mercredi, mars 20, 2019

Qui m'aime me suive



José Alcala réinvente le ménage à trois, avec 3 retraités d'un petit village des montagnes cévenoles.

Gilbert (Daniel Auteuil) est un ancien mécano qui terrorise sa femme Simone (Catherine Frot). Elle se réfugie dans les bras d'Etienne (Bernard Lecoq) mais ne veut pas pour autant quitter son mari. C'est ce qu'elle se résoudra néanmoins à faire, laissant Gilbert seul avec son petit fils Terrence, contraint d'aller chez ses grands parents le tant que sa mère se soigne.


Le film démarre de manière un peu poussive. On est dans un territoire rural en déclin. Gilbert vit dans le passé, celui où il gérait son garage. C'est un personnage rustre antipathique, désagréable avec sa fille, sa femme et ses voisins.

Et puis on a ce personnage de Simone qui a encore envie d'un avenir, voir sa fille et son petit fils ou encore monter une pizzeria dans son village. Elle est dévastée par le déménagement de son voisin et amant ce qui va l'inciter à changer de vie.

Gilbert lui va être contraint d'évoluer. Il va devoir s'occuper seul son petit fils et se confronter à la jeunesse. Il va devoir également se remettre en question suite au départ de sa femme.

Au final c'est Simone qui va mener par le bout du nez les 2 hommes de sa vie, ce qui va donner lieu à quelques scènes cocasses.

Et surtout autant le film avait commencé avec une vision assez sombre de cette ruralité, autant la fin est pleine d'optimisme. Et c'est plus ce message là qu'on a envie de retenir de cette comédie assez originale dans un village en pleine transformation.

lundi, mars 18, 2019

Rebelles


Si le prochain Tarantino est prévu pour la mi aout et sera peut être présenté à Cannes, ce film d'Allan Mauduit nous permettra d'attendre jusque là. Allan Mauduit avait collaboré notamment au scénario des reines du ring et réalisé quelques épisodes de Kaboul Kitchen. Déjà plus de 400 000 entrées France pour sa 1ere semaine d'exploitation sur 400 écrans soit moitié moins que pour qu'est ce que j'ai encore fait au bon Dieu.

Sandra (Cecile de France) ancienne miss nord pas de Calais retourne à 35 ans chez sa mère dans un camping de Boulogne sur mer. Elle travaille à la conserverie et retrouve une de ses camarades de classe Marylin (Audrey Lamy). Avec Nadine (Yolande Moreau) elles vont se retrouver seules dans l'usine, un soir, avec le contremaître Jean Mi (Patrick Ridremont). Il va essayer de violer Sandra, ce qui va accidentellement lui coûter la vie. Et pour faire sortir le corps de l'usine, elles vont littéralement le mettre en boite et récupérer le sac rempli d'argent sale que Jean Mi avait avec lui. Et cà ne sera que le point de départ d'un film très riche en rebondissements.


Le scénario est d'une qualité remarquable. Les événements vont s’enchaîner parfaitement en ménageant le suspens et avec de nombreuses surprises. Allan Mauduit réalise une sorte de synthèse assez remarquable entre les frères Dardenne et Tarantino, entre film social et polar remplit d'hémoglobine. Parenté avec Tarantino renforcée par une reprise d'un des titres de boulevard de la mort.

Mais c'est aussi un film très riche qui explore le milieu mafieux belge et là on pense tout de suite à Bullhead.
On a aussi un flic ripoux. C'est également un film féministe avec 3 femmes qui reprennent le contrôle de leur vie. Sandra s'est faite frappée par son ancien compagnon, Marylin élève seule son fils et Nadine trime à l'usine pendant que son mari ne semble pas motiver à retrouver du travail. Sans oublier la mère de Sandra qui n'a jamais dit à sa fille qui était son père et le film va nous en apporter la réponse. Le film s'embarque alors encore une fois très à propos sur la thématique de la parentalité. Mais c'est aussi un film très drôle avec du comique de situation très bien amené.



Une très belle réussite que ce Rebelle écrit et réalisé par Allan Mauduit, 7 films en 1 quasiment tout en conservant une homogénéité remarquable.

jeudi, mars 14, 2019

Convoi exceptionnel


Un film de Bertrand Blier avec 2 résidents belges, Christian Clavier et Gérard Depardieu qui tournent ici dans leur pays.

Taupin et Foster se rencontrent dans la rue, Foster devant retrouver Taupin pour aller tuer un homme dans son appartement. Taupin et Foster vont alors suivre à la lettre un scénario dont les pages leurs seront transmises au fur et à mesure de leur pérégrinations.

Le scénario n'a pas plus de sens de cela, un enchaînement de hasards Seule le personnage d'Esther (Farida Rahohadj) sera peut être le plus poétique. Une femme perdue repliée sur elle même à qui une boulangère offre des croissants et un café.

Étant donné qu'il n'y a pas d'histoire parlons des acteurs et des seconds rôles. Audrey Dana, Sylvie Testud, Lou Do de Lancquesaing, Alex Lutz ou encore Guy Marchand. Tout comme les personnages principaux ils sont tous plus ou moins mélancoliques.

Et puis il y a la forme qui contribue au caractère absurde du film. Ces scénaristes qui donnent des feuilles d'un scénario à deux personnes. Celles ci vont dans un premier temps essayer de se rebeller en allant voir ces auteurs, mais ce sont eux qui vont accompagner ensuite ces deux personnages.

Il y a enfin un tentative de caractériser Taupin et Foster par leur classe sociale. Taupin n'a pas logement fixe il dort dans un foyer alors que Foster lui semble plus aisé. La situation se retournera sans qu'on en comprenne réellement les tenants et les aboutissants. Ce bond dans le temps plus qu'erratique dans le scénario finit plonger le film dans une absurdité que seul Bertrand Blier pourra éventuellement nous expliquer.

Ma vie avec John f donovan



A moins de 30 ans Xavier Dolan ressasse déjà trois thèmes qui lui sont chers, la mort, l'homosexualité et la relation à la mère. Et ma vie avec John F Donovan ne fait pas exception à la règle.

John F Donovan (Kit Karington) est un acteur qui écrit régulièrement à un de ses jeunes fans Rupert Turner (Jacob Tremblay). Cette correspondance a de l'importance pour Rupert qui a suivit sa mère en Angleterre et qui veut devenir acteur.

Le film est d'une incroyable complexité à travers de nombreux flash-back. On part d'une interview de Rupert Turner avec une journaliste. Et on va aller dans 2 flash back celui de la vie de Rupert avec sa mère (Natalie Portman) et celui de la vie de John F Donovan, acteur gérant mal son succès et son homosexualité.

Et puis il y a une photo assez spéciale, très sombre avec des personnages cadrés de très près. Ceci renforce le côté un peu angoissant du film.

Même si les thématiques du film sont très classiques pour X Dolan, on peut en dire quelques mots.

La relation à la mère c'est celle de Rupert qui vit seule avec sa mère. Il y a un père absent et ce déracinement des Etats Unis pour l’Angleterre. On a à la fois une grand proximité avec la mère mais aussi un secret. En effet Rupert a caché pendant près de 10 ans sa relation épistolaire avec un acteur. On a aussi cette relation contrarié au rêve de Rupert qui est de devenir acteur.

L’homosexualité est celle de John F Donovan qu'il ne peut vivre au grand jour sous peine de perdre un certain nombre de ses fans. Et puis ce cliché qui voudrait que tous les acteurs en herbe seront un jour homosexuels et là c'est Rupert qui en est victime sous forme harcèlement dans la cour de son école.

Et puis la mort on en parlera peu car c'est un peu la fin du film ou aussi le début car on est dans une sorte d'ellipse.

Autant juste la fin du monde traitait de ces trois thèmes de manière efficace claire et condensées, Ma vie avec Jon F Donovan, prend des chemins de traverses alourdissant de manière inutile le film déjà bien assez long.

mercredi, mars 06, 2019

Le mystère henry pick

Construit autour d'un scénario plutôt habile montre aussi l'humanisation d'un critique littéraire imbu de lui même

Sibel

Portée par une actrice charismatique est un combat féministe dans une Turquie rurale aux traditions tenaces

lundi, mars 04, 2019

Jusqu'ici tout va bien


Le nouveau film de Mohamed Hamidi après son premier succès la vache en 2016,


Un film également coproduit par Jamel Debbouze.

Frédéric Barthel (Gilles Lelouche) est un patron d'une entreprise de communication parisienne, mais officiellement implanté à La Courneuve. Un jour il reçoit la visite de 2 agents des impôts. Il devra soit déménager à la Courneuve et embaucher des habitants de cette ville ou alors rembourser les allègements d’impôts pour les entreprises installées dans les zones franches.

Le film commence par un empilements de clichés sur la banlieue et sur les entrepreneurs et on craint le pire.

Mais plus le film va avancer plus ces deux mondes séparés par le périphériques vont se rapprocher. On est dans le même processus que dans green book ou Intouchable, celui ou 2 mondes opposés vont devoir se rapprocher.

Alors oui il y a des imperfections et peut être des personnages dont on se pas trop ce qu'ils apportent au final à l'histoire. Mais plus le film va avancer plus il va dégager une humanité qui est agréable à regarder.

Et puis c'est un film basé sur des jeux de miroirs. Frédéric Barthel est un chef d'entreprise qui a enfreint des règles comme l'entreprise de distribution de shit à la Courneuve. Mariama est une jeune diplômée de la Courneuve qui travaillait au Mc do alors que Mike avec le même diplôme travaille dans une agence de com. Samy lui est resté à la Courneuve et était au chomage alors que Leila elle en ayant quitté sa banlieue travaille dans l'agence de com. On peut faire le même parallèle entre le fils de Frédéric qui ne travaille pas au lycée et les enfants de la Courneuve qui traînent dans les rues. Ce sont des personnages qui se ressemblent beaucoup mais dont le destin est fortement conditionné par le périphérique.

Un film pas si intéressant que çà, qui déconstruit les idées ressues sur la banlieue et qui montrent que ces territoires devraient être vus comme une richesse et non un problème.

jeudi, février 28, 2019

Les éternels


Après a touch of sin Jia Zhangke est de retour avec un nouveau film

On est en Chine dans le début des années 2000. L'action se situe dans une cité minière sur le déclin gangréné par la pègre. Bin (Lia Fan) règne en mettre sur ce territoire. Qiao (Zhao Tao) profite très largement de sa protection. Jusqu'au jour où les deux amants vont se retrouver en prison. Bin sortira 4 ans avant Qiao. Cette dernière va alors tenter de le retrouver. Il semble avoir refait sa vie, les mines sont en déclin et ont conduit Bin à une sorte de déchéance.

On est comme dans a touch of Sin dans un film très lent avec des sentiments qui ont du mal à s'exprimer.

La relation entre Qiao et Bin est assez indéfinissable avec beaucoup de pudeur. Qiao va tout faire pour retrouver Bin alors que ce dernier s'enfonce dans une déchéance assez triste.

Mais le plus intéressant n'est pas là. On a une sorte de radioscopie de l’évolution de la société chinoise. Les mines de charbon qui périclitent alors que le grand barrage va lui modifier les paysages et la manière de produire de l'énergie. Et cette modernisation de la Chine qui va mettre sur le carreau Bin et Qiao.
On a aussi ce voyage en train où Qiao rencontre un homme parti faire fortune dans un territoire en plein développement et où le tourisme peut jouer une place important. Elle va voir en lui une sorte de nouveau Bin, tourné lui vers l'avenir.

Les paysages et la photo sont assez remarquable ce qui donne un côté contemplatif au film.

C'est donc à la fois l'histoire d'une Chine en pleine mutation économique et une histoire d'amour très pudique.

mercredi, février 27, 2019

Marie Stuart


Un biopic sur la reine d'Ecosse, 1er film de Josie Rourke qui met en scène deux grands espoirs du cinéma Saoirse Ronan vu il y a un an dans lady bird de Greta Gerwin et Margot Robbie vue dans le rôle de Tonya Harding.

Marie Stuart est de retour en Ecosse. Elle récupère son trône et demande à sa cousine Élisabeth de la désigner comme héritière de la couronne d’Angleterre. Mais Marie Stuart est catholique et Élisabeth elle est anglicane. Celà sera source de tensions, tensions exacerbées par le fait que Marie Stuart aura elle un enfant qu'Elisabeth n'aura jamais.

On est clairement dans des jeux de pouvoirs où les mariages, les guerres et les enfants sont autant d'armes pour accroître son pouvoir. Et rien que pour cela le film est passionnant.

Sur la forme ce film anglais peut paraître novateur en France. Il fait fit des apparences. Un ambassadeur anglais au XVIème siecle peut être joué par un acteur noir sans que cela ne pose aucun problème.

Autre côté remarquable ce sont les décors très sombres très rugueux de ce ces terres et châteaux d'Ecosse.

Ce qui est frappant c'est que malgré leur pouvoir ces deux reines vont avoir les mains liées par leur cour. Les conservatismes vont être plus fort que tout malgré le grand caractère dont vos faire preuve ces souveraines. Elisabeth va se retrouver isolée et finalement contrainte de mener des actions qu'elle n'aurait pas décidée seule.

Marie Stuart va elle devoir composer avec son frère, les nobles et un mari dont la famille sera très intéressée par le pouvoir.

Un film à la fois politique et historique un peu dans la même veine que la favorite, un film sur le pouvoir et la manière ou non de pouvoir l'exercer.

mardi, février 26, 2019

Celle que vous croyez


Safy Nebbou nous emmène sur un réseau social délaissé par les jeunes Facebook.

Claire (Juliette Binoche) est enseignante à la fac et vient de divorcer. Elle a mis fin à la relation qu'elle entretenait avec Ludo (Guillaume Gouix). Elle va alors créer un compte Facebook pour séduire Alex (Francois Civil) un ami de Ludo. Elle va utiliser une photo d'une femme plus jeune qu'elle pour arriver à ses fins. Sauf qu'elle va devoir se contenter d'une relation épistolaire.


Ce film est avant tout un portrait de femme. Claire a une carrière riche mais souffre de solitude. Ses enfants sont grands et son mari l'a quitté. Elle semble s’ennuyer dans sa vie au point de déprimer.

Sur la forme cette relation impossible entre Claire et Alex est entrecoupée de séances chez une psy (Nicole Garcia) ce qui casse un peu la linéarité de l'histoire. Le fait que ce film soit l'adaptation d'un roman de Camille Laurens donne une structure assez solide au scénario

La relation épistolaire et le fait que les 2 amants ne puissent se rencontrer donne du piment au film. Claire va même jouer du fait de pourvoir croiser Alex sans que celui ci ne le reconnaisse. Tant que l'on sera dans cette relation à distance le film garde de l'intérêt.

On est aussi à Paris dans un milieu plus qu'aisé ce qui empêche de s'identifier aux personnages ou d'avoir de l'empathie pour eux. On est dans cette tendance assez regrettable du cinéma français d'être parisiano-centré.

C'est quand on comprendra qui est la femme dont Claire usurpe l'apparence que le film deviendra vraiment mélancolique. On comprendra également l'utilité de la psy.

De bonnes idées dans ce film mais avec des personnages et un environnement qui dont qu'on a du mal à avoir de l'empathie pour les personnages.

mercredi, février 20, 2019

La chute de l'empire américain


Le nouveau film du Canadien Denys Arcand. Il a notamment signé des films cultes comme les invasions barbares ou encore le déclin de l'empire américain en 1986.

4 personnages dans ce film, un livreur philosophe, une escort, un repris de justice et un avocat pour une description à la fois juste et grinçante de notre société contemporaine.

Pierre Paul (Alexandre Landry) est livreur malgré un doctorat de philosophie. Un jour il tombe par hasard sur un braquage. Il récupère plusieurs millions de dollars appartenant au crime organisé. Ne sachant pas quoi faire de cet argent, il va se payer une escort (Maripier Morin) et demander à un repris de justice (Remy Girard) de l'aider à gérer son argent.

A travers un scénario assez original ce film est une radioscopie assez juste de notre société. On a deux jeunes gens qui malgré leurs études doivent soit se prostituer soit faire un métier éreintant et mal payé.

Le repris de justice lui doit s'occuper de sa fille.

Finalement seul l'avocat (Pierre Curzi) vie dans l’opulence en aidant ses clients à cacher leur argent à l'étranger.

Et plus le film va avancer plus on aura de l'empathie pour les 3 premiers personnages et moins pour le dernier. Le plus incongru sera de voir ces personnages relativement modestes profiter des mécanismes de fraude fiscale pour s'enrichir. Mais ils ne seront jamais comme les autres clients de l'avocat ce qui fait que cette empathie va durer. Ce vol est d'autant plus moral que l'argent provient de gangs et qu'il sera bien utiliser.

C'est un polar très bien écrit, haletant. Et aussi un film engagé qui montre le monde tel qu'il est aujourd'hui. Un peu comme Todelano Naccache (le sens de la fait) Denys Arcand est un fin observateur du monde contemporain, dont ils sait montrer les travers. Un petit bijour de film qui sera très probablement un des meilleurs films de l'année.

Grace a dieu


Le dernier film de Francois Ozon après Frantz.

On est ici dans une fiction qui tire énormément vers le documentaire. L'histoire c'est celle du père Préynat qui a reconnu avoir abusé de jeunes scouts.

Ce film est une galerie de personnages des victimes de ce prêtre qui vont s'unir pour fonder l'association la parole libérée.

On a d'abord Alexandre (Melvil Poupaud) cadre dans une banque, pratiquant.Il va faire de nombreuses démarches pour que le père Preynat soit sanctionner par l'église car il est toujours en contact avec des enfants.

François (Denis Menochet) lui sera partisan de médiatiser l'affaire.

Emmanuel (Swan Arlaud) lui a eu plus de séquelles de cette époque. Il n'a pas réussi à surmonter cette épreuves et à mener une vie normale.

Gilles (Eric Caravaca) lui est devenu chirurgien mais veut aussi éloigner le père Preynat des enfants.

D'autres personnages seront importants. Il s'agit des parents des victimes. Ils se sentent coupables d'avoir envoyer leurs enfants chez les scouts. A travers leurs action dans l'association ils vont essayer d'effacer une vraie fausse culpabilité.

Ce film ressemble un peu à 120 battements par minute qui montrait aussi le combat de victime face à un silence. Plus le film va avancer plus les portraits vont s'agréger et plus le film va prendre du sens.

Le style du film au départ est assez épistolaire ce qui est un peu déroutant. Mais plus le film va avancer plus il va s'enrichir. C'est au moment où l'association fonctionne à plein que le film prend enfin toute sa mesure.

Un vrai faux documentaire, très pudique qui continue à médiatiser une affaire judiciaire. La parole étant on l'aura compris une thérapie indispensable pour les victimes du père Preynat.

lundi, février 18, 2019

Deux fils


Le premier film de l'acteur Felix Moati, qui avait notamment crevé l'écran dans Gaspard va au mariage il y a tout juste un an.


On est à Paris. Joseph (Benoit Poelvoorde) vient de perdre son frère. Il révèle à ses deux enfants Joachim (Vincent Lacoste) et Ivan (Mathieu Capella) que cela fait 2 ans qu'il n'exerce plus comme psychiatre et qu'il écrit.

On va alors suivre la vie de ces trois personnages tous rongés par la mélancolie.

On a d'abord le père qui vit seul avec ses 2 enfants et qui vient de perdre son frère. Benoit Poelvoorde est parfait dans ce rôle de père dépressif qui voit en l'écriture une sorte de mirage pour donner un sens à sa vie.

Joachim lui peine à terminer sa thèse. Il profite des largesses accordées par les amis de son père dans ses études. Il court les filles de manière presque désenchantée. Sa rencontre avec Esther (Anais Demoustier) la prof de latin de son frère va peut être changer sa vie.

Et puis peut être le personnage le plus désopilant Ivan. Il est encore au collège. Il est fou amoureux d'une des camarades de classe. Il a pour ambition de passer l’agrégation de lettres classiques et a une sorte de fascination pour l’Église.
Un film qui a le défaut d'être très parisien très intellectuel très bourgeois. On a du mal à ressentir de l'empathie pour les personnages presque irréels .

Benoit Poelvoorde est parfait dans ce personnage de père désabusé qui peine à donner du sens à sa vie. Vincent Lacoste est dans le même registre que dans Amanda, celui d'un jeune adulte qui veut être encore adolescent mais qui doit grandir un peu plus vite que prévu.

Un des seuls côté positif du film est que malgré une sorte d'animosité entre les 3 personnages on sent beaucoup d'amour et de solidarité. Elle a du mal à s'exprimer. Elle ne ressort que dans des moments difficiles. On a affaire à des personnages ayant du mal à se livrer ce qui les rend encore une fois assez distant et peu empathiques.

vendredi, février 15, 2019

Le chant du loup


Un film d'action d'Antonin Baudry d'une efficacité redoutable.

Tout commence lors d'une mission sur les côtes syrienne. Le capitaine Grandchamp (Reda Kateb) doit récupérer un commando de nageurs de combats à bord de son sous marin. L'oreille d'or Chanteraide (Francois Civil) croit reconnaître un sous marin ennemi. Il n'en est pas sur car sa signature acoustique est inédite. L'équipage est donc en danger. Chanteraide sera en proie au doute mais une menace de guerre avec la Russie va très vite remobiliser les équipages des sous marins français.
Le premier point fort de ce film est son scénario signé lui aussi Antonin Aubry. Les événements s’enchaînent plutôt bien et restent crédibles dans l'époque actuelle. La question de savoir ce qu'a détecté Chanteraide va rester vivace assez longtemps. Chanteraide sera obsédé par ce qu'il croit être un echec de sa part. Celà va générer du doute qui sera utilisé à merveille pour faire progresser le film.

L'autre réussite de ce film ce sont ces scènes d'actions. On commence dès le début avec une scène pleine d'intensité qui nous scotche littéralement à notre fauteuil. Cette production J Seydoux n'a pas grand-chose à envier aux blockbuster américain.

Et puis il y a un casting assez audacieux. Le premier rôle est occupé par Francois Civil. Il est entouré par des pointures du cinéma français : Reda Kateb, Omar Sy et Matthieu Kassovitz qui auraient tous pu prétendre à ce premier rôle. Mais chacun va apporter quelque chose à l'histoire.
Et puis il y a ce personnage de Diane (Paula Beer). Elle est l'amie de Chanteraide dans le film. Elle a un tout petit rôle mais qui va s'avérer presque décisif. Et ce sont ces seconds rôles et l'attention apportées à ces petits détails qui font que le film fonctionne très bien, avec une tension presque constante. Une très belle surprise que ce chant du loup d'Antonin Baudry.

mercredi, février 13, 2019

Vice


Un film d'Adam Mc Kay, 8 nominations aux Oscars et Golden Globe du meilleur acteur pour Christian Bale pour son rôle de Dick Cheney.

Peu de gens se souviennent de cet homme politique américain qui fut vice président des Etats Unis de 2001 à 2009. Il fut pourtant un des hommes les plus puissants du monde. Il a aussi marqué à jamais l'histoire.

Dick Cheney était un étudiant assez moyen qui n'a pas terminé ses études à Yale suite à des problèmes de comportement. Étudiant de l'université du Wyoming il obtient un stage à Washington qu'il ne quittera plus. C'est sa femme Lynne (Amy Adams) qui le remet dans le droit chemin. Elle menace de le quitter s'il n'arrête pas la boisson et les bagarres. Elle le pousse également à reprendre ses études et à aller à Washington. Elle aurait voulu avoir une carrière politique. Mais pour les femmes dans les années 1970, cela était encore difficile.

Dick Cheney va alors apprendre comment fonctionnent les rouages du pouvoir avant de tirer lui même les ficelles.

C'est un film politique absolument passionnant. On y voit la naissance du marketing politique. Ne pas dire réchauffement climatique mais changement climatique pour ne pas affoler la population. Mais le coup de maître de Cheney aura été d'inventer la présence d'armes de destructions massives en Irak pour envahir le pays. Il donnera aussi de l'importance à un petit terroriste irakien qui fondera l’État islamique responsable de trop nombreux attentats à travers le monde.

Cheney est aussi une sorte de symbole de l'utilisation du pouvoir non pour l'intérêt général mais pour l'enrichissement de quelques intérêts particuliers.

Cette biographie de Dick Cheney est passionnante car on rentre dans les arcanes du pouvoir. Elle l'est aussi car elle permet de mieux comprendre le monde actuel encore marqué par le terrorisme mais aussi dans lequel la politique ressemble de plus en plus à du marketing.

mercredi, février 06, 2019

Une intime conviction


Antoine Raimbault met en scène un duo assez détonnant Marina Fois et Olivier Gourmet. Il interprète Maitre Dupont Moretti et elle une femme qui veut aider Jacques Viguier à prouver son innocence. Bien qu'il s'agisse d'une fiction le film se base sur une affaire réelle celle de la disparition de Suzanne Viguier.

On va suivre le procès en appel. Nora va convaincre Maitre Dupont Moretti de reprendre l'affaire. Elle se présente comme une amie de la fille de Jacques Viguier et va aider l'avocat à préparer la décence de Jacques Viguier qui a été acquitté en 1ere instance.

L’intérêt de Nora pour cette affaire va virer à l'obsession. Elle va sacrifier son travail, son fils et son amant pour cet homme qu'elle connaît à peine. Et pour cela l'interprétation de Marina Fois est remarquable. Elle est de la même intensité que dans Irréprochable film dans lequel elle interprétait également une femme passionnée.

Olivier Gourmet est lui aussi saisissant en avocat de la défense. Il va devoir se battre à la place d'un homme malade qui a de la peine à s'exprimer. Le duo entre une femme déterminée et un ténor du barreau qui va devoir rester dans les subtilités du droit fonctionne bien et est le réel moteur du film.

Ce film n'est pas un biographique puisque le personnage de Nora n'a pas existé mais il permet de donner un angle assez original au traitement d'une affaire judiciaire.
Les nombreuses rumeurs qui ont entourées la disparition de Suzanne Clément auraient pu suffire à donner du volume à ce film. Le fait d'ajouter ce personnage de Nora inventé de toute pièce apporte un côté original au traitement de cette affaire judiciaire. Bref un film original porté par des acteurs hors du commun.

La favorite

Après la mise à mort du cerf sacré et the lobster ce film où des célibataires devaient se marier au risque de se voir transformer en animaux, Giorgos Lanthimos nous emmène à la cours de la reine Anne d'Angleterre .

Cette dernière (Olivia Colman) est affaiblie par de violentes crises de gouttes. C'est lady Marlborough (Rachel Weisz) qui mène en sous main les affaires du royaume. Sa cousine Agigail (Emma Stone) arrive elle à la cour dans l'espoir de trouver un emploi. Elle va vite gravir les échelons et concurrencer sa cousine dans le rôle de favorite.

Ce qui est frappant c'est la réalisation et la photo de ce film qui sont plus qu’innovante. Giorgos Lantinos a l'audace d'utiliser des effet globuleux (fish eyes en anglais) et une photo qui donne un sacré coup de jeune aux films en costumes.

Et puis il y a ces jeux de pouvoirs qui peuvent paraître assez classiques dans une cour royale. Mais ce qui est assez rafraîchissant et inédit est que ces jeux de pouvoirs ne concernent que des femmes : la reine et ses deux courtisanes. Les hommes eux sont trop occupés à des jeux stupides où à la guerre.
La reine bien qu'affaiblie et un peu sénile va continuer à tirer les ficelles et à arbitrer cette guerre larvée entre les deux cousines. Il y a notamment ces scènes de ball trap où les deux cousines se jaugent et organisent discrètement les affaires du royaume marquées par la guerre avec la France.
Un film subtile qui montre que le pouvoir réel peut être là où ne l'attend pas forcément. Vice, un autre candidat aux oscars qui sort prochainement est aussi sur cette même thématique.

Et puis on peut noter cette référence à the lobster (homard en francais) quand la reine et ses courtisanes organisent une course de homards. Un bon film qui aurait peut être mériter une demi heure de moins et des nominations pour Rachel Weisz et Emma Stone non pas dans la catégorie second rôle mais dans celle de meilleure actrice

lundi, février 04, 2019

A cause des filles


On croyait le film à stechs définitivement disparus depuis 2012 et les infidèles de Gilles Lellouche, mais c'était sans compté sur Pascal Thomas.

Tout part ici d'un mariage où le marié par dès la sortie de l'église avec sa maîtresse. Cà servira de point de départ à différents personnages pour raconter leurs déboires amoureux.

Le casting est alléchant, José Garcia, Rosy de palma, Francois Morel, Pierre Richard, Audrey Fleurot, Marie Josée Croze et même Bernard Menez. Et c'est bien là le seul côté positif de ce film que l'on pourrait qualifier de très germanopratin.

Tous les personnages sont dans une sorte de détresse affective dans laquelle ils ont l'air de se complaire. Ce film est une sorte de montée crescendo dans l'absurde.


jeudi, janvier 31, 2019

Green book


Un film de ce jeune homme de 88 ans Clint Easwood. Ses deux derniers films Sully et American Sniper montraient le destin d'hommes hors du commun. Ici il adapte à l'écran la vie de Leo Sharp.
Dans le film, Earl Ston (Clint Easwood) est un vétéran désormais reconverti dans l'horticulture. Il fait passer son métier avant tout au détriment de sa famille. Mais l’essor d'internet le met sur la paille. Par hasard il croise la route d'un dealer qui lui propose de convoyer de la drogue. Earl ayant passé sa vie sur les routes et passant inaperçu de par son âge, semble la personne idéale pour çà. Et de fil en aiguille, il va devenir une des principales mules d'un grand cartel mexicain.

Comme American Sniper, La mule met en lumière un ancien militaire. C'est avec le ségrégationnisme un des sujets prégnant du cinéma américain. Ce film a donc une dimension sociale assez intéressante. Il va accepter d'être une mule pour récupérer sa maison ou encore pour reconstruire un centre pour vétérans. Il va donc convoyer de la drogue essentiellement pour redistribuer cet argent aux autres et pour pouvoir vivre. Il va certes s'accorder un certain nombre de plaisirs personnels, mais çà ne sera jamais son but. Et c'est là un des principaux axes de ce film, cette opposition entre un vieux monsieur assez altruiste et une grande entreprise de trafic de drogue. Le plus gênant est que Earl ne va jamais penser aux méfaits que la drogue peut causer. Il va voir son rôle de mule comme un business comme un autre. Et c'est peut être là la limite du film et du côté sympathique de son personnage.

mercredi, janvier 30, 2019

La mule


Un film de ce jeune homme de 88 ans Clint Easwood. Ses deux derniers films Sully et American Sniper montraient le destin d'hommes hors du commun. Ici il adapte à l'écran la vie de Leo Sharp.
Dans le film, Earl Ston (Clint Easwood) est un vétéran désormais reconverti dans l'horticulture. Il fait passer son métier avant tout au détriment de sa famille. Mais l’essor d'internet le met sur la paille. Par hasard il croise la route d'un dealer qui lui propose de convoyer de la drogue. Earl ayant passé sa vie sur les routes et passant inaperçu de par son âge, semble la personne idéale pour çà. Et de fil en aiguille, il va devenir une des principales mules d'un grand cartel mexicain.

Comme American Sniper, La mule met en lumière un ancien militaire. C'est avec le ségrégationnisme un des sujets prégnant du cinéma américain. Ce film a donc une dimension sociale assez intéressante. Il va accepter d'être une mule pour récupérer sa maison ou encore pour reconstruire un centre pour vétérans. Il va donc convoyer de la drogue essentiellement pour redistribuer cet argent aux autres et pour pouvoir vivre. Il va certes s'accorder un certain nombre de plaisirs personnels, mais çà ne sera jamais son but. Et c'est là un des principaux axes de ce film, cette opposition entre un vieux monsieur assez altruiste et une grande entreprise de trafic de drogue. Le plus gênant est que Earl ne va jamais penser aux méfaits que la drogue peut causer. Il va voir son rôle de mule comme un business comme un autre. Et c'est peut être là la limite du film et du côté sympathique de son personnage.

dimanche, janvier 27, 2019

Le chateau de Cagliostro


Un des premiers film du maître de l'animation, j'ai nommé Hayao Mihyasaki, dont on a pu découvrir le travail dans un documentaire sorti il y a un mois, never ending man.

Le château de Cagliostro a 40 ans mais n'a pas pris une ride. Il est la déclinaison en long métrage d'une série animée elle aussi réalisée par Mihyasaki, Lupin le détective cambrioleur.


Lupin est un voleur. Après avoir dérobé des billets dans un casino, il se rend compte qu'ils sont faux. Il décide alors d'aller dans la principauté de Cagliostro connue pour être un lieu de production de fausse monnaie.

Mais Lupin va découvrir que le comte de Cagliostro séquestre Mathilde avec qui il veut se marier. Leur union lui permettra de révéler un trésor.

Ce film est centré sur le personnage d'un voleur au grand cœur, Lupin. Il tombe amoureux de la princesse et va tout faire pour la délivrer. Pour cela il va faire preuve d'une espièglerie assez extraordinaire. C'est son côté fantasque qui fait tout le succès du film en le rendant très léger et drôle. Es cascades en voiture du début du film ou encore celles dans les rouages d'une horloge géante sont assez extraordinaires.

Et puis en fond, une histoire encore actuelle. Celle de cette petite principauté, bien sous tout rapport, mais au lieu du crime mondial. Toute ressemblance avec un territoire passé ou actuel serait bien sur pure coïncidence.

Tous les ingrédients d'un très bon film sont ici réunis. Une intrigue policière, de l'amour, du second degré et une animation assez bluffante qui n'a pas pris une ride, preuve du talent de ce maître de l'animation, Hayao Mihyasaki dont le prochain film est prévu pour 2022.

Un film à redécouvrir notamment dans les vacances au cinéma proposé par les 2 scènes de Besançon.


mercredi, janvier 23, 2019

L'ordre des médecins


1er film presque autobiographique de David Roux,

Simon (Jérémie Renier) est pneumologue dans un hôpital. Sa vie semble tourner autour de son métier. Il passe peu de temps chez lui, ne prend jamais de vacances. Sa mère Mathilde (Marthe Keller) est victime d'un malaise. Il craint que son cancer ne récidive. L'hospitalisation de sa mère va remettre beaucoup de choses en question.

Ce film est avant tout un film sur la fin de vie. Quel sera le choix de Mathilde. Continuer à se battre, ou alors profiter de ses derniers jours entourée des siens.

Comment ses proches vont réagir à son choix. Simon, en tant que médecin, a l'habitude de soigner. Accepter que quelqu'un ne veuille plus de traitement sera une double épreuve pour lui. D'abord en tant que fils puis en tant que médecin.

Le côté émouvant du film réside dans le fait que Simon se retrouve démunis face à la maladie. D'abord comme un fils puis comme médecin.

Il va alors délaisser son métier pour ne redevenir qu'un fils. On retrouve alors des interactions plus classiques d'une famille. Sa sœur Julia (Maud Wyler) et son père semblent très unis, bien que l'on comprenne que Simon n'ai pas toujours été là. Cà sera aussi un des paradoxes du film. On sent une famille très unie, malgré que les liens aient été distendus.

De ce film se dégage paradoxalement beaucoup de sérénité, malgré la situation tragique dans laquelle se trouve Mathilde.

Un film complexe sur la fin de vie et sur la famille. Un film qui tourne aussi autour du personnage de Simon. Il semble torturé, mal dans sa peau sans que l'on ne puisse en détecter les causes. C'est son interne Agathe (Zita Hanrot, découverte dans Fatima) qui va finalement lui permettre de prendre un peu de recul face à cette situation dramatique qui sera peut être paradoxalement le point de départ de sa vie.

mercredi, janvier 16, 2019

L'incroyable histoire du facteur


Nils Tavernier nous conte la vie d'un facteur de la Drome, de la fin du XVIII ème, début du XIX ème interprété par Jacques Gamblin.

Le facteur Cheval est un homme très introverti, marchant près de 30 km par jour pour distribuer des lettres. Il va avoir le malheur de perdre sa femme. Seul, il doit confier son fils à sa belle sœur. Il rencontre alors une veuve, Philomène (Laeticia Casta) avec qui il se marie. Un jour lors d'une de ses tournée il bute contre un rocher. Il décide alors de construire un palais qui plus ou moins inspiré de la forme de ce rocher et des illustrations des cartes postes non distribuables qu'il collectionne.

Affrontant encore de nombreuses épreuve, la construction de ce palais sera l’œuvre de sa vie.

C'est un film qui aurait pu être sponsorisé par le Ministère de la santé, tellement on voit le facteur Cheval marcher. A force çà en devient même fatiguant.

Autre caractéristique de ce film, l'interprétation de Jacques Gamblin. Souvent mécanique parfois caricatural. Il décrit parfaitement un personnage très introverti, rêveur et marqué par les épreuves.

C'est la conjonction de ces 3 éléments qui va le conduire dans cette réalisation.

Si le facteur Cheval est une force de la nature, sa famille va énormément souffrir de ce projet.

Le caractère optu de Cheval et les souffrances de sa famille donne un film très noir, par forcément ciné génique. Celà est renforcé par un scénario peut être mal ficelé. A partir d'une heure de film et jusqu'à la fin on a de nombreux moment où le film aurait pu se terminer. On part alors de nombreuses redondances assez désagréables.

L'interprétation de Jacques Gamblin sauve ce film sur la vie d'un homme qui est autant un génie que quelqu'un d'ingrat qui a sacrifié sa famille pour réaliser sa folie.













Doubles vies


Après Sils Maria et Personnal Shopper, Olivier Assayas continue d'évoluer dans une certaine élite.

On suit 2 couples, une actrice et le patron d'une maison d'édition (Juliette Binoche et Guillaume Canet) et un écrivain et une assistante parlementaire (Vincent Macaigne et Nora Hamzawi)

On va comprendre plus le film va avancer que très peu sont fidèles, mais tous tiennent à préserver leur couple officiel. Tous savent à peu près que leurs conjoins les trompent mais la sécurité de leur couple et de leur situation prime. Ils ne s'offusquent donc pas des infidélités de leur conjoints. Le couple est ainsi vu comme une sorte d'économie, certes particulière mais bien réelle.

Une autre économie tout aussi intéressante est décrite dans le film, l'économie culturelle. A travers des discussion souvent informelles, le film livre une sorte d'état des lieux de l'économie culturelle. On constate que les gens lisent tout autant et écrivent plus. C'est le format qui change. On lit plus de blogs et de livres électroniques sans que le livre physique soit menacé.

C'est le personnage de Laure (Christa Théret, révélée dans l'excellent Gaspard va au mariage) qui incarne cette dimension numérique de la culture.

Un film donc sur 2 économies, mais qui souffre d'un parisianisme au final assez écœurant.

A noter Vincent Macaigne assez excellent, dans le rôle d'un auteur qui ne sait écrire que sur la vie de ses connaissances, au talent assez discutable, mais qui ne doit son salut qu'à sa maîtresse. Ce personnage dégage une telle bonhomie qu'on a du mal à lui reprocher ses défauts. Mais au final il n'est pas pire que les personnages qui l'entourent et c'est bien çà le plus déprimant dans ce nouvel Assayas






mardi, janvier 15, 2019

Les invisibles


Un film d'un réalisateur qui est un peu le Ken Loach français Louis-Julien Petit Déjà un beau succès, 384000 entrées en 1 semaine pour un film présent seulement dans 15 % des cinémas.

Il adapte ici le livre de Claire Lajeunie « sur la route des invisibles » Ces invisibles se sont des femmes sans domicilie fixe. Et ce sont des femmes SDF qui tiennent leur propre rôle dans le film.

Audrey et Manu (Audrey Lamy et Corinne Masiero) sont deux assistantes sociales qui gère un centre d'acceuil de jour pour des femmes sans domicile fixe.
Hélène et Angélique (Noemie Lovsky et Deborah Lukumuena) viennent ponctuellement les aider.

Mais le centre ne réinsère pas assez et est loin des chambres proposés à ces femmes. C'est pour cela qu'il doit fermer. Avant cela Manu décide d'héberger ces femmes afin de les aider à s'en sortir avant la fermeture du centre.

Le film est à mi chemin entre le documentaire et la fiction. Il met en image une réalité méconnue. Et rien que pour cela il est utile.

Mais cela reste une fiction avec des personnages tous très riches.

Manu une assistante sociale très engagée mais aussi calculatrice. Elle va prendre la responsabilité d'héberger ces femmes alors que c'est interdit.

Audrey est elle plus impulsive et émotive, mais tout aussi combative.

Et toutes ces femmes anonymes qui prennent des pseudo Brigitte Macron, Simone Veil et j'en passe. L'une d'elle Chantal est plus particulière. Elle a fait 2 ans de prison pour avoir tuer son mari violent. Et en prison elle a appris à tout réparer. Elle dors dans une tente. Elle refuse également d'omettre son passage en prison au risque de perdre une occasion de se faire embaucher.

Un film humain sensible qui montre les limites des règles des centres de réinsertion. Mais celles ci sont nécessaires au risque pour les assistantes sociales comme Audrey de se faire dévorer par leur métier.

Un suivi qui est peut être trop administratif alors que l'humain et la confiance en soi sont au centre de la réinsertion.

jeudi, janvier 10, 2019

L'heure de la sortie


Un film de Sébastien Marmier qui avait signé en 2016 Irréprochable avec Marina Fois. Le jour de la sortie est aussi fantastique et prenant qu'Irréprochable. On se rapproche du film de genre dont Grave de Julia Ducourneau est le dernier chef d’œuvre du genre.


Pierre (Laurent Lafitte) arrive dans une classe de 3ème composée d'élèves intellectuellement précoces. Il remplace son collègue qui a fait une tentative de suicide devant ses élèves. Sa prise de fonction est d'autant plus difficile que ses élèves sont exigeant envers lui. Il va aussi découvrir qu'un groupe de 6 élèves de cette classe se réunit régulièrement dans une carrière. Sa curiosité va être piquée au vif. Il va alors suivre ce groupe dans des activités plus qu'étranges.

Là où le film est remarquable c'est qu'il monte en intensité. Plus on avance dans le film plus les élèves sont inquiétants. Mais on ne sera jamais ce qu'ils préparent ce qui rend le film assez savoureux.

Et puis on a le personnage de Pierre ce personnage qui lui aussi cache un certain mal être. Lui aussi a des secrets. C'est peut être pour cette raison qu'il va absolument vouloir découvrir le secret de ces adolescents.

C'est enfin un film pleinement ancré dans son époque. Il est d'une certaine manière catastrophiste. Il nous fait prendre conscience des dérèglements environnementaux.

La question étant de savoir si être trop intelligent trop conscient des choses, cela n’entraîne pas une forme de dépression et un incapacité à être heureux. Au delà du film fantastique tout à fait réussi on a cette question philosophique et sociétale plus que pertinente.

Un très bon film de genre,un très bon film fantastique, un bon thriller et un film intelligent et ancré dans réel de son époque.

mercredi, janvier 09, 2019

Creed 2


La suite des aventures d'Adonis Johnson, fils d'Apollo Creed, un des adversaires et amis de Rocky Balboa, personnage légendaire du cinéma interprété par Sylvester Stallone.

Steven Caple Jr réalise le deuxième épisode de cette nouvelle saga. Adonis Johnson (Michael B Jordan) devient champion du monde. L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais le fils d'Ivan Drago, l'homme à l'origine du décès de son père vient le défier.

Quelque chose d'irrationnel s'enclenche. Adonis Creed, replonge dans le passé. Il veut combattre Viktor Drago, plus pour venger son père que pour sa propre carrière. Rocky Balboa ne va pas le suivre dans ce combat. Adonis est alors tiraillé entre son passé et un avenir qui s'annonce pourtant radieux. 

Comme dans le premier Creed, le personnage le plus important est absent. Apollo Creed hante les mémoires, celle de son fils et celle de Rocky Balboa.

On retrouve ces deux personnages qui vivent encore dans le passé au dépend de leur avenir.

Les phases de préparation des combats et les combats eux même sont ainsi relégués au second plan. Ils constituent néanmoins des moments de grand spectacle qui viennent casser la grande introspection qu'est ce film.

Le scénario lui est un peu haché et manque de liant. Les passages entre les grandes phases du film se font de manière un peu brutale.

Un film introspectif et plein de regrets. Celui de ne pas avoir jeter l'éponge pour Rocky. Celui de ne pas avoir connu son père pour Apollo. Celui d'avoir été banni par la fédération russe pour Ivan Drago. Et en parallèle on a des personnages qui eux vivent dans le présent. Marie Ann la mère d'Apollo qui mène une nouvelle vie depuis le décès de son mari et surtout Bianca qui va devenir mère et dont la carrière de chanteuse s'avère prometteuse. Et la cohabitation entre ces personnages aux trajectoires différentes va s'avérer délicate.















mercredi, janvier 02, 2019

Never ending man


Si je vous dit Le château dans le ciel, princesse Mononoke ou encore mon voisin Totoro, cela évoque forcément le maître de l'animation japonaise Hayaho Miyasaki.

C'est lui l'homme qui ne s’arrêtera jamais dans ce documentaire pour la TV japonaise NHK signé Kaku Arakawa

On suit Miyasaki après l'annonce de sa retraite en 2013. Il décide de s’intéresser à l'animation numérique, lui qui n'a construit ses animations que grâce au layout. Pour Miaysaki, une seconde d'un de ces films nécessite 25 dessins, 25 images qu'il faut animer plan par plan. Le numérique est pour lui quelque chose de nouveau qu'il aura du mal à apprivoiser.

C'est aussi un choc de génération. Lui à aujourd'hui 78 ans, alors que les personnes avec lesquels ils travaillent pour ce court métrage ont tout juste une trentaine d'année.

Le documentaire est donc la rencontre de ces 2 types d'animations et de ces 2 générations.

Et puis il y a ce personnage de Miyasaki, d'une humilité désarmante. On voit cet artisan avec son tablier blanc, dessiner avec un tel talent.

Contrairement à ses jeunes collègues, lui est très sensible au mouvement et à la crédibilité de ces derniers. Il puise son inspiration dans le réel même si ses univers ont toujours été fantastiques.

Et puis il y a cette phrase d'un des jeunes dessinateur qui avoue que çà prendrait peut être moins de temps de dessiner les images une par une que de programmer une animation numériquement.

Un documentaire loin d'être parfait esthétiquement mais qui nous fait découvrir les studios Ghibli, ce gamin de 77 ans , cet artisan de l'animation, toujours aussi passionné par son métier. Cet homme qui malgré ses énormes succès veut apprendre des jeunes générations, même si on se rend compte qu'ils pratiquent presque deux métiers différents.

Premières vacances


Un film sur le couple, réalisé par un couple. En effet, Patrick Cassir le réalisateur est le compagnon de Camille Chamoux l'actrice principale du film.

C'est aussi un film générationnel, Ben (Jonathan Cohen) et Marion se rencontrent sur un site de rencontre. Marion vit en colocation. Et ils décident pour échapper à leurs familles et amis respectifs de louer sur air b n b.

Leur destination sera donc la Bulgarie. Ils commenceront dans une famille assez étrange, avant de rejoindre un gîte participatif pour finir dans un complexe hôtelier.

Ben et Marion partent donc en vacance ensemble sauf qu'ils se connaissent encore mal et sont très différents. Elle est dessinatrice et lui est issu d'une école de commerce. Elle n'a plus de famille alors que la famille de Ben est intrusive. Marion est aventurière alors que Ben est attaché à son confort.

Ce sont ces différences qui vont rythmer le film que l'on peut difficilement qualifier de comédie.

C'est plutôt un film générationnel, qui ne manque pas d'égratigner nos modes de vie de plus en plus stéréotypés.

Le paroxysme de cette critique est le séjour de ce couple dans un complexe hôtelier à bas coût, qui exploite les populations locales en flattant l'égo démesuré des personnes y résidant.

Et c'est finalement le personnage de Marion qui sera une lueur d'espoir dans cette description assez amère de nos sociétés contemporaines.

A partir de cette rencontre un peu hasardeuse, la vraie question sera de savoir si ce couple si différent va durer et lequel des 2 personnages va se rapprocher du mode de vie de l'autre.


Un film qui se veut une comédie mais qui est au final assez amère. On y croise des personnages souvent clivant dans leur mode de vie, qu'il soit hyper moderne ou aventurier, baba cool. Seul le personnage de Marion va faire preuve de cette ouverture d'esprit pour faire le pont, le lien entre ces personnages.

Archives du blog