mercredi, février 19, 2020

une mère incroyable


Franco Lolli pour son deuxième film a eu les honneurs du film d’ouverture de la dernière semaine de la critique du dernier festival de Cannes.

On est en Colombie Silvia (Carolina Sanín) est une brillante avocate dans une collectivité. Elle va devoir s’occuper de sa mère malade, travailler avec un patron corrompu tout en s’occupant seule de son fils.

Ce film est avant tout un beau portrait de femme. Ce qui remarquable c’est que tous les aspects de la personnalité de Silvia vont être disséqués.

C’est une fille qui s’occupe de sa mère malade. C’est une mère qui pour le moment élève seule son fils. C’est une femme qui tombe amoureuse. Et c’est enfin une avocate intègre.

On a presque 4 histoires différentes qui s’emmêlent pour ne plus en former qu’une. Et c’est toute cette complexité qui est formidablement décrite.

Dans retour chez ma mère d’Eric Lavaine, Josiane Balasko interprétait une mère sont les enfants ne comprenaient pas qu’elle était également une femme. Ici le portait est plus complexe.

Autre point marquant c’est la dignité dont va faire preuve Silvia face aux épreuves qu’elle va devoir surmonter. Par moment le film est très dur, mais c’est ce qui le rend authentique.

Enfin, on est également immergé dans une Colombie contemporaine, avec sa corruption, mais aussi dans laquelle la structure familiale et la solidarité jouent un rôle important.

lundi, février 17, 2020

la fille au bracelet


Stéphane Demoustier nous place littéralement à la place des jurés d’une cours d’assise qui doit juger une jeune fille de 18 ans accusée d’avoir tué sa meilleure amie.

Lise (Melissa Guers) attend chez elle son procès entouré de ses parents Bruno et Céline (Roschdy Zem et Chiara Mastroianni) Elle semble complètement indifférente au procès qui pourrait changer sa vie.

Le procès va tourner autour de la nuit du crime, une nuit de fête dans une maison avec des adolescents. L’avocat général (Anais Demoustier) va tout faire pour faire accuser la jeune en essayant d’interpréter à charge le comportement de Lise durant cette nuit macabre.

Le comportement de Lise est vraiment le cœur du film. Elle ne résiste pas lors de son arrestation, n’a pas été étonnée d’être arrêtée, n’a pas de réactions quand elle voit la photo du corps lacéré de son amie. Bref elle fait une coupable idéale. Et c’est en çà que le film interpelle, il montre qu’une autre forme de deuil est possible. Autant il est admis de pleurer, de faire une crise de nerfs après le décès d’un proche, autant ici la réaction est froide et intériorisée. Le film montre que ce n’est donc pas parce que le chagrin est caché qu’il n’en est pas réel.

Autre point assez saisissant du film c’est l’évocation assez crue et factuelle de la sexualité de cette génération Z, ces millenials que l’avocate de Lise admet ne pas comprendre. Mais ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas Lise qu’elle est forcément coupable.

Autre personnage marquant c’est donc cette avocate de la défense (Annie Mercier) toujours dans la justesse dans l’empathie dans la compréhension et l’application stricte du droit. Avec sa voix rocailleuse elle ramène le procès à des faits et non aux spéculations de l’avocat général.

Lise est elle coupable ou non, … le mystère reste entier….

dimanche, février 16, 2020

un divan à Tunis


travers l’installation d’un cabinet de psychothérapie sur un toit à Tunis, Manele Labidi nous livre une série de portraits et une radioscopie de la société tunisienne contemporaine.

Selma (Golshifte Farahani) après avoir fait ses études en France revient à Tunis pour y ouvrir un cabinet de psychothérapie. Selma a vite beaucoup de patients, mais un policier Naim (Majd Mastoura) se rend vite compte qu’elle n’a pas les autorisations nécessaires pour exercer son métier.

L’intérêt du film réside dans sa galerie de portraits.

Selma revient en Tunisie après avoir quitté le pays à l’âge de 10 ans. Elle est assez solitaire et semble très anxieuse passant ses nerfs sur sa cigarette. On ne sait pas grand-chose de ses années parisiennes qui pourraient expliquer son retour.

Olfa (Aïcha Ben Miled la cousine de Selma est sur le point d’avoir son bac. Elle ne rêve que d’Europe mais porte le voile. Elle trouvera un moyen très ingénieux pour se marier et ainsi, le pense t’elle gagner sa liberté.

Les oncles et tantes de Selma eux ont vécu la révolution. Son oncle cache son alcoolisme, alors que sa tante s’inquiète pour lui.
On a aussi un iman qui ne porte pas de barbe et qui déprime, un policier secrètement amoureux de Selma qui essaie de faire régner un état de droit et une employée du Ministère de la santé qui semble en apparence déconnecté de la réalité.

Et au milieu de ces personnages on a les patients de Selma qui ont pour point communs le besoin de parler.

Même si la forme est assez brouillonne, le film montre un peu les espoirs déçus de la société tunisienne post révolutionnaire.

mercredi, février 12, 2020

le prince oublié


Le réalisateur oscarisé Michel Hazanavicius nous livre un habile mélange d’un conte pour enfant et du passage d’une enfant à l’adolescence.

Sofia (Sarah Gaye) vient d’avoir 11 ans et s’apprête à rentrer au collège. Son père (Omar Sy) lui lit chaque soir une histoire avant qu’elle ne s’endorme. Mais la jeune fille va faire comprendre à son père, parfois de manière maladroite, qu’elle a grandit. Dans le même temps, Clothilde (Bérénice Béjo) va emménager dans l’appartement en face de celui de Sofia et de son père.

La construction du film est assez originale. On alterne entre la vie réelle et un conte. La chute du Prince dans le conte correspond à la distance que Sofia va mettre avec son père dès l’entrée au collège.

Le film peut paraître assez léger avec notamment ce monde imaginaire assez enfantin. On y voit notamment Francois Damiens qui y joue le méchant de l’histoire et qui va finir par s’associer au prince déchu qui essaiera de rester en place.

Mais au final, ce côté assez léger cache une situation plus triste, celle d’un père, veuf qui élève seul sa fille. Il va s’avérer peut être un peu trop protecteur, mais surtout sa vie tourne exclusivement autour de sa fille.

La mère de Sofia elle n’apparaît que dans le conte, elle est à moitié invisible et vit dans les oubliettes, lieu dans lequel le prince ne veut aller. Ce sont les aspects les plus sombres du film, mais Sofia va vivre son adolescence, que cela plaise ou non à son père.

Un film très sucré sur le passage à l’adolescence et sur la vie qui continue malgré tout, malgré les deuils la vie est la plus forte et doit suivre son cours.

mercredi, février 05, 2020

cuban network


Partons en Floride où Olivier Assayas nous fait découvrir dans un thriller plutôt habille la complexité des associations cubaines aux Etats Unis.

Olga et René (Penelope Cruz et Edgar Ramirez) vivent à Cuba et y élèvent leur fille. Mais René, instructeur de vol, va un jour voler un avion pour aller se poser en Floride abandonnant sa femme et sa fille. Il va alors intégrer une association cubaine qui vient en aide aux naufragés tentant de fuir l’île. Mais on va vite découvrir que ces associations ne sont pas seulement humanitaires.

C’est un film historique assez passionnant. On y découvre la dimension politique de ces associations cubaines aux Etats Unis. Elle viennent en aide à ceux qui tentent de fuir Cuba, mais elles mènent aussi des actions terroristes sur l’île pour tenter de détruire l’industrie touristique qui permet au régime castriste de substituer après la chute de l’URSS.
Et tous les moyens seront bons pour Cuba pour contrer ces organisations à la fois humanitaires et terroristes.
Plus le film va avancer moins on saura qui est qui.
On verra aussi l’attitude assez trouble du gouvernement américain. Il va surveiller ces organisations mais sera plus ou moins complice de ces actes terroristes à Cuba.
Malgré plus de 2h de film on ne s’ennuie jamais. Le film évolue au gré des rebondissements, faisant changer assez régulièrement le film d’aspect.  
Un film dans lequel on apprend beaucoup de chose mais qui sait rester captivant.

lundi, février 03, 2020

revenir


Premier film de Jessica Palud, présenté à la Mostra de Venise en septembre dernier. On part en Ardèche dans une ferme que tenait Michel (Patrick D’Assumcao). Sa femme (Hélène Vincent) est sur le point de mourir. Thomas son fils (Niels Schneider) revient du Canada pour dire au revoir à sa mère.
Il fait la connaissance de sa belle sœur Mona (Adele Exarchopoulos) et de son neveu Alex.
Les retrouvailles entre Michel et son fils elles sont glaciales. Thomas est parti vivre au Canada alors que son frère lui a décidé de rester aider son père à la ferme et en est mort.

C’est d’abord un film sur le deuil, où un homme est sur le point de perdre sa femme. On va ensuite comprendre la situation de ce dernier qui a du vendre sa ferme pour payer ses dettes. Il a aussi perdu un de ses fils dans un accident. Et plus le film va avancer plus on va comprendre que c’est son exploitation qui n’était plus rentable et qui a provoqué sa perte et celle de son fils et celle de sa belle fille et de son petit fils.

En ce sens le film est assez semblable à seules les bêtes ou au nom de la Terre. On est dans une exploitation agricole en déclin et avec des agriculteurs qui commettent parfois l’irréparable.

Mais tous les personnages vont faire preuve d’une dignité remarquable. La situation la plus révoltante étant celle de ce petit garçon qui a à peine connu son père et dont la mère fait ce qu’elle peut pour l’élever dans une famille qui a tout perdu. La lueur d’espoir sera le retour Thomas qui lui en partant de chez lui a pu se construire un avenir loin de la France.

dimanche, février 02, 2020

les traducteurs


Regis Roinsard nous emmène dans le monde très particulier de l’édition dans lequel il inscrit un thriller longtemps insipide.

Eric Angstrom est l’éditeur de Dedalus, un succès planétaire de l’édition. Pour le 3ème tome il souhaite une sortie mondiale. Pour cela il réunit des traducteurs dans un château dans le but d’éviter les fuites. Mais il va vite être victime d’un chantage qui va mettre en péril sa société d’édition.

Le film est d’abord le portrait de cet éditeur, cynique, paranoïaque et imbu de lui même. Ce personnage est remarquablement interprété par Lambert Wilson. Il ira même jusqu’à priver de liberté des traducteurs pendant un mois dans le seul but d’éviter des fuites et ainsi protéger son investissement.

On a ensuite une équipe de traducteurs, dont certains sont fans de la série de livres mais d’autres sont uniquement là pour gagner leur vie. Jusqu’où sont ils prêts à aller, à quelles libertés sont ils prêts à renoncer contractuellement pour pouvoir travailler. En çà le film pose des questions assez intéressantes.
Pendant les trois quarts du film Regis Roinsard installe donc une ambiance au risque de nous lasser.
Et puis tout va très vite dans la dernière demi heure du film, mais je n’en dirais pas grand-chose car on ne raconte pas la fin des films dans cette émission. On a enfin donc des rebondissements, des fausses pistes et même un peu d’action qui nous sortent de la torpeur dans laquelle le début du film nous a presque noyé.
Même si on a une belle brochette d’acteurs (Sara Giraudeau, Sidse Babett Knudsen : borgen, Lambert Wilson) le film reste assez terne.


mercredi, janvier 29, 2020

jojo rabbit


Le conte du réalisateur néo zélandais Taika Waititi est une habile et improbable synthèse de Moonrise Kingdom de Wes Anderson et de la vie est belle de Roberto Begnigni.

On est en Allemagne durant la seconde guerre mondiale, jojo (Roman Griffin Davis) vit seule avec sa mère Rosie (Scarlett Johanson). Comme beaucoup d’enfants de son âge il fréquente les jeunesses hitlériennes et finit par croire qu’il est lui même un nazi. Cette obsession se matérialise par l’ami imaginaire de Jojo qui n’est autre qu’Adolf Hilter (Taika Waititi).
Mais la mère de Jojo est résistante et cache une petite fille juive Elsa (Thomassin Mac Enzie vue dans leave no trace). La présence d’Elsa chez lui va perturber Jojo.

Ce qui est remarquable, comme dans la vie est belle, c’est que la guerre est vue avec des yeux d’enfants, ce qui la rend encore plus insupportable. On voit de manière très crue les conséquences du conflit sur les enfants qu’ils soient juifs ou qu’ils se croient nazis.
Jojo a un père absent, on lui bourre le crane avec une idéologie nazie et il va devoir se confronter à une petite fille juive à peine plus âgée qu’elle.

On est clairement dans un conte, dans une histoire plus ou moins imaginaire mais les horreurs de la guerre sont bien présentes avec notamment ces résistants qui sont pendus en place publique et exposés à la population et donc aux enfants.

Enfin on a cette confrontation entre Elsa et Jojo. On sent tout le désarroi de ce jeune garçon qui va se rendre compte que les juifs sont des êtres humains tout à fait semblable à lui. Il va alors commencer à remettre en cause tout ce que l’idéologie nazie lui a appris tout en essayant de sauver les apparences.

lundi, janvier 27, 2020

swallow


Jay Roach livre un film à charge sur le harcèlement sexuel dans le médias américains.

Le film montre notamment comment Roger Ailes recrute ses présentatrices, uniquement sur des critères physiques.

On est dans une rédaction assez particulière celle de fox news qui ne se cache pas d’être très populiste. L’apparence et plus particulièrement celle des présentatrice l’emportant sur le fond.

On y voit comment on peut être rétrogradé en ayant réalisé une interview un peu trop à charge ou ce qu’il faut faire pour obtenir une tranche d’information.

Le film tombe néanmoins dans 2 écueils, celui d’être très dense en privilégiant les descriptions précises au détriment d’une intrigue dynamique et celui d’être peu accessible à un public non nord américain.
Mais il reste utile car il nous apprend que Fox News et Robert Murdoch aurait tente de torpiller le candidat Trump et celui d’un management assez abject dans ce qui n’est plus une rédaction mais plus un média de divertissement, où les présentatrices seraient les principales vedettes.

dimanche, janvier 26, 2020

scandale


Jay Roach livre un film à charge sur le harcèlement sexuel dans le médias américains.

Le film montre notamment comment Roger Ailes recrute ses présentatrices, uniquement sur des critères physiques.

On est dans une rédaction assez particulière celle de fox news qui ne se cache pas d’être très populiste. L’apparence et plus particulièrement celle des présentatrice l’emportant sur le fond.

On y voit comment on peut être rétrogradé en ayant réalisé une interview un peu trop à charge ou ce qu’il faut faire pour obtenir une tranche d’information.

Le film tombe néanmoins dans 2 écueils, celui d’être très dense en privilégiant les descriptions précises au détriment d’une intrigue dynamique et celui d’être peu accessible à un public non nord américain.
Mais il reste utile car il nous apprend que Fox News et Robert Murdoch aurait tente de torpiller le candidat Trump et celui d’un management assez abject dans ce qui n’est plus une rédaction mais plus un média de divertissement, où les présentatrices seraient les principales vedettes.

jeudi, janvier 23, 2020

je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part


Arnaud Viard adapte l’oeuvre d’Anna Gavalda sur le deuil et la famille autour d’un personnage charismatique, Jean Pierre (Jean Paul Rouve). Lui a plutôt réussi sa vie, il vend du champagne et est très proche de ses frères et sœurs Juliette, Margaux et Mathieu ainsi que de sa mère. Il est devenu un peu le chef de famille depuis la mort de leurs père, mais il ne fait que dissimuler ses émotions.

C’est avant tout un film sur les deuils. Le deuil d’un père on l’a dit, le deuil d’une relation passée, le deuil d’un enfant, mais aussi le deuil d’une carrière manquée. En effet Jean Pierre est un passionné de théâtre et aurait pu faire une carrière d’acteur.
Tous ces éléments vont finir par peser sur Jean Pierre qui contrairement à ses frères et sœurs va s’imposer de devoir faire bonne figure.
Juliette écrit des romans jamais publiés en plus de sa carrière d’enseignante, Margaux est une artiste photographe n’arrivant pas à vivre de son travail alors que Mathieu lui est un timide maladif.
Et à trop vouloir protéger sa famille c’est Jean Pierre qui se met en danger.
Au final le personnage le plus important du film est celui qu’on ne voit jamais c’est à dire le père qui a laissé un énorme vide qu’aucun de ses enfants n’aura réussi à compenser.

mercredi, janvier 15, 2020

selfie


Thomas Bigedain, Marc Fitoussi, Tristan Aurouet, Cyril Gelblat et Vianney Lebasque signent un film à sketchs qui n'en est pas vraiment un.

On a donc 5 histoires autour des addictions au numérique. La première concerne un couple de youtuber ayant un enfant malade, on suit également une enseignante,puis on ira dans une start-up où les employés sont sur des sites de rencontres, on parlera ensuite des algorithmes qui influencent nos vies, pour enfin terminer dans un mariage ruiné par le passé numérique de ses participants.
La réalisation et la construction du film est habille et innovante. Le lien entre chacune des histoires se fera par un personnage ou une activité numérique ce qui donne du liant et une unité à ce film très réussi.

Et puis il y a beaucoup de fond dans ce film. Tous les travers du numérique y passent. Les stars d'internet qui ont plus d'influence que des enseignants, la vie amoureuse chamboulée par les réseaux sociaux et les sites de rencontres, la notation qui est devenue un marqueur social, les algorithmes qui nous poussent à la consommation et les réseaux sociaux qui font disparaître toute possibilité de vie privée.

Même si ces sujets sont traités avec légèreté, Selfie met en avant une sorte de malaise aggravé par le numérique. On pourrait certainement rire de ce film si on ne se reconnaissait pas plus ou moins dans les personnages de ce film.

A signaler également le très beau casting avec beaucoup d'espoirs du cinéma français, l'humoriste Blanche Gardin, le chanteur Max Boublil, Fanny Sidney vue dans 10 pour cent, Sebastien Chassagne vu dans l'excellente série Irresponsable, Esteban vu notamment dans Otez moi d'un doute ou encore Julie Piaton au casting vue dans qu'est ce que j'ai fait au bon dieu.
Et si vous avez aimé cette chronique, vous pouvez liké la page facebook de RCF Besancon ou vous abonné au compte twitter de la radio pour laisser vos commentaires.

une belle équipe


Le réalisateur de la vache Mohamed Hamidi était venu à Besancon et Pontarlier en décembre dernier pour présenter son nouveau film dans l'univers du football.

On est dans le Pas de Calais, le SPAC est un club de football qui essaie de subsister, jusqu'au jour où toute son équipe est suspendue suite à une bagarre générale. Pour les trois derniers matchs de la saison c'est une équipe féminine qui prendra part au championnat, ce qui ne plaira pas à tout le monde.

Le scénario est assez bancal, d'abord parce que les championnats féminins de football existent et sont bien développés. Le fait de remplacer des hommes par des femmes pouvait paraître plausible dans les années 1970 mais pas aujourd'hui où la pratique féminine est en plein essor.
Et en çà « comme des garçons » sorti en 2018 est un film plus pertinent sur la pratique féminine du football.
Si l'on passe sur cette faiblesse scénaristique, le film est plutôt plaisant sûrement parce qu'il montre une très belle aventure humaine, celle d'un groupe de femme assez différentes qui s'unissent pour sauver un club ce qui les amènera à passer de bons moments ensemble.

Le film empile néanmoins les clichés sur la pratique sportive féminine et sur le machisme disproportionné dont vont faire preuve les maris des joueuses. On peut certes en rire mais au fil du temps cet empilement de clichés devient lassant.

A noter néanmoins un beau casting, Laure Calamy, Sabrina Ouazani, Celine Salette, Kad Mera ou encore le touchant André Wilms.

Bref un film avec un beau message qui défend une cause essentielle mais qui aurait mérité un meilleur scénario.

mardi, janvier 14, 2020

1917


Sam Mendes, réalise un film assez bluffant sur les tranchées de la première guerre mondiale.

Sholfield (George Mac Kay) et Blake (Dean Charles Chapman) ont été choisis pour transmettre un message à une compagnie de l'armée britannique. Elle ne doit pas attaquer car les allemands ont effectué un retrait stratégique qui s'avère être un piège. La vie de 1600 soldats est en jeu. Pour porter ce message ils devront sortir des tranchées, traverser les tranchées adverses abandonnées avant de rejoindre leurs camarades. Mais ce parcours sera semé d’embûches.

La réalisation de Sam Mendes est en tout point remarquable. Il nous donne l'impression d'être littéralement aux côtés de ces soldats. On se croirait presque dans un jeu vidéo, avec ce côté immersif. Autant dans au revoir la haut on pouvait mesurer l'horreur de la vie dans les tranchées à travers les conséquences de cette guerre, ici on est plongé dans les tranchées, dans les barbelés dans les cratères et dans les maisons et les villages détruits.

Même si c'est un film sur la guerre, à travers les plans séquences, on retrouve plus les codes du film catastrophe. Les deux jeunes soldats devront se sortir d'un sous terrain, combattre un aviateur ou encore traverser un village occupé par l'ennemi. Et c'est cet enchaînement d'épreuves ajouté au réalisme de la réalisation qui fait que ce film est en tout point captivant. Ce n'est pas une catastrophe que les héros devront surmonter mais une série d'épreuves.
Bref le lauréat du golden globe du meilleur film dramatique sera un conciurent plus que sérieux aux Oscars et à notre top 5 de fin d'année.

lundi, janvier 13, 2020

les siffleurs


Après le trésor et policier adjectif présenté à un certain regard Corneliu Porumboiu avec les siffleurs a eu droit l'année dernière à une place en compétition officielle lors du dernier festival de Cannes.

Cristi (Vlad Ivanov) est un policier proche de la retraite qui travaille avec la procureur (Rodica Lazar) sur une affaire de vol impliquant Zsolt (Sabin Tambrea ) et sa femme Gilda (Catrinel Marlon).

Cristi est plus ou moins impliqué dans ce vol. Il va partir aux Canaries afin d'apprendre une langue sifflée qui permettra à Zsolt de s'échapper et à ses complices de récupérer l'argent. Mais de nombreux rebondissements vont venir perturber un plan en apparence bien rodé.

Le scénario est remarquable. On y trouve assez de rebondissements pour que l'histoire nous captive du début à la fin. On a des agents doubles qui deviennent des agents triples, des trahisons et des personnages en apparence insignifiant qui vont complètement chambouler l'histoire.

Autant le scénario est intéressant et bien fait, autant la forme est un peu surannée. On sent le poids de la pauvreté et de la corruption qui pèse sur les personnages et sur la Roumanie.

Cristi aide les truands car il a des revenus assez modestes même en fin de carrière.
La procureure ne peut pas parler dans son bureau qui est truffé de micros.
Gilda elle essaie de faire évader son mari de prison afin de récupérer l'argent.
Cette ambiance plus que pesante est accentuée par une image assez granuleuse et fade.
Même ce langage sifflé (vu notamment dans Sibel) semble être d'un autre âge et complètement dépassé ce qui ne contribue pas à donner de la modernité et du dynamisme à ce polar.


Au final Corneliu Porumboiu nous livre un polar très noir très fade mais captivant essentiellement par son scénario.

dimanche, janvier 12, 2020

un vrai bonhomme


Benjamin Parent signe un étrange remake de 6ème sens, qui explore également les thématiques du deuil et du harcèlement scolaire.

Leo (Beanjamin Voisin) est un champion de basket en devenir jusqu'au jour où il est victime d'un grave accident de voiture. Tom (Thomas Guy) son petit frère a lui changé de lycée suite à l'accident.
Il devra se faire de nouveaux amis et reconstruire sa vie. Pour cela il sera aidé par son frère.
La première thématique du film est le deuil qui sera géré de manière totalement différente par Leo et ses deux parents (Isabelle Carré et Laurent Lucas). Leo va sombrer dans la violence et va continuer à faire vivre son frère. Sa mère va elle avoir un nouvel enfant près de 17 ans après le dernier alors que son père lui écoute encore en cachette la voix de son fils sur son répondeur.

Et puis la seconde thématique sera celle du harcèlement scolaire. Leo va avoir des ennuis avec un certain nombre de ses camarades de classes et avec la sœur de son copain JB dont il est tombé amoureux. Et c'est avec JB lui même suivi par une psy, qu'il va pouvoir partager ses névroses.

Et puis enfin il y a la forme, on est très proche de 6eme sens plus de 20 ans après le film, avec cette sorte de fantôme qui prend une place assez prépondérante. Ce personnage fait rentrer le film presque dans la science fiction et apporte encore plus de force à un film déjà assez intense.

mercredi, janvier 08, 2020

le miracle du saint inconnu

Au delà du film de bras cassés #lemiracledusaintinconnu est une vision assez amère d'une communauté rurale

jeudi, janvier 02, 2020

les vétos


En plus d'une comédie, Julie Manoukian signe une très intéressante radioscopie du monde rural contemporain avec la star actuelle du cinéma suisse Noemie Schmidt

Alexandra vient de terminer ses études de vétérinaire et se destine à la recherche. Mais son oncle Michel (Michel Jonasz) par un fin stratagème va arriver à ce qu'elle le remplace pendant les vacances d'été. Mais ce remplacement ne sera peut être pas uniquement temporaire.

Le ressort de la comédie est assez simple, une jeune parisienne va t'elle retrouver ses racines dans le Morvan au point de s'y installer. Et le doute est assez bien entretenu tout au long du film.
Mais ce n'est pas le côté le plus intéressant du film qui est cette description du monde rural actuel.

On a d'un côté les deux vétérinaires dont Nicolas (Clovis Cornillac) l'associé de Michel qui délaisse sa famille au profit de son métier.
On a également des agriculteurs qui sont un peu retissant à accueillir une jeune femme vétérinaire qui vient de Paris.
Et puis enfin on a des habitants qui semblent souffrir de solitude comme le maire ou encore une femme pour qui leur chien est leur seul compagnon.

Et au milieu de tout çà Alexandra devra se faire une place et imposer son style, plus cash et moins diplomatique. Avec un rat comme animal de compagnie, des céréales en guise de déjeuner et un pyjama plus qu'original. Elle apporte à ce village un grain de modernité, de jeunesse et de folie qui va lui permettre de subsister. Ce personnage d'Alexandra est éminemment humain ce qui rend ce film très positif.

lundi, décembre 30, 2019

le lac aux oies sauvages

Polar à la finalité plus qu'originale #lelacauxoiessauvages bénéficie aussi d'une photo remarquable

vendredi, décembre 27, 2019

it must be heaven

Tout autant absurde, poétique que métaphorique #itmustbeheaven se singularise par une quasi absence de dialogue

jeudi, décembre 26, 2019

la vérité

Film assez fade et amer sur la famille #laverite montre aussi le doute d'une actrice derrière son côté acariâtre
 

mardi, décembre 24, 2019

notre dame

Conte a la fois féerique et absurde #notredame interroge sur la place de l'art dans la société

mercredi, décembre 18, 2019

the lighthouse


Robert Eggers nous propose un huis clos plus qu'inquiétant où 2 gardiens de phares vont progressivement sombrer dans la folie

Robert Pattinson et Willem Defoe sont eux méconnaissables en gardiens de phares partis pour 4 semaines sur une ile déserte.

Thomas Wake le plus vieux des deux accueille dans le métier Winslow qu'il relègue aux taches les plus ingrates, lui interdisant tout accès à la lampe du phare. Mais c'est quand le bateau de la relève ne va pas venir que le film va prendre une tout autre dimension.

Ce qui est remarquable c'est la photo du film. Le choix du noir et blanc et du 4/3 rappelle est plutôt opportun. On a même du mal au tout début du film à faire la différence avec un film d'animation tellement le travail sur la photo est important.

Le second point c'est cet isolement et cette folie qui s'installe qui sont remarquablement amenés.
On a d'abord ces conditions plus que compliquées qui sont très bien décrites. Mais plus le temps va passer plus cette difficulté dans les conditions de travail va laisser place à la folie.

Les mouettes, une sirène ou encore le sort qu'a subi l'ancien collègue de Wake sont autant d'éléments qui vont faire sombrer petit à petit Winslow dans la folie. Et en voyant le film on comprend d'autant mieux pourquoi la consommation d'alcool était proscrite pour les gardiens de phare.
Bref deux grands acteurs et une photo exceptionnelle sont au service qui nous plonge dans les antres de l'isolement et de la folie.

lundi, décembre 16, 2019

docteur ?


Tristan Séguéla signe une comédie plutôt sobre mais surtout remplie d'humanité.

Le docteur Serge Manou Mani (Michel Blanc) travaille pour SOS médecin. Depuis la mort de son fils il n'a plus vraiment goût à la vie et à même des problèmes avec l'ordre des médecins. Alors qu'il se rend chez Rose l'amie de son fils (Solène Rigot) qui a tenté de se suicider, il fait la connaissance de Malek (Hakim Jemili ) venu livrer à manger chez la jeune fille. Par un concours de circonstance Malek va alors aider Serge à assurer sa tournée, après que ce dernier se soit bloquer le dos.

Le ressort comique est assez simple, celui du parfait néophyte fait des consultations aidé à l'oreillette par le vrai médecin, sauf que cette méthode a ses limites et on est jamais loin de la catastrophe.
Mais la comédie n'est pas la dimension principale du film c'est plutôt un film sur le deuil, la perte d'un fils et d'un compagnon. Rose se réfugie dans les médicaments au point d'aller faire des séjours à l’hôpital alors que Serge se referme sur lui même .
Malek avec sa franchise et son côté fonceur va dynamiter tout çà et au final faire reprendre goût à la vie à ses deux personnages prisonniers de leur deuil.
Dernière bonne idée de ce film c'est la voix off de Chantal Lauby en régulatrice de SOS médecin. Elle est une confidente pour Serge mais toujours à distance comme pour ne pas rompre l'isolement dans lequel Serge s'est enfermé.

C'est enfin un film témoin de son époque avec le livreur de repas, le fêtard en mal d’arrêts de travail, les personnes âgées isolées ou encore cette femme en dénie de grossesse. Et tout ces personnages viennent redonner encore plus d'humanité à un film qui n'en menquait déjà pas.

les envoutes


Un film entre deuil et science fiction signé Pascal Bonitzer.

Coline (Sara Giraudeau) est envoyée en reportage dans les Pyrénées pour rencontrer Simon (Nicolas Duvauchel) qui affirme avoir vu le fantôme de sa mère quand celle ci est décédée. Ceci intrigue d'autant plus la jeune femme qu'il est arrivé la même chose à sa meilleure amie Azar (Anabel Lopez ). Entre Coline et Simon, une histoire d'amour va naître non sans conséquences sur la jeune femme.

C'est avant tout un film sur le deuil. Tous les personnages dans le film auront perdu un être proche, qu'ils pensent avoir vu à un moment ou à un autre. On a donc une dimension un peu fantastique accentuée par ces paysages des pyrénéennes à la fois majestueux et inquiétants.
C'est peut être aussi une manière de montrer qu'il est difficile de laisser partir un être proche, personne dont l'image est d'une certaine manière toujours persistante malgré sa disparition.

Et puis au-delà du deuil ce film est aussi un joli portrait de femme. Celui de Coline jeune femme un peu perdue un peu précaire dans son travail et surtout assez influençable. Cà sera elle qui gérera le moins bien les deuils auxquels elle aura à faire face. Son histoire d'amour avec Simon sera d'abord passionnée avant que le jeune femme partie vivre dans les Pyrénées ne sombre peu à peu dans une paranoïa assez incompréhensible. Sara Giraudau confirme tout le talent qu'on lui connaît après avoir notamment joué dans le bureau des légendes ou dans petit paysan.

samedi, décembre 14, 2019

une vie cachée


La nouvelle fresque historique de Terrence Malik sur des héros méconnus de la seconde guerre mondiale.
Nous sommes dans les Alpes autrichienne, Franz et Fani(August Diehl et Valerie Pachner ) sont fou amoureux l'un de l'autre et exploite une petite ferme. Mais les choses vont se compliquer quand Frantz fait savoir qu'il refusera de prêter allégeance à Hitler. Ils seront alors vu comme des traîtres et vont vivre en marge de la communauté. Mais c'est quand Franz va être mobilisé qu'il va mettre sa vie en jeu.

On peut parler de fresque puisque le film dure près de 3h et prend de temps d'installer à la fois son décor et sa thématique.

On y voit les conditions de vie au milieu du XXème siècle peut être spartiates mais non sans joie.
On voit aussi comment l'idéologie nazie s'est installée de manière insidieuse, jusqu'à briser l'unité d'un village. L'importance également de ces corps intermédiaires que sont le maire et le curé qui accompagnent les villageois dans leur vie et dans leurs doutes.
Et puis aussi on a cette guerre qui est loin de ce village mais qui peut concerner ses habitants. Le plus frappant étant ce postier qui fait ses tournées et qui est craint par Frantz car c'est lui qui peut lui amener l'ordre de mobilisation.

C'est un film qui fait penser un peu à la ligne verte où un homme se sait condamner et la particularité c'est que même libre même avant d'être condamné il sait très bien ce qui l'attend.

Un film très dur majestueux à la hauteur du sacrifice de cet homme pour ses idées.

lundi, décembre 09, 2019

seules les bêtes


Dominik Moll le réalisateur d'Harry un ami qui vous veut du bien revient avec un polar en tout point glaçant.

Evelyne Ducat (Valerie Bruni Tedeschi) une habitante du causse a disparu. Sa voiture a été retrouvée vide. Par un habile scénario la vie des habitants de ce causse va être disséquée faisant apparaître un certain désaroi et une grande solitude.

Alice et Michel (Denis Menochet et Laure Calamy) sont un couple d'agriculteur. Elle s'occupe de la mutuelle agricole. Lui fait en apparence beaucoup de comptabilité. Joseph (Damien Bonnard) travaille lui seul dans sa ferme depuis la mort de sa mère. Il reçoit l'aide d'Alice qui est amoureuse de lui. Evelyne enfin elle vit seule dans sa grande maison, son mari étant le plus souvent en déplacement.

Le scénario est lui efficace il nous emmène constamment sur des fausses pistes. On mettra du temps à comprendre pourquoi les 1ere images du films sont tournées à Abidjan. Il fait penser un peu aux épisodes de la série the affair où une même histoire est racontée du point de vue de chacun des personnages.

Au delà du polar le plus intéressant est la dimension sociale du film et la solitude dans laquelle sont plongés tous les personnages. Michel passe son temps sur internet, Alice elle fréquente Joseph sans vraiment d'affection de sa part. Joseph n'a toujours pas accepté le décès de sa mère. Enfin Evelyne est délaissée par son mari mais n'ose pas peut être par intérêt le quitter pour vivre une nouvelle histoire au grand jour.

C'est ce sentiment de solitude qui au final va faire passer le polar au second plan. Ce film s'inscrit dans la lignée de petit paysan ou encore de rester vertical.

mercredi, décembre 04, 2019

le meilleur reste a venir


Les réalisateurs du Prenom et les scénaristes de papa ou maman 1 et 2 Alexandre de la Patelierre et Mathieu Delaporte signent ici un film beaucoup plus intense et émouvant.

Arthur et Cesar (Fabrice Lucchini et Patrick Bruel) sont amis depuis qu’ils sont enfants. Victime d’une mauvaise chute Cesar accompagné de son ami va aller passer des radios à l’hôpital. Un échange de carte vitale fera que çà sera à Athur que les medecins vont annoncer quelques jours plus tard que Cesar est atteint d’un cancer incurable. Croyant que c’est Arthur qui est malade, Cesar fera tout pour que son ami vive au mieux les derniers jours de sa vie.

Ce film est un véritable ascenseur émotionnel. On va passer sans cesse de la gravité de la maladie à aux gaudrioles que font faire les deux vieux compères. Légèreté et gravité seront de mise ce qui rend le film assez intense.
Au delà du côté émotionnel important, le film pose de vraies questions. Comment annoncer à quelqu’un une maladie. Il y a également le dénis initial de cette maladie. Et une fois que l’on a accepté cette dernière, tout est question d’amitié. Randa (Zineb Triki) qui a également été malade a vu son mari partir et s’est vu abandonnée par une partie de son entourage. Mais l’amitié entre Arthur et César est elle beaucoup plus forte.
Ils vont choisir de continuer à s’amuser de continuer à se chamailler, de continuer de vivre dans une dignité assez remarquable. Le choix ou le manque de courage d’Arthur de ne pas dire la vérité à Cesar est contestable, mais on ne peut pas le blamer. Et malgré le caractère enfantin de ces deux quinquagénaires, ils restent néanmoins héroïques et attachant.

dimanche, décembre 01, 2019

A couteaux tirés


Un polar au charme un peu suranné signé Ryan Johnson.

Halan Thrombey (Christopher Plummer) est un célèbre écrivain. Il vit dans une sorte de château au milieu de nulle part avec une partie de sa famille. Un jour il est retrouvé mort. Tout laisse penser à un suicide. Mais Benoit Blanc (Daniel Craig) un célèbre détective est engagé par un inconnu pour faire la lumière sur cette mort mystérieuse.

Le côté intéressant du scénario est que l'on va vite comprendre comment est mort le célèbre écrivain. Le seul mystère qui va perdurer est l'identité de la personne qui a engagé Benoit Blanc. Et c'est çà qui va donné tout le suspens à ce polar qui se veut une adaptation d'un roman d'Agatha Christie.
Pour le reste on est dans des affaires d'héritage où chaque membre de la famille aura eu intérêt à tuer Halan Thrombey. Chaque personnage semble aigri et vivre dans un autre temps, celui du château dans lequel l'enquête se déroule.

Ceci nous donne une galerie de portrait assez sombre et surannés. Même les policiers et le détective semble sortis de l'époque d'Agatha Christie. Et c'est ce qui ne marche pas dans le film. Il n'arrive pas à choisir entre une adaptation moderne d'un roman d'Agatha Christie et un film d'époque. On est constamment dans l'entre deux et çà ne fonctionne pas.

Seul le personnage de l'infirmière de Halan (Marta Cabrera interprétée par Ana de Armas) semble à peu près vivre dans son temps. Elle est très proche de Halan qui trouve en Marta peut être la seule personne qui n'en veut pas à son argent.

jeudi, novembre 28, 2019

Toute ressemblance


Michel Denisot signe son premier film qui parle bien évidemment du monde de la télévision et du microcosme des présentateurs de 20 h.

C'est Franck Dubosc qui interprète CSG (Cédric Saint Guerande) qui le 11/09/2001 a pris la place du présentateur du 20h de la grande chaine. Avec Thierry Morgan son producteur (Jérôme Commandeur) il va tout faire pour ne pas perdre sa place. C'est le nouveau patron de la grande chaîne Julien Demaistre (Denis Podalydes) qui va vouloir le déloger de son fauteuil.

Le seul côté intéressant de ce film c'est sa dimension de western. Il y aura une lutte entre Julien Demaistre et CSG pour savoir qui est la vrai patron. CSG s'appuie sur ses bonnes audiences qui vont lui donner une confiance démesurée en lui.
Après on tombe dans un film sur le pouvoir, les alliances, la drogue les sentiments, les vengeances personnelles. Mais on est loin du niveau d'House of cards ou encore d'Alice et le maire notamment.

Et puis Franck Dubosc a une telle étiquette de comique qu'il est presque à contre emploi dans ce rôle de CSG. On a également un empilement de clichés sur le monde de la TV et plus généralement sur celui du pouvoir.

A noter néanmoins quelques aspects intéressant. On a d'abord le personnage de Maité, la gardienne d'immeuble de CSG qui est littéralement envoûte par le présentateur star et qui fera tout pour lui. Et puis le fils de CSG, star naissante des réseaux sociaux, élément qui montre que pouvoir médiatique va bientôt se mesurer en nombre de vue sur Youtube plutôt qu'en nombre de téléspectateur du JT de 20h. Toute ressemblance avec un présentateur star d'une émission de cinéma sur RCF est bien sur fortuite.

dimanche, novembre 24, 2019

gloria mundi


Robert Guedigian interroge la notion de paternité dans un Marseille en pleine évolution où la dérégulation du travail est aussi la norme.

Sylvie (Ariane Ascaride) travaille le plus souvent de nuit dans une société de nettoyage. Elle vient de devenir grand-mère. Sa fille Mathilda (Anais Demoustier) a donné naissance à Gloria. Mais elle et son mari Nicolas (Robinson Stevenin) ont des emplois précaires. Elle est vendeuse à l'essai et lui est chauffeur privé. Toute la famille va essayer de s'en sortir. Ils seront aidés par Daniel (Gérard Meylan) la père biologique de Mathilda tout juste sorti de prison.

Commençons par peut être le personnage le plus humain, Richard (Jean Pierre Daroussin) le mari de Sylvie. Il a convaincu sa femme d'avertir son ex compagnon qu'il était grand-père. Ce dernier ne va pas chercher à s'imposer. Il sera là quand on aura besoin de lui. Il va chercher à rattraper les années perdus avec Mathilda. Sylvie également ne ménagera pas sa peine pour aider sa fille.

Et puis en contraste avec cette ancienne génération, il y a la nouvelle pour laquelle la précarité est la norme. Mathilda change souvent d'emploi, Nicolas est obligé de travailler énormément pour gagner peut. Et puis Aurore et Bruno (la sœur et le beau frère de Mathilda) eux réparent et revendent des produits d'occasion vendus par des particuliers. Ils profitent à la fois de la pauvreté et de obsolescence programmée des objets.

Même si la thématique de la paternité est plus qu’émouvante et moderne, le constat économique rejoint celui du dernier Ken Loach où une famille était détruite par l'exploitation des être humains dans le néo libéralisme. Et puis enfin on a une ville qui évolue, Guédiguian ayant quitté l'Estaque pour les nouveaux quartiers d'affaires marseillais. Un film tout aussi utile qu'émouvant.

mercredi, novembre 20, 2019

la reine des neiges 2


Rien de va plus au royaume d'Arendelle, Elsa n'arrive plus à jouer aux devinettes avec sa sœur Anna , Kristoff , Olaf son bonhomme de neige et son elan. Elle entend des voix au loin qui l'inquiète. Jusqu'au jour où les esprits de la foret obligent les habitants d'Arendelle à partir de chez eux. Elsa devra alors aller dans la foret pour comprendre ce qu'il s'y passe.

Ce film est tiré d'un conte d'Andersen et est une véritable fable écologiste et pacifiste. On a 2 communauté qui sont en guerre sans qu'on en sache les raisons et Elsa accompagnée de sa sœur devra pacifier la situation.
Et puis une fable écologique car on est dans le grand nord avec une nature préservée et des forces naturelles qui se rebellent.

Les aventures d'Elsa et Anna sont captivante, il y a du suspens, un bon Disney qui aurait peut être été plus haletant si toutes les 5 minutes on avait pas eu une chanson, ce qui casse un peu le rythme.

Le plus surprenant peut être pour les personnes comme moi qui n'ont pas vu le 1ere épisode ce sont la taille des pupilles d'Elsa et Anna. On a presque l'impression d'avoir à faire à des zombie ce qui est un peu étonnant dans un film plutôt destiné aux enfants.

Disney ne prend certes pas beaucoup de risque en adaptant un conte d'Andersen et cette reine des neiges 2 cartonne déjà au box office (361 000 en 1 journée), pour rappel le 1er opus avait fait 5,2 millions d'entrée, bien loin derriere les 18 millions d'entrée de blanche neige.

les eblouis


La jeune réalisatrice Sarah Suco nous livre un récit presque auto biographique, puisqu'elle a vécu près de 10 ans dans une communauté comme celle décrite dans le film.

Frédéric et Christine sont catholiques mais non pratiquant décident de fréquenter l'église de la communauté de la colombe dirigée par le berger. Ils vont fréquenter de plus en plus la communauté allant même jusqu'à vendre leur appartement pour intégrer pleinement cette communauté. Mais Camille une des enfants du couple ne va pas vouloir arrêter le cirque et surtout mener une existence d'une adolescente de son âge.

Ce qui est frappant c'est la manière dont les deux parents vont petit à petit être happer par cette secte. Tout se fait sans crier gare de manière presque insidieuse.
Tous les acteurs sont remarquables, Camille Cottin en mère fragile qui recherche un nouveau job après avoir donné naissance à 4 enfants.
Son mari interprété par Eric Caravaca qui n'a pas beaucoup de charisme et qui ne veut rentrer en conflit avec personne.
Et Celeste Brunnquell en ado intrépide, passionnée de cirque, curieuse de tout qui va prendre un malin plaisir à contourner en douce les règles strictes de la communauté. Mais plus le film va avancer moins Camille va arriver à prendre sur elle jusqu'à ce qu'un acte abjecte ne se produise.

Le personnage du berger que toute la communauté accueille au son de bêlement est lui interprété par un Jean Pierre Darroussin à la fois très bienveillant mais d'une sévérité très stricte. Le paroxysme ce sont ces séances de trans qu'il dirige et qui sont plus qu'inquiétantes.

Ce qui est révoltant c'est que des enfants sont les principales victimes de cette secte. Plus ils sont jeunes moins ils auront la capacité de se rebeller. C'est finalement l'adolescence de Camille qui l'a sauvée.

Archives du blog