affranchie par son propriétaire. Mais son maitre ne l’entend pas de cette oreille. Commencera alors pour Furcy un long combat judiciaire.
Ce film documente d’abord toute la violence et l’inhumanité de l’esclavage. On y voit le travail dans les champs les coups de fouets et ces esclaves tués pour l’exemple dont les cadavres sont exposés à la vue de tous. Cette évocation de l’esclavage est tout à fait glacante.
C’est également un film sur un homme qui va rester fidèle à ses principes. Il va renoncer à son idylle avec une préceptrice pour faire reconnaître ses droits d’homme libre. Il connaîtra l’exil et des travaux très pénibles pour avoir l’occasion de mener son combat judiciaire.
Un combat judiciaire très technique, très pointilleux et procédurier (1ere instance, appel, cassation), qui montre que le droit dans les colonies n’était pas tout à fait le même qu’en métropole. Ce personnage de propriétaire terrien interprété par Vincent Macaigne est tout à fait détestable. Il est d’une hypocrisie crasse tout en étant très vénal. Le droit dans les colonies ne résistant pas aux pressions économiques des propriétaires fonciers et des intérêts économiques de la métropole.
mardi, janvier 13, 2026
tout va bien
Un documentaire de Thomas Ellis
On va suivre le parcours de mineurs non accompagnés arrivant à Marseille et la nécessité pour eux de se construire un avenir.
Ce qui est marquant c’est que le décalage entre les vies d’enfants et les responsabilités de la vie d’adultes auxquels ils vont être confrontés.
Meme pour ceux qui ont un projet clair et ambitieux dans la restauration ou le football on sent bien qu’ils ont gardé une âme d’enfant.
Pour la majorité le passage de ce cap sera bien plus compliqué.
Ce que je retiendrai ce sont ces conversations avec leurs parents restés au pays pour lesquels la France est un Eldorado et pas une galère. Et cette violence de ces parents envers leurs enfants qui est difficile à appréhender.
jeudi, janvier 08, 2026
le temps des moissons
Un film d’Huo Meng un film assez autobiographique sur son enfance dans les années 1990
Le temps des moissons est une véritable chronique paysanne, l’école, les moissons et ce phénomène d’exode rural qui va séparer les familles, laissant même de jeunes enfants au village alors que leurs parents sont partis chercher du travail ailleurs.
Ce qui est marquant c’est ce personnage finalement assez discret, c’est le secrétaire du parti communiste. Il rappellera discrètement mais fermement les retards d’impôts même pour des familles en difficulté et contrôlera les mariages et la natalité en organisant ces examens pour les femmes en âge de procréer. Cette surveillance est assez anodine et discrète mais très intrusive et ferme.
Et puis ce film témoigne de traditions, les mariages, les enterrements avec ces scènes de pleurs démesurés véritables jeux de rôles à la spontanéité feinte. Et ce sont ces traditions qui sont le ciment du village, de cette vie en communauté. Cette vie réglée sans que rien ne puisse être aller à l’encontre de ce qui était prévu. Mais il y a bien ce jeune homme probablement autiste que cette communauté essayera tout de même de faire rentrer dans une normalité même par la force.
Un portrait glaçant d’une communauté sur laquelle pèse le poids des traditions et du parti mais dont le déclin va se manifester par cette exode rural rendu inéducable par des conditions économiques compliquées.
mercredi, janvier 07, 2026
les échos du passé
Deuxième film de la réalisatrice allemande Mascha Schilinski prix du jury du dernier festival de Cannes.
On est dans une ferme en Allemagne qui servira de décor tout au long du film. Mais on verra cette ferme à différentes époques du Xxeme siècle principalement. Ce sont différentes chroniques qui vont débuter puis s’enchaîner à différents moments.
Le fil rouge de ce film est la jeunesse, un jeunesse qui a toujours été plus ou moins malmenée. Un garçon amputé, une fille ayant perdu sa mère ou une autre victime des pulsions de son oncle. On prend du temps à prendre conscience de ce fil conducteur, c’est pour çà qu’à mon sens ce film prend beaucoup de temps à prendre sa pleine mesure.
La photographie est très réussie, le film dégage une esthétique assez folle. Elle est au service d’une dimension fantastique voir mystique qui apparaît par petite touche. Il y a notamment ces questions d’enfants flous sur des photos dont on peut mettre en doute l’existence.
Alors oui ce film est long près de 2h30, oui ce film n’est pas forcément accessible tout de suite, mais au final c’est un film excessivement puissant sur les côtés sombres de l’enfance.






















