jeudi, janvier 31, 2019

Green book


Un film de ce jeune homme de 88 ans Clint Easwood. Ses deux derniers films Sully et American Sniper montraient le destin d'hommes hors du commun. Ici il adapte à l'écran la vie de Leo Sharp.
Dans le film, Earl Ston (Clint Easwood) est un vétéran désormais reconverti dans l'horticulture. Il fait passer son métier avant tout au détriment de sa famille. Mais l’essor d'internet le met sur la paille. Par hasard il croise la route d'un dealer qui lui propose de convoyer de la drogue. Earl ayant passé sa vie sur les routes et passant inaperçu de par son âge, semble la personne idéale pour çà. Et de fil en aiguille, il va devenir une des principales mules d'un grand cartel mexicain.

Comme American Sniper, La mule met en lumière un ancien militaire. C'est avec le ségrégationnisme un des sujets prégnant du cinéma américain. Ce film a donc une dimension sociale assez intéressante. Il va accepter d'être une mule pour récupérer sa maison ou encore pour reconstruire un centre pour vétérans. Il va donc convoyer de la drogue essentiellement pour redistribuer cet argent aux autres et pour pouvoir vivre. Il va certes s'accorder un certain nombre de plaisirs personnels, mais çà ne sera jamais son but. Et c'est là un des principaux axes de ce film, cette opposition entre un vieux monsieur assez altruiste et une grande entreprise de trafic de drogue. Le plus gênant est que Earl ne va jamais penser aux méfaits que la drogue peut causer. Il va voir son rôle de mule comme un business comme un autre. Et c'est peut être là la limite du film et du côté sympathique de son personnage.

mercredi, janvier 30, 2019

La mule


Un film de ce jeune homme de 88 ans Clint Easwood. Ses deux derniers films Sully et American Sniper montraient le destin d'hommes hors du commun. Ici il adapte à l'écran la vie de Leo Sharp.
Dans le film, Earl Ston (Clint Easwood) est un vétéran désormais reconverti dans l'horticulture. Il fait passer son métier avant tout au détriment de sa famille. Mais l’essor d'internet le met sur la paille. Par hasard il croise la route d'un dealer qui lui propose de convoyer de la drogue. Earl ayant passé sa vie sur les routes et passant inaperçu de par son âge, semble la personne idéale pour çà. Et de fil en aiguille, il va devenir une des principales mules d'un grand cartel mexicain.

Comme American Sniper, La mule met en lumière un ancien militaire. C'est avec le ségrégationnisme un des sujets prégnant du cinéma américain. Ce film a donc une dimension sociale assez intéressante. Il va accepter d'être une mule pour récupérer sa maison ou encore pour reconstruire un centre pour vétérans. Il va donc convoyer de la drogue essentiellement pour redistribuer cet argent aux autres et pour pouvoir vivre. Il va certes s'accorder un certain nombre de plaisirs personnels, mais çà ne sera jamais son but. Et c'est là un des principaux axes de ce film, cette opposition entre un vieux monsieur assez altruiste et une grande entreprise de trafic de drogue. Le plus gênant est que Earl ne va jamais penser aux méfaits que la drogue peut causer. Il va voir son rôle de mule comme un business comme un autre. Et c'est peut être là la limite du film et du côté sympathique de son personnage.

dimanche, janvier 27, 2019

Le chateau de Cagliostro


Un des premiers film du maître de l'animation, j'ai nommé Hayao Mihyasaki, dont on a pu découvrir le travail dans un documentaire sorti il y a un mois, never ending man.

Le château de Cagliostro a 40 ans mais n'a pas pris une ride. Il est la déclinaison en long métrage d'une série animée elle aussi réalisée par Mihyasaki, Lupin le détective cambrioleur.


Lupin est un voleur. Après avoir dérobé des billets dans un casino, il se rend compte qu'ils sont faux. Il décide alors d'aller dans la principauté de Cagliostro connue pour être un lieu de production de fausse monnaie.

Mais Lupin va découvrir que le comte de Cagliostro séquestre Mathilde avec qui il veut se marier. Leur union lui permettra de révéler un trésor.

Ce film est centré sur le personnage d'un voleur au grand cœur, Lupin. Il tombe amoureux de la princesse et va tout faire pour la délivrer. Pour cela il va faire preuve d'une espièglerie assez extraordinaire. C'est son côté fantasque qui fait tout le succès du film en le rendant très léger et drôle. Es cascades en voiture du début du film ou encore celles dans les rouages d'une horloge géante sont assez extraordinaires.

Et puis en fond, une histoire encore actuelle. Celle de cette petite principauté, bien sous tout rapport, mais au lieu du crime mondial. Toute ressemblance avec un territoire passé ou actuel serait bien sur pure coïncidence.

Tous les ingrédients d'un très bon film sont ici réunis. Une intrigue policière, de l'amour, du second degré et une animation assez bluffante qui n'a pas pris une ride, preuve du talent de ce maître de l'animation, Hayao Mihyasaki dont le prochain film est prévu pour 2022.

Un film à redécouvrir notamment dans les vacances au cinéma proposé par les 2 scènes de Besançon.


mercredi, janvier 23, 2019

L'ordre des médecins


1er film presque autobiographique de David Roux,

Simon (Jérémie Renier) est pneumologue dans un hôpital. Sa vie semble tourner autour de son métier. Il passe peu de temps chez lui, ne prend jamais de vacances. Sa mère Mathilde (Marthe Keller) est victime d'un malaise. Il craint que son cancer ne récidive. L'hospitalisation de sa mère va remettre beaucoup de choses en question.

Ce film est avant tout un film sur la fin de vie. Quel sera le choix de Mathilde. Continuer à se battre, ou alors profiter de ses derniers jours entourée des siens.

Comment ses proches vont réagir à son choix. Simon, en tant que médecin, a l'habitude de soigner. Accepter que quelqu'un ne veuille plus de traitement sera une double épreuve pour lui. D'abord en tant que fils puis en tant que médecin.

Le côté émouvant du film réside dans le fait que Simon se retrouve démunis face à la maladie. D'abord comme un fils puis comme médecin.

Il va alors délaisser son métier pour ne redevenir qu'un fils. On retrouve alors des interactions plus classiques d'une famille. Sa sœur Julia (Maud Wyler) et son père semblent très unis, bien que l'on comprenne que Simon n'ai pas toujours été là. Cà sera aussi un des paradoxes du film. On sent une famille très unie, malgré que les liens aient été distendus.

De ce film se dégage paradoxalement beaucoup de sérénité, malgré la situation tragique dans laquelle se trouve Mathilde.

Un film complexe sur la fin de vie et sur la famille. Un film qui tourne aussi autour du personnage de Simon. Il semble torturé, mal dans sa peau sans que l'on ne puisse en détecter les causes. C'est son interne Agathe (Zita Hanrot, découverte dans Fatima) qui va finalement lui permettre de prendre un peu de recul face à cette situation dramatique qui sera peut être paradoxalement le point de départ de sa vie.

mercredi, janvier 16, 2019

L'incroyable histoire du facteur


Nils Tavernier nous conte la vie d'un facteur de la Drome, de la fin du XVIII ème, début du XIX ème interprété par Jacques Gamblin.

Le facteur Cheval est un homme très introverti, marchant près de 30 km par jour pour distribuer des lettres. Il va avoir le malheur de perdre sa femme. Seul, il doit confier son fils à sa belle sœur. Il rencontre alors une veuve, Philomène (Laeticia Casta) avec qui il se marie. Un jour lors d'une de ses tournée il bute contre un rocher. Il décide alors de construire un palais qui plus ou moins inspiré de la forme de ce rocher et des illustrations des cartes postes non distribuables qu'il collectionne.

Affrontant encore de nombreuses épreuve, la construction de ce palais sera l’œuvre de sa vie.

C'est un film qui aurait pu être sponsorisé par le Ministère de la santé, tellement on voit le facteur Cheval marcher. A force çà en devient même fatiguant.

Autre caractéristique de ce film, l'interprétation de Jacques Gamblin. Souvent mécanique parfois caricatural. Il décrit parfaitement un personnage très introverti, rêveur et marqué par les épreuves.

C'est la conjonction de ces 3 éléments qui va le conduire dans cette réalisation.

Si le facteur Cheval est une force de la nature, sa famille va énormément souffrir de ce projet.

Le caractère optu de Cheval et les souffrances de sa famille donne un film très noir, par forcément ciné génique. Celà est renforcé par un scénario peut être mal ficelé. A partir d'une heure de film et jusqu'à la fin on a de nombreux moment où le film aurait pu se terminer. On part alors de nombreuses redondances assez désagréables.

L'interprétation de Jacques Gamblin sauve ce film sur la vie d'un homme qui est autant un génie que quelqu'un d'ingrat qui a sacrifié sa famille pour réaliser sa folie.













Doubles vies


Après Sils Maria et Personnal Shopper, Olivier Assayas continue d'évoluer dans une certaine élite.

On suit 2 couples, une actrice et le patron d'une maison d'édition (Juliette Binoche et Guillaume Canet) et un écrivain et une assistante parlementaire (Vincent Macaigne et Nora Hamzawi)

On va comprendre plus le film va avancer que très peu sont fidèles, mais tous tiennent à préserver leur couple officiel. Tous savent à peu près que leurs conjoins les trompent mais la sécurité de leur couple et de leur situation prime. Ils ne s'offusquent donc pas des infidélités de leur conjoints. Le couple est ainsi vu comme une sorte d'économie, certes particulière mais bien réelle.

Une autre économie tout aussi intéressante est décrite dans le film, l'économie culturelle. A travers des discussion souvent informelles, le film livre une sorte d'état des lieux de l'économie culturelle. On constate que les gens lisent tout autant et écrivent plus. C'est le format qui change. On lit plus de blogs et de livres électroniques sans que le livre physique soit menacé.

C'est le personnage de Laure (Christa Théret, révélée dans l'excellent Gaspard va au mariage) qui incarne cette dimension numérique de la culture.

Un film donc sur 2 économies, mais qui souffre d'un parisianisme au final assez écœurant.

A noter Vincent Macaigne assez excellent, dans le rôle d'un auteur qui ne sait écrire que sur la vie de ses connaissances, au talent assez discutable, mais qui ne doit son salut qu'à sa maîtresse. Ce personnage dégage une telle bonhomie qu'on a du mal à lui reprocher ses défauts. Mais au final il n'est pas pire que les personnages qui l'entourent et c'est bien çà le plus déprimant dans ce nouvel Assayas






mardi, janvier 15, 2019

Les invisibles


Un film d'un réalisateur qui est un peu le Ken Loach français Louis-Julien Petit Déjà un beau succès, 384000 entrées en 1 semaine pour un film présent seulement dans 15 % des cinémas.

Il adapte ici le livre de Claire Lajeunie « sur la route des invisibles » Ces invisibles se sont des femmes sans domicilie fixe. Et ce sont des femmes SDF qui tiennent leur propre rôle dans le film.

Audrey et Manu (Audrey Lamy et Corinne Masiero) sont deux assistantes sociales qui gère un centre d'acceuil de jour pour des femmes sans domicile fixe.
Hélène et Angélique (Noemie Lovsky et Deborah Lukumuena) viennent ponctuellement les aider.

Mais le centre ne réinsère pas assez et est loin des chambres proposés à ces femmes. C'est pour cela qu'il doit fermer. Avant cela Manu décide d'héberger ces femmes afin de les aider à s'en sortir avant la fermeture du centre.

Le film est à mi chemin entre le documentaire et la fiction. Il met en image une réalité méconnue. Et rien que pour cela il est utile.

Mais cela reste une fiction avec des personnages tous très riches.

Manu une assistante sociale très engagée mais aussi calculatrice. Elle va prendre la responsabilité d'héberger ces femmes alors que c'est interdit.

Audrey est elle plus impulsive et émotive, mais tout aussi combative.

Et toutes ces femmes anonymes qui prennent des pseudo Brigitte Macron, Simone Veil et j'en passe. L'une d'elle Chantal est plus particulière. Elle a fait 2 ans de prison pour avoir tuer son mari violent. Et en prison elle a appris à tout réparer. Elle dors dans une tente. Elle refuse également d'omettre son passage en prison au risque de perdre une occasion de se faire embaucher.

Un film humain sensible qui montre les limites des règles des centres de réinsertion. Mais celles ci sont nécessaires au risque pour les assistantes sociales comme Audrey de se faire dévorer par leur métier.

Un suivi qui est peut être trop administratif alors que l'humain et la confiance en soi sont au centre de la réinsertion.

jeudi, janvier 10, 2019

L'heure de la sortie


Un film de Sébastien Marmier qui avait signé en 2016 Irréprochable avec Marina Fois. Le jour de la sortie est aussi fantastique et prenant qu'Irréprochable. On se rapproche du film de genre dont Grave de Julia Ducourneau est le dernier chef d’œuvre du genre.


Pierre (Laurent Lafitte) arrive dans une classe de 3ème composée d'élèves intellectuellement précoces. Il remplace son collègue qui a fait une tentative de suicide devant ses élèves. Sa prise de fonction est d'autant plus difficile que ses élèves sont exigeant envers lui. Il va aussi découvrir qu'un groupe de 6 élèves de cette classe se réunit régulièrement dans une carrière. Sa curiosité va être piquée au vif. Il va alors suivre ce groupe dans des activités plus qu'étranges.

Là où le film est remarquable c'est qu'il monte en intensité. Plus on avance dans le film plus les élèves sont inquiétants. Mais on ne sera jamais ce qu'ils préparent ce qui rend le film assez savoureux.

Et puis on a le personnage de Pierre ce personnage qui lui aussi cache un certain mal être. Lui aussi a des secrets. C'est peut être pour cette raison qu'il va absolument vouloir découvrir le secret de ces adolescents.

C'est enfin un film pleinement ancré dans son époque. Il est d'une certaine manière catastrophiste. Il nous fait prendre conscience des dérèglements environnementaux.

La question étant de savoir si être trop intelligent trop conscient des choses, cela n’entraîne pas une forme de dépression et un incapacité à être heureux. Au delà du film fantastique tout à fait réussi on a cette question philosophique et sociétale plus que pertinente.

Un très bon film de genre,un très bon film fantastique, un bon thriller et un film intelligent et ancré dans réel de son époque.

mercredi, janvier 09, 2019

Creed 2


La suite des aventures d'Adonis Johnson, fils d'Apollo Creed, un des adversaires et amis de Rocky Balboa, personnage légendaire du cinéma interprété par Sylvester Stallone.

Steven Caple Jr réalise le deuxième épisode de cette nouvelle saga. Adonis Johnson (Michael B Jordan) devient champion du monde. L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais le fils d'Ivan Drago, l'homme à l'origine du décès de son père vient le défier.

Quelque chose d'irrationnel s'enclenche. Adonis Creed, replonge dans le passé. Il veut combattre Viktor Drago, plus pour venger son père que pour sa propre carrière. Rocky Balboa ne va pas le suivre dans ce combat. Adonis est alors tiraillé entre son passé et un avenir qui s'annonce pourtant radieux. 

Comme dans le premier Creed, le personnage le plus important est absent. Apollo Creed hante les mémoires, celle de son fils et celle de Rocky Balboa.

On retrouve ces deux personnages qui vivent encore dans le passé au dépend de leur avenir.

Les phases de préparation des combats et les combats eux même sont ainsi relégués au second plan. Ils constituent néanmoins des moments de grand spectacle qui viennent casser la grande introspection qu'est ce film.

Le scénario lui est un peu haché et manque de liant. Les passages entre les grandes phases du film se font de manière un peu brutale.

Un film introspectif et plein de regrets. Celui de ne pas avoir jeter l'éponge pour Rocky. Celui de ne pas avoir connu son père pour Apollo. Celui d'avoir été banni par la fédération russe pour Ivan Drago. Et en parallèle on a des personnages qui eux vivent dans le présent. Marie Ann la mère d'Apollo qui mène une nouvelle vie depuis le décès de son mari et surtout Bianca qui va devenir mère et dont la carrière de chanteuse s'avère prometteuse. Et la cohabitation entre ces personnages aux trajectoires différentes va s'avérer délicate.















mercredi, janvier 02, 2019

Never ending man


Si je vous dit Le château dans le ciel, princesse Mononoke ou encore mon voisin Totoro, cela évoque forcément le maître de l'animation japonaise Hayaho Miyasaki.

C'est lui l'homme qui ne s’arrêtera jamais dans ce documentaire pour la TV japonaise NHK signé Kaku Arakawa

On suit Miyasaki après l'annonce de sa retraite en 2013. Il décide de s’intéresser à l'animation numérique, lui qui n'a construit ses animations que grâce au layout. Pour Miaysaki, une seconde d'un de ces films nécessite 25 dessins, 25 images qu'il faut animer plan par plan. Le numérique est pour lui quelque chose de nouveau qu'il aura du mal à apprivoiser.

C'est aussi un choc de génération. Lui à aujourd'hui 78 ans, alors que les personnes avec lesquels ils travaillent pour ce court métrage ont tout juste une trentaine d'année.

Le documentaire est donc la rencontre de ces 2 types d'animations et de ces 2 générations.

Et puis il y a ce personnage de Miyasaki, d'une humilité désarmante. On voit cet artisan avec son tablier blanc, dessiner avec un tel talent.

Contrairement à ses jeunes collègues, lui est très sensible au mouvement et à la crédibilité de ces derniers. Il puise son inspiration dans le réel même si ses univers ont toujours été fantastiques.

Et puis il y a cette phrase d'un des jeunes dessinateur qui avoue que çà prendrait peut être moins de temps de dessiner les images une par une que de programmer une animation numériquement.

Un documentaire loin d'être parfait esthétiquement mais qui nous fait découvrir les studios Ghibli, ce gamin de 77 ans , cet artisan de l'animation, toujours aussi passionné par son métier. Cet homme qui malgré ses énormes succès veut apprendre des jeunes générations, même si on se rend compte qu'ils pratiquent presque deux métiers différents.

Premières vacances


Un film sur le couple, réalisé par un couple. En effet, Patrick Cassir le réalisateur est le compagnon de Camille Chamoux l'actrice principale du film.

C'est aussi un film générationnel, Ben (Jonathan Cohen) et Marion se rencontrent sur un site de rencontre. Marion vit en colocation. Et ils décident pour échapper à leurs familles et amis respectifs de louer sur air b n b.

Leur destination sera donc la Bulgarie. Ils commenceront dans une famille assez étrange, avant de rejoindre un gîte participatif pour finir dans un complexe hôtelier.

Ben et Marion partent donc en vacance ensemble sauf qu'ils se connaissent encore mal et sont très différents. Elle est dessinatrice et lui est issu d'une école de commerce. Elle n'a plus de famille alors que la famille de Ben est intrusive. Marion est aventurière alors que Ben est attaché à son confort.

Ce sont ces différences qui vont rythmer le film que l'on peut difficilement qualifier de comédie.

C'est plutôt un film générationnel, qui ne manque pas d'égratigner nos modes de vie de plus en plus stéréotypés.

Le paroxysme de cette critique est le séjour de ce couple dans un complexe hôtelier à bas coût, qui exploite les populations locales en flattant l'égo démesuré des personnes y résidant.

Et c'est finalement le personnage de Marion qui sera une lueur d'espoir dans cette description assez amère de nos sociétés contemporaines.

A partir de cette rencontre un peu hasardeuse, la vraie question sera de savoir si ce couple si différent va durer et lequel des 2 personnages va se rapprocher du mode de vie de l'autre.


Un film qui se veut une comédie mais qui est au final assez amère. On y croise des personnages souvent clivant dans leur mode de vie, qu'il soit hyper moderne ou aventurier, baba cool. Seul le personnage de Marion va faire preuve de cette ouverture d'esprit pour faire le pont, le lien entre ces personnages.

vendredi, décembre 28, 2018

Au bout des doigts


2eme film pour Ludovic Bernard qui avait commencé sa carrière en étant assistant réalisateur de Matthieu Kasowitz sur le film la Haine.

Là aussi tout démarre en banlieue. Mathieu (Jules Benchetrit) est un petit braqueur. Il joue aussi du piano dans les gares. C'est là que Pierre (Lambert Wilson) le directeur du conservatoire de Paris le remarque. Il lui propose d'intégrer son établissement. Mathieu va être forcé d'accepter. Avec l'aide de la comtesse (Kristin Scott Thomas) ils vont préparer un prestigieux concours de piano.

Ce film est une belle histoire, une sorte de conte moderne. Le ressort étant cet antagonisme criant entre le monde de la musique classique et celui des banlieues populaires.

On peut largement discuter sur la vision idéaliste du réalisateur. Mais il a cette cohérence du début à la fin du film. Il reste dans cette sorte de conte de fées, au risque à de nombreuses reprises d'en faire trop.

Au final on a un film hyper sucré, hyper optimiste.

Mais si on reste dans le conte, c'est aussi une manière de dénoncer une inégalité des chances, selon l'endroit où on a grandit. Cet aspect étant troublé par ce vieux monsieur interprété par Michel Jonasz qui a enseigné la musique à Mathieu et qui lui a permis de changer de vie.

Un film qui à travers une très belle histoire, dénonce une certaine forme de reproduction sociale. Elle est notamment incarnée par Anna, future grande violoncelliste, dont les parents sont eux même des grands musiciens.

jeudi, décembre 27, 2018

L'empereur de paris


Après s'être attaqué à Mesrine, Jean Francois Richet nous offre un film sur Vidocq.

On est à Paris, au XIX eme siècle et la grande délinquance menace l'empire naissant. Vicocq (Vincent Cassel) après s'être échappé d'un bagne compte vivre incognito. Mais cela ne va pas durer. Pour gagner sa liberté il va devoir débarrasser Paris des bandes organisées et notamment celle de Maillard (Denis Lavant)

Le principe du film est assez intéressant. Devoir se salir les mains pour gagner sa liberté. Et dans ce sens le film est assez cru. Les combats succèdent aux exécutions sommaires et aux arrestations. Et pour celà Vidocq se révèle plus efficace que la police.

Au delà du grand spectacle, on a aussi un film plus politique avec le personnage de Fouché (Fabrice Lucchini) le ministre de la Police. Son objectif est de stabiliser le pouvoir de l'empereur. Pour cela il va devoir apaiser Paris. Il y aura une synthèse républicaine à faire avec notamment les anciens royalistes favorables à l'empire.

Ce côte du film est plus subtile que les nombreux combats qui jalonnent le film.

Enfin on a de personnage assez atypique de Vidocq. Bagnard, indicateur de la police avant de devenir un proche de Fouché. Il est solitaire et brutal. Mais il apparaît aussi assez sympathique car cette violence apparaît comme contrainte. Il va devoir tuer ou arrêter des gens pour survivre. Il va être adouci par ce personnage d'Annette (Freya Mavor) qui va être une des seules à pouvoir réellement l'apprivoiser. Et c'est cette double facette que Vincent Cassel arrive bien à faire transpirer.

Un film à grand spectacle avec beaucoup d'hémoglobine mais avec une dimension politique même si elle est discrète arrive à donner ce petit plus essentiel à ce film.

mercredi, décembre 26, 2018

Monsieur


part en Inde avec un premier film signé Rohena Gera qui lui a valu une sélection à la semaine de la critique.

Un film sur une société indienne très segmentée. Ratna (Tillotama Shome) est au service d'Ashwin(Vivek Gomber) l'héritier d'un grand groupe de construction. Ratna elle est veuve depuis ses 19 ans et Ashwin lui vient de voir son mariage annulé. Ashwin, rêve de retourner aux Etats Unis alors que Ratna veut devenir couturière après avoir payée les études de sa sœur. L'ouverture d'esprit d'Ashwin et l'ambition de Ratna va résorber le fossé entre les 2 personnages va se résorber.

Tous ces éléments font de ce film une sorte de remake de just a kiss de Ken Loach. Une histoire d'amour impossible. C'est aussi une sorte de radiographie d'une société indienne encore très traditionnelle mais qui évolue. Comme souvent c'est dans la dimension économique que cette évolution commence.

On voit un Bombay où les gratte ciels poussent comme des champignons. Mais les traditions sociétales sont encore tenaces. Et c'est cette ambivalence qui va rythmer le film. Il ne manque pas néanmoins d'optimisme malgré des inégalités encore criantes et révoltantes.

Le personnage d'Ashwin est très beau . Mais c'est un peu l'arbre qui cache la forêt. Sa modernité et son ouverture d'esprit ne semble due qu'à son séjour aux Etats Unis. Et le reste de la jeunesse indienne ne semble pas si ouverte. Au mieux elle comprend l'amour d'Ashwin pour Ratna. Mais il y a une sorte d'auto censure qui va faire que cette jeunesse n'est pas encore prête à aller contre les traditions. Et cette sorte d'auto censure qui montre que le chemin va plus d'égalité en Inde sera long.

mercredi, décembre 19, 2018

Wildlife


Un film de Paul Dano qui avait l'ouverture de la semaine de la critique et qui nous emmène dans l'Amérique profonde des années 1960

Jerry Brinson (Jake gyllenhall) est un professeur de golf. Il vient de perdre un peu injustement son emploi. Vexé il sombre dans une sorte de dépression au point d'abandonner sa famille pour aller combattre un feu qui menace sa ville. Sa femme Janette (Carey Mullingan) va d'abord donner des cours de natation pour faire rentrer de l'argent dans le foyer. Mais voyant son mari déprimer elle va passer d'une épouse modèle à une femme libre et indépendante. Au milieu de tout çà Joe (Ed Oxenbould) 14 ans l'enfant du couple va devoir s'adapter aux brusques changements de comportements de ses parents.

La première partie du film est une belle description d'un société patriarcale des années 1960. Le père travaille et ramène un salaire à la maison. La mère peut éventuellement prendre un mi temps mais se consacre à l'éducation des enfants et au foyer.

On a aussi un film de classe avec une bourgeoisie qui peut renvoyer n'importe quel employé sans raison. Et un homme d'affaire célibataire qui en utilisant sa richesse multiplie les aventures.

Et puis on a Joe, un peu tendre qui va devoir exister dans la désintégration du couple que formait ses parents. Il est de bonne volonté, travaille le soir et le week end pour gagner un peu d'argent. Il va apparaître assez candide, une candeur qui tranche avec l'amertume qui se dégage des personnages de ses parents.

Et c'est finalement ce côté là qu'on va retenir de ce film et c'est un peu dommage.

lundi, décembre 17, 2018

Pupille


Après Elle l'adore Jeanne Henry retrouve Sandrine Kiberlain dans un film à la fois très austère, très administratif mais aussi très humain sur l'adoption.

Alice (trop rare Elodie Bouchez) est une jeune femme qui n'a pas pu avoir d'enfant avec son mari. Après leur séparation Alice décide de poursuivre le processus d'agrément en vue d'une adoption.
Dans le même temps une jeune fille de 20 ans en déni de grossesse accouche dans un hôpital. On va alors suivre l'histoire du petit Théo et d'Alice qui vont mener chacun de leur côté un parcours du combattant avant d'être réunis.

Le film tourne beaucoup autour des services du conseil départemental qui s'occupent des pupilles. On a l’assistante sociale qui suit la mère. Un autre collège d'assistants sociaux va gérer l'adoption ainsi que la transition entre la maternité et l'adoption. Et c'est Jean (Gilles Lellouche) qui accueille Théo quelques semaines sous le contrôle de Karine (Sandrine Kiberlain).

Tous des personnages sont marqués par les histoires qu'ils gèrent. Jean est encore marqué par les ados qu'il a accueilli avant Théo, Karine se réfugie dans la consommation de bonbons et s'est séparé de son mari.

Le style du film peut paraître très administratif même assez aseptisé. Mais on comprend vite que les procédures sont là comme un rempart face à ces destins souvent tragiques. Comme le dit une assistante sociale dans le film, on ne cherche pas des parcours de vie sans accrocs, on cherche juste à s'assurer que les futurs parents ont réussis à trouver une solution à leurs problèmes.

Derrière une très instructive et très belle histoire d'adoption ce film est aussi un belle hommage à ces services administratifs, chargés de trouver une nouvelle famille à des enfants dont les parents ne peuvent plus s'occuper.

A noter une apparition de l'acteur lédonien Jean Francois Stevenin.

jeudi, décembre 13, 2018

Leto


Un film du réalisateur russe assigné à résidence dans son pays Kirill Serebrennikov.

Un film qui aurait pu être assez classique sur des groupes de rock, si on avait pas été à Leningrad dans les années 1980 dans un régime communiste.
Le rock en Union soviétique existe mais dans des clubs contrôlés par le parti communiste. Mike (Roman Bilyk) est le leader d'un de ces groupes. Avec sa femme Natasha (Irina Starshenbaum) ils vivent pour la musique surtout celle venue d'occident. Victor (Teo Yoo) est lui aussi passionné par cette musique. Mike est une sorte de mentor pour lui. Jusqu'au jour où l'attirance entre Natasha et Victor sera trop grande et perturbera l'harmonie entre ces jeunes gens.

C'est avant tout un film sur la jeunesse en Union soviétique. Comment être libre dans une société hyper contrôlée. Ces scènes sur les plages désertes de la mer baltique sont de véritables odes à la liberté. Elles contrastent avec ce quotidien où ils doivent négocier avec les autorités pour pouvoir jouer leurs textes.

Autre aspect important du film cette histoire d'amour impossible entre Victor et Natasha. Elle est attirée par Viktor, mais aime Mike et ne veut en aucun cas lui mentir ou le quitter.

Et puis ces quelques scènes dans le film où des standards du rock sont repris souvent dans le transports en commun par des anonymes. C'est une trouvaille géniale qui apporte des touches de folie.

Et enfin cette question d'un passage de témoin entre un artiste et son cadet. On passe de cette bienveillance dans ces premières scènes sur la plage à une certaine jalousie. Mike est peut être un peu plus blasé de ne pas pouvoir évoluer dans un environnement communiste assez austère.

Un très beau film donc sur une jeunesse qui tente d'exister dans un environnement communiste assez conservateur. Et un très beau cadeau de Noël puisque la bande originale du film est d'ors et déjà disponible.





mercredi, décembre 05, 2018

Les confins du monde


Un film qui faisait partie de la dernière sélection d'Edouard Waintrop, délégué général de la quinzaine des réalisateur, qui est peut être la sélection cannoise la plus intéressante.

On part en Indochine, en 1945, dans ce film de Guillaume Nicloux. Robert Tassen (Gaspard ulliel) est un jeune soldat qui a survécu un peu miraculeusement à un massacre. Il est recueilli un temps par une famille d'un village avant de retourner en ville. Là il ne vas pas souhaiter retourner en France. Il va rejoindre une autre unité combattante pour se venger, venger son frère. Pour cela il va utiliser d'anciens prisonniers qui vont combattre à ses côtés.

Le film est très cru. On commence avec une vision d'une fosse commune de laquelle va se relever Robert Tassen. Le plus insupportable sera la vision de ces corps d'occidentaux démembrés.

Au delà de la vengeance le film est relativement complexe. Robert Tassen va tomber amoureux d'une prostituée Mai, ce qui va donner lieu aussi à beaucoup de violence, car la relation semble impossible.

Il y a cette amitié avec Cavagna (Guillaume Gouix) soldat lui aussi que personne n'attend en France et qui va essayer de tempérer les ardeurs de vengeance de Robert Tassen.

Et puis ces échanges assez sporadiques avec un écrivain Saintonge qui lui aussi a survécu à un massacre.

Au final un film très dur sur la guerre d'Indochine avec un rythme assez saccadé et une image très saturée qui renforcent également le sentiment de malaise déjà bien présent avec les horreurs de la guerre que Guillaume Nicloux n'hésite pas à mette en avant.

Astérix le secret de la potion magique


Quelques jours avant les vacances de fin d'année et 4 ans après Asterix et le domaine des dieux, le duo Alexandre Astier et Louis Clichy signe un nouvel opus des aventures des gaulois réfractaires à l'invasion romaine.

Panoramix, le druide du village, alors qu'il ramassait des ingrédients pour la potion magique, s'est cassé le pied en tombant d'un arbre. Il prend alors conscience qu'il va falloir qu'il se trouve un successeur. Il va alors consulter ses collègues druides et se lancer dans un tour d'Europe pour trouver son successeur. Mais les romains et un druide maléfiques vont venir contrecarrer ses plans.


Commençons par ce qui fâche, l'image et l'animation un peu trop lisses ce qui fait que l'on est presque dans un film avec des personnages virtuels, c'est assez déconcertant.

Ne parlons pas également de la voix d'Astérix par Christian Clavier, ce qui nous donne l'impression d'être dans un n ieme épisode des visiteurs et de celle de ce jeune druide de l'est avec un accent alsacien très génant.


Il reste néanmoins des codes des épisodes d'Astérix que l'on retrouve avec plaisir. Le village assiégé par les romains, les chamailleries entre Astérix et Obelix, le complot de César et les pirates qui vont s'essayer à la navigation fluviale.

Et puis c'est nouveau ce druide noir, Sulfurix banni par ses pairs sera ce nouveau méchant qui va s'allier aux romains pour faire tomber le village gaulois.

Et puis autre aspect moderne dans ce film le personnage de Pectine, cette jeune fille qui va accompagner Astérix et Panoramix dans leurs aventures. Une petite fille ingénieuse, débrouillarde et pétrie de talent et d'inventivité. On ne peut qu'y voir une touche féministe plus que réfléchissante et bienvenue dans un univers où les moustaches et les barbes étaient jusque là plus qu'omniprésentes.



lundi, décembre 03, 2018

Mauvaises herbes


Un film de et avec l'humoriste Kheiron avec 2 monstres sacrés du cinéma français Catherine Deneuve et André Dussolier.

Un film basé sur un flashback, l'histoire de Wael (Kheiron) petit garçon dont les parents ont été tués pendant une guerre. Il a du se débrouiller dans les rues avant d'être recueilli dans un orphelinat.

On retrouve Wael, aujourd'hui qui avec Monique survivent grâce à de petites arnaques. Jusqu'au jour où ils vont être démasqués par Victor qui vont les convaincre à venir s'occuper avec lui d'enfants décrocheurs. Et petit à petit le courant va passer entre ces jeunes à Wael qui va réussir à trouver les mots et l'attitude pour communiquer avec ces jeunes problèmes assez différents.


Un film sur la banlieue et l'éducation on en avait vu un l'année dernière avec les grands esprits où Denis Podalydès jouait le rôle d'un enseignant d'Henri 4 qui est allé passer une année dans un collège de banlieue.

Ici on touche des difficultés très diverses, une surdouée qui a du mal à se socialisé, un orphelin, un garçon qui doit s'occuper de ses 3 frères et sœur car sa mère est malade, une fille qui a été violée et enfin un enfant moqué pour sa mauvaise pratique du français.

Et finalement l'expérience de Wael va servir à tous ces enfants aux destins tragiques. Bien sur la méthode de Wael est loin d'être conventionnelle. Ce n'est pas celle de l'école et plus généralement de la société française qui a plus tendance à sélectionner les élèves qu'à faire du cas par cas.

A noter la présence au casting de Catherine Deneuve et d'André Dussolier qui par leur aura viennent appuyer le message positif délivré dans le film.

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