jeudi, janvier 29, 2026

dreams

Le nouveau film de Michael Franco le réalisateur de Despes de Lucia ou encore des filles d’Avril, un film présenté lors de la dernière berlinale


Fernando (Isaac Hernandez) est un danseur mexicain plein d’avenir. Il va risquer sa vie pour traverser la frontière et rejoindre Jennifer (Jessica Chastain) qui travaille pour la fondation de son riche père. Mais l’idylle passionnelle entre les deux amants ne sera pas sans encombres.


C’est l’histoire d’un amour interdit, interdit à triple titre d’abord par la nationalité de Fernando qui ne lui permet pas de vivre aux Etats-Unis, par la différence de statut social et par la différence d’âge. Ces interdits renforce une tension, un érotisme d’une rare intensité.


Mais ce sont les parcours de vie de ces 2 personnages qui seront radicalement différents. Fernando a une carrière à construire, un talent de danseur à construire et cela passe forcément par une vie aux Etats Unis.

Jennifer elle a un statut social et une réputation à préserver, aux Etats Unis du moins car elle vit son amour au grand jour au Mexique.

Et ce sont ces trajectoires inverses qui seront le vrai moteur du film. Au final c’est toujours l’argent les caprices des plus riches et le cynisme qui vont l’emporter.


 

mardi, janvier 27, 2026

gourou

Le nouveau film de Yann Gozlan qui avait signé boites noire et plus récement de Dalloway et co produit par Pierre Niney avec Pierre Niney lui même Marion Barbeau et Anthony Bajon


Matthieu Vasseur est un coach de vie qui anime notamment de grands séminaires réunissant un public de plus en plus nombreux. Mais une proposition de loi vise à réguler cette profession ce qui mettrait en danger son entreprise. S’en suivra une fuite en avant incontrôlable.


Ce qui est marquant c’est le public de ces séminaires. Un salarié maltraité par son patron, un enfant n’ayant jamais eu la reconnaissance de son père ou encore des victimes d’agressions sexuelles. Matthieu Vasseur lui aussi vient d’un milieu modeste et a construit son entreprise dans la douleur. Le seul repère à peu près stable c’est Adèle la femme de Matthieu Vasseur attirée elle par la réussite clinquante de son compagnon.


Le film montre aussi comment ces populations fragiles sont manipulées. Est ce du populisme ? De la manipulation ? De la paraoia ? Ou tout simplement une activité commerciale comme une autre ?


Et le plus marquant est que Matthieu Vasseur est lui même sous une emprise d’un autre coach


Sauf que jouer avec la fragilité des gens n’est pas sans conséquences ce qui va donner lieu à un certain nombre de nombreux drames.


Un thriller où la manipulation n’a pas de limites ancré dans dimension sociale plutôt habilement décrite. 


 

lundi, janvier 26, 2026

hamnet

 

Le dernier film de Chloe Zaho la réalisatrice de l’oscarisé Nomadland adaptation du roman de Maggie O’Farrell avec Paul Mescal et Jessie Buckley


On est dans l’Angleterre de la fin du XVIeme siècle. Agnès est une femme en communion avec la nature, sa mère lui ayant transmis une connaissance des plantes et de leurs vertus thérapeutique. Sa vie va prendre une tout autre dimension quand elle rencontre Wil, un précepteur de latin dont elle va tomber amoureuse.


Le film développe d’abord une dimension mystique. Agnès semble avoir des visions notamment sur sa mort avec deux de ses enfants qui la veilleront. Elle fera tout pour que Wil poursuive ses ambitions d’auteurs à Londres. Elle ne le suivra pas persuadée que Stradford est le meilleur endroit pour élever ses enfants.


Cette dimension mystique prendra une tout autre forme quand le couple va perdre un de ses enfants, malgré tous les efforts d’Agnès pour le sauver. Va commencer un deuil qui prendra des formes différentes pour Agnès et Wil. Agnès aura tendance à se replier alors que Wil trouvera un exutoire et ressuscitera d’une certaine manière son fils dans une pièce de théâtre Hamlet.


Un mot enfin sur les décors absolument magnifiques et qui nous plongent dans l’Angleterre du XVIeme siècle. Cette maison intergénérationnelle avec ce jardin Agnès cultive ses herbes. Mais surtout ce théâtre en plein air avec ses différents niveaux où se mêlent toutes les classes sociales.


dimanche, janvier 25, 2026

Marsupilami



Un film de Philippe Lacheau d’après la bande dessinée de Franqulin, un film écrit par Philippe Lacheau, Pierre Dudan, Julien Arruti et Pierre Lacheau, avec Elodie Fontan, Jamel Debbouze ou encore Alban Ivanov


Pour éviter d’être licencié, David accepte de ramener un colis d’Amérique du sud pour son patron. Par souci de discrétion il rentera en France à bord d’un bateau de croisière. Dans ce colis va se trouver Bibi un petit marsupilami qui sera l’objet de beaucoup de convoitises.


Ce film est à la fois une adaptation de la bande dessinée et un film de la bande à Fifi. Il arrive à allier les valeurs humanistes de Franquin et les blagues potaches de la bande à Fifi. Le scénario est à la virgule près et les gags fonctionnent plutôt bien. Les querelles de couples de David et Tess (Philippe Lacheau et Elodie Fontant) sont assez savoureuses et sont dans le prolongement d’Alibi.com2


C’est un film qui intègre aussi des invités prestigieux, Jean Réno, Didier Bourdon, Jamel Debouzze et Gérard Jugnot. Une sorte d’hommage aussi au film d’Alain Chabat sur la piste du Marsupilami (2012)


Tout en conservant leurs identité la bande à Fifi rend hommage à des monuments de la bande dessiné et du cinéma ce qui fait de ce Marsupilami un délicieux divertissement.

 

mercredi, janvier 21, 2026

grand ciel


     Premier long métrage de Akihiro Hata


On est à Thionville sur le chantier d’une grande tour. Vincent (Damien Bonnard) est un ouvrier dont le contrat n’est pas sur d’être renouvelé. Mais la disparition soudaine d’un de ses collègues va changer la donne, mais surtout alimenter une psychose dont Said (Samir Guesmi) sera un des principaux relais.


Le film tire partie du milieu du bâtiment. On est de nuit souvent en sous sol avec une lumière artificielle. On a aussi ce travail dissimulé et ces conditions de travail très dures à la limite de la légalité avec des chefs d’équipes très exigeants. Tous ces éléments sont exploités pour alimenter ce thriller qui arrive facilement à nous faire croire que des cadavres d’ouvriers peuvent être ensevelies sous des dalles.


Et puis on a un film social plus classique, un territoire un plein renouveau, un couple qui galère et qui a besoin de travailler quel-qu’en soit le prix et ce milieu de la construction hyper concurrentiel avec beaucoup d’intérimaires.


Et puis une fin assez improbable à la Bugonia qui tranche de manière assez radicale avec le reste du film.

mardi, janvier 20, 2026

jusqu a l'aube

Un film de Sho Miyake d’après le roman de Seo Maiko


Misa souffre de syndrome prémenstruel qui entraîne chez elle tous les mois des douleurs et une dépression, Takatoshi lui a développé de nombreuses phobies qui occasionnent de nombreuses crises d’angoisses. Ces deux personnages vont travailler dans la même entreprise et ainsi sortir de la grande solitude dans laquelle les a plongé leurs maladies.


C’est d’abord un film presque documentaire sur des maladies qui sont des formes de handicaps pas forcément très visibles. Misa aura du mal à garder un emploi car elle peut devenir très agressive avec ses collègues. Pour Takatoshi c’est la même chose il a du quitter son emploi.


Mais là où le film est intéressant c’est qu’il retourne cette problématique, et si c’était la société et le monde du travail qui n’était pas adapté aux personnes malades et handicapés plutôt que l’inverse. On découvre cette entreprise spécialisé en astronomie, dans lesquels nos deux personnages vont trouver bienveillance et un certain calme propice à leur mode de vie. Le fait que le patron de cette entreprise ait lui aussi été cabossé par la vie n’est pas étranger à ce mode de fonctionnement.

Un film qui plus largement interroge nos modes de vie et l’organisation du travail souvent assez excluante


 

dimanche, janvier 18, 2026

le mage du Kremlin

Un film d’Olivier Assayas une adaptation du roman de Giuliano Da Empoli grand prix de l’académie française en 2022

Avec au casting Paul Dano, Jude Law ou encore Alicia Vikander.



Vadim Baranov personnage inspiré de Vladislav Sourkov est un jeune comédien dans une Russie de la fin des années 1990 en pleine libéralisation. Il travaille vite pour la télévision et un oligarque inquiet du déclin de Boris Eltsine. Ils iront chercher le chef du KGB Vladimir Poutine et le feront nommer premier ministre puis élire président avant de devenir un des hommes les plus influents de l’appareil d’État russe.


Comme dans Vice où on mesurait l’influence de Dick Chenay sur Georges Bush, on a ici aussi le portrait d’un homme de l’ombre, d’un communiquant, d’un homme de théâtre qui a construit et fait élire un homme politique. On mesure aussi le poids des oligarques, du monde économique qui pour protéger ses intérêts a fait élire un homme qui saurait enrayer le mouvement de libéralisation de la société et protéger les intérêts des plus riches.


Mais ce qui est marquant dans ce film c’est comment le personnage fabriqué par l’oligarchie va finir par leur échapper. Vadim Baranov va trahir l’homme qui a fait de lui ce qu’il était, tout comme the apprentice montre comment Trump a trahit l’avocat qui a fait de lui un homme politique. Et au final Baranov lui même sera en retrait et n’aura plus de contrôle sur l’animal politique qu’il a crée.


C’est un traité politique absolument passionnant qui éclaire de manière assez marquant notre histoire contemporaine et les guerres de la Russie en Tchétéchénie et en Ukraine.


 

jeudi, janvier 15, 2026

l'affaire bojarski

Le nouveau film de Jean Paul Salomé.

Avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon et Pierre Lottin notamment.


Yan Bojarski est un immigré polonais qui fabriquait de faux papier durant la seconde guerre mondiale. Inventeur génial, il ne trouve pas de travail du fait de ses origines et pour faire vivre sa famille il se met à fabriquer de faux billets. Il finira par travailler à son compte tout en échappant habilement à la police.


Le biopic est peut être la dimension la moins prégnante du film. On découvre un inventeur de génie, stylo et déodorant à bille, café à dosette… Yann Bojarski est avant tout un artisan avec une minutie et un talent assez incroyable.


Mais ce qui est marquant c’est le racisme dont Yann Bojarski a été victime. Il vit dans une société de laquelle il se sent exclu malgré son talent. Et c’est profondément injuste car c’est un ingénieur de talent qui aurait pu apporté beaucoup à la France d’après la seconde guerre mondiale.


Et c’est ce qui va conduire à la grande grande question du film, pourquoi fabrique t’il encore des faux billets alors qu’il n’a plus forcément besoin de le faire. C’est pour prouver son talent à la France et à son représentant le commissaire Mattei grande star de la police judiciaire qu’il va mettre en échec pendant 15ans.


Ce film n’est pas tant un biopic sur un homme extraordinaire mais montre le racisme systémique de la société française de l’après seconde guerre mondiale et comment il a pu détruire tant de personnes.



 

Furcy né libre


  

Le nouveau film d’Ab Al Malik Adaptation du livre "L'Affaire de l'esclave Furcy" de Mohammed Aïssaoui.

Avec Makita Samba (vu dans Kika), Ana Girardot, Romain Duris ou encore Vincent Macaigne.


On est à Bourbon proche de l’ile de la Réunion au début du XIX eme siecle, Furcy est au tribunal, voulant faire reconnaître son statut d’homme libre car sa mère a été affranchie par son propriétaire. Mais son maitre ne l’entend pas de cette oreille. Commencera alors pour Furcy un long combat judiciaire.


Ce film documente d’abord toute la violence et l’inhumanité de l’esclavage. On y voit le travail dans les champs les coups de fouets et ces esclaves tués pour l’exemple dont les cadavres sont exposés à la vue de tous. Cette évocation de l’esclavage est tout à fait glacante.


C’est également un film sur un homme qui va rester fidèle à ses principes. Il va renoncer à son idylle avec une préceptrice pour faire reconnaître ses droits d’homme libre. Il connaîtra l’exil et des travaux très pénibles pour avoir l’occasion de mener son combat judiciaire.


Un combat judiciaire très technique, très pointilleux et procédurier (1ere instance, appel, cassation), qui montre que le droit dans les colonies n’était pas tout à fait le même qu’en métropole. Ce personnage de propriétaire terrien interprété par Vincent Macaigne est tout à fait détestable. Il est d’une hypocrisie crasse tout en étant très vénal. Le droit dans les colonies ne résistant pas aux pressions économiques des propriétaires fonciers et des intérêts économiques de la métropole.


mardi, janvier 13, 2026

tout va bien

Un documentaire de Thomas Ellis


On va suivre le parcours de mineurs non accompagnés arrivant à Marseille et la nécessité pour eux de se construire un avenir.


Ce qui est marquant c’est que le décalage entre les vies d’enfants et les responsabilités de la vie d’adultes auxquels ils vont être confrontés.


Meme pour ceux qui ont un projet clair et ambitieux dans la restauration ou le football on sent bien qu’ils ont gardé une âme d’enfant.


Pour la majorité le passage de ce cap sera bien plus compliqué.


Ce que je retiendrai ce sont ces conversations avec leurs parents restés au pays pour lesquels la France est un Eldorado et pas une galère. Et cette violence de ces parents envers leurs enfants qui est difficile à appréhender.


 

jeudi, janvier 08, 2026

le temps des moissons

 

Un film d’Huo Meng un film assez autobiographique sur son enfance dans les années 1990


Le temps des moissons est une véritable chronique paysanne, l’école, les moissons et ce phénomène d’exode rural qui va séparer les familles, laissant même de jeunes enfants au village alors que leurs parents sont partis chercher du travail ailleurs.


Ce qui est marquant c’est ce personnage finalement assez discret, c’est le secrétaire du parti communiste. Il rappellera discrètement mais fermement les retards d’impôts même pour des familles en difficulté et contrôlera les mariages et la natalité en organisant ces examens pour les femmes en âge de procréer. Cette surveillance est assez anodine et discrète mais très intrusive et ferme.


Et puis ce film témoigne de traditions, les mariages, les enterrements avec ces scènes de pleurs démesurés véritables jeux de rôles à la spontanéité feinte. Et ce sont ces traditions qui sont le ciment du village, de cette vie en communauté. Cette vie réglée sans que rien ne puisse être aller à l’encontre de ce qui était prévu. Mais il y a bien ce jeune homme probablement autiste que cette communauté essayera tout de même de faire rentrer dans une normalité même par la force.


Un portrait glaçant d’une communauté sur laquelle pèse le poids des traditions et du parti mais dont le déclin va se manifester par cette exode rural rendu inéducable par des conditions économiques compliquées.


mercredi, janvier 07, 2026

les échos du passé

Deuxième film de la réalisatrice allemande Mascha Schilinski prix du jury du dernier festival de Cannes.


On est dans une ferme en Allemagne qui servira de décor tout au long du film. Mais on verra cette ferme à différentes époques du Xxeme siècle principalement. Ce sont différentes chroniques qui vont débuter puis s’enchaîner à différents moments.


Le fil rouge de ce film est la jeunesse, un jeunesse qui a toujours été plus ou moins malmenée. Un garçon amputé, une fille ayant perdu sa mère ou une autre victime des pulsions de son oncle. On prend du temps à prendre conscience de ce fil conducteur, c’est pour çà qu’à mon sens ce film prend beaucoup de temps à prendre sa pleine mesure.


La photographie est très réussie, le film dégage une esthétique assez folle. Elle est au service d’une dimension fantastique voir mystique qui apparaît par petite touche. Il y a notamment ces questions d’enfants flous sur des photos dont on peut mettre en doute l’existence.


Alors oui ce film est long près de 2h30, oui ce film n’est pas forcément accessible tout de suite, mais au final c’est un film excessivement puissant sur les côtés sombres de l’enfance.


 

vendredi, janvier 02, 2026

los tigres

Thriller dont l'intensité repose essentiellement sur ses scènes sous-marines #lostigres est surtout le portrait d'un homme ravagé physiquement par son métier et le poids des traditions
 

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