lundi, juin 29, 2020

l'ombre de Staline

                                                                                                                

                                                                                    Agnie

szka Holland adapte l’histoire d’un jeune journaliste gallois Gareth Jones (James Norton) qui a voulu obtenir une interview de Staline pour savoir comment l’URSS finance son économie alors que le reste de l’Europe est en pleine crise économique.


Arrivé à Moscou il va alors fréquenter le milieu des journalistes en poste à Moscou et découvrir des secrets.


Ce film est avant tout historique. On est en 1933, la crise s’installe en Europe. Et deux modèles économiques s’affrontent.


Le film s’intéresse aussi à la presse. Comment faire son travail dans un régime totalitaire ? Quels sont les liens entre le pouvoir et la presse? Et surtout qu’elle est la responsabilité de la presse quand elle n’enquête pas sur des sujets d’importance majeure ?


Enfin il y a ce

voyage en Ukraine assez terrible avec des scènes qui dépassent la limite du supportable. Et c’est en Ukraine que le secret de l’URSS et de Staline se cache. Le miracle soviétique se fait au détriment d’une population qui est littéralement sacrifiée pour servir une propagande d’État et un modèle soviétique qui est à l’opposé

des valeurs qu’il prétend servir.


Enfin il y a ce journaliste Garreth Jones jeune et plein d’idéaux. On pense qu’il va être trop tendre trop naif pour mener une brillante carrière. Mais il ne va pas manquer de persévérance et de droiture. Il va gagner la confiance d’une journaliste allemande en poste à Moscou Ada Brooks (Vanessa Kirby) qui sera pieds et point liés mais qui va faire tout ce qu’elle peut pour aider Gareth Jones.


Ce dernier va subir le sort de tous les lanceurs d’alerte, il va être marginalisé et discrédité avant d’être réhabilité après sa mort. Un film qui nous fera peut être changer de vision sur les lanceurs d’alerte contemporains.

jeudi, juin 25, 2020

la bonne épouse

        
                                                            

Une comédie de Martin Provost dont la sortie a été contrariée par la fermeture des cinémas mais dont l’exploitation a repris.


On est à la veille de 1968 en Alsace dans une institution qui forme les femmes aux taches domestiques.


Cette institution est dirigée par Paulette Van der Beck (Juliette Binoche) elle même l’épouse du propriétaire Robert Van der Beck (Francois Berland) Les enseignements sont assurés par Giberte Van der Beck (Yolande Moreau) et Soeur Marie Thérèse

(Noémie Lvovsky), Mais l’institution se porte mal ceci étant du autant à la mauvaise gestion du propriétaire qu’au vent de modernité qui commence à souffler en France.


On pense que le coeur du film tournerait autour de la transformation de la société qui serait vue de cette institution ménagère mais çà sera plutot l’histoire d’amour entre Paulette Van der Beck et André Grunval (Edouard Baer),


Le comique réside d’abord dans l’hypocrisie de cette institution en apparence très conservatrice. Son directeur ne manque aucune occasion d’observer ses pensionnaires tandis que sa femme est en réalité amoureuse d’un autre homme.


Il y a aussi les pensionnaires de cette institution dans quelques une vont se rebeller con

tre le système soit en ne voulant pas se marier soit en faisant tout pour faire le mur à la nuit tomber.


Le personnage interprété par Yolande Moreau est lui aussi assez drôle, totalement réveuse et à mille lieux des réalités.


Enfin le personnage de sœur Marie Thérèse est aussi singulier très sévère mais aussi très drôle quand elle accueille une jeune fille qui a fait le mur avec fusil croyant que la guerre n’est pas finie.


L’histoire d’amour est elle tendre et légère ce qui rend ce film très agréable et ferait presq

ue oublié les quelques chansons dont le réalisateur aurait pu faire l’économie.

mercredi, juin 24, 2020

Benni

Un film d’une jeune réalisatrice allemande de 36 ans Nora Fingscheidt qui avec son premier long métrage de fiction a remporté un ours d’argent à Berlin en 2019.



Benni c’est le surnom de Bernadette (Helena Zengel ) une petite fille de bientôt 10 ans qui est ballottée de foyers en foyers. Elle est sujette à de fréquentes crises de violence car sa mère ne peut plus s’occuper d’elle.


La réponse des institutions est le plus souvent médicale, Benni passant de fréquents séjours en hôpitaux psychiatriques.


Mais Michael Heller (Albrecht Schuch ) va être le seul à vraiment tenter d’aider la petite fille.


Ce film fait tout de suite penser à ma vie de Courgette de Claude Barras (france tv tout l’été) ou le très émouvant States of Grace.


Mais ce qui est remarquable c’est l’énergie dans la mise en scène. Nora Fingscheidt. On est presque toujours dans l’urgence ce qui renforce encore le désespoir la détresse dans laquelle est plongée Benni.


Et puis il y a bien sur l’interprétation d’Helena Zengel qui a à peine 12 ans crève littéralement l’écran.


Au delà de ces aspects techniques c’est un film qui met en lumière une injustice qui touche une enfant de 12 ans qui se retrouve abandonnée. Elle crie son désespoir qui se matérialise dans une violence physique. Elle ne va être comprise que par Michael qui a lui vécu des moments similaires dans sa vie.


La réponse de la société sera médicale et administrative avec des placements en foyer. A aucun moment la dimension humaine ne sera prise en compte et c’est peut être là le côté le plus révoltant, celui d’une institution qui se persuade d’apporter une réponse mais qui abandonne une deuxième fois Benni.

lundi, juin 22, 2020

le capital au XXI ème siècle


Thomas Piketty aidé de Justin Pemberton adapte son best seller de1232 pages publié en 2013 et vendu à plus de 2 millions et demi d’exemplaire.


Le sujet à priori peut faire peur mais le film est passionnant car ancré dans une réalité que l’on connaît tous.


Le documentaire est assez bien construit car il mêle des images d’archives des interviews d’économistes et surtout des images de pop culture ( des films des chansons et même des dessins animés).


Thomas Piketty démontre d’abord que les inégalités ne cessent de se creuser dans le monde. Ceci n’est pas un phénomène nouveau. Dans le passé ces inégalités ont mené à des guerres et la l’installation de régimes totalitaires.


Les références historiques sont peut être un peux ennuyeuses mais sont indispensables dans la seconde partie du film qui est plus actuelle.


Une des constats les plus amers est que l’épargne de Monsieur tout le monde sert en très grande majorité à spéculer en bourse et ne sert qu’à la marge à financer l’économie réelle. Il démontre ainsi que la théorie du ruissellement défendue en 2017 par E Macron ne fonctionne pas et ne fait que creuser les inégalités au détriment de l’économie réelle.


Mais Tomas Piketty ne fait pas que dresser un constat assez sombre des dérives de l’économie mondiale, il apporte des propositions pour améliorer les choses, comme taxer les grands groupes internationaux à hauteur de leur activité dans un pays ou une taxation des grands héritages pour tout un chacun puisse bénéficier d’un capital.


Le plus intéressant est que Thomas Piketty défend une économie capitaliste et démontre que c’est le creusement des inégalités qui menace ce modèle.

jeudi, mars 12, 2020

trois été

Sur fond de corruption #3etes montre un Brésil inventif, joyeux et populaire #cinemavictorhugo #Besancon

lundi, mars 09, 2020

la communion

Avec une photo remarquable et un personnage aussi charismatique qu'attachant #lacommunion est surtout un film émouvant sur le deuil

mercredi, mars 04, 2020

De Gaulle


Gabriel de Bomin signe étonnement le premier film consacré à un des personnages les plus importants du XX eme siècle le général De Gaulle

Tout commence en 1940, l’armée allemande est en route sur Paris. Paul Raynaud le président du conseil (Olivier Gourmet) nomme De Gaulle au gouvernement car il est l’un des seuls à ne pas être défaitistes et à vouloir continuer le combat. Il l’envoie à Londres rencontrer Churchill pour tenter de trouver un allié. Mais les partisans d’une capitulation, emmenés par le maréchal Pétain gagnent en influence.

On a réellement 2 films en un, le premier politique dans lequel on va voir le fonctionnement du gouvernement tiraillé entre ceux qui veulent continuer la lutte et ceux partisans d’une capitulation. Dans cette lutte, l’Angleterre de Churchill souhaite aider son allié mais doit aussi se préparer à la guerre et préserver ses intérêts.

Le deuxième aspect du film sera l’exode des populations. Yvonne De Gaulle la femme du général (Isabelle Carré) va être sur les routes avec ses deux grands enfants et sa petite fille de deux ans. Elle sera relativement privilégiée car elle pourra se déplacer en voiture et aller d’abord chez sa sœurs puis à Brest. Mais le danger sera toujours présent et témoigne du danger que courraient les civils qui tentaient de fuir la France.

L’articulation entre le film politique et le film catastrophe est plutôt bien réussi.

A noter également les références au handicap de la dernière fille du général ce qui rend l’exode de la famille encore plus épique.

mardi, mars 03, 2020

mine de rien


Mathias Mlekuz nous propose un film plein d’humanité autour de la requalification d’un site minier.

Nous sommes de le nord de la France, Arnault et Di Lello (Arnaud Ducret et Philippe Rebot) enchainent les stages pour essayer de retrouver un emploi. Ils participent aussi au blocage de la mine qui doit être vendue à un promoteur. Un soir aidé de Stella (Melanie Benier) ils vont avoir l’idée de transformer la mine en un parc d’attraction.

La première partie du film est assez pesante. Arnault est chômeur il a perdu la garde de ses enfants qui ne veulent plus le voir, il s’occupe seul de sa mère qui souffre d’Alzeimer, il mène un combat perdu d’avance pour préserver une mine qui n’a aucun avenir et il couvre son meilleur ami qui trompe sa femme. Comme ses amis il ne semble pas avoir d’avenir chez lui.

Et puis il y a cette idée de transformer la mine en parc d’attraction. Et là le film va fourmiller d’idées assez saugrenues, des auto tamponnante avec des caddies, des lances patates ou encore un train fantôme qui utilise les wagonnets de la mine.
Et plus le projet va avancer plus les personnages vont reprendre espoir, vont reprendre goût à la vie donnant à ce film beaucoup d’humanité.

A noter enfin la qualité du scénario qui va poser au début du film un certain nombre d’éléments de petits détails qui auront au final une importance majeure.

Ce film n’est pas forcément un comédie mais une belle aventure humaine qui va recréer du lien et de l’avenir dans une communauté.

lundi, mars 02, 2020

dark Waters


Todd Haynes nous fait vivre le combat d’un avocat qui va révéler un problème de santé publique.

Robert Billot (Mark Buffalo) est un avocat d’affaire assez discret. Un jour il va recevoir la visite de voisins de sa grand-mère qui voient leur bétail mourir. Il va alors découvrir la responsabilité d’une entreprise chimique. Mais arriver à les faire condamner sera un chemin pavé d’embuches.

Ce qui est remarquable c’est de voir comment un avocat assez banal va devenir un véritable héros. On retrouve un peu le même levier que dans Erin Brockovich. Ce qui est marquant c’est de voir comment un cabinet qui est là pour faire de l’argent avec des grandes entreprises va intéresser à un dossier de santé publique dans l’intérêt général. Et en cela le dévouement de Robert Billot est remarquable.

Autre point intéressant c’est de voir comment quand on a de l’argent on peut dévoyer le système judiciaire en multipliant les procédures pour décourager les plaignants à persévérer dans leurs démarches.
Les habitants victimes de pollution vont tomber un à un malade rendant les poursuites encore plus difficiles. La famille de Robert Billot sera aussi mise à rude épreuve. Le début de cette procédure v commencer avec la naissance de ses enfants et cette procédure va tellement durer qu’il ne va pas pouvoir les voir grandir.

Au delà du suspens c’est aussi un film d’utilité publique.

dimanche, mars 01, 2020

judy


Après les biopics sur Amy Winehouse ou encore Elton John, Rupert Goold s’intéresse à Judy Garland et plus particulièrement sur ses dernières années que la star a passé en Angleterre.

Judy Garland (Renee Zellweger oscar de la meilleure actrice) est fauchée. Elle ne sait pas où aller avec ses deux enfants. Pour gagner de l’argent et récupérer la garde de ses enfants elle part en Angleterre où elle a de nombreux fans. Mais la question sera de savoir si elle arrivera à dominer son addiction a l’alcool et ses colère pour mener à bien son projet.

Même si le film s’intéresse aux dernières années de la chanteuse, le film reste assez classique. Il montre le côté plus que torturé de l’artiste, comme dans Amy ou Rocketman. Judy est accro à l’alcool et au médicaments qui font qu’elle ne trouve pas le sommeil. Quelques flashback assez anecdotiques tentent en vain d’expliquer la situation de la chanteuse par une enfance déjà dédiée à l’art.

Là où le film devient intéressant c’est quand il s’intéresse non pas à la chanteuse mais à la mère de famille. Elle a du se résoudre à ne plus voir ses enfants pour gagner de l’argent et ainsi récupérer leur garde. Sa relation aux hommes est aussi trouble. Nombre d’entre eux ont profité de sa célébrité et de son argent ce qui a peut être mené à sa perte. Mais la encore le film suggère plus qu’il n’explique et c’est peut être là la limite sa limite.

C’est enfin dans les chansons et à travers les vrais fans que le film retrouve une once de légèreté dont il manque cruellement.

jeudi, février 27, 2020

l'état sauvage


David Perrault nous livre un film historique sur la fuite de colons français au moment de la guerre de sécession.

Edmond (Bruno Todeschini ) est un riche commerçant français aux Etats Unis. Il a émigré avec sa femme et ses 3 filles. Mais la guerre se rapproche et il va sentir le besoin de rejoindre Paris. Pour cela il aura besoin de Victor (Kevin Janssens ) un hors la loi qui aura pour mission de le mener jusqu’à un bateau pour la France.

Le principal caractère du film réside dans sa dimension historique. On y voit une famille française ayant bien réussi et vivant plus que confortablement. Le mode de vie assez puritain des femmes de la famille tranche avec celui du père qui a tendance à utiliser des voyous pour son commerce.


Une fois le décors planter c’est le moment de l’exil à travers les paysages de l’ouest sauvage.
Et c’est là qu’Esther (Alice Isaaz) cette fille de bonne famille va être séduite par Victor. Le film va alors prendre une dimension assez fleur bleu qui tranche avec l’exil et la situation plus qu’inconfortable dans laquelle se trouve cette famille.

Un film qui vaut essentiellement pour sa dimension historique, les côtés western et romance étant eux plus que poussifs.

mercredi, février 26, 2020

lucky


12 ans après go fast Olivier Van Hoofstadt nous livre un polar social plus que réussi.

Tony et Willy (Mickeal Youn et Alban Ivanov) doivent rapidement trouver de l’argent, pour l’un, ne pas perdre sa maison et pour l’autre pouvoir continuer à voir son fils. Ils ont l’idée de voler un chien de la brigade des stupéfiants qui leur servira à voler et à revendre de la drogue.

L’idée du film est assez originale mais c’est le scénario qui est particulièrement bien construit.

Olivier Van Hoofstadt va commencer par installer tous ses personnages, on a donc 2 hommes fauchés mais aussi une commissaire de police corrompus (Florence Foresti) une riche héritière loufoque (Corinne Masiero) .

Il va prendre le temps d’installer le décors et tous les personnages auront le moment venu un rôle important à jouer dans l’intrigue.

Autre aspect intéressant du film c’est sa dimension populaire et sociale. On est dans une ville belge ruinée par la désindustrialisation et où le système D et la criminalité sont la norme. On retrouve ce le même milieu que dans les invisibles notamment ;

Et même si de nombreux rôles sont tenus par des acteurs qui sont d’abord des humoristes, le film est loin d’être une comédie. On retrouve l’atmosphère des invisibles ou de rebelles que l’on avait découvert en début d’année dernière. Un savant mélange de polar flamand à la Bullhead et de films sociaux des frères Dardennes. Les humoristes étant probablement là non pas pour faire rire mais peut être pour donner un peu de légèreté à une ambiance qui aurait pu être pesante.

dimanche, février 23, 2020

le cas Richard jewell


Après American Sniper, Sully ou encore la mule, Clint Eastwood continue de traquer les injustices.

On est en 1996 à Atlanta au moment des jeux olympiques d’été. Richard Jewell ( Paul Walter Hauser ) est un employé qui rêve de devenir agent de sécurité. Il parvient à se faire embaucher pour surveiller la fan zone des jeux olympiques. Un jour il découvre un sac à dos abandonné. Il n’aura que quelques instants avant de faire évacuer la zone avant l’explosion. Mais rapidement Richard Jewell va être accusé d’être le poseur de bombe.

Ici les deux institutions que va dénoncer Clint Estwood seront le FBI et la presse. Le FBI pour chercher la facilité et pour la précipitation à trouver un coupable. Et la presse qui voudra absolument trouver un coupable pour faire vendre des journaux.

Et au milieu de tout çà on a Richard Jewell, qui vit encore chez sa mère. Il est hyper serviable et aime tellement les forces de l’ordre (dont il a été un membre) qu’il fera tout pour faciliter l’enquête contre lui.

Mais l’autre vrai héros c’est Watson Bryant (Sam Rockwell ) avocat un peu dilétant qui va presque obliger Richard Jewell à se défendre.

On est dans un film assez binaire où le bien va combattre le mal. Mais comme dans ses précédent films, Clint Eastwood, va mettre en avant la modestie de ses héros. L’autre côté intéressant de ses films est que l’on plonge encore une fois dans une Amérique populaire et ce qui tranche avec les productions que l’on à l’habitude de voir.

mercredi, février 19, 2020

l'appel de la forêt


Chris Sanders le réalisateur de la série Dragons et de Lilo & Stitch nous livre un film mêlant de manière assez bluffante images de synthèses et acteurs en chaire et en os.

Buck est un chien turbulent vivant chez son maître en Californie. Il va être kidnappé pour être revendu en Alaska. Il va alors intégré un attelage qui livrera le courrier dans le grand nord.

Le film est divisé en deux. On a d’abord cette épopée qui va le conduire dans un village isolé au Canada. Buck va alors croisé la route de Perrault (Omar Sy) qui livre le courrier dans le grand nord.

Dans la seconde partie du film il rencontrera John (Harrison Ford) un vieux messieurs cabossé par la vie.

La transition entre ces parties n’est pas des plus fluides, mais on reste dans une beau conte tiré de l’œuvre de Jack London, idéal pour les vacances d’hiver.

Là où le film est remarquable c’est dans l’animation de ce chien et de son interaction avec le jeu d’Omar Sy ou Harrison Ford. On a presque l’impression que le chien est réel et que le film a réellement été tourné dans le grand nord. Et en çà la prouesse technique est de taille.

Le rendu notamment des aurores boréales est très réussi.

La référence à l’œuvre de Jack London est plutôt fidèle avec cette ode à la nature et à la vie sauvage qui comblera autant petits et grands spectateurs.

une mère incroyable


Franco Lolli pour son deuxième film a eu les honneurs du film d’ouverture de la dernière semaine de la critique du dernier festival de Cannes.

On est en Colombie Silvia (Carolina Sanín) est une brillante avocate dans une collectivité. Elle va devoir s’occuper de sa mère malade, travailler avec un patron corrompu tout en s’occupant seule de son fils.

Ce film est avant tout un beau portrait de femme. Ce qui remarquable c’est que tous les aspects de la personnalité de Silvia vont être disséqués.

C’est une fille qui s’occupe de sa mère malade. C’est une mère qui pour le moment élève seule son fils. C’est une femme qui tombe amoureuse. Et c’est enfin une avocate intègre.

On a presque 4 histoires différentes qui s’emmêlent pour ne plus en former qu’une. Et c’est toute cette complexité qui est formidablement décrite.

Dans retour chez ma mère d’Eric Lavaine, Josiane Balasko interprétait une mère sont les enfants ne comprenaient pas qu’elle était également une femme. Ici le portait est plus complexe.

Autre point marquant c’est la dignité dont va faire preuve Silvia face aux épreuves qu’elle va devoir surmonter. Par moment le film est très dur, mais c’est ce qui le rend authentique.

Enfin, on est également immergé dans une Colombie contemporaine, avec sa corruption, mais aussi dans laquelle la structure familiale et la solidarité jouent un rôle important.

lundi, février 17, 2020

la fille au bracelet


Stéphane Demoustier nous place littéralement à la place des jurés d’une cours d’assise qui doit juger une jeune fille de 18 ans accusée d’avoir tué sa meilleure amie.

Lise (Melissa Guers) attend chez elle son procès entouré de ses parents Bruno et Céline (Roschdy Zem et Chiara Mastroianni) Elle semble complètement indifférente au procès qui pourrait changer sa vie.

Le procès va tourner autour de la nuit du crime, une nuit de fête dans une maison avec des adolescents. L’avocat général (Anais Demoustier) va tout faire pour faire accuser la jeune en essayant d’interpréter à charge le comportement de Lise durant cette nuit macabre.

Le comportement de Lise est vraiment le cœur du film. Elle ne résiste pas lors de son arrestation, n’a pas été étonnée d’être arrêtée, n’a pas de réactions quand elle voit la photo du corps lacéré de son amie. Bref elle fait une coupable idéale. Et c’est en çà que le film interpelle, il montre qu’une autre forme de deuil est possible. Autant il est admis de pleurer, de faire une crise de nerfs après le décès d’un proche, autant ici la réaction est froide et intériorisée. Le film montre que ce n’est donc pas parce que le chagrin est caché qu’il n’en est pas réel.

Autre point assez saisissant du film c’est l’évocation assez crue et factuelle de la sexualité de cette génération Z, ces millenials que l’avocate de Lise admet ne pas comprendre. Mais ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas Lise qu’elle est forcément coupable.

Autre personnage marquant c’est donc cette avocate de la défense (Annie Mercier) toujours dans la justesse dans l’empathie dans la compréhension et l’application stricte du droit. Avec sa voix rocailleuse elle ramène le procès à des faits et non aux spéculations de l’avocat général.

Lise est elle coupable ou non, … le mystère reste entier….

dimanche, février 16, 2020

un divan à Tunis


travers l’installation d’un cabinet de psychothérapie sur un toit à Tunis, Manele Labidi nous livre une série de portraits et une radioscopie de la société tunisienne contemporaine.

Selma (Golshifte Farahani) après avoir fait ses études en France revient à Tunis pour y ouvrir un cabinet de psychothérapie. Selma a vite beaucoup de patients, mais un policier Naim (Majd Mastoura) se rend vite compte qu’elle n’a pas les autorisations nécessaires pour exercer son métier.

L’intérêt du film réside dans sa galerie de portraits.

Selma revient en Tunisie après avoir quitté le pays à l’âge de 10 ans. Elle est assez solitaire et semble très anxieuse passant ses nerfs sur sa cigarette. On ne sait pas grand-chose de ses années parisiennes qui pourraient expliquer son retour.

Olfa (Aïcha Ben Miled la cousine de Selma est sur le point d’avoir son bac. Elle ne rêve que d’Europe mais porte le voile. Elle trouvera un moyen très ingénieux pour se marier et ainsi, le pense t’elle gagner sa liberté.

Les oncles et tantes de Selma eux ont vécu la révolution. Son oncle cache son alcoolisme, alors que sa tante s’inquiète pour lui.
On a aussi un iman qui ne porte pas de barbe et qui déprime, un policier secrètement amoureux de Selma qui essaie de faire régner un état de droit et une employée du Ministère de la santé qui semble en apparence déconnecté de la réalité.

Et au milieu de ces personnages on a les patients de Selma qui ont pour point communs le besoin de parler.

Même si la forme est assez brouillonne, le film montre un peu les espoirs déçus de la société tunisienne post révolutionnaire.

mercredi, février 12, 2020

le prince oublié


Le réalisateur oscarisé Michel Hazanavicius nous livre un habile mélange d’un conte pour enfant et du passage d’une enfant à l’adolescence.

Sofia (Sarah Gaye) vient d’avoir 11 ans et s’apprête à rentrer au collège. Son père (Omar Sy) lui lit chaque soir une histoire avant qu’elle ne s’endorme. Mais la jeune fille va faire comprendre à son père, parfois de manière maladroite, qu’elle a grandit. Dans le même temps, Clothilde (Bérénice Béjo) va emménager dans l’appartement en face de celui de Sofia et de son père.

La construction du film est assez originale. On alterne entre la vie réelle et un conte. La chute du Prince dans le conte correspond à la distance que Sofia va mettre avec son père dès l’entrée au collège.

Le film peut paraître assez léger avec notamment ce monde imaginaire assez enfantin. On y voit notamment Francois Damiens qui y joue le méchant de l’histoire et qui va finir par s’associer au prince déchu qui essaiera de rester en place.

Mais au final, ce côté assez léger cache une situation plus triste, celle d’un père, veuf qui élève seul sa fille. Il va s’avérer peut être un peu trop protecteur, mais surtout sa vie tourne exclusivement autour de sa fille.

La mère de Sofia elle n’apparaît que dans le conte, elle est à moitié invisible et vit dans les oubliettes, lieu dans lequel le prince ne veut aller. Ce sont les aspects les plus sombres du film, mais Sofia va vivre son adolescence, que cela plaise ou non à son père.

Un film très sucré sur le passage à l’adolescence et sur la vie qui continue malgré tout, malgré les deuils la vie est la plus forte et doit suivre son cours.

mercredi, février 05, 2020

cuban network


Partons en Floride où Olivier Assayas nous fait découvrir dans un thriller plutôt habille la complexité des associations cubaines aux Etats Unis.

Olga et René (Penelope Cruz et Edgar Ramirez) vivent à Cuba et y élèvent leur fille. Mais René, instructeur de vol, va un jour voler un avion pour aller se poser en Floride abandonnant sa femme et sa fille. Il va alors intégrer une association cubaine qui vient en aide aux naufragés tentant de fuir l’île. Mais on va vite découvrir que ces associations ne sont pas seulement humanitaires.

C’est un film historique assez passionnant. On y découvre la dimension politique de ces associations cubaines aux Etats Unis. Elle viennent en aide à ceux qui tentent de fuir Cuba, mais elles mènent aussi des actions terroristes sur l’île pour tenter de détruire l’industrie touristique qui permet au régime castriste de substituer après la chute de l’URSS.
Et tous les moyens seront bons pour Cuba pour contrer ces organisations à la fois humanitaires et terroristes.
Plus le film va avancer moins on saura qui est qui.
On verra aussi l’attitude assez trouble du gouvernement américain. Il va surveiller ces organisations mais sera plus ou moins complice de ces actes terroristes à Cuba.
Malgré plus de 2h de film on ne s’ennuie jamais. Le film évolue au gré des rebondissements, faisant changer assez régulièrement le film d’aspect.  
Un film dans lequel on apprend beaucoup de chose mais qui sait rester captivant.

lundi, février 03, 2020

revenir


Premier film de Jessica Palud, présenté à la Mostra de Venise en septembre dernier. On part en Ardèche dans une ferme que tenait Michel (Patrick D’Assumcao). Sa femme (Hélène Vincent) est sur le point de mourir. Thomas son fils (Niels Schneider) revient du Canada pour dire au revoir à sa mère.
Il fait la connaissance de sa belle sœur Mona (Adele Exarchopoulos) et de son neveu Alex.
Les retrouvailles entre Michel et son fils elles sont glaciales. Thomas est parti vivre au Canada alors que son frère lui a décidé de rester aider son père à la ferme et en est mort.

C’est d’abord un film sur le deuil, où un homme est sur le point de perdre sa femme. On va ensuite comprendre la situation de ce dernier qui a du vendre sa ferme pour payer ses dettes. Il a aussi perdu un de ses fils dans un accident. Et plus le film va avancer plus on va comprendre que c’est son exploitation qui n’était plus rentable et qui a provoqué sa perte et celle de son fils et celle de sa belle fille et de son petit fils.

En ce sens le film est assez semblable à seules les bêtes ou au nom de la Terre. On est dans une exploitation agricole en déclin et avec des agriculteurs qui commettent parfois l’irréparable.

Mais tous les personnages vont faire preuve d’une dignité remarquable. La situation la plus révoltante étant celle de ce petit garçon qui a à peine connu son père et dont la mère fait ce qu’elle peut pour l’élever dans une famille qui a tout perdu. La lueur d’espoir sera le retour Thomas qui lui en partant de chez lui a pu se construire un avenir loin de la France.

Archives du blog