jeudi, mars 26, 2026

les filles du ciel

Le premier long métrage écrit et réalisé par Bérangère McNeese que l’on connaît tous pour son rôle dans la série HPI mais qui s’offre un bel avenir de réalisatrice.


Le ciel c’est cet appartement au 8eme étage d’un immeuble de Roubaix. Les filles ce sont Mallorie (Shirel Nataf révélée dans ma frère) Jenna (Yowa Angelis Tshikaya) et Monna (Mona Berard). Elles vont être rejointe dans cette colocation par Heloise » (Heloise Volle) jeune mineure de 15 ans ayant fugué de son foyer et enceinte de son éducateur.


Ce qui est marquant c’est que ces jeunes filles ont trouvé un appartement sur dans lequel vivre, elles gagnent de l’argent en travaillant dans un supermarché ou en faisant des massages dans une boite de nuit. Elles s’occupent ensemble du bébé de Mallorie. C’est une situation qui peut paraître pesante mais c’est un film dans lequel il y a de la joie celle de la vie d’adolescentes et de jeunes adultes.


C’est un film montrant une grande radicalité. Ces femmes ont décidé de vivre ensemble elles gagnent de l’argent pour être libre et ne pas dépendre soit du système soit des hommes. Il y a des règles dans cette colocation qui sont strictes mais aussi une entraide qui est inconditionnelle et systématique. Cette radicalité est nécessaire et indispensable. On pourrait penser qu’elle va trop loin quand elles décident d’accueillir une mineure en fugue. Mais force est de constater qu’Héloise n’est plus en sécurité dans son foyer et que le mécanisme d’aide social à l’enfance est insuffisant.


Un grand film explorant une radicalité qui montre toutes les limites de l’aide sociale à l’enfance. Un film qui montre aussi que l’on peut faire du grand cinéma en sortant des hôtels particuliers parisiens.


 

mercredi, mars 25, 2026

l'île de la demoiselle

Un film du belge Micha Wald adaptation de texte relatant le destin de Marguerite de la Rocque une proche de François 1er


Nous sommes donc au XVIeme siecle, Marguerite (Salome Dewaels) doit rejoindre le Canada pour épouser le vice roi qui n’est autre que son oncle. Mais il découvre que la jeune femme est enceinte de Thomas (Louis Peres). Il décide de lui laisser la vie sauve mais l’abandonne sur une ile déserte avec le père de son enfant et une gouvernante avec seulement deux mois de vivre.


C’est d’abord un film de survie comme l’est the revenant. Marguerite va trouver une grotte pour s’abriter, de la tourbe pour se chauffer et des algues pour manger. Elle devra faire face à la folie de Thomas qui n’aura comme obsessions l’épouser et conserver de prétendus diamants. Elle fera preuve d’une détermination et d’une intelligence assez incroyable.


Et puis ce film montre le poids des traditions qui pesaient sur les femmes à cette époque. Marguerite pour avoir eu un enfant hors mariage a été abandonnée sur une île promise à une mort atroce. Mais à son retour d’exil, elle sera encore une fois jugée par sorcellerie, car elle n’aurait jamais du s’en sortir vivante.


Ce film montre aussi une preuve d’amour assez incroyable de la part de Marguerite et que les peuples autochtones qui se rendaient ponctuellement sur cette ile étaient beaucoup plus humains que les colons européens.


 

jeudi, mars 19, 2026

la guerre des prix

 

Premier film d’Anthony Dechaux avec Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison et Aurélia Petit


Audrey travaille pour une grande chaîne de supermarchés au rayon yaourt, son frère Ronan a repris l’exploitation familiale en faisant du bio. Audrey va être promue à la centrale d’achat du groupe et essaiera de faire travailler la coopérative de son frère pour son groupe. Mais rien ne sera simple.


C’est un film d’une violence inouïe. Une violence froide celle des négociations annuelle entre industriels et distributeurs. Fournier le chef d’Audrey est un négociateur sans scrupules intransigeant sur le moindre centime de marge. La guerre des prix est donc un thriller d’une rare intensité. Intensité renforcée par le fait que ce film soit très crédible et très réaliste. On est presque dans un documentaire sur les négociations entre industriels et la grande distribution dans lesquelles les producteurs seraient les victimes.


Et puis il y a ce personnage d’Audrey qui devra prouver qu’elle peut être très agressive lors d’une négociation et qui essaiera dans le même temps de promouvoir une agriculture biologique et locale. Elle sera constamment tiraillée entre deux réalités contradictoires. Elle utilisera tous les stratagèmes même les plus immoraux pour arriver à ses fins, mais fera t’elle le poids dans un monde où la manipulation est la norme. Et en çà l’écriture et le scénario nous réservent des rebondissements jusqu’à la toute fin du film. Un très bon thriller au scénario de qualité.


mercredi, mars 18, 2026

la gifle


     Deuxième film du réalisateur allemand Frédéric Hambalek, un film en sélection à Berlin il y a un an un film dont le titre original pourrait se traduire par ce que Marielle sait.


Marielle (Leanie Geiseler) est une adolescente à qui une de ses amies à assener une gifle. Depuis elle lit dans les pensées de ses parents Julia (Julia Jentch) et Tobias (Felix Kramer) ce qui ne sera pas sans poser de problèmes.


C’est un film sur l’adolescence avec une fille un peu mal dans sa peau qui va encore être plus perturbée en découvrant les secrets de ses parents. Elle sera tiraillée entre un père en manque d’autorité dans sa vie professionnelle et une mère qui rêve d’une aventure sentimentale avec un de ses collègues.


C’est un film qui montre que toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire. Les mensonges des parents visent ici à protéger Marielle de leurs soucis.


Et puis c’est un film qui montre comme retour chez ma mère que les parents ne sont pas que des parents mais des hommes et des femmes avec une vie qui leur est propre.


Au final on s’attarde trop sur le mal être des 3 personnages principaux sans exploiter la dimension surnaturelle du don de Marielle, dimension fantastique qui est plutôt bien développée dans la série extralucide sur OCS avec Camille Rutherford.


lundi, mars 16, 2026

ce qu'il reste de nous

Un film de la réalisatrice palestinienne Cherien Dabis


Salim (Saleh Bakri) et sa femme Hannan (Cherien Dabis) vivent près de Jaffa. A la fin de l’occupation britannique ils seront expulsés de leur terres et devront vivre en exil. Leur fils Sharif (Adam Bakri) ayant vécu les humiliations de l’armée israélienne ira manifester et c’est lors d’une de ces manifestation qu’il sera gravement blessé plongeant sa famille dans un grand désarroi.


La dimension historique de ce film est très importante. On voit la décolonisation britannique, puis l’exil, les conditions de vies très difficiles et cette jeunesse avec aucun avenir et un deuxième exil au Canada.


Salim et Hannan ne vont pas résister à l’occupation israélienne, ils seront plutôt légaliste ce qui ne les empêchera pas d’avoir une vie très détériorée. Seul leur fils sera plus enclin à se rebeller.


Et puis il y a ce geste plein d’humanité et de générosité qu’ils vont faire. Ce geste est d’autant plus fort que leur vie a été difficile. Ils ne voudront pas se comporter envers les israéliens comme ces derniers se sont comporter envers eux.


Ce film est traversé par une fatalité qui semble inexorable, une fatalité dans laquelle ce couple et leur famille tenteront de garder la tête haute.



 

jeudi, mars 12, 2026

Compostelle

Un film du réalisateur du fantôme de Canterville Yann Samuel adaptation du roman de Bernard Ollivier marche et inventa ta vie.


Fred (Alexandra Lamy) a été suspendue pour avoir giflé un élève. Sur les conseils de Nadège (Mélanie Doutey) elle va rejoindre une association qui accompagne de jeunes délinquants sur la route de Compostelle. Mais Adam (Julien le Berre) donnera beaucoup de fil à retordre à Fred.


C’est un film assez classique où deux personnages très différents mais blessés par la vie vont au final s’enrichir l’un l’autre. Tous les deux seront dans une forme de rédemption.


C’est un film un peu guimauve dans lequel tout pourra à différents moment basculer dans un sens ou dans l’autre, mais dans lequel la bienveillance sera mise en valeur que ce soit chez un agriculteur ou dans un monastère.


Les images de la route de Compostelle sont magnifiques et l’utilisation d’un drone est est assumée et à propos.


C’est un film qui force à l’optimisme et qui montre que le volontarisme est une condition sine qua non pour remettre certains jeunes dans le droit chemin et leur offrir un avenir.








 

mercredi, mars 11, 2026

le crime du 3eme etage

Un film écrit et réalisé par Rémi Bezancon librement inspiré de fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock avec Gilles Lelouche, Laetitia Casta et Guillaume Galienne.


François et Colette habitent un bel appartement en plein Paris. Colette en regardant par la fenêtre croit avoir vu son nouveau voisin Yann assassiné sa femme. Mais quelques heures plus tard elle voit de nouveau la femme de son voisin. Elle mènera quand même l’enquête pour savoir si le meurtre qu’elle a cru voir était bien réel.


L’adaptation de fenêtre sur cour donne un polar assez classique et assez prévisible qui n’est pas forcément l’intérêt de ce film.


Ce qui est plutôt touchant et intéressant sera de voir comment le couple formé par François et Colette va évoluer. Leur relation semblait usée par des années de vie commune. François ne croyait pas sa femme quand elle pensait que leur voisine avait disparue. Et puis l’enquête qu’ils vont mener, les risques qu’ils vont prendre va finir par raviver la flamme de la passion dans ce couple.


Et puis Laetitia Casta dans le rôle de cette professeur à la Sorbonne grande spécialiste d’Hitchcock est plus que convaincante, avec un jeu à la fois très sobre et très efficace, c’est pour moi une des grandes révélation de ce film malgré ses plus de 25 ans de carrière au cinéma.


 

victor comme tout le monde

Le nouveau film de Pascal Bonitzer quelques semaines après son Maigret et le mort amoureux.


Robert Zuchini (Fabrice Luchini) est un acteur spécialiste de l’oeuvre de Victor Hugo. Il apprend la mort de son ex femme, la mère de sa fille Lisbeth (Marie Narbonne) qu’il n’a pas revu depuis très longtemps. Il va alors chercher à la revoir et construire des liens qui n’ont jamais réellement existés.


C’est un film à la fois assez court 1h30 et très verbeux. Les grands monologues plairont sans nul doutes aux admirateurs de Fabrice Luchini. Mais une fois que l’on a enlevé ces lectures de textes de Victor Hugo il ne reste plus beaucoup de place pour le reste.


On passera assez vite sur cette histoire de retrouvailles entre un père et sa fille. Robert Zuchini apparaît comme un homme assez lâche ayant privilégié sa carrière en abandonnant littéralement femme et enfant. Au final cela en fait un personnage assez antipathique.


Mais là où le film est peut être le plus intéressant, c’est quand le film s’intéresse aux femmes qui ont traversé la vie d’Hugo, sa femme Adèle , ses filles Léopoldine et Adèle et ses maîtresses. Et ce sont trois actrices (Suzanne De Beacque Iris Bry et Louise Ory Diquero) à travers une pièce de théâtre qui vont susciter l’intérêt de Robert Zuchini.



 

lundi, mars 09, 2026

jeudi, mars 05, 2026

mercredi, mars 04, 2026

the bride

Deuxième film de Maggie Gyllenhaal après the lost daughter


Frankenstein (Christian Bale) se sent seul, il va demander à la Dr Euphronius (Annette Bennig) de ressusciter une femme (Jessie Buckley vue récemment dans Hamnet) pour pouvoir se marier avec elle. Mais les deux amants vont vite être poursuivis par la police ce qui donnera lieu à une traque épique.


La première qualité de ce film est de nous plonger dans l’Amérique du début du Xxeme siècle. Les décors et la photographie sont absolument remarquables et contribuent à créer une ambiance assez singulière. On plonge notamment dans ces salles de cinémas ou ces drive in où aiment à aller les deux fuyards.


Après il est difficile de qualifier le film. On est à la fois dans un polar, un film de mafia, une comédie romantique voir dans un film de genre avec beaucoup de violence et de rythme. Ce film a d’une certaine manière une dimension pop avec beaucoup de légèreté et de sourires.

Le plus petit dénominateur commun sera sûrement la tragédie avec ces deux personnages que tout le monde repousse et qui sont obligés de fuir avec une issue qui apparaît implacablement fatale.


 

la maison des femmes

 

Premier long métrage écrit et réalisé par Melisa Godet une fiction inspirée de la maison des femmes de Saint Denis crée et dirigée par Ghada Hatem avec au casting Karin Viard Laetita Dosh Eye Haidara Pierre Deladonchamps Oulaya Amara et Juliette Armanet.


La maison des femmes est menacée de fermeture. L’équipe devra trouver des financements pour que son activité continue. Cette tâche ne sera pas facilitée par une inspection des affaires sociales. Pendant ce temps là toute l’équipe devra continuer d’aider des femmes victimes d’excisions ou de violences à se reconstruire.


Ce qui particulièrement marquant dans ce film c’est sa capacité à montrer que les violences faites aux femmes touchent toutes les générations et toutes les classes sociales. Si les excisions et les mariages forcés sont peut être plus visibles, les violences dans les classes les plus aisées sont plus cachées mais détruisent tout autant la santé des femmes.


Pour le reste on est dans une fiction comme l’a souhaité Ghada Hatem mais avec une dimension documentaire assez forte ce qui peut nous placer dans un entre deux assez instable. Mais le moins que l’on puisse dire est que c’est un sujet assez peu traité (l’amour et les forets de Valérie Donzelli) et donc utile.


On voit le résultat de l’immersion de L Dosh et Eye Haidara notamment qui ont passé plusieurs journées dans la maison des femmes de Saint Denis.


lundi, mars 02, 2026

chers Parents

 

Adaptation de la pièce de théâtre d’Emmanuel et Armelle Patron par Emmanuel Patron.

Une pièce au joli succès avec plus de 500 000 spectateurs.


On est dans le Vaucluse Jeanne et Vincent (Miou Miou et André Dussolier) convoquent soudainement leurs trois enfants (Pauline Clément Arnaud Ducret et Thomas Soliveres). Ils vont leur annoncer leur départ prochain pour le Camboge où ils ont décider de construire un orphelinat. Mais avec quel argent ? Celui gagné à la loterie argent qu’ils ne voudront pas partager avec leurs enfants.


Ce film reste un pièce de boulevard avec quelques grandes tirades bien senties et une tendance à tout exagérer. On est donc dans une comédie très classique mais qui fonctionne grâce à quelques rebondissements qui vont rythmer le film.


Derrière la comédie, se pose la question de savoir comment une grande somme d’argent peut transformer des vies. On va voir une famille voler en éclat et une solidarité familliale se transformer en jalousies.


Mais là où le film est vraiment intéressant c’est quand il montre que l’on a rarement réalisé les rêves de notre jeunesse. Cette somme d’argent va réveiller de vieux rêves chez tous les personnages qu’ils vont pouvoir réaliser avec cet argent. Et c’est quand la vanité laisse place à une certaine forme d’épanouissement personnel que chers parents n’est plus qu’une comédie de boulevard quelconque