vendredi, mai 27, 2022

le parfum vert (cannes 2022)

 Nicolas Pariser le réalisateur d’Alice et le maire a eu la chance de faire la clôture de la dernière quinzaine des réalisateurs.


Martin (Vincent Lacoste) a vu le meurtrier d’un de ses amis, assassiné sur scène en pleine représentation. La nuit suivante il est enlevé et conduit au siège d’une mystérieuse organisation. Sauf que son absence va être interprété comme une preuve de culpabilité. Aidé de Claire (Sandrine Kiberlain) rencontré un peu par hasard dans une librairie il va fuir la police tout en essayant de prouver son innocence.


C’est un polar assez efficace mettant en scène deux personnages que rien ne prédestinait à ce genre de mésaventure et assez excentriques. Et en çà leur rencontre va être assez détonante.


Mais derrière le polar et l’enquête assez complexe se cache un film plus politique qui va nous emmener vers une mouvance d’extrême droite qui va essayer de déstabiliser l’Europe. Et c’est quand on quitte la France que ce film prend tout de suite une dimension plus profonde et plus actuelle.


Même si les deux personnages du film apportent beaucoup de légèreté on ressort du parfum vert avec beaucoup de gravité. Et c’est plus la dimension politique que le polar qui fait ici froid dans le dos.








revoir Paris ( cannes 2022)

 un film signé Alice Winocour


Mia (Virgine Effira) devait passer la soirée avec son mari. Mais il a été appelé à l’hôpital où il travaille. Mia ne voulant pas passer la soirée seule va boire un verre dans une brasserie pour travailler sur des traductions. Quand à ce moment là un terroriste fait irruption et tire sur les clients.


Mia est bien sur traumatisée par cette évènement mais paradoxalement elle n’a pas de souvenir de cette soirée. Elle va alors menée une véritable enquête pour savoir ce qui lui est arrivée.

Ce qui est très fort dans ce film est la solidarité dont vont faire preuve les victimes. Mia va se rapprocher de Thomas (Benoit Magimel) plus gravement blessé et qui aura du mal à reste dans des endroits publics clos.

Et on comprendra vite que seuls les personnes qui ont vécus ces traumatismes seront en mesure de comprendre entre eux.

L’autre aspect du film est cette quête de Mia pour retrouver la personne avec qui elle était cachée pendant l’attaque et qui lui a probablement sauvé la vie. Les témoins de ce soir là étant peu nombreuses et pas forcément disposées à parler ceci va compliquer la tâche de la jeune femme. Cette quête va mettre en lumière un héros anonyme qui a du s’enfuir après cet attentat et revoir Paris rend hommage à travers lui à ces héros anonymes qui ont sauvé des vies durant les attaques de 2015.

Revoir Paris est une pure fiction inspirée des attentats de 2015, mais il reste un film extrêmement fort,

un beau matin ( cannes 2022)


 

gods créature ( cannes2022)


 

jeudi, mai 26, 2022

broker (cannes2022)

irokazu Kore-eda a lui aussi déjà obtenu la palme d’or avec une affaire de famille, il a permis à Song Kang-Ho de repartir avec le prix d’interprétation masculine.


Les bonnes étoiles se passe en Corée du Sud et commence par l’abandon d’un nouveau né dans la boite à bébé d’une communauté religieuse. Les vidéos de cette abandon sont effacées et les deux hommes qui ont recueillis le bébé tenteront de le vendre. Mais cela sera sans compter sans la mère qui est revenu chercher son enfant et sur 2 policières bien décidées à mettre fin à ce trafic.


Les bonnes étoiles est un beau road movie dans lequel on va parcourir la Corée du Sud à la rencontre de couples qui pour diverses raison tenteront d’acheter un enfant au marché noir. Song Kang-Ho dans ce personnage de gérant de pressing qui sert de couverture à son trafic est à la fois gauche et attachant. C’est donc une forme d’empathie que l’on a pour cet attelage un peu bancal de trafiquants d’enfants.


Comme dans une affaire de famille Hirokazu Kore-eda va interroger la famille, la famille biologique de l’enfant sera en partie présente avec la mère, mais elle sera complétée par les deux trafiquants, un enfant parti d’un orphelinat et deux policières dont le rôle sera aussi prépondérant.


Bref au fil de ce road movie Hirokazu Kore-eda va créer à ce bébé une famille qui va se complexifier plus le film va avancer.


 

close (cannes 2022)

 Le nouveau film de Lucas Dhont Grand prix du dernier festival de Cannes.


Remi et Leo (Eden Dambrine et Gustave de Waele) sont amis depuis toujours. A leur rentrée dans une nouvelle école leurs camarades pensent qu’ils sont amoureux l’un de l’autre. Cette remarque va alors remettre en cause cette amitié.


C’est un film qui comme girl interroge la sexualité et l’identité d’adolescents même si l’amitié entre Remi et Leo n’est jamais remise en cause. Et c’est du regard des autres que vient le problème. Ils vont transformer une amitié en un sentiment de honte qui ne devrait pas exister.

Comme « un monde » « Close » parle de harcèlement scolaire. La violence n’est pas apparente mais fera des dégâts assez importants. C’est une thématique qui est très présente dans nos sociétés mais encore peu portée à l’écran.


Et puis il y a aussi les parents (Léa Drucker et Emilie Dequenne notamment) Ils seront assez dépourvus au moment où leurs enfants vont rentrer dans l’adolescence. Et ce sont elles qui seront aussi les victimes de ces remarques blessantes des camarades de Léo et Rémi.

Un film très cru comme l’est le cinéma belge sur cet aĝe ingrat et fragile de adolescence où le regard des autres peut briser même les amitiés les plus fortes.


how to save a dead Friend (cannes 2022)


 

le bleu du caftan (cannes 2022)

 Maryam Touzani était en compétition dans la catégorie un certain regard avec le bleu du caftan.

Mina et Youssef (Lubna Assabal et Ayoub Missioui) tiennent une échoppe qui confectionne des

caftans ces habits traditionnels marocains porté par les femmes lors de cérémonies.

Youssef est un des derniers artisans à les confectionner à la main ce qui fait sa renommée. Mais Mina est malade, Youssef va devoir travailler chez lui et laisser le magasin à Halim (Sale Bakri) son

apprenti.

Ce film montre plusieurs histoires d’amour. L’amour d’un artisan pour son métier qu’il tente de transmettre à un apprenti malgré la mécanisation qui menace ce savoir faire.

L’amour d’un homme pour sa femme, un amour à l’épreuve de la maladie. L’attention que Youssef aura pour sa femme est extraordinaire, il fera tout pour l’accompagner au mieux dans ses dernières heures.

Et enfin un amour plus secret, illégal au Maroc de Youssef pour les hommes. Un amour qui se matérialise dans le plus grand secret dans des hammams. Une attirance aussi que Youssef aura pour son apprenti.

Bref un film très émouvant très riche très complexe avec une fin assez extraordinaire qui n’est pas sans rappeler quand ils dorment un des courts métrages de Myriam Touzani présenté à Besançon il

y a quelques années dans le cadre de Lumières d’Afrique.

Un film engagé mettant en valeur des traditions mais qui sait être incroyablement moderne et engagé comme le sont les films de Nabil Ayouch producteur de ce film.


mercredi, mai 25, 2022

Tori et lorika (cannes 2022)


 

About Kim So Hee (cannes 2022)

Deuxième film de la réalisatrice coréenne July Jung et deuxième sélection à Cannes après le très émouvant a girl at my door


Sohee (Kim Se Eun) est une lycéenne qui pour valider son diplôme doit effectuer un stage en entreprise. Elle ira dans un centre d’appel d’une entreprise de télécom. Elle sera soumise à la pression des résultats ce qui ne sera pas sans conséquences.


Ce film est remarquable en trois points.


On y voit d’abord toutes les difficultés de la jeunesse coréenne dans un monde qui va de plus en plus vite et où la concurrence est exacerbée.


C’est aussi une plongée dans le monde de l’entreprise, ses dérives et les conséquences sur la santé de ses employés.


Enfin c’est un film à charge sur un système éducatif à tendance libérale dans lequel l’élève sa réussite et son épanouissement ne sont pas au cœur des priorités.


Tous ces éléments très sociétaux vont alimenter l’enquête d’une policière qui va s’intéresser de prêt à la vie de Sohee.


About Kim SooHee est la preuve de la vitalité et de la diversité du cinéma coréen qui ne se limite pas à de grands blockbuster



 

ashkal (cannes 2022)

 Youssef Chebbi était en sélection à la quinzaine des réalisateurs avec Ashkal. L’action se déroule dans les jardins de Carthage, un quartier de Tunis dont la construction a été stoppée par les printemps arabe. Le cadre de ce film est donc un vaste ensemble de plateaux d’immeubles.

Des cadavres de personnes brûlées y sont retrouvées. Fatma (Fatma Oussaifi) est chargée de l’enquête. Mais elle sera un peu mise sur la touche le temps que la commission sur la corruption dans la police statue sur les plaintes qu’elle a déposée. Ceci ne l’empêchera pas de mener l’enquête sur ces immolations.

Ce film est incroyablement complexe. On a d’abord un polar avec ces immolations. Est ce que ce sont de jeunes gens qui s’immolent volontairement exprimant leur désespoir face à une société sclérosée dans laquelle la jeunesse à peu d’avenir, ou s’agit il l’œuvre d’un tueur en série.

On a ces immeubles qui sont le symbole d’un printemps arable d’une révolte d’une partie de la population contre des élites. Le printemps de Carthage étant le symbole d’un quartier destiné à des populations aisées et peut être corrompues.

Et puis en filigrane on a une commission d’enquête sur la corruption dans la police dont les travaux pourraient être arrêtés par ces meurtres au non d’un pseudo lutte contre le terrorisme.

Enfin on pourrait également voir dans Ashkal un film fantastique.

Bref plus qu’un simple polar avec une vraie révélation en la personne de Fatma Oussaifi

Domingo y la niebla (cannes 2022)


 

mardi, mai 24, 2022

la jauria (cannes 2022)


 

the silent twin (cannes 2022)


 

godland (cannes 2022)

 Hlynur Palmason avait déjà présenté un de ses films un jour si blanc à la semaine de la critique. Il était cette année en sélection dans la compétition un certain regard.


On est la fin du XIXeme siècle et un prêtre danois décide de traverser l’Islande pour rejoindre une paroisse d’un port dont l’église est en construction. Au lieu de prendre le bateau il traversera l’Islande pour notamment prendre des photos au péril de ses compagnons de route. Une fois arriver dans sa nouvelle paroisse, l’accueil sera plus que glacial.


Cette fresque de plus de 2h20, se décompose clairement en deux temps. On a d’abord cette traversée épique de l’Islande avec des paysages inhospitaliés et ce jeune prêtre qui n’a clairement pas l’entraînement pour ce voyage. Son irresponsabilité lui fera se concentrer sur ses photos alors que la vie de ses camarades d’expéditions et la sienne seront en jeu.


Puis vient cette arrivée difficile dans cette paroisse où il apparaîtra clairement comme l’étranger. Son attirance supposée pour une des filles de la famille qui l’a accueilli n’arrangera rien.


Il fera encore une fois preuve d’arrogance en refusant de célébrer un mariage au prétexte que les travaux de l’église ne sont pas tout à fait terminés.


Le fil rouge de ce film est la photographie. Les appareils étaient très encombrants et difficilement transportables. Cette modernité tranche avec des communautés encore assez isolées. Film tiré d’une histoire vraie dont quelques clichés sont les témoins.


Un film assez austère assez âpre sur évangélisation d’une des terres les plus reculées d’Europe.




the dam(cannes 2022)


 

lundi, mai 23, 2022

Crimes of the future (cannes 2022)

 A 79 ans David Cronenberg était de retour à Cannes avec un film d’anticipation tout à fait troublant .


Tenser (Vigo Mortensen) fait pousser en lui de nouveaux organes. Caprice (Lea Saydoux) est elle chargée de les prélever de Tenser lors de spectacles. Avant cela ils doivent les faire répertorier auprès d’un bureau non encore officiel.


Le film pose un postulat tout à fait singulier selon lequel la chirurgie et les autopsies seraient des spectacles et va même jusqu’à ériger la chirurgie comme une nouvelle source de plaisir.


Vous en conviendrez c’est tout à fait troublant surtout que le film ce déroule dans un avenir plus ou moins cataclysmique dans lequel l’espèce humaine aurait évoluer au point qu’une partie d’entre elle serait capable de digérer du plastique.


La scène d’infanticide au début du film en serait presque supportable si l’on comprend la volonté de la mère de ne pas vouloir laisser vivre une partie de l’espèce humaine capable de digérer du plastique.


Ce film très noir, très dur est servi par une photo à la fois très acidulée et très sombre renforçant ainsi les côtés inquiétants et futuristes du film.


Même s’il n’est pas au palmarès Crimes du futur reste un film d’anticipation dérangeant mais pas dénué d’intérêt sur une société en pleine dérive.

heojil kyolshim (cannes 2022)

Park Chan-Wook était de retour à Cannes après le très remarqué Mademoiselle.


Tout commence quand un alpiniste est retrouvé mort au pied d’une falaise après une impressionnante chute. Sa femme Song Seo Rae (Tang Wei) est en pleure. Le policier chargé de l’enquête (Park Hae-il ) va fouiller son passé et découvrir qu’elle est recherchée en Chine pour avoir euthanaisiée une de ses patientes. Plus troublant il va découvrir qu’elle n’était pas avec une de ses patientes au moment de la chute de son mari. Une relation trouble va alors se nouer entre ce policier et celle qui va devenir suspecte.


C’est un polar assez complexe et un film assez dense. On a peu de moments faibles durant les 2h18 de ce film.


On a d’abord une situation qui paraît assez clair avec un suicide ou un accident et une veuve remplie de chagrin. Et puis des petits détails vont venir gripper cette petite mécanique bien huilée.


Et puis au polar va venir se superposer une romance, une attirance entre 2 personnages assez troubles.


On est pas dans la tradition des grands polars coréens à grand spectacle on est plus dans une dimension psychologique. A t’on affaire réellement à une veuve eppleurée, à une tueuse en série ou simplement à une femme qui veut refaire sa vie avec le policier chargé de l’enquête sur la mort de son mari, toutes les options restent ouvertes.


Enfin on a deux aspects plus politique avec ce personnage trouble qui est forcément chinoise et cette question de la fin de vie avec cette aide soignante aux pratiques assez troubles.



 

Don Juan ( cannes 2022)

La comédie musicale signée Serge Bozon avec l’acteur belfortain Tahar Rahim et Virginie Effira.


Laurent doit épouser Julie, mais Julie n’est jamais venue à la mairie. Laurent lui part dans l’Ouest de la France jouer Don Juan. Sa partenaire ayant abandonné les répétitions, le metteur en scène fait appel à Julie pour la remplacer. Les deux amants vont se retrouver, vivre une nouvelle idylle mais cette nouvelle histoire sera t’elle plus solide que la précédente, c’est tout l’enjeu du film.


La comédie musicale semble un genre un peu désuet dans le cinéma mais ici les passages chantés passent plutôt bien et s’intègrent assez bien à l’histoire.


Le duo que forment Virginie Effira et Tahar Rahim lui fonctionne plutôt bien.


Julie elle aurait pu avoir le mauvais rôle, on aurait pu la détester pour ne pas être venu à son mariage sans prévenir son fiancé. Mais la fin de cet relation, la fin de cet amour semble inéluctable. Et c’est peut être çà ce qui semble infuser tout au long du film. On a du mal à en vouloir au personnage de Julie. Et les deux amants apparaissent comme des victimes d’une relation qui est vouée à se terminer.


Néanmoins on croit à cette nouvelle histoire, à cet amour qui renait.


A noter une apparition d’Alain Chamfort.


L’univers de Serge Bozon, lui est moins clivant moins radical que dans Mme Hyde par exemple ce qui permet une ouverture à de nouveaux publics dont je fais parti.



 

novembre (cannes 2022)

 Novembre est le nouveau film de Cédric Gimenez suit la sous direction anti terroriste au moment des attentats de Paris et la traque des terroristes dans les 5 jours qui ont suivi les attentats des terrasses et du stade de France.


Tout commence lors d’une nuit relativement calme. Dès les premières fusillades, la sous direction anti terroriste va devenir une vraie fourmilière. Des informations vont être traitées, des vérifications opérées que ce soit sur le terrain ou sur Internet. Et en çà Novembre est presque une sorte de documentaire.


Et puis il y aura le grain de sable dans cette mécanique bien huilée. C’est Inès (Anais Demoustier) qui va prendre un certain nombre d’initiative qui s’avéreront à la fois risquées et utiles.


Et c’est à ce moment là que le film va prendre une autre dimension en posant la question de la protection des témoins qui sont très exposés quand il s’agit de terrorisme. Samia (Lyna Khoudri) va collaborer avec Inès pour remonter jusqu’aux terroristes. Mais sa protection en aval ne sera pas si évidente que cela.


Même si le renseignement électronique a pris une part importante, l’humain et la recherche de témoins clés reste essentielles.


Un thriller quasi documentaire sur les attentats de Novembre 2015 qui sortira début octobre au cinéma quelques mois seulement après la fin du procès. A noter enfin un casting exceptionnel avec notamment Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Jérémie Renier ou encore Cédric Kahn.

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