jeudi, février 27, 2025

bonjour l'asile

 

Deuxième long métrage de Judith Davis après tout ce qu’il me reste de la révolution.


Jeanne (Judith Davis) rend visite à Elisa (Claire Dumas) qui a quitté la banlieue parisienne pour adopter un style de vie décroissant. La visite de Jeanne va faire prendre conscience à Elisa qu’elle n’est pas forcément plus heureuse. Les deux femmes vont alors se retrouver à l’HP (l’hospitalité permanente) un tiers lieu dont elles vont adopter le mode de vie.


Le film est loufoque un peu comme le mode de vie de ce tiers lieu. On est pas franchement dans une comédie bien qu’un certain nombre de comique de situation peut arracher quelques rires.


Mais derrière çà le film pose de vraies questions sur nos modes de vie. Le film est clairement anti capitaliste mais égratigne également un mode de vie qui serait trop alternatif. Il érige notamment le travail comme un vecteur d’émancipation.


Et c’est finalement la rencontre de personnages très différents qui fait la richesse de ce film qui n’est pas forcément militant. Ce film interroge et nous invite à trouver une sorte d’équilibre,


mercredi, février 26, 2025

la vie devant moi

Un film de Nils Tavernier


Moshe et Rykwa (Vincent Galienne et Adeline d’Hermy) et leur fille Tauba (Violette Guillon) vivent dans le Paris de 1942. Ils échappent de peu à la rafle du Vel d’hiv. Ils vont alors se cacher dans la chambre de bonne d’un couple de Justes, mais ce qui devait être provisoire durera près de deux ans.

Le huis clos est oppressant et cette attente est rythmée par des évènements qui pourront mettre en danger cette famille.

La seule limite seront les risques pris par cette famille. Le père passe sa vie à la fenêtre au risque d’être vue et les hivers la lueur du poêle peut trahir une présence.

Ce qui est particulièrement bien décrit c’est l’usure psychologique notamment dont on voit la santé mentale se dégrader. C’est Tauba son adolescence et sa relative révolte qui vont apporter un peu de sourire à cette famille.

Ce film est aussi un hommage aux Justes qui ont sauver des juifs durant la seconde guerre mondiale. Ce couple va prendre des risques en cachant des juifs et en leur apportant à manger notamment. Mais ce film montre aussi que les Justes étaient relativement nombreux et que leurs actions devaient être les plus discrètes possibles.


Un film émouvant qui participe au devoir de mémoire. Ce film interroge également la résistance sans jeter le discrédit sur ceux qui ne pouvaient pas mener cette lutte





 

lundi, février 24, 2025

mercato

 

Le nouveau film de Tristan Séguela


Driss (Jamel Dobouze) est un agent de joueur sur le déclin. Il doit de l’argent à un délinquant tout juste sorti de prison. Pour sauver sa vie il doit vendre un joueur et encaisser une commission, mais il va se confronter à de nombreuses difficultés.

Ce thriller est plutôt efficace avec de nombreux rebondissements. On va ainsi découvrir toutes les facettes du métier d’agent, en allant des jeunes joueurs, à ceux qui ont besoin d’un nouveau départ ainsi qu’aux grandes stars.

Ce qui ressort c’est le cynisme le plus absolu, Driss va tenter de faire signer un mandat à un joueur à l’enterrement de son ancien agent. Il va également tenter d’obtenir un contrat à un très jeune joueur d’une dizaine d’année.

Ce film est assez courageux car on y voit également l’influence économique des équipementiers et de certains pays du golfe qui utilisent le football comme arme géopolitique.

Mais ce qui est le plus intéressant c’est le personnage d’Abel (Milo Machado Graner) le fils de Driss. Il va poser des questions sur le métier d’agent sur le monde du football. Il va également influer sur le comportement de son père. On va alors se demande si le cynisme de Driss n’est pour lui qu’un moyen de survivre dans ce milieu.

Le personnage de Driss fait penser à celui incarner par JP Bacri dans le sens de la fête. Il doit gérer une équipe de personnes immatures, avec beaucoup d’égo mais au final assez attachantes.


mercredi, février 19, 2025

on ira

 

Utilisant la comédie pour dézinguer des tabous #onira démontre que la fin de vie devrait être une fête #megaramabeauxarts #besancon

mardi, février 18, 2025

strip tease integral

 

Le déclinaison au cinéma de l’émission culte de la radio télévision belge francophone. Un film composé de 5 sketchs signé de 6 réalisateurs et réalisatrices.

Dans la première histoire on part à Dubai suivre des influenceuses, dans la deuxième histoire on part à Avignon où une actrice quinquagénaire lance son spectacle, la troisième histoire nous plonge dans le quotidien d’une famille nombreuse zéro déchets, on part ensuite dans la vie d’un médecin hypocondriaque avant de terminer par la double vie d’un médecin légiste.

Sur la forme on est en immersion, sans commentaire, sans jugement. Le lien entre les histoires se fait de manière assez abrupte en annonçant uniquement brièvement le dernier sketch entre les sketchs précédents.

Le film dresse l’état d’une société qui est très diverse une société dont l’éclectisme est assez déstabilisant.

Le fil rouge de ces histoires pourrait se trouver dans les névroses dont souffrent les personnages. Obsession de la beauté, de la célébrité, de la sobriété, de la maladie et de la mort.

Mais ce qui est encore plus passionnant ce sont les entourages de ces personnages.

Les influenceuses sont entourées d’entrepreneurs cherchant à vendre des produits, le mari de cette comédienne la suit dans ses rêves, les enfants de cette mère zéro déchet sont parfois exaspérés alors que la femme de ce médecin hypocondriaque traverse une terrible épreuve.


Strip tease intégral est un miroir assez abrupte de notre société et de sa diversité mais est on réellement près à se confronter à cette réalité ?


lundi, février 17, 2025

le dernier souffle

 

Le nouveau film du nonagénaire Costa Gavras


Fabrice Toussaint (Denis Podalydes) un célèbre philosophe passe une IRM. Il va alors faire la rencontre fortuite d’Augustin Masset (Kad Merad) le chef de service des soins palliatifs. Le philosophe va alors partir en immersion dans le service du docteur Masset.

Sur la forme c’est un film à sketchs dans lequel on va suivre le passage de différents patients dans un service de soins palliatifs. De jeunes patients des moins jeunes également.

Ce qui est également assez singulier c’est cette hyper théâtralisation des rôles du médecin et du philosophe. Celà apporte une certaine distance dans un film qui tire vers le documentaire.

Le sketch le plus touchant reste celui de la communauté du voyage pour laquelle la fin de vie est une fête alors qu’elle est vécue par beaucoup de proches comme un drame qui paradoxalement serait plus important pour les proches que pour la personne en fin de vie.

L’empathie du médecin est sûrement plus forte plus sincère que celle du philosophe pour lequel cette expérience en soins palliatifs est aussi un projet de livre et une manière de briller en société.

Le fait enfin que l’on ne sorte pas d’une sphère privilégiée voir élitiste nous empêche d’avoir une pleine empathie ce qui reste une des seules limite à ce film plus qu’exigeant.



mercredi, février 12, 2025

prima la vita

 

Un film de Francesca Comencini présenté à la dernière Mostra de Venise


Francesca (Romana Maggiora Vergano) grandit auprès de son père Luigi (Fabrizio Gifuni). Après une enfance heureuse elle connaîtra des heures plus sombres tombant notamment dans les affres de la drogue.


C’est un récit d’apprentissage construit autour d’une relation père fille plus que touchante. Luigi est en apparence un réalisateur exigeant voir tyrannique mais il voue un amour infini à sa fille.


Et puis il y aura ces années difficiles cette dépendance dans laquelle tombe Francesca. Et là encore l’amour d’un père sera le plus fort.


L’autre aspect du film c’est cette ode au cinéma. On y voit des tournages et une passion que Luigi a presque malgré lui transmise à sa fille. Ce qui frappe c’est cet apparent chaos sur les plateaux duquel va émerger des films.


On peut néanmoins regretter que ce film tombe facilement dans la mélancolie et la nostalgie. Il aurait peut être gagné à être un peu moins contemplatif un peu plus resserré, mais çà reste sûrement un des plus beaux films sur un amour paternel.


le mohican

 

Deuxième long métrage de Frédéric Farrucci


Joseph (Alexis Manenti) est un jeune berger corse. Un jour il va recevoir la visite de Michel (Michel Ferraci) qui lui conseille plus que fortement de lui vendre ses terres. Mais un jour alors que Michel va devenir plus insistant tout va déraper poussant Joseph à rejoindre le maquis. Vannina (Mara Taquin) va alors reprendre la bergerie et aider son cousin.


C’est un polar assez extraordinaire avec des rebondissements et une tension dramatique continue. Le thriller devient aussi peu à peu une sorte de film survivaliste à la « the revenant » rajoutant encore de l’intensité dramatique.


C’est un film mêlant tradition et modernité. On a d’un côté un berger corse assez mal à l’aise dans la foule des touristes et une jeune femme qui va se battre avec ses armes les réseaux sociaux. C’est sur ce décalage que fonctionne aussi ce thriller.


Et puis peut être le plus intéressant c’est l’émergence de cette majorité silencieuse. Vannina va faire de son cousin une star des réseaux sociaux et un défenseur de la Corse qui n’est pas attaquée par les français mais par les organisations criminelles insulaires. Et c’est ce renversement de valeurs qui est passionnant, comment un jeune berger va devenir une icône de l’identité corse dont se revendiquent ces organisations.



mercredi, février 05, 2025

mon gâteau préféré

Le nouveau film des réalisateurs du pardon, Maryam Mogadham et Betash Sanaeeha


Mahim (Lili Farhadpour) vit seule dans sa maison depuis que ses enfants ont quitté l’Iran. Ce n’est pas les quelques rencontres avec ses amies qui vont briser cette solitude. Mais un jour elle rencontre Faramarz (Esmaeel Mehrabi) dans une cafétéria, un homme dont elle sera bien décidée à faire son compagnon.


Ce film est d’abord la rencontre de deux solitudes. Une grande mélancolie se dégage de ce film. On a beaucoup d’empathie pour ces deux retraités qui finalement sont condamnés à vivre seul. Il se dégage de cette rencontre comme une urgence à provoquer, à vivre un bonheur qui est plus que fragile.



Et puis c’est un film qui dénonce tous les interdits de la société iranienne. L’alcool la musique le fait pour les couples non mariés de ne pas pouvoir se fréquenter. Et puis cette voisine de Mahim qui va agir comme une auxiliaire de la police des mœurs en allant mettre son nez dans les affaires de sa voisine.



 

lundi, février 03, 2025

la pie voleuse

Le nouveau film de Robert Guédiguian toujours tourné dans le quartier de l’Estaque à Marseille


Maria (Ariane Ascadie) après la fermeture de son usine est devenue auxiliaire de vie. Elle s’occupe notamment de M Moreau (Jean Pierre Darroussin) a qui elle vole des chèque pour payer la location d’un piano qui sert à son petit fils qui prépare un concours. Mais cette arnaque va être découverte par Laurent le fils de M Moreau (Grégoire Leprince Ringuet) ce qui va chambouler la vie de Maria.


C’est un film qui est à la croisée de 2 précarités. Celle de ces personnes âgées qui vivent dans une terrible solitude. Maria est souvent pour eux la seule présence la seule oreille attentive le seul petit moment de réconfort.


Et puis la précarité de ces travailleurs pauvres qui n’ont pas la possibilité de se payer de petits plaisirs ou un avenir pour leur famille.


Le scénario est plutôt bien construit on aura ce premier moment charnière où l’arnaque sera découverte. Et puis les évènements vont s’enchaîner souvent de manière assez désarmante.


C’est un film qui pose question sur une arnaque amorale car ce sont des personnes vulnérables qui en sont victimes. Mais le film montre très bien la complexité de la situation. Maria est aussi une victime et l’épilogue sera plus que surprenant.


 

dimanche, février 02, 2025

god save the tuche

Premier film de la série réalisé par Jean Paul Rouve.

Le personnage de Jeff Tuche étant le prolongement de celui de Dédé qu’incarnait également Jean Pau Rouve lors de ses années de la troupe des Robins des bois sur la chaîne comédie.


Jiji Tuche le petit fils de Jeff est invité par le club d’Arsenal a venir passer une semaine de tests en vue d’un potentiel recrutement. Ce sera l’occasion pour toute la famille Tuche de se confronter à la culture britannique.


Le film empile les clichés sur l’Angleterre. Au lieu de s’intégrer à un scénario on a vraiment l’impression d’un catalogue d’une épreuve imposée. Pire tous les gags les moins navrants sont dans la bande annonce.


L’autre faiblesse du film réside dans son scénario. On a aucun suspense aucun rebondissement qui pourrait éventuellement tenir le spectateur en haleine. On a bien une référence au Brexit et à la protection du climat portés par deux personnages qui ne résisteront pas bien longtemps avant de lâcher leurs idéaux.

On a bien compris que ce film était co produit par TF1 tellement le placement de produit est grossier.

Autant dans les Tuches 4 on avait une dimension sociale et familiale assez intéressante, autant pour god save the Tuche on est proche du néant.

Les seuls moments touchants sont ces petites références à la troupes des robins des bois


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